Auteur : Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise

  • Bilan des Élections 2026 : Quelles perspectives pour la classe ouvrière

    Bilan des Élections 2026 : Quelles perspectives pour la classe ouvrière

    Le 5 octobre dernier était le jour de vote pour les élections provinciales québécoises. Résultat le Parti Québécois a remporté les élections et formera le prochain gouvernement. Dans ce contexte qu’elles sont les perspectives pour la classe ouvrière ?

    La victoire du Parti Québécois

    Les résultats électoraux sont désormais connus, le Parti Québécois a remporté les élections et formera le prochain gouvernement minoritaire avec 59 députés sur 127. Avec seulement 28% du vote c’est le résultat le plus bas jamais enregistré pour former un gouvernement. Si l’on ajoute à cela le taux d’abstention, on remarquera que le Parti Québécois n’a obtenu que 18,47% du vote. Cela montre déjà toute l’injustice du système parlementaire britannique sauce Westminster, qu’il est plus que jamais temps de changer. Mais cela démontre aussi la grande instabilité du futur gouvernement de Paul Saint-Pierre Plamondon qui peut désormais être renversé à tout moment.

    Cette situation offre toutefois des possibilités de gains intéressant pour la classe ouvrière. En effet, un gouvernement minoritaire comme le prochain gouvernement du PQ sera d’autant plus attentif à la contestation populaire qu’il est plus instable. Il ne faut pas se faire d’illusions sur le fait que le Parti Québécois adopterait une politique progressiste de lui-même, il y a longtemps que le PQ est passé du camp de la social-démocratie à celui du social-libéralisme. De plus le parti québécois a toujours été un parti bourgeois. Mais le fait que le gouvernement soit minoritaire (peu importe le parti au pouvoir) pourrait permettre à la classe ouvrière par sa pression, ses mobilisations et ses luttes de faire pencher ce futur gouvernement minoritaire en sa faveur. Ce serait notamment l’occasion de récupérer les acquis sociaux détruits par la CAQ, comme la cession de bail ou les commissions scolaires élues, et aussi d’éliminer les projets de lois antisyndicaux adoptés par la CAQ, comme le PQ a promit de le faire.

    Ce nouveau gouvernement du Parti Québécois remettra également de l’avant la question de l’indépendance du Québec. Cela ouvre des perspectives intéressantes pour le démantèlement de l’État capitaliste fédéral canadien. Bien sûr la stratégie référendaire proposée par le PQ est largement insuffisante, comme nous l’avons déjà mentionné. L’indépendance ne pourra pas être réalisée par un parti bourgeois comme le PQ, elle passera nécessairement par une révolution dirigée par le prolétariat. Là encore il faudra lutter pour arracher la direction du mouvement indépendantiste d’une éventuelle direction centriste-néolibérale ou droitière-raciste.

    Sur ce point il faut aussi souligner que l’élection du PQ entraînera certainement des attaques racistes contre les travailleurs immigrants qui ont déjà été blâmés par Paul Saint-Pierre Plamondon pour l’engorgement des hôpitaux et des écoles. Un front antiraciste devra se mobiliser contre toutes les attaques xénophobes de la part du Parti Québécois.

    La désintégration de la CAQ

    La Coalition Avenir Québec a été entièrement pulvérisée en cette journée du 5 octobre. Le parti qui était au pouvoir depuis 2018 ne possède même plus un seul député. Le peuple n’a pas oublié les 8 années au pouvoir de la CAQ. Le remplacement de François Legault, obligé de démissionner tant il était impopulaire, par Christine Fréchette et le changement de nom du parti pour la campagne en « Équipe Christine Fréchette – Coalition Avenir Québec », n’auront pas fait oublié l’ancien premier ministre. Les électeurs ont rejeté la totalité des candidats de la CAQ y compris les ex-ministres CAQistes très impopulaires (comme Bernard Drainville, Simon Jonlin-Barette, Ian Lafrenière, Jean-François Roberge, ou France-Élaine « Cruella » Duranceau.

    Si la gestion catastrophique de la pandémie n’a pas suffi à faire disparaître la CAQ après sont premier mandat, la crise du logement délibérément aggravée par la Loi-31, la crise alimentaire, l’inflation généralisée et la diminution drastique des salaires qui s’en suit, les milliards gaspillés à gauche et à droite dans des projets qui ne se sont jamais concrétisé (Northvolt, Stablex, SAAQclic), tout cela a rendu la CAQ radicalement impopulaire.

