ArcelorMittal : Grève illimitée à l’usine de Contrecoeur

Le 1er août dernier, les 300 métallos de l’usine ArcelorMittal de Contrecœur Ouest ont déclenché une grève illimitée, une action exemplaire de syndicalisme combatif.

Depuis le samedi 1er août les 300 métallurgistes de l’usine ouest d’ArcelorMittal à Contrecœur sont en grève illimitée. La dernière convention collective signée en 2020, pour une durée de six ans, tombait à échéance au mois d’août. Les travailleurs du local 6951 du syndicat des métallos ont rejeté une première offre à 90%. La grève illimitée a ensuite été votée à 97,2%, un résultat impressionnant qui témoigne de la combativité du syndicat, car nous n’arracherons rien aux capitalistes sans les combattre.

Les revendications de la grève tourne principalement autour des salaires. Entre 2020 et 2026 les prix ont drastiquement augmenté, et le Canada a connu une inflation de 23%1. Les travailleurs exigent donc un rattrapage vis à vis de l’inflation, mais également vis-à-vis des travailleurs des autres usines d’ArcelorMittal au Québec. Les travailleurs nous ont dit vouloir une hausse de 5$ de l’heure, voire 6$ ou 7$, selon ce que la lutte permettra de gagner. Sur un salaire moyen de 38,75 $ cela représente une hausse de 13% (dans le cas d’une hausse de 5$) ce qui reste inférieur aux 23% d’inflation. Les revendications des ouvriers de Contrecœur-Ouest sont d’autant plus juste que les ouvriers des autres usines Mittal, qui eux ont négocié après l’inflation post-pandémie gagnent d’avantage, alors qu’ils travaillent pourtant pour la même compagnie.

Les travailleurs considèrent les salaires de l’usine comme beaucoup trop bas. Surtout lorsqu’on considère les conditions de travail. Les journées de travail sont de 12h par jour, et les ouvriers nous ont expliqué qu’il n’est pas rare de devoir faire du temps supplémentaire et de travailler 18h par jour ! Sans compter le fait que les heures de travail sont souvent effectués la nuit. À cela s’ajoute l’exposition à des substances nocives et la présence permanente de poussière dans l’air. Des conditions qui méritent d’être amélioré, d’autant que les salaires sont trop bas comparés aux usines avoisinantes (comme Grantech ou Béton Bourgeois) qui ne travaillent pas dans des conditions aussi dures.

ArcelorMittal : un empire capitaliste

ArcelorMittal est littéralement un empire capitaliste. Présent dans plus de 60 pays, il est le deuxième producteur d’acier au monde avec près de 80 millions de tonnes par an. Rien qu’au Québec Mittal possède la Mine de fer de Fermont, le port de Port Cartier et l’usine de boulettage dans la même ville, une usine à Montréal (Saint-Patrick), un autre à Longueuil et enfin les usines de Contrecœur Est et Contrecœur Ouest. La multinationale est également extrêmement profitable. Rien qu’en 2025 la compagnie a enregistrée des revenus de 85,4 milliards de dollars canadiens, sur lesquels elle a empoché 4,4 milliards de profits2 (ce qui représente à peu près 50 000 fois le salaire annuel d’un travailleur chez Mittal). Tout ces profits ne sortent pas de nul part, ils sont le fruit du travail non-payé qui est volé chaque jour et chaque heure aux travailleurs. En réclamant des hausses de salaires, les ouvriers ne font que réclamer ce qui leur est dû, ce qu’ils ont produit.

Ces profits ne sortent pas de nulle part, mais ils n’aterrissent pas nulle part non plus. À la tête de l’empire ArcelorMittal se trouve la dynastie Mittal, et à la tête de cette dynastie se trouve le patriarche de la famille Mittal, Lakshmi Mittal, riche d’une fortune de 34 milliards de dollars, ce qui en fait rien de moins que le 70e homme le plus riche du monde (et le 5e plus riche de l’Inde). Autrement dit chaque dollar économisé par ArcelorMittal sur le salaire des métallos termine dans les poches de bourgeois comme L. Mittal, sa dynastie, ainsi qu’une poignée de riches actionnaires, qui profitent sans jamais rien produire de leurs dix doigts. Chaque dollar arraché c’est donc une victoire de la classe ouvrière sur la classe capitaliste.

Exproprier Mittal : la solution communiste

Chaque dollar conquit à l’occasion d’une grève et au fil de la lutte est évidement un dollar récupéré, mais comment faire pour récupérer non plus quelque dollars, mais tout l’argent (les milliards et les milliards) qui part directement du travail des ouvriers pour aboutir dans la poche des actionnaires. La solution consisterait simplement à supprimer la classe sociale des actionnaires : la bourgeoisie. C’est tout le projet de la révolution communiste : abolir la propriété privée et redistribuer les moyens de production (usines, machines, matériaux) directement aux mains de ceux qui travaillent. Cela peut paraître une utopie, pourtant ça ne l’est pas. C’est ce que les bolcheviks ont fait après la révolution russe3. Ce fut également le cas dans les usines Tembec (à Temiscamingue) ou Tricofil (à Saint-Jérôme) au Québec, dans les années 70. C’est également ce que met en place le Courant Révolution Permanente – Quatrième Internationale (CRP-QI), dont la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) est sympathisante, notamment en Argentine où certaines usines fonctionne sous contrôle des ouvriers depuis plus de 20 ans ! Loin d’être une utopie, le contrôle ouvrier est la seule solution possible pour gagner définitivement la lutte des classes et mettre fin à l’exploitation capitaliste. Cette solution, c’est la solution communiste. Celle pour laquelle nous sommes prêts à nous battre jusqu’au bout.

Mais pour en arriver à « exproprier les expropriateurs » comme disait Marx, il faudra commencer par construire des sections syndicales combattives qui n’ont pas peur d’affronter les patrons et de mener des grèves sur la très longue durée. Les métallurgistes d’ArcelorMittal Contrecœur donnent justement un bon exemple de ce que que peut être un tel syndicalisme de combat, avec l’exemple de la grève illimitée de 2026, mais également par leur histoire qui est riche de luttes héroïques comme la grève de 2002, qui a durée 21 semaines (6 mois), un exemple de persévérance dans la lutte qui peut servir à tout les ouvriers du Québec !

À bas Mittal ! Solidarité avec les métallos ! Et vive le communisme !

  1. Calculé grâce à l’outil de calcul de la banque du Canada : https://www.banqueducanada.ca/taux/renseignements-complementaires/feuille-de-calcul-de-linflation/ ↩︎
  2. https://www.forbes.com/profile/lakshmi-mittal/ ↩︎
  3. https://www.marxists.org/francais/urss/works/1917/11/controleouvrier.htm ↩︎

Commentaires

2 réponses à « ArcelorMittal : Grève illimitée à l’usine de Contrecoeur »

  1. Avatar de Cats
    Cats

    ils gagnent moins que 40 $/hr lollll c’est les autres usines qui ont plus de 40$/hr.

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    1. Avatar de Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise

      En effet on a précisé que le salaire moyen était de 38,75 $ à l’usine.

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