Auteur : Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise

  • Léon Trotsky : un modèle pour la révolution

    Léon Trotsky : un modèle pour la révolution

    Il y a 86 ans jour pour jour mourrait Léon Trotsky, lâchement assassiné par un agent de Staline, c’était le 21 août 1940. C’est l‘occasion de revenir sur la vie militante et les principaux concepts du grand révolutionnaire communiste.

    Une vie au service de la révolution

    Né en 1879, Lev Davidovich Bronstein s’engage très tôt, dès 17 ans, dans une organisation révolutionnaire du sud de la Russie. Ses activités le conduisent rapidement à être arrêté par les autorités tsaristes, puis déporté en Sibérie. Il s’évade alors de déportation pour gagner l’Angleterre où il fait la connaissance de Lénine. Président du soviet (conseil) de Pétrograd, Trotsky est l’une des principales figures de la première révolution russe de 1905. Malheureusement arrêté et déporté avant d’avoir pu passer à l’insurrection, il doit de nouveau s’évader en Europe. Au cours de ce second exil européen, Trotsky formera des contacts avec les socialistes des divers pays européens. Lorsque la première guerre mondiale éclate, Trotsky fait partie de ceux qui restent fidèles à l’internationalisme en refusant de soutenir l’effort de guerre et en appelant, au contraire, à stopper la guerre par la grève générale et la révolution.

    La révolution, c’est ce qui va se produire en Russie. Dans un premier temps, avec la révolution de Février qui renverse le tsar et permet à Trotsky et aux révolutionnaires de rentrer d’exil. Puis, la révolution d’Octobre, que Trotsky va activement préparer. En gagnant la majorité des ouvriers, puis les soldats qui refusent de se faire massacrer dans un conflit impérialiste, et en parvenant à gagner les paysans déçus par les promesses de réformes agraires du gouvernement provisoire, Trotsky et les bolchéviques réussissent à bâtir un parti de masse de plus de 200 000 militants. Ils remportent également la majorité au sein des soviets (les conseils ouvriers), ce qui permet à Trotsky de redevenir président du soviet de Pétrograd et de préparer l’insurrection du 25 octobre (7 novembre du calendrier grégorien), cette fois avec succès. Trotsky sera par la suite un des personnages les plus importants du nouveau régime soviétique aux côtés de Lénine. Commissaire du peuple à l’armée, il crée de toute pièce l’Armée Rouge qu’il conduit à la victoire lors de la guerre civile qui oppose celle-ci aux armées blanches (1918-1921). Trotsky sera également une figure majeure de la nouvelle Internationale Communiste (la IIIe Internationale) qui fut fondée en 1919, et dont Trotsky rédigera le manifeste.

    Mais le dernier combat de Trotsky, celui qui allait le conduire à sa mort, est sans doute ce qui le distingue le plus parmi tous les autres dirigeants bolchéviques. Dès 1923, Trotsky incarne l’opposition de gauche, puis, à partir de 1926-1927, l’opposition unifiée. L’opposition de gauche incarne la ligne prolétarienne, fidèle à la révolution d’Octobre, contre les déviations centristes (Staline) et droitières (Boukharine) qui cherchent à trahir l’esprit de la révolution, au profit de la bureaucratisation du régime (Staline) ou d’un rétablissement du fonctionnement capitaliste (Boukharine). Exclu du Parti Communiste d’Union Soviétique à partir de 1927, exilé au Kazakhstan, puis en Turquie à partir de 1929, Trotsky devient alors le plus farouche opposant à Staline et à la dégénérescence bureaucratique de l’Union Soviétique. Il travaille alors à regrouper les communistes révolutionnaires opposés à Staline. Analysant la montée du fascisme en Allemagne (1933), les grèves de juin 1936 en France, ou encore la Guerre d’Espagne (1936-1939), Trotsky lance à chaque fois des avertissements qui ne seront pas écoutés par les militants communistes stalinisés, ce qui conduira aux atrocités de la prise de pouvoir des nazis et à la seconde guerre mondiale, plutôt qu’à la révolution. Les efforts de Trotsky pour regrouper les communistes antistaliniens aboutiront en 1938 à la fondation de la Quatrième Internationale. Les efforts de Trotsky pour refonder une internationale communiste authentiquement révolutionnaire seront malheureusement interrompus brutalement par l’assassinat de Trotsky à Mexico en août 1940.

    Bien que sa vie ait été tragiquement écourtée, elle reste néanmoins un modèle exemplaire d’une existence consacrée à la révolution. Trotsky nous aura transmis le flambeau de la révolution, il aura permis que la flamme de la révolution se rende jusqu’à nous, sans être éteinte par le stalinisme. Enfin, Trotsky nous laisse un héritage théorique important sur lequel il est impératif de se pencher.

  • Élections 2026 : Peu importe le parti austérité garantie

    Élections 2026 : Peu importe le parti austérité garantie

    Les élections de 2026 approchent, mais aurons nous réellement un choix sur la politique future? CAQ, PQ ou PLQ, peu importe le parti qui prendra le pouvoir, nous semblons condamnés à voir l’une ou l’autre des factions de la bourgeoisie exercer le pouvoir et appliquer à coup sûr une nouvelle vague d’austérité dont la classe ouvrière sera la première victime.

    La Coalition Avenir Québec : fin de règne pour un parti à bout de souffle

    Parvenue au pouvoir en 2018 avec la promesse de rompre avec l’austérité libérale des années Couillard, la CAQ, et c’est le moins qu’on puisse dire, n’a pas du tout respecté ses promesses. Après un premier mandat fait de réinvestissements de façades (consistant à réinvestir moins que ce que les libéraux avaient coupé) et d’une gestion catastrophique de la pandémie avec 21 844 décès, le second mandat de la CAQ opte clairement pour le virage austéritaire. La CAQ envisage de licencier 6000 fonctionnaires, et le budget 2026-2027 représente une baisse de 2,6 milliards $ dans les services sociaux par rapport à l’inflation. À cela, il faut ajouter les scandales de Northvolt, Stablex et SAAQClic où le gouvernement caquiste a perdu des milliards en cadeaux aux entreprises. Enfin, la passivité totale de la CAQ face à la crise du logement ou la crise environnementale montre clairement les priorités de ce parti : enrichir la bourgeoisie en saccageant la planète et en exploitant toujours davantage la classe ouvrière. Sa gestion catastrophique de l’économie, ainsi que l’impopularité grandissante de la CAQ ont culminé dans la démission de François Legault, face à l’échec électoral imminent.