    N’ayant plus un seul député il ne reste aucun avenir à la CAQ qui n’a plus qu’une seule option : l’autodissolution. Nous voilà donc très probablement débarrassés une bonne fois pour toute de ce parti, dont la brève existence n’aura duré que 15 ans. Il ne reste plus à leurs membres qu’à aller s’éparpiller entre le PQ, le PLQ et le PCQ.

    Le parti libéral toujours en position de force

    Avec ses 40 députés, le Parti Libéral du Québec constitue toujours la seconde force politique du Québec. Celui-ci n’est plus confiné aux quartiers bourgeois du West-Island de Montréal mais à su réaliser des gains importants sur la Rive-Sud, la Rive-Nord, permis les fonctionnaires de la région de l’Outaouais (à cause de la proximité avec Ottawa) et dans les Eastern-Township (les cantons de l’Est). Un résultat extrêmement décevant, car le parti libéral n’est rien de plus que le parti du statu-quo. Tant sur le plan social que sur le plan de l’indépendance, le parti libéral propose de sauvegarder le capitalisme néolibéral et l’État fédéral canadien, autrement dit de ne rien changer à rien.

    C’est pourquoi le parti libéral est le parti par excellence de la bourgeoisie et l’ennemi traditionnel, voire principal, de la classe ouvrière. Durant toutes ses années au pouvoir le Parti Libéral n’a cessé d’être au service des grands patrons et de la très haute bourgeoisie. Il a multiplié les subventions aux grosses entreprises et aux multinationales d’un côté, et les coupures budgétaires ainsi que le saccage des services publics de l’autre côté. Lors du dernier gouvernement libéral de 2014 à 2018, sous Phillipe Couillard ce sont pas moins de 3,7 milliards $ de dollars qui ont été coupé.

    Toute la doctrine économique du parti libéral consiste à prendre l’argent dans les proches des travailleurs et travailleuses pour le mettre directement dans les poches des milliardaires, des banquiers, des industriels, des grands patrons et autres capitalistes bourgeois. Leur résultats électoraux les places en bonne position pour former le prochain gouvernement si jamais le parti québécois minoritaire venait à être renversé avant la fin de son prochain mandat.

    La percée conservatrice

    Le Parti Conservateur du Québec a réalisé une percée importante en passant de 0 à 19 députés sur 127. Cette percée est une très mauvaise nouvelle pour la classe ouvrière, car avec le Parti Conservateur et son idéologie libertarienne c’est un ennemi plus redoutable que tout les autres partis auquel la classe ouvrière se trouve confronté. Le PCQ propose sans gêne de couper 47 millards de $ du budget de l’État, de licencier des milliers de fonctionnaires, de déréglementer et de libéraliser au maximum le marché, d’abolir toute forme de réglementation environnementale, de développer les gaz de schistes en empoisonnant la nappe phréatique et de détruire les hôpitaux public pour mieux les privatiser.

    Paradoxalement le PCQ parvient à attirer un électorat plus populaire que la minorité d’ultra-riches qui va réellement bénéficier de son programme de grand retour au capitalisme sauvage par un discours pseudo-social. Tout d’abord en promettant des retours d’impôts de 8700$ sans préciser qu’il s’agit de leur estimation sur 5 ans, et par ménage (par couple) ce qui équivaudrait à environ 800$ par personne par année, ce qui est bien peu pour compenser la perte de tout nos services publics. D’autre part en fustigeant « le capitalisme de connivence » c’est à dire en supprimant les subventions aux entreprises pour laisser toute la place à la sacro-sainte « libre concurrence ». Une promesse en l’air destiné à tromper les masses, car la réalité c’est que c’est bel et bien dans les hôpitaux, les écoles, les garderies et toutes les formes de prestations sociales (chômage, assurance santé, santé-sécurité au travail) que les conservateurs comptent bien aller chercher cet argent.

    Fort heureusement le PCQ semble « confiné » (ironie du sort pour un parti anti-vaccin) à la grande région au nord et au Sud de Québec. S’il veut parvenir à former un gouvernement le PCQ devra donc trouver une stratégie pour briser cet isolement régional, dans lequel nous espérons qu’il se maintiendra.

