Catégorie : Lutte des classe

Cette section contient tout nos articles sur les luttes ouvrières dans le monde du travail.

  • Syndicalisation des entrepôts Walmart : une victoire pour les travailleurs

    En lutte depuis 2024, les employés de l’entrepôt Walmart de Mississauga ont réussi à obtenir la reconnaissance de leur syndicat ainsi que la signature d’une convention collective, une première face à cette multinationale réputée pour son anti-syndicalisme.

    Les 850 travailleurs et travailleuses de l’entrepôt de Walmart à Mississauga en Ontario peuvent crier victoire: ils ont réussi à obtenir la syndicalisation du premier entrepôt Walmart en Amérique du Nord et la signature du premier contrat de convention collective. Une victoire importante pour toute la classe ouvrière, surtout si l’on considère les pratiques antisyndicales particulièrement violentes de la multinationale.

    Les ouvriers de l’entrepôt Walmart forment depuis 2024 le Local-252 du syndicat Unifor, après avoir obtenu l’adhésion de la majorité des travailleurs. Après deux ans de négociations, ils ont obtenu la signature d’une convention collective de deux ans qui prévoit une hausse de 5$/heure pour la première année (2026-2027) et une hausse de 3% pour la seconde année. C’est une augmentation significative d’environ 20% pour la première année (avec un salaire qui passe de 24$/heure à 29$/heure) qui permet de rattraper un salaire inférieur à ceux en vigueur dans le secteur manufacturier. Les ouvriers sont également parvenus à limiter l’emploi de travailleurs précaires en provenance d’agences de placement (une technique capitaliste bien connue pour limiter la stabilité d’emploi, contourner les syndicats et le code du travail et ainsi diminuer les salaires). Enfin, les ouvriers ont obtenu une amélioration des horaires avec des emplois du temps plus stables et planifiés à l’avance.

    Ces avancées représentent bien le minimum que Walmart pouvait rendre aux travailleurs et travailleuses qu’elle exploite. Rappelons qu’il s’agit d’une immense multinationale présente dans presque tous les pays du monde. Cotée à plus de 900 milliards en Bourse, la compagnie génère chaque année plus de 700 milliards de profits bruts. Et la famille Walton, à la tête de l’empire Walmart, n’est rien de moins que la famille la plus riche des États-Unis, avec une fortune estimée à 520 milliards de dollars en 2026 ! Autrement dit, Walmart ne fait que rendre des miettes aux travailleurs, les miettes d’une fortune que la compagnie, ses actionnaires et la richissime famille de bourgeois qui se trouve à sa tête a totalement volée, pillée et extorqué à ses mêmes travailleurs.

    Walmart : un modèle d’antisyndicalisme

    La question qui plane désormais est celle d’une menace de la fermeture de cet entrepôt par une compagnie dont les pratiques antisyndicales sont amplement connues et documentées. On se souviendra par exemple de la fermeture du magasin Walmart de Joliette en 2005 après sa syndicalisation, mettant 190 employés à la porte. On pense également à la syndicalisation des entrepôts d’Amazon qui s’était soldée par la fermeture des entrepôts, qui ont tout simplement été remplacés par une compagnie de sous-traitance.

    Il faut néanmoins combattre à la fois ces pratiques antisyndicales et le discours pessimiste qui en découle. À ce titre, il est bon de rappeler que Walmart a été sévèrement condamnée pour la fermeture de son magasin de Jonquière en 2005. Cet acte a été considéré comme une fermeture illégale pour tenter d’empêcher la syndicalisation des employés, et Walmart a été condamné à indemniser les 190 travailleurs en 2014. Quant à Amazon, nous pouvons rappeler la campagne victorieuse de syndicalisation des entrepôts Amazon aux États-Unis qui a mené à la création de l’Amazon Labor Union (ALU). Rien n’est écrit d’avance, il ne faut pas sombrer ni dans le fanatisme, ni dans le pessimisme. La lutte se poursuit.

    Conclusion : De la nécessité de lutter jusqu’au bout

    Deux constats s’imposent suite à ce que nous venons de dire : premièrement, les travailleurs par la syndicalisation ne récupèrent qu’une toute petite partie de la richesse qu’ils sont pourtant les seuls à produire (dans le cas des travailleurs de Walmart 5$/heure sur des centaines de milliards de profits chaque année). Deuxièmement, même avec la syndicalisation, les emplois restent menacés, à risque d’une potentielle fermeture.

    Pour récupérer l’ensemble de ce qu’elle produit et pour garantir son droit au travail, la classe ouvrière dans son ensemble, le prolétariat, doit lutter pour mettre fin au capitalisme et mettre en place un nouveau système économique. Le socialisme permettra de mettre fin à l’exploitation du prolétariat par une minorité de capitalistes avares et cupides. Il permettra aux travailleurs de récupérer l’immense partie de ce qu’ils produisent à leur propre bénéfice. Il permettra également de garantir le droit au travail, en fournissant un emploi à chacun et chacune à la mesure de ses capacités.

    La syndicalisation des entrepôts de Walmart n’est qu’une première étape, l’obtention d’une convention collective une autre étape. Ce sont les premiers pas dans la lutte de classe pour acquérir une conscience de classe et une expérience d’organisation. Mais cette lutte des classes est une lutte à mort entre le prolétariat et la bourgeoisie, qui ne peut se solder que par l’anéantissement de la bourgeoisie. Lutter jusqu’au bout c’est lutter jusqu’au renversement de la bourgeoisie.

    Courage camarades, le prolétariat vaincra !