    Parti Québécois : parti bourgeois !

    Grand favori dans les sondages, le Parti Québécois a de bonnes chances de reprendre le pouvoir, mais mettra-t-il fin au cycle d’austérité ? Rien n’est moins certain. Historiquement, le PQ a appliqué l’austérité aussi férocement que tous les autres partis. On se souviendra des mesures d’austérité de 1982, où le gouvernement Lévesque coupa les salaires des employés par 1/5e (20%) du jour au lendemain, en réprimant la contestation à grand coup de lois matraques, forçant le retour au travail. De même, le gouvernement de Lucien Bouchard (1996-2001), avec sa politique de « déficit zéro », a multiplié les coupures austéritaires, allant jusqu’à licencier 50 000 postes de fonctionnaires. Enfin, le gouvernement Marois (2012-2014) a continué d’appliquer l’austérité à travers une combinaison de coupures et de hausses de tarifs. Le Parti Québécois a-t-il changé ? S’il est en apparence « plus indépendantiste » (et seulement « en apparence »), le PQ de Paul Saint-Pierre Plamondon est toujours aussi capitaliste et néolibéral qu’auparavant. Dans son fameux « Livre bleu », il dit vouloir « favoriser un environnement propice à l’entreprenariat » (p.210). Comment ? En prenant l’argent qu’Ottawa nous vole… pour le donner aux capitalistes ! Le PQ nous explique que le « Québec indépendant aura tout avantage à offrir une fiscalité avantageuses aux entreprises ». Son projet est de récupérer l’argent des impôts fédéraux pour octroyer des baisses d’impôts aux entreprises et ainsi attirer les investissements de capitaux, autrement dit, les capitalistes. Difficile de parler d’indépendance dans de telles conditions.

    Parti Libéral : au service du capital !

    Le Parti Libéral est le parti de la bourgeoisie par excellence. Sa politique pourrait se résumer à « vendre la peau du prolétariat pour mieux en récolter les miettes ». Toute sa politique consiste à se plier aux exigences du capital international en abaissant les salaires, en déréglementant l’économie, en détruisant le code du travail et les protections environnementales, en exemptant les bourgeois et les entreprises d’impôts tout en taxant le peuple pour financer ces mêmes entreprises. De Bourassa à Couillard en passant par Charest, le Parti Libéral a toujours été le parti du capital ! Le Parti Libéral est également le parti de l’austérité par excellence, avec plus de 3,7 milliards $ de coupures rien que sous la première année (2015-2016) du dernier gouvernement Couillard ! Le PLQ lui non plus n’a pas changé: sous le bien nommé Charles Milliard, il reste le parti des milliardaires, le parti de la bourgeoisie !

    Pour briser le cycle de parti bourgeois : il nous faut un parti de classe

    La situation politique dans laquelle nous nous trouvons possède toutes les caractéristiques d’un cercle vicieux: les partis changent, mais la politique, et surtout la politique économique, elle, reste exactement la même, toujours plus d’austérité, mois de services sociaux (hôpitaux, écoles, etc.) et des conditions d’existence toujours plus misérables pour la classe ouvrière. Or, si la politique et le résultat restent toujours les mêmes, c’est parce que tous ces partis sont des partis bourgeois ! Ils représentent chacun une faction de la bourgeoisie, (plus ou moins adossées sur l’appareil étatique québécois ou sur l’impérialisme mondial), mais la bourgeoisie quand même. Pour rompre avec le cycle vicieux des partis bourgeois, il est nécessaire d’œuvrer à l’élaboration d’un parti de classe qui représente non plus les intérêts de factions de la bourgeoisie, mais les intérêts historiques de l’ensemble du prolétariat. Un parti qui soit organisé non pour la prise de pouvoir électoral, mais pour la conquête révolutionnaire du pouvoir. C’est pourquoi nous avons fondé la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ), afin que la classe ouvrière puisse opposer sa politique prolétarienne communiste à la politique bourgeoise capitaliste !

    Camarades rejoignez-nous ! Ensemble, renversons la bourgeoisie !

  • ArcelorMittal : Grève illimitée à l’usine de Contrecoeur

    ArcelorMittal : Grève illimitée à l’usine de Contrecoeur

    Le 1er août dernier, les 300 métallos de l’usine ArcelorMittal de Contrecœur Ouest ont déclenché une grève illimitée, une action exemplaire de syndicalisme combatif.

    Depuis le samedi 1er août les 300 métallurgistes de l’usine ouest d’ArcelorMittal à Contrecœur sont en grève illimitée. La dernière convention collective signée en 2020, pour une durée de six ans, tombait à échéance au mois d’août. Les travailleurs du local 6951 du syndicat des métallos ont rejeté une première offre à 90%. La grève illimitée a ensuite été votée à 97,2%, un résultat impressionnant qui témoigne de la combativité du syndicat, car nous n’arracherons rien aux capitalistes sans les combattre.

    Les revendications de la grève tourne principalement autour des salaires. Entre 2020 et 2026 les prix ont drastiquement augmenté, et le Canada a connu une inflation de 23%1. Les travailleurs exigent donc un rattrapage vis à vis de l’inflation, mais également vis-à-vis des travailleurs des autres usines d’ArcelorMittal au Québec. Les travailleurs nous ont dit vouloir une hausse de 5$ de l’heure, voire 6$ ou 7$, selon ce que la lutte permettra de gagner. Sur un salaire moyen de 38,75 $ cela représente une hausse de 13% (dans le cas d’une hausse de 5$) ce qui reste inférieur aux 23% d’inflation. Les revendications des ouvriers de Contrecœur-Ouest sont d’autant plus juste que les ouvriers des autres usines Mittal, qui eux ont négocié après l’inflation post-pandémie gagnent d’avantage, alors qu’ils travaillent pourtant pour la même compagnie.

    Les travailleurs considèrent les salaires de l’usine comme beaucoup trop bas. Surtout lorsqu’on considère les conditions de travail. Les journées de travail sont de 12h par jour, et les ouvriers nous ont expliqué qu’il n’est pas rare de devoir faire du temps supplémentaire et de travailler 18h par jour ! Sans compter le fait que les heures de travail sont souvent effectués la nuit. À cela s’ajoute l’exposition à des substances nocives et la présence permanente de poussière dans l’air. Des conditions qui méritent d’être amélioré, d’autant que les salaires sont trop bas comparés aux usines avoisinantes (comme Grantech ou Béton Bourgeois) qui ne travaillent pas dans des conditions aussi dures.