    La stagnation de Québec Solidaire

    Tous les militants de gauche doivent être radicalement déçu des résultats de Québec Solidaire. Le parti n’a pas réussi à progresser, au contraire il a complètement stagné et même régressé en perdant deux circonscriptions importantes sur l’île de Montréal ; Saint-Henri Saint-Anne perdue avec seulement 300 voix et Verdun perdue avec seulement 700 voix. Pire les deux circonscriptions ont étés perdues au profit du parti libéral, et c’est même le fils du très détestable Jean-Charest qui a été élu dans Verdun. Cette catastrophe aurait facilement pu être évitée et priver le parti libéral de deux circonscriptions importantes sur l’île de Montréal.

    La campagne de Québec Solidaire a été très décevantes. En particulier, parmi leurs propositions phares, celle sur le logement consistant uniquement à plafonner les hausses de loyer à 3% en attendant de trouver une solution. Quant à la question de taxer les riches Québec Solidaire a reculé sur sa proposition de taxer les millionnaires, pour ne plus taxer que les « ultra-riches », soit le 0,1% des plus riches, ceux qui gagnent 25 millions et plus et qui ne seront taxés que de 1% à 2% de leur fortune. Québec Solidaire a fait le choix d’une campagne axé sur le sérieux, la respectabilité et la crédibilité mais ce choix se solde clairement par un échec. La modération a un goût bien amer.

    Trois voie s’offre désormais au parti. Soit se tourner à droite et s’allier avec le Parti Québécois, ce qui ne semble pas impossible lorsqu’on connait la proximité entre le Parti Québécois et les membres de QS membres d’Option Nationale (qui est un collectif au sein de QS). Soit virer à gauche, en se proclamant ouvertement socialiste comme le NPD d’Avi Lewis. Une option peu probable quand on observe la direction actuelle qui fait toujours le choix de la modération. Ou bien garder les mêmes positions de gauche toujours plus molle et stagner à environ dix députés sans aucun espoir de prendre le pouvoir.

    Pourtant le fait qu’un parti qui se dise « de gauche » et qui s’oppose ouvertement à l’austérité détiennent la balance du pouvoir est un fait radicalement nouveau qui n’a jamais été expérimenté. Tout comme le fait que le PQ soit minoritaire, le fait que QS détienne désormais la balance du pouvoir peut également être exploité par la classe ouvrière pour réaliser des gains tangibles.

    Quelle perspective pour la classe ouvrière

    Dans ces conditions la classe ouvrière n’a qu’une seule perspective : la lutte, la lutte des classes. Pour obtenir quoi que ce soit de ce nouveau gouvernement il faudra lutter de toutes nos forces dans les usines et les entreprises comme dans la rue. Pour que les travailleurs obtiennent des hausses de salaire dignes de l’inflation et pour mettre fin aux lois antisyndicales (loi-4 et loi-14) hérités de la CAQ ; pour que les locataires récupèrent la cession de bail (abrogation de la loi-31) ; pour que les organismes communautaires obtiennent les subventions nécessaires à leur survie ; ou pour que les étudiants se libèrent des frais de scolarité qui pèsent sur leur dos, il faudra passer par la lutte ! La solution n’est pas parlementaire elle est, comme toujours, révolutionnaire. Peu importe le parti au pouvoir ce n’est pas par le parlementarisme, surtout sous cette forme dévoyée (qui permet à un parti de gouverner avec seulement 18% d’appui populaire !) que nous obtiendrons des solutions concrètes.

    Il faut que le prolétariat rompe avec tous ces partis bourgeois et petit bourgeois pour proposer créer un parti de classe qui soit à la fois autonome et révolutionnaire. Car c’est seulement par la révolution que la classe ouvrière peut espérer conquérir le pouvoir et renverser le capitalisme. Afin d’établir une société réellement libre, débarrassée de la misère et l’exploitation, une société communiste où la misère des uns ne servirait plus à faire la fortune des autres.

    Ces élections ouvrent de nouvelles perspectives pour la lutte des classes et la possibilité de gains concrets pour la classe ouvrière et pour les masses prolétarisées. À nous de nous montrer à la hauteur !

    Seule la lutte paye ! Continuons de lutter jusqu’au bout pour le communisme !

  • Montréal interdit d’insulter les policiers

    Montréal interdit d’insulter les policiers

    Ce 21 septembre 2026 la ville de Montréal vient d’adopter un règlement municipal interdisant d’insulter les policiers.

    Sans aucune espèce de consultation publique la ville de Montréal vient d’adopter à 35 voix contre 25 un règlement interdisant d’insulter les policiers. Le règlement prévoit des amendes allant de 350$ à 1000$ pour la première offense et 2000$ pour toute récidive.

    Un règlement complètement réactionnaire et répressif qui ouvre la voie à toutes les formes d’abus policiers. Ce règlement contrevient à tout les principes les plus élémentaires de justice, puisque les policiers seront à la fois juge et parti dans l’application des contravention. Sans compter le fait que l’argent pourrait directement servir à indemniser les policiers ce qui en ferait un incitatif pour provoquer les gens.

    Là où de tels règlements existent on a pu assister à toute sortes de dérives. À Québec, lors d’une manifestation antifasciste en Novembre 2017 un manifestant a été condamné à une amende pour un simple doigt d’honneur, sans qu’il soit bien clair s’il visait les policiers ou les fascistes protégés par ces derniers.

    Il est clair que ce projet de loi vise uniquement à fournir une excuse aux policiers pour arrêter la manifestants et réprimer les opposants politiques. Il est clair que des slogans comme « tout le monde déteste la police », « flics, porcs, assassins », « la police au service des riches et des fascistes » peuvent tous être interprétés comme des « comportements offensants » vis-à-vis des policiers et servir d’excuse pour des arrestations et des contraventions. Tout comme la Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité adoptée en avril dernier, qui interdit de manifester à moins de 50m du bureau d’un élu, ou d’avoir des fumigène en manifestation.

    En votant ce règlement l’administration bourgeoise et droitière de la ville incarnée par Soraya Martinez marque une grave dérive liberticide, en se mettant à plat-ventre devant les policiers. Mais ces règlements ne nous font pas peur et nous continuons à dire ce que nous pensons de la police.

    À bas la police ! Police partout, justice nulle part !

  • Manifestation contre le sommet de l’IA à Montréal

    Manifestation contre le sommet de l’IA à Montréal

    Mercredi 16 septembre, au Palais des Congrès de Montréal, se tenait une manifestation contre un important sommet sur l’intelligence artificielle.

    Ce 16 septembre les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont pris part à la manifestation contre le sommet All-In sur l’intelligence artificielle qui se tenait au Palais des Congrès, réunissant plus de 2500 compagnies. La manifestation a réunit des centaines de personnes pour protester contre la vision capitaliste du développement de l’intelligence artificielle, et les nombreuses dérives que celle-ci entraîne.

    L’IA des capitalistes au service du militarisme

    L’un des aspects de la manifestation était de contester l’emploi de l’IA dans un cadre militaire. On sait que des compagnies militaires participaient au sommet, et que l’intelligence artificielle est utilisée à des fins militaires, notamment pour contrôler les drones ou pour désigner des cibles de frappes aériennes. Nous sommes déjà témoins de l’usage militaire de l’IA dans les guerres récentes en Palestine, au Liban et en Iran.

    Tuer des gens pour faire des profits, voilà qui ne dérange pas les capitalistes. Au contraire ceux-ci y voient l’une des meilleures avenue pour le développement de l’IA.

    L’IA des capitalistes détruit la planète

    Actuellement l’intelligence artificielle exige et consomme énormément de données. Pour continuer à alimenter les algorithmes, les capitalistes sont obligés de construire d’immenses centres de données, qui coûtent littéralement des milliards de dollars, et qui consomme des tonnes d’électricité, le tout pour une technologie qui peut facilement être employée à des fins nuisibles comme la guerre ou la surveillance de masse.

    Des projets de développement sont actuellement en cours au Québec, comme le centre de données de QScale à Lévis (le campus Q001), qui consomme plus de 142MW, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 8000 logements. Ou encore à Sherbrooke avec le centre de données de Keel Infrastructure, qui consomme 96MW, l’équivalent de la consommation annuelle de 5300 logements, uniquement pour miner du bitcoin ! Tout ces centres de donnés font augmenter la consommation et le prix de l’électricité, et pousse l’économie à se tourner vers des sources plus polluantes d’énergie (comme les hydrocarbures) pour pallier le manque d’électricité. La manifestation était l’occasion de dénoncer de tels projets.

    En plus les centres de données épuise les ressources minérales de la planète, qu’il s’agisse du lithium, du cuivre, du cobalt ou des terres rares. En plus, les centres de donnés consomment énormément d’eau (plus de 500 milliards de litres en 2023) pour le refroidissement de leurs ordinateurs. Cette eau provient en majorité des réserves d’eau potable (plus de 80% de l’eau utilisée par les « data centers » américains est de l’eau potable). Et les centres de données polluent cette eau en la contaminant au nitrate. L’IA des capitalistes n’est donc définitivement pas une solution pour la crise écologique, au contraire, elle risque de l’aggraver.

    L’IA des capitalistes au service de la surveillance de masse

    La manifestation était également l’occasion de dénoncer l’emploi de l’intelligence artificielle dans la surveillance de masse. L’IA peut servir à collecter, trier et analyser une masse de données incomparable, ce qui permet d’en faire un outil de surveillance redoutable. En récoltants nos données privées et en entraînant des algorithmes, l’IA pourrait être utilisées pour identifier des activistes ou des opposants politiques et devenir un dangereux outil de répression.

    La manifestation dénonçait notamment la participation d’IBM au sommet qui est responsable de la gestion du fichier de la population israélienne qui est crucial au maintien du régime d’apartheid. Cet exemple illustre comment l’IA est déjà devenu un outil de surveillance de masse, d’oppression et de répression.

    L’intelligence artificielle peut également être employée comme un outil de surveillance managériale. L’IA peut servir à chronométrer et à évaluer chaque mouvement des travailleurs dans le but d’optimiser chaque geste pour augmenter la productivité. C’est typiquement ce que Marx désignait déjà comme « l’intensification du travail », et qui une technique capitaliste pour accroître l’exploitation de la classe ouvrière. La manifestation était l’occasion de protester contre de telles mesures, notamment la présence de compagnies comme DeepSight qui cherchent à produire des lunettes de réalité augmentée pour guider et contrôler les travailleurs dans leur moindre geste.

    La vision capitaliste de l’IA est définitivement une vision dystopique destinée à accroitre l’exploitation et l’oppression de la classe ouvrière.

    L’IA source de la prochaine crise capitaliste

    Le titre du sommet le dit bien « all in » sur l’IA. Les capitalistes tentent un coup de poker en misant tout sur l’intelligence artificielle. Si l’IA permettra aux premier capitalistes qui l’utiliseront pourront réaliser quelques profits via des gains de compétitivité, ceux-ci disparaitront à mesure que le recours à l’IA se généralisera. Or l’IA exige des fortunes en capitaux (des milliers de milliards) pour des retour sur investissement quasiment nuls, ce qui montre bien que les capitalistes ne savent plus quoi faire de leur capitaux.

    L’IA détruit des emplois à la fois dans l’industrie et dans les professions intellectuelles, mais elle ne crée pas de travail en retour. Contrairement à une usine classique, les fameux centres de données fonctionne de manière entièrement automatisé et ne crée aucun emploi supplémentaires une fois qu’il sont construits (si ce n’est une petite dizaine d’emplois d’entretien et de maintenance pour des milliards d’investissement). Et l’IA est un processus continu qui ne peut pas être stoppé, les logiciels IA ont toujours besoin de renouveler leur stock de données pour continuer à être fonctionnels, ce qui exige toujours plus de capitaux pour les mêmes profits. C’est ce qui est à l’origine de la bulle spéculative actuelle autour de l’intelligence artificielle, une bulle financière qui est sur le point d’éclater engendrant la prochaine crise majeure du capitalisme.

    Il faut préciser que le problème n’est évidement pas la technologie en tant que telle, mais ce qu’elle devient entre les mains des capitalistes. Ce ne sont pas les forces productives, mais les rapports de production qui sont en cause. Dans le cas de l’intelligence artificielle : une arme et un outil de surveillance qui détruit la planète en engendrant du chômage et des crises. C’est pourquoi il est impératif de mettre fin à ce système capitaliste à l’agonie, qui n’a plus aucun avenir à nous offrir, exception faite d’une dystopie où nous serons tous et toutes surexploités par des algorithmes.