    ArcelorMittal : un empire capitaliste

    ArcelorMittal est littéralement un empire capitaliste. Présent dans plus de 60 pays, il est le deuxième producteur d’acier au monde avec près de 80 millions de tonnes par an. Rien qu’au Québec Mittal possède la Mine de fer de Fermont, le port de Port Cartier et l’usine de boulettage dans la même ville, une usine à Montréal (Saint-Patrick), un autre à Longueuil et enfin les usines de Contrecœur Est et Contrecœur Ouest. La multinationale est également extrêmement profitable. Rien qu’en 2025 la compagnie a enregistrée des revenus de 85,4 milliards de dollars canadiens, sur lesquels elle a empoché 4,4 milliards de profits2 (ce qui représente à peu près 50 000 fois le salaire annuel d’un travailleur chez Mittal). Tout ces profits ne sortent pas de nul part, ils sont le fruit du travail non-payé qui est volé chaque jour et chaque heure aux travailleurs. En réclamant des hausses de salaires, les ouvriers ne font que réclamer ce qui leur est dû, ce qu’ils ont produit.

    Ces profits ne sortent pas de nulle part, mais ils n’aterrissent pas nulle part non plus. À la tête de l’empire ArcelorMittal se trouve la dynastie Mittal, et à la tête de cette dynastie se trouve le patriarche de la famille Mittal, Lakshmi Mittal, riche d’une fortune de 34 milliards de dollars, ce qui en fait rien de moins que le 70e homme le plus riche du monde (et le 5e plus riche de l’Inde). Autrement dit chaque dollar économisé par ArcelorMittal sur le salaire des métallos termine dans les poches de bourgeois comme L. Mittal, sa dynastie, ainsi qu’une poignée de riches actionnaires, qui profitent sans jamais rien produire de leurs dix doigts. Chaque dollar arraché c’est donc une victoire de la classe ouvrière sur la classe capitaliste.

    Exproprier Mittal : la solution communiste

    Chaque dollar conquit à l’occasion d’une grève et au fil de la lutte est évidement un dollar récupéré, mais comment faire pour récupérer non plus quelque dollars, mais tout l’argent (les milliards et les milliards) qui part directement du travail des ouvriers pour aboutir dans la poche des actionnaires. La solution consisterait simplement à supprimer la classe sociale des actionnaires : la bourgeoisie. C’est tout le projet de la révolution communiste : abolir la propriété privée et redistribuer les moyens de production (usines, machines, matériaux) directement aux mains de ceux qui travaillent. Cela peut paraître une utopie, pourtant ça ne l’est pas. C’est ce que les bolcheviks ont fait après la révolution russe3. Ce fut également le cas dans les usines Tembec (à Temiscamingue) ou Tricofil (à Saint-Jérôme) au Québec, dans les années 70. C’est également ce que met en place le Courant Révolution Permanente – Quatrième Internationale (CRP-QI), dont la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) est sympathisante, notamment en Argentine où certaines usines fonctionne sous contrôle des ouvriers depuis plus de 20 ans ! Loin d’être une utopie, le contrôle ouvrier est la seule solution possible pour gagner définitivement la lutte des classes et mettre fin à l’exploitation capitaliste. Cette solution, c’est la solution communiste. Celle pour laquelle nous sommes prêts à nous battre jusqu’au bout.

    Mais pour en arriver à « exproprier les expropriateurs » comme disait Marx, il faudra commencer par construire des sections syndicales combattives qui n’ont pas peur d’affronter les patrons et de mener des grèves sur la très longue durée. Les métallurgistes d’ArcelorMittal Contrecœur donnent justement un bon exemple de ce que que peut être un tel syndicalisme de combat, avec l’exemple de la grève illimitée de 2026, mais également par leur histoire qui est riche de luttes héroïques comme la grève de 2002, qui a durée 21 semaines (6 mois), un exemple de persévérance dans la lutte qui peut servir à tout les ouvriers du Québec !

    À bas Mittal ! Solidarité avec les métallos ! Et vive le communisme !

    1. Calculé grâce à l’outil de calcul de la banque du Canada : https://www.banqueducanada.ca/taux/renseignements-complementaires/feuille-de-calcul-de-linflation/ ↩︎
    2. https://www.forbes.com/profile/lakshmi-mittal/ ↩︎
    3. https://www.marxists.org/francais/urss/works/1917/11/controleouvrier.htm ↩︎
  • Festival : La Palestine au Parc

    Festival : La Palestine au Parc

    Résumé du Festival « La Palestine dans le Parc » qui a tenu sa 3e édition en fin de semaine (25 et 26 juillet)

    Les 25 et 26 juillet, au Parc Angrignon, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont assisté au festival La Palestine au Parc, un événement organisé par une vaste coalition d’organisation de solidarité avec la Palestine. L’événement était une célébration de l’identité et de la culture Palestinienne ainsi qu’un endroit pour permettre aux participants de rencontrer des organisations impliquées dans la lutte de solidarité avec la Palestine. De nombreux concerts et performance se sont en lien avec la musique et la culture palestinienne se sont tenus au cours du festival, comme le concert du « Palestinian Youth Ensemble » qui a joué le premier soir. Artistes et organisateur avaient des kiosques afin d’y vendre leur création ainsi que pour promouvoir les causes en lien avec la Palestine, les ventes servant à récolter des fonds pour aider la Palestine. L’événement offrait également la possibilité d’en apprendre davantage sur la lutte du peuple palestinien, à travers les kiosques de littérature, ainsi qu’à travers une exposition sur l’histoire des prisonniers politiques.

    Le festival qui en était à sa troisième édition a réuni des milliers de participants en une fin de semaine (plus de 5000 d’après ce que nous ont rapporté les organisateurs). Cette participation massive démontre un enthousiasme et un support continu pour la cause Palestinienne. Nous remercions les organisateurs et les bénévoles pour leur dévouement et leur énergie qui a rendu un tel événement possible.

    Poursuivons la lutte internationale pour une Palestine libre et émancipée !

  • Coupe du monde de soccer : un spectacle capitaliste

    Coupe du monde de soccer : un spectacle capitaliste

    Comment le sport est-il devenu une manifestation du capitalisme et de l’idéologie bourgeoise.

    Nous sommes à la veille de la finale de la Coupe du monde de soccer, un événement qui promet de regrouper plus d’un milliard et demi de téléspectateurs. Le sport étant un phénomène de masse de nos sociétés capitalistes, il est intéressant, et même nécessaire, de l’étudier d’un point de vue marxiste.

    Les origines capitalistes du sport

    Premier point important: le sport n’a pas toujours existé. Le sport tel qu’on le connait apparait au XIXe siècle en Angleterre, en même temps que le capitalisme. Bien sûr, il existait de nombreuses formes d’activités physiques avant l’apparition du sport et du capitalisme. Or, ce qui caractérise le sport capitaliste, ce n’est pas l’activité physique, mais la compétition: le sport, c’est la récupération capitaliste des formes de jeux qui existaient avant le capitalisme (jeux grecs, loisirs, etc.) et qui, eux, se caractérisaient par l’activité physique et les règlements, mais pas par la compétition. Alors que le but du jeu était alors le loisir, le capitalisme va faire de la performance le but du sport capitaliste. C’est ainsi, par exemple, que l’équitation sera transformée en course de chevaux.

    Initialement réservée à la seule bourgeoisie, la situation du sport change à mesure que les conquêtes ouvrières de la fin du XIXe siècle et du début du XXe permirent aux ouvriers de réduire le temps de travail et de gagner davantage de temps libre. La question du temps libre devient alors un enjeu central pour le capitalisme, qui doit empêcher la classe ouvrière d’utiliser ce temps nouvellement acquis pour s’organiser politiquement et pour lutter contre le capitalisme. C’est alors la naissance des loisirs capitalistes destinés à occuper les ouvriers pendant leur temps libre, le sport devient ainsi un moyen de contrôle social par excellence. Les loisirs capitalistes, en tant que marchandises (comme loisirs payants), auront également pour fonction de récupérer le surplus d’argent dont bénéficient les ouvriers grâce aux luttes syndicales. C’est ainsi que les capitalistes créèrent de nombreux clubs sportifs associés à leurs usines ou leurs entreprises et qu’il subventionnèrent les billets auprès de leurs ouvriers et de leurs familles afin de créer un spectacle capitaliste.

    Le sport comme conditionnement

    Le contrôle social n’est pas la seule chose que le capitalisme obtient grâce au sport. Le sport est également un merveilleux outil capitaliste de conditionnement, à savoir, un instrument de conditionnement au travail. En développant la force physique, la vitesse et l’endurance, le sport permet d’utiliser le temps libre des ouvriers pour démultiplier la force de travail qu’ils consacreront par la suite à leur patron (leur permettant de travailler plus longtemps, plus rapidement et plus fort). L’entraînement sportif, avec ses répétitions de mouvements et sa progression toujours plus intense, imite à la fois la répétition et l’intensification du travail. Le sport est donc une parfaite préparation au travail.

    Mais le sport ne sert pas exclusivement de méthode de conditionnement au travail, il s’agit également d’une méthode de conditionnement militaire. En effet, dès le XIXe siècle, les idéologues du sport, comme le baron Pierre de Coubertin (le fondateur des jeux olympique modernes), sont explicites sur le fait que le sport servira de préparation militaire pour les guerres à venir. Le sport prépare physiquement les corps pour l’effort guerre en développant les attitudes physiques (endurance, dextérité, etc.) nécessaires à la formation de bons soldats (les exercices sportifs/physiques sont d’ailleurs à la base des exercices militaires). L’entrainement sportif discipline d’ailleurs les athlètes comme l’armée discipline les soldats. Enfin, les compétitions sportives internationales (type jeux olympiques) préparent déjà l’affrontement entre les nations. Le sport agit donc comme un double conditionnement: conditionnement à l’exploitation capitaliste et aux guerres impérialistes.

    Le sport comme marchandise

    Il va sans dire que le sport agit également comme une branche majeure de l’économie capitaliste. Construction de stade, équipements sportifs, services sportifs et bien évidement les équipes de sport professionnelles avec les matchs et leurs droits de diffusions, tous ces éléments sont constitutifs d’une économie du sport évaluée à 2 300 milliards de dollars. Autant dire que l’économie sportive n’est pas une mince affaire. Alors que le jeu constituait une forme de loisir libre et désaliénante, le sport en tant que loisir capitaliste réintègre le temps des loisirs dans la sphère de l’économie capitaliste et plus particulièrement dans la sphère de la consommation.

    Or qui dit marchandise dit non seulement travailleurs prolétarisés afin de produire ces marchandises, mais également exploitation capitaliste afin de générer un profit. On connaît bien les pratiques des géants du sport tels que Nike ou Adidas, avec des délocalisations en Asie du Sud-Est, l’exploitation du travail des enfants, des salaires de misère et des heures de travail qui n’en finissent plus. Autre exemple: celui des travailleurs immigrés employés pour la construction des stades lors de la précédente coupe du monde de soccer au Quatar en 2022. Autrement dit, le sport est une source de profit capitaliste, mais ce profit ne se génère pas seul, il implique l’exploitation de la classe ouvrière par la bourgeoisie. La lutte des classes se retrouve dans le sport comme partout ailleurs.

    Idéologie sportive et idéologie bourgeoise

    Enfin, le sport permet de diffuser et de propager l’idéologie bourgeoise au sein des masses. L’idéologie bourgeoise repose en effet sur cette idée de compétition que l’on retrouve au sein du sport. Au sein de la société bourgeoise, c’est la concurrence et la compétition entre les diverses entreprises qui est valorisée sous prétexte que celle-ci stimulerait l’innovation. Dans le sport, c’est la concurrence entre les athlètes et les équipes. Dans un cas comme dans l’autre, on présuppose que c’est la compétition qui fait ressortir le meilleur, et ce, bien que la concurrence capitaliste favorise les entreprises les plus exploiteuses et se solde par l’apparition de monopoles (soit l’inverse de la compétition). Au contraire, le socialisme mise sur la coopération par opposition à la compétition. Pour le communisme, c’est l’entraide et la solidarité qui permettent de construire une société meilleure. Par le sport, la bourgeoisie peut ainsi promouvoir son idéologie de la compétition au détriment des valeurs de coopération du socialisme.

    Mais le sport n’est pas uniquement vecteur de l’idéologie de la compétition, il est également l’un des principaux vecteurs de l’idéologie nationaliste. Les compétitions sportives produisent l’identification à l’équipe nationale et, par extension, l’identification à la nation. Or, la nation, c’est toujours la nation capitaliste dirigée par et pour la bourgeoisie, et qui envoie souvent ses propres citoyens (en grande majorité des prolétaires) mourir dans des guerres absurdes pour les intérêts de la minorité capitaliste de la nation. « Les prolétaires n’ont pas de patrie » comme le disaient si bien Marx et Engels dans le Manifeste du Parti communiste. Or, le sport supprime artificiellement les différences de classes pour faire communier toutes les classes sociales ensemble dans un moment d’euphorie nationaliste et de haine des adversaires étrangers. Poussée à l’extrême, cette idéologie nationaliste conduit au fascisme et c’est pourquoi tous les régimes totalitaires ont investi le sport de masse. Au contraire de l’idéologie nationaliste promue par le sport et la bourgeoisie, le communisme promeut l’internationalisme : « prolétaires de tous les pays unissez vous » telle est la devise du socialisme international.

    Conclusion : pour des loisirs libérés du capitalisme

    La conclusion qui s’impose est la suivante : sous le capitalisme, les loisirs sont aliénés et aliénants. Ils sont un outil de contrôle social au service des classes dominantes, un outil de mise en condition de la classe ouvrière, une source de profit et d’exploitation capitaliste, ainsi qu’un vecteur de l’idéologie dominante. La coupe du monde de soccer ne fait pas exception. Que faire ? Comme toujours : lutter pour renverser le capitalisme qui est la cause de cette corruption des loisirs. Sortir de cette logique de profit, de concurrence, de performance et d’exploitation en créant une société communiste dont le but est l’épanouissement de chacun. Dans une société communiste, les loisirs ne seraient plus une forme d’aliénation consumériste au service de la bourgeoise, mais auraient pour but le bonheur de l’humanité. Le communisme nous permettrait non seulement de libérer notre temps libre de la servitude capitaliste, mais également de se libérer de l’exploitation capitaliste pour se consacrer pleinement et complètement à nos loisirs.

    Conclusion :

    Vive le communisme ! À bas le capitalisme !

  • Syndicalisation des entrepôts Walmart : une victoire pour les travailleurs

    Syndicalisation des entrepôts Walmart : une victoire pour les travailleurs

    En lutte depuis 2024, les employés de l’entrepôt Walmart de Mississauga ont réussi à obtenir la reconnaissance de leur syndicat ainsi que la signature d’une convention collective, une première face à cette multinationale réputée pour son anti-syndicalisme.

    Les 850 travailleurs et travailleuses de l’entrepôt de Walmart à Mississauga en Ontario peuvent crier victoire: ils ont réussi à obtenir la syndicalisation du premier entrepôt Walmart en Amérique du Nord et la signature du premier contrat de convention collective. Une victoire importante pour toute la classe ouvrière, surtout si l’on considère les pratiques antisyndicales particulièrement violentes de la multinationale.

    Les ouvriers de l’entrepôt Walmart forment depuis 2024 le Local-252 du syndicat Unifor, après avoir obtenu l’adhésion de la majorité des travailleurs. Après deux ans de négociations, ils ont obtenu la signature d’une convention collective de deux ans qui prévoit une hausse de 5$/heure pour la première année (2026-2027) et une hausse de 3% pour la seconde année. C’est une augmentation significative d’environ 20% pour la première année (avec un salaire qui passe de 24$/heure à 29$/heure) qui permet de rattraper un salaire inférieur à ceux en vigueur dans le secteur manufacturier. Les ouvriers sont également parvenus à limiter l’emploi de travailleurs précaires en provenance d’agences de placement (une technique capitaliste bien connue pour limiter la stabilité d’emploi, contourner les syndicats et le code du travail et ainsi diminuer les salaires). Enfin, les ouvriers ont obtenu une amélioration des horaires avec des emplois du temps plus stables et planifiés à l’avance.

    Ces avancées représentent bien le minimum que Walmart pouvait rendre aux travailleurs et travailleuses qu’elle exploite. Rappelons qu’il s’agit d’une immense multinationale présente dans presque tous les pays du monde. Cotée à plus de 900 milliards en Bourse, la compagnie génère chaque année plus de 700 milliards de profits bruts. Et la famille Walton, à la tête de l’empire Walmart, n’est rien de moins que la famille la plus riche des États-Unis, avec une fortune estimée à 520 milliards de dollars en 2026 ! Autrement dit, Walmart ne fait que rendre des miettes aux travailleurs, les miettes d’une fortune que la compagnie, ses actionnaires et la richissime famille de bourgeois qui se trouve à sa tête a totalement volée, pillée et extorqué à ses mêmes travailleurs.

    Walmart : un modèle d’antisyndicalisme

    La question qui plane désormais est celle d’une menace de la fermeture de cet entrepôt par une compagnie dont les pratiques antisyndicales sont amplement connues et documentées. On se souviendra par exemple de la fermeture du magasin Walmart de Joliette en 2005 après sa syndicalisation, mettant 190 employés à la porte. On pense également à la syndicalisation des entrepôts d’Amazon qui s’était soldée par la fermeture des entrepôts, qui ont tout simplement été remplacés par une compagnie de sous-traitance.

    Il faut néanmoins combattre à la fois ces pratiques antisyndicales et le discours pessimiste qui en découle. À ce titre, il est bon de rappeler que Walmart a été sévèrement condamnée pour la fermeture de son magasin de Jonquière en 2005. Cet acte a été considéré comme une fermeture illégale pour tenter d’empêcher la syndicalisation des employés, et Walmart a été condamné à indemniser les 190 travailleurs en 2014. Quant à Amazon, nous pouvons rappeler la campagne victorieuse de syndicalisation des entrepôts Amazon aux États-Unis qui a mené à la création de l’Amazon Labor Union (ALU). Rien n’est écrit d’avance, il ne faut pas sombrer ni dans le fanatisme, ni dans le pessimisme. La lutte se poursuit.

    Conclusion : De la nécessité de lutter jusqu’au bout

    Deux constats s’imposent suite à ce que nous venons de dire : premièrement, les travailleurs par la syndicalisation ne récupèrent qu’une toute petite partie de la richesse qu’ils sont pourtant les seuls à produire (dans le cas des travailleurs de Walmart 5$/heure sur des centaines de milliards de profits chaque année). Deuxièmement, même avec la syndicalisation, les emplois restent menacés, à risque d’une potentielle fermeture.

    Pour récupérer l’ensemble de ce qu’elle produit et pour garantir son droit au travail, la classe ouvrière dans son ensemble, le prolétariat, doit lutter pour mettre fin au capitalisme et mettre en place un nouveau système économique. Le socialisme permettra de mettre fin à l’exploitation du prolétariat par une minorité de capitalistes avares et cupides. Il permettra aux travailleurs de récupérer l’immense partie de ce qu’ils produisent à leur propre bénéfice. Il permettra également de garantir le droit au travail, en fournissant un emploi à chacun et chacune à la mesure de ses capacités.

    La syndicalisation des entrepôts de Walmart n’est qu’une première étape, l’obtention d’une convention collective une autre étape. Ce sont les premiers pas dans la lutte de classe pour acquérir une conscience de classe et une expérience d’organisation. Mais cette lutte des classes est une lutte à mort entre le prolétariat et la bourgeoisie, qui ne peut se solder que par l’anéantissement de la bourgeoisie. Lutter jusqu’au bout c’est lutter jusqu’au renversement de la bourgeoisie.

    Courage camarades, le prolétariat vaincra !

  • 250 ans des USA : Manifestation contre l’impérialisme américain

    250 ans des USA : Manifestation contre l’impérialisme américain

    Résumé de la manifestation anti-impérialiste qui s’est tenue le 4 juillet 2026 à Montréal pour dénoncer l’impérialisme américain et le trumpisme.

    Samedi 4 juillet 2026 à Montréal, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont pris part à la manifestation contre les États-Unis, à proximité du consulat américain sur la rue Sainte-Catherine. Bien que réunissant peu de manifestants, la manifestation a quand même réussi à prendre la rue et à bloquer les artères automobiles du boulevard René Lévesque et de la rue Sainte-Catherine. Les manifestants ont reçu le soutien des passants, qui entonnaient des slogans avec eux, le tout dans une ambiance très festive.

    L’impérialisme américain plus féroce que jamais

    Cette manifestation prenait place le jour même de la fête nationale américaine, pour s’opposer aux commémorations chauvines et nationalistes qui étaient organisées par les trumpistes au même moment de l’autre côté de la frontière. Au défilé militaire trumpiste répondait cette manifestation populaire pour rappeler la nature belliciste et impérialiste des États-Unis, qui se sont construits sur des guerres, ainsi que sur le génocide des peuples autochtones.

    Il est important de s’opposer à l’impérialisme américain, surtout en cette année 2026 qui aura été marquée par les interventions militaires américaines contre le Vénézuéla et contre l’Iran, et alors que la menace d’une nouvelle intervention militaire américaine plane encore sur Cuba.

    Face à l’impérialisme américain, nous ne nous laisserons pas faire ! La résistance s’organise ici comme partout à travers le monde, y compris aux États-Unis eux-mêmes, dans les rangs de la classe ouvrière.

    L’impérialisme américain sera vaincu ! Ensembles, enrayons la machine de guerre américaine !

  • Attentat masculiniste : l’auteur d’un manifeste incel commet une fusillade à Montréal

    Attentat masculiniste : l’auteur d’un manifeste incel commet une fusillade à Montréal

    Lundi matin, dans le quartier Côte-des-Neiges de Montréal, un homme de 25 ans a tué un habitant et un policier dans une fusillade. Le tireur, qui a été abattu, laisse derrière lui un manifeste masculiniste. Voici l’article publié par nos camarades de Révolution Permanente sur le sujet.

    Lundi 22 juin, en fin de matinée, un homme a ouvert le feu depuis la fenêtre d’un hôtel du quartier Côte-des-Neiges à Montréal, tuant un habitant et un policier, avant d’être abattu par la police. L’homme de 25 ans, un étudiant originaire de l’Ouest canadien, a laissé derrière lui un manifeste d’une centaine de pages, misogyne et violent, inspiré de l’idéologie « incel ». « Incel » est la contraction des mots « involontaire » et « célibataire » et désigne un mouvement hétérogène constitué d’hommes anti-féministes, qui accusent les femmes d’être responsables de leur célibat – une idéologie notamment diffusée par des influenceurs masculinistes.

    Un manifeste incel

    Si les motivations du tireur n’ont pas été officiellement confirmées par l’enquête de police en cours et que des commentateurs estiment dans les médias canadiens qu’il n’est pas certain que l’auteur de la fusillade se revendique de la mouvance « incel », le manifeste qu’il a diffusé est très explicite.

    Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités féministes, comme l’autrice Martine Delvaux, ont ainsi dénoncé un « refus de nommer la misogynie » et l’omniprésence dans les médias de la rhétorique du « loup solitaire », qui occulte la montée du masculinisme en faisant passer des attentats inséparables d’une oppression patriarcale systémique pour des actes individuels aux allures de « tragédie imprévisible », selon la formule de l’activiste Celeste Trianon, qui a co-organisé une manifestation ce dimanche contre l’idéologie incel à Montréal suite à l’attentat. 

    Au Canada, le mouvement féministe est profondément marqué par la tuerie masculiniste de l’École Polytechnique de Montréal en 1989 lorsque treize étudiantes et une secrétaire avaient été assassinées par le masculiniste Marc Lépine – un meurtrier aujourd’hui revendiqué dans les milieux incel – mais aussi par l’attaque à la voiture bélier qui avait tué dix piétons à Toronto en 2018, perpétrée par un homme qui se revendiquait de l’anti-féminisme.

    Le manifeste laissé par le tireur est ainsi caractéristique de l’idéologie incel, mêlé à l’utilisation confuse et réactionnaire des concepts marxistes. L’homme s’en prend aux femmes, mais aussi à l’industrie pornographique, qu’il considère comme responsable de son état et qu’il aurait peut-être ciblé : le journal québécois La Pressesouligne que l’immeuble depuis lequel il a tiré se situe en face des bureaux de la société propriétaire du site Pornhub.

    Le média explique que la « dénonciation de la pornographie occupe une place centrale dans le réquisitoire de l’assaillant », parmi d’autres cibles, comme « les chirurgiens plastiques, les banquiers, les promoteurs immobiliers, les politiciens libéraux ou conservateurs et ce qu’il appelle les “mâles alpha”. » Interrogée par Urbania, la chercheuse Océane Corbin qui étudie les forums incels, observe que le manifeste comporte également une dimension de mode d’emploi, soit une « marche à suivre pour se procurer des armes, commettre une tuerie. »

    Quelles revendications face à la violence masculiniste ?

    Face à l’émotion très vive des Montréalais-ses, la mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada (Ensemble Montréal, centre droit), a promis un meilleur contrôle des armes à feu, mais aussi des réseaux sociaux – pointant le fait que la vidéo de la fusillade ait largement circulé en ligne. Ces mesures sécuritaires ne répondent en rien aux racines des violences patriarcales et occultent le rôle de l’État dans leur multiplication ainsi que dans le développement des idéologies masculinistes. Pourtant, c’est bien l’État qui construit et renforce les normes de genre à travers ses institutions, notamment l’école, où sont éduqués et socialisés les futurs adultes, et d’autant plus dans une période de crises et de militarisation.

    De nombreuses voix féministes réclament d’autres mesures. Dans une tribunepubliée par Le Devoir largement relayée, Martine Delvaux souligne : « On a laissé miroiter une augmentation des mécanismes de surveillance de la population, question d’accroître le sentiment de sécurité. Mais ce qui nous aiderait […] ce serait que dès le plus jeune âge, les enfants soient éduqués au sexisme et à l’homophobie, que le consentement soit véritablement un objet d’attention et de discussion dans les écoles”, ou encore “que les mères célibataires ne soient pas les plus précaires dans cette société ».

    Comme le suggère en outre l’autrice Marie-Elaine Guay, il importe de comprendre les causes structurelles qui favorisent l’essor du masculinisme et de rompre avec l’idée que les attentats comme celui de Montréal sont le fait de monstres désocialisés, des actes individuels que l’on pourrait abstraire de l’ensemble des rapports sociaux genrés. Elle rappelle par ailleurs sur son compte Instagram que la police n’est aucunement un allié dans la lutte contre l’oppression de genre : à Ottawa, plusieurs policiers ont été mis en cause la semaine dernière pour avoir traqué des femmes via les bases de données de leur institution, mais également « contacté des victimes dans le but de développer des relations intimes » comme le rapporte Radio-Canada

    Contre les mesures sécuritaires, qui permettent de renforcer les instruments de répression à disposition de l’État et finissent par être mobilisés contre toute forme de contestation sociale au nom de la lutte contre les féminicides, il importe de revendiquer des mesures qui permettent réellement de s’attaquer aux racines de l’oppression de genre : des papiers et un logement pour tous-tes afin que nulle ne dépende matériellement d’un conjoint violent, des cours d’éducation à la vie affective et sexuelle de qualité, mais aussi des commissions indépendantes et formées capables de prendre en charge les violences sexistes et sexuelles dans les écoles et lieux de travail. Mais, plus généralement, l’explosion des idées et des violences masculinistes est indissociable de la crise du capitalisme, un système qu’il faut combattre si l’on veut en finir avec le patriarcat. 

    Stream de la Critique consacrait un épisode en novembre dernier à l’essor des violences masculinistes, afin de les comprendre et de s’organiser pour les combattre, avec la militante de Du Pain et Des Roses, Alberta Nur.

  • Crise du logement : manifestation pour le droit au logement

    Crise du logement : manifestation pour le droit au logement

    En ce 1er juillet 2026, des centaines de manifestants se sont réunis pour protester contre la crise du logement actuelle.

    Ce 1er juillet 2026 à Montréal, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont participé à la manifestation contre le prix élevé du loyer. La manifestation était organisée par la Coalition contre le logement cher (la COLOC) et a réuni plusieurs centaines de manifestants.

    Les manifestants réclamaient : 1) un véritable contrôle sur les loyers, autrement dit, un gel des loyers et une limitation des prix. 2) la création de plusieurs logements sociaux: les logements « abordables » n’étaient pas considérés comme une solution satisfaisante, il faut donc des logements qui soit réellement hors-marchés. 3) l’application du droit au logement tel qu’il est sensé être garanti par la charte des droits et libertés.

    La manifestation partait du métro l’Assomption pour dénoncer le projet PPU-Assomption-Nord, un méga-projet de développement de condos comprenant déjà environ 7000 unités de construites sur 12 000 de prévues, parmi lesquelles seulement 300 unités consacrées au logement social (dont aucune n’est encore construite). Ce projet est emblématique de l’embourgeoisement des quartiers populaires de l’est de Montréal. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers le Tribunal Administratif du Logement (TAL), qui a été dénoncé comme un complice des propriétaires et comme un responsable de la crise du logement. Un déménagement sauvage a été organisé devant les bureaux du TAL, où ceux qui n’ont pas trouvé de logement cet été sont venus déposer leurs meubles pour déménager devant le TAL.

    La manifestation s’est terminée avec une fête au Parc Maisoneuve avec nourriture et spectacles pour tous les manifestants.

    La crise du logement, c’est la faute du capitalisme

    La racine de la crise du logement, c’est le capitalisme. Transformé en simple marchandise, le logement n’est plus un besoin matériel à combler, mais une source intarissable de profits. La spéculation immobilière est le principal symptôme de cette crise. Les capitalistes construisent non pas pour répondre aux besoins de se loger, mais uniquement pour produire de la valeur. Peu importe que les logements soient occupés, ce qui compte c’est qu’ils constituent une valeur refuge pour les investissements capitalistes, et, surtout, que les prix augmentent. On peut ainsi s’enrichir en investissant dans l’immobilier sans créer de logement abordable, mais simplement en spéculant sur le cours de la valeur immobilière. Autrement dit, en achetant à bas prix et en revendant beaucoup plus cher. On peut même éponger les pertes de loyer en déductions d’impôts entretemps.

    Les propriétaires ne sont qu’une classe de rentiers parasites, ils se contentent d’encaisser de l’argent sous forme de loyer sans rien produire en retour. C’est pourquoi il faut en finir avec cette classe de vampires en expropriant les propriétaires, du premier jusqu’au dernier.

    Le socialisme est la meilleure solution pour régler la crise du logement. Avec le socialisme, nous pourrons planifier démocratiquement l’économie et ainsi répondre directement aux besoins de la population, et non pas pour générer des profits. Un vaste plan de construction de logement sociaux gratuits et confortables pourrait immédiatement être mis en place sous le socialisme et ainsi régler la crise du logement.

    Le droit au logement passe par le socialisme !

  • S’ils touchent à l’un d’entre nous (Cinéma sous les étoiles)

    S’ils touchent à l’un d’entre nous (Cinéma sous les étoiles)

    Le 30 juin 2026 au Parc du Pélican, la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise a tenu une projection de S’ils touchent à l’un d’entre nous (2024) film de Révolution Permanente sur la lutte pour la réintégration de Christian Porta, militant syndicaliste à la boulangerie industrielle de Neuhauser.

    Plus de 100 personnes étaient réunies au Parc du Pélican à Montréal ce mardi 30 juin pour assister à la projection de S’ils touchent à l’un d’entre nous, sur la lutte pour la réintégration de Christian Porta. L’événement était organisé par la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) avec Cinéma Sous les Étoiles et le Conseil Central du Montréal Métropolitain de la CSN (CCMM-CSN). Un franc succès qui témoigne de l’intérêt pour les récits de luttes ouvrières victorieuses.

    Une histoire de la lutte des classes

    On a vraiment que bataillé, l’histoire des Neuhausers c’est une histoire de la lutte des classes à échelle locale

    Christian Porta

    S’ils touchent à l’un d’entre nous raconte l’histoire de Christian Porta, syndicaliste combatif, à la boulangerie industrielle de Neuhauser à Foschviller en Moselle. Depuis 2016, celui-ci anime le syndicat CGT de l’usine, menant bataille sur bataille contre la Loi travail, pour les augmentations de salaire, pour de meilleurs horaires de travail. Le film présente également ses camarades du syndicat, un des syndicats les plus combatifs de l’industrie agroalimentaire regroupant derrière lui plus de 74% des travailleurs.

    Face à eux, le groupe Invivo, immense trust capitaliste qui se présente faussement comme une «coopérative», mais qui a tous les traits des grandes multinationales capitalistes. Géant de l’agro-business, le groupe possède plusieurs filiales (Jardiland, Gamm vert, etc.) dans de nombreux domaines. Exploitant aussi bien la moitié des agriculteurs de France que les travailleurs du tiers-monde (le groupe possède des malteries en Afrique où les travailleurs gagnent 25 à 30 euros par mois !), il s’agit d’une véritable pieuvre capitaliste ayant aussi bien des tentacules dans chaque industrie que dans chaque pays.

    En février 2024, alors qu’il se prépare à une nouvelle grève, Christian Porta apprend qu’il va être licencié. Motif : on lui reproche de «harceler» les cadres sous prétexte qu’il fait respecter le code du travail. Le véritable motif est politique, on cherche à réprimer ce militant combatif non pas pour une faute professionnelle, mais pour son engagement politique. À travers lui, c’est tout le syndicat qu’on cherchent à détruire.

    Face à cette injustice, les camarades de Christian se mobilisent en solidarité et créent un comité de soutien. Alors que celui qui les a si bien défendus est victime d’une injustice, c’est désormais au tour des camarades de se mobiliser pour le défendre. Face à ce licenciement abusif, ils comprennent que si on peut renvoyer quelqu’un pour son engagement, alors plus aucun travailleur n’est à l’abri.

    Les actions se succèdent : réunions, manifestations, débrayages et actions directes contre Neuhauser. La lutte porte ses fruits et les tribunaux rendent une première décision : le licenciement de Christian est illégal, il doit être réintégré. Mais Invivo ne l’entend pas de cette oreille, et un second licenciement illégal est effectué.

    Le ton monte d’un cran et les travailleurs et travailleuses décident alors de bloquer toute l’usine. La bataille finit par payer. Christian Porta est réintégré et Invivo condamné à payer plus de 500 000 euros d’amende.

    Des leçons importantes

    Ce film parle de la lutte des classes, de la répression patronale et de la solidarité ouvrière comme antidote face à cette répression. C’est un film extrêmement touchant, on y voit transparaître l’affection de Christian pour ses collègues de travail et ses camarades de lutte et tout l’affection qu’ils lui portent en retour. C’est un hymne à la classe ouvrière ainsi qu’au pouvoir de la lutte. Toutes ses qualités font que le film mérite amplement d’être vu, mais il vaut également le coup d’œil pour les importantes leçons qu’il nous enseigne à propose de la lutte des classes.

    Seule la lutte paie : Cette phrase est prononcée à la fin du film et elle le résume assez bien. Si les travailleurs de l’usine ne s’étaient pas mis en lutte pour soutenir Christian, alors celui-ci aurait perdu son emploi et n’importe lequel d’entre eux aurait pu être renvoyé à son tour. La seule chose qui nous protège contre l’arbitraire des patrons, c’est la lutte. La loi seule reste impuissante, les patrons peuvent la violer s’ils sont suffisamment téméraires, comme le montre bien le film. Mais face à la résistance de l’ensemble de la classe ouvrière, ils ne peuvent rien faire.

    L’union fait la force : Cette leçon, c’est tout le sens du titre du film, s’ils touchent à l’un d’entre nous, alors nous sommes tous touchés. Ce principe doit être au cœur de la solidarité ouvrière. Le film montre bien comment chacun se sent directement concerné par l’injustice vécue par Christian, comme s’il la subissait personnellement. La solidarité ouvrière est de mise, non seulement entre tous les ouvriers d’une même usine, mais également entre les ouvriers des différentes usines. Le film souligne cet aspect à travers le soutien apporté à la grève des Neuhausers par les autres syndicats de la région, ainsi que par la question de l’internationalisme (qu’il s’agisse de la solidarité avec les travailleurs et travailleuses d’une usine tunisienne, ou avec la question des travailleurs éthiopiens exploités par les mêmes capitalistes).

    Ce sont les patrons qui ont besoins des ouvriers et non l’inverse : Les bourgeois ont besoin des prolétaires pour travailler et pour produire. Les capitalistes avancent peut-être les capitaux de départ, mais le capital ne produit pas tout seul, il a besoin d’acheter du travail pour pouvoir fructifier. Et le capital n’est lui même que du travail accumulé par le passé, comme Marx nous l’enseigne si bien. Dans le film, cette leçon nous est notamment présentée par la grève, qui est précisément déclenchée « pour rappeler aux patrons que sans nous l’usine elle tourne pas », comme le dit l’un des camarades de Christian. Sans ouvriers pour travailler, les patrons sont bien obligés de céder et de réintégrer Christian.

    Un film à voir absolument

    Pour son aspect émouvant, pour l’importance cruciale des thèmes qu’il aborde et pour les importantes leçons qu’il nous enseigne, S’ils touchent à l’un d’entre nous mérite amplement votre attention.


    Si vous n’avez pas vu ce film, vous devez absolument le voir !