    Contre l’IA capitaliste révolution communiste !

  • Élections 2026 : bilan du premier débat

    Élections 2026 : bilan du premier débat

    Le premier « débat des chefs » s’est tenu ce soir à TVA, un débat où les candidats, fidèles à eux-même, ont chacun déroulé leur cassette habituelle comme de bons politiciens professionnels. Mais pour la classe ouvrière il est difficile de voir dans n’importe lequel des candidats un authentique défenseur des ses intérêts, qui se soucie réellement du sort des travailleurs, et pas seulement de sa propre (ré)élection.

    Christine Fréchette : « je ne suis pas François Legault »

    « Je ne suis pas François Legault », voilà la phrase qui aura le plus résonné dans ce débat. Le bilan de la Coalition Avenir Québec (CAQ) est tellement catastrophique que Christine Fréchette essaye par tout les moyens de faire oublier son lien avec le gouvernement Legault. Le parti a été officiellement renommé « Équipe Christine Fréchette – Coalition Avenir Québec », et le logo de la CAQ a été effacé de toute les pancartes électorales.

    Si sa réthorique réthorique consistait principalement à essayer de faire oublier les 8 ans de bilan désastreux de la CAQ, elle ne se limitait pas qu’à cela. Sa réthorique consistait aussi à utiliser sa position de première ministre pour évoquer les montants dérisoires investis à gauche à droite pour essayer créer des « effets de manches ». Elle s’est également adressé à la bourgeoisie québécoise en évoquant les nombreux contrats d’investissements qu’ils proviennent de capitaux étrangers ou de capitaux fédéraux, afin de tenter de convaincre la bourgeoisie de continuer à accorder son soutient à la CAQ.

    Son dernier argument consistait à évoquer la menace trumpiste et à s’appuyer sur le soutien indirect de Carney – qui cherche à torpiller le Parti Québécois en divisant le vote francophone, afin d’éviter d’avoir à affronter un référendum pour préserver l’unité de la « prison des peuples » (pour reprendre l’expression de Lénine) qu’est l’État canadien – pour instrumentaliser la peur de l’instabilité économique pour rallier la classe capitaliste et les travailleurs inquiets au statut-quo économique et politique.

    Tout cela ne sera pas suffisant pour sauver la CAQ, après 8 ans de gouvernement de la CAQ, de crise du logement, de l’alimentation, d’explosion de l’itinérance, de salaires écrasés par l’inflation et de milliards gaspillés à tout vent par la CAQ nous ne sommes pas prêt d’oublier la politique anti-sociale et pro-capitaliste de la CAQ. « Je me souviens » n’est pas la devise du Québec pour rien, et nul doute que le peuple se souviendra du bilan de la CAQ le 5 octobre, et dégageront la CAQ une bonne fois pour toute.

    Paul Saint-Pierre Plamondon : l’homme qui se voyait déjà premier-ministre

    Durant le débat, l’objectif de Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) consistait à décrédibiliser la CAQ tout en se présentant comme l’alternative la plus crédible. On le lit dans son regard, PSPP se voit déjà premier ministre.

    Sur le question économique celui-ci a repris une partie de la réthorique libertarienne du parti conservateur sur le fameux « dégraissement de l’État », où il propose de sauver quelques millions en coupant à grand coup dans la « bureaucratie ». Une réthorique qui masque assez mal une politique d’austérité qui vise en réalité à supprimer des emplois de fonctionnaires et à jeter à la rue des travailleurs. Il reprend également la réthorique de droit classique de la CAQ et du parti Libéral sur la volonté de « créer une fiscalité avantageuse » pour « créer plus de richesse » en gros faire plus de cadeaux aux capitalistes étrangers à grand coup de baisses d’impôts et de subventions publiques, pour essayer d’attirer plus de capitaux au Québec. Mais en même temps PSPP essaie également de chasser sur les terres de Québec Solidaire en nous assurant qu’un gouvernement du Parti Québécois va « redistribuer les richesses » et « améliorer les services publics ». On se demande bien par quel miracle PSPP comte redistribuer les richesses s’il réduit les taxes sur les compagnies, les corporations et autres grandes multinationales, afin de créer une « fiscalité avantageuse » (avantageuse pour qui ?). À moins que dans la bouche de PSPP « redistribuer la richesse » signifie prendre l’argent dans les poches des travailleurs pour le donner aux capitalistes.

    L’indépendance du Québec, cheval de bataille historique du PQ aura aussi été l’occasion pour PSPP de marquer des points. Face à un chef du PQ qui défendait la nécessité pour un peuple de se libérer, d’accéder à l’indépendance, de devenir « maître chez lui » les arguments de « grateux de cennes » de la CAQ et du parti conservateur, prétextant le coût du référendum (130 millions $, soit 15$ par Québécois) démontre le caractère minable de ces partisans du status quo. Cela a sûrement épargné à PSPP le fait d’avoir a répondre à la question difficile d’un éventuel refus du référendum par le gouvernement fédéral, et d’une situation de type catalane. La seule vraie indépendance passe par la lutte des classes et le socialisme.

    Éric Duhaime : le privé c’est la panacée

    Le candidat libertarien est de loin le pire ennemi de la classe ouvrière. Pourtant celui-ci essaye de se faire passer comme « l’ami » de ceux qui ont de la misère à terminer leur fin de mois et à se payer l’épicerie (avec un tel ami on a pas besoin d’ennemi). Sa solution est toujours la même pour l’alimentation, pour l’éducation comme pour la santé : le privé, le privé, le privé. Mais le privé n’est une solution que pour ceux qui cherchent à enrichir les capitalistes au détriment de la classe ouvrière. Le privé coutera toujours plus cher que le public pour la simple raison qu’il nous facturera toujours les profits de la bourgeoisie en plus des coûts de production, c’est ce qu’on appelle « le coût du capital ». De plus le privé n’accélérera pas l’accès au service, il se contera de faire passer les riches qui ont les moyens de payer, avant la classe ouvrière. Quiconque veut se convaincre que les projets de privatisation de la Santé d’Éric Duhaime sont catastrophiques n’a qu’à regarder les États-Unis, où l’ont est littéralement condamné à mourir si jamais on n’a pas assez d’argent pour se faire soigner.

    Charles Milliard : candidat des milliardaires

    Le part libéral n’a pas changé, c’est toujours le parti de la grande bourgeoisie anglophone. Milliard a beau essayer de nous faire croire que son parti à changé, qu’il est pour les énergies vertes (éoliens, solaires, hydroélectique) et pas pour les gaz de schistes, ou qu’il veut améliorer les services publics, mais tout comme pour la CAQ, le peuple n’a pas oublié les 4 ans au pouvoir de Philippe Couillard et les 9 ans de Jean-Charest. Nous savons que le parti libéral n’est que le parti de la grande bourgeoisie, qu’il défend les intérets des capitalistes contre le prolétariat. Sa politique consiste à semer l’austérité, à détruire les hôpitaux, les écoles et tout le filet social pour réduire les impôts des corporations et des grandes fortunes, ou réinvestir l’argent des coupures en cadeaux et en subventions pour les patrons. Quand elle ne consiste pas à détruire l’État providence à privatiser tout ce qu’il y a de social pour en faire une nouvelle source de profit pour les capitalistes. Le parti libéral n’est qu’une version plus « respectable », plus « modéré » du parti conservateur. Le libéralisme n’est qu’un libertarianisme dilué. Si le parti libéral n’est pas donné gagnant pour cette élection, il faut néanmoins se méfier d’un éventuel retour du parti de l’austérité aux élections suivantes.

    Ruba Ghazal : la gauche toujours plus molle

    N’importe quel ouvrier ou n’importe militant de gauche ne peut que désespérer de la performance sommes toute assez terne, pour ne pas dire déplorable de Ruba Ghazal. La co porte-parole de Québec Solidaire s’est totalement effacée devant les autres candidats. À voir le débat, même les militants de Québec Solidaire doivent se mettre à regretter Gabriel Nadeau-Dubois ou Manon Massé.

    Québec Solidaire a abandonné son projet de taxe sur les fortunes d’un million de dollars. QS ne s’attaque même plus au 1%, mais aux fortunes de 25 millions de dollars, soit le 0,1%, avec une taxe de 5 milliards de dollars (soit une taxe supplémentaire d’environ 5% seulement par fortune). Et Québec Solidaire n’appelle pas à récupérer l’argent que les capitalistes nous ont volés, mais à ce que les riches « fassent leur juste part ». Une réthorique d’autant plus ironique que c’était le parti libéral qui en 2012 appelait les étudiants à « faire leur juste part » lors de la grève étudiante contre la hausse des frais de scolarité.

    Plutôt que d’appeler clairement à détruire le cartel des cinq grand épiciers, Ruba Ghazal appelé à créer « plus de compétition » en introduisant un nouvel acteur étatique sur le marché. Ce qui a provoqué la réaction de Duhaime qui de son coté « s’imaginait mal des fonctionnaires placer des tomates sur des étagères », ce qui masque mal le fait que le parti conservateur ne propose aucunne solution à l’explosion du prix de la nourriture, et qui est d’autant plus absurde que l’État possède déjà un monopole sur la vente d’alcool et que « les fonctionnaires placent déjà des bouteilles sur les étagères », alors pourquoi pas des tomates.

    Au lieu d’une politique ambitieuse qui ferait du logement un droit, où la construction de logement serait planifié d’après les besoins de la population et où les logements seraient fournit gratuitement, ou même de l’expropriation des logements vides, QS propose de construire 70 000 logements sociaux, dont la moitié serait rachetés aux propriétaires de logements vides. Un plan louable, mais qui serait loin de mettre fin à la spéculation immobilière.

    Bref, Ruba Ghazal ne semble pas déterminé à affronter les milliardaires ni le Parti Québécois d’ailleurs, puisqu’elle s’est également empêtré sur les questions d’immigration, incapable de dénoncer le racisme de PSPP qui a blâmé le crise de logement et l’engorgement des hôpitaux sur le dos des immigrants. Bref la campagne de Québec Solidaire n’est pas des plus passionnantes, et le fait que le parti semble stagner à 10 députés depuis 8 ans – alors que d’autres formations social-démocrate (comme le DSA américain) semblent enchainer les victoires – poussera sans doute les militants de gauche à se tourner vers une nouvelle alternative, tôt ou tard.

    Pour un vrai parti de la classe ouvrière

    Pour nous il est clair que la classe ouvrière, le prolétariat, n’est pas du tout représenter dans ces élections. Et pour cause, si chaque faction de la bourgeoisie a son parti (CAQ, PLQ, PQ) et si la petite bourgeoisie est représentée par QS, la classe ouvrière, elle, ne dispose pas de parti qui la représente politiquement. D’un parti qui assume ouvertement de représenter les intérêts de la classe ouvrière contre la classe capitaliste, au lieu de prétendre représenter « l’intérêt de tous les québécois », « l’intérêt général » ou « l’intérêt des classes moyennes ». Un parti qui assume la lutte des classes et la confrontations des capitalistes, plutôt que d’appeler les riches à « faire leur juste part ». Un parti qui démantèle les grands cartels capitalistes, au lieu de chercher à « introduire plus de compétition ». Un parti qui socialise le logement et le rende gratuit, et qui élimine la classe des propriétaires parasites.

    Ce parti c’est un parti de classe, communiste et révolutionnaires, tel que la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) cherche à le construire. C’est un parti qui ne compteras pas sur les élections pour changer les choses, mais qui misera directement sur la classe ouvrière elle-même et sur la révolution, sur un immense mouvement de masse de l’immense majorité de la population au profit de la majorité. Ce parti est nécessaire si l’on veut mettre fin à l’hégémonie des cinq nuances de partis bourgeois et petit-bourgeois, et aux 101 variétés de capitalisme plus ou moins ouvertement réactionnaire ou « progressiste » qu’ils nous proposent.

    Ensembles, forgeons le parti du prolétariat, renversons le capitalisme et bâtissons le communisme !

  • Léon Trotsky : un modèle pour la révolution

    Léon Trotsky : un modèle pour la révolution

    Il y a 86 ans jour pour jour mourrait Léon Trotsky, lâchement assassiné par un agent de Staline, c’était le 21 août 1940. C’est l‘occasion de revenir sur la vie militante et les principaux concepts du grand révolutionnaire communiste.

    Une vie au service de la révolution

    Né en 1879, Lev Davidovich Bronstein s’engage très tôt, dès 17 ans, dans une organisation révolutionnaire du sud de la Russie. Ses activités le conduisent rapidement à être arrêté par les autorités tsaristes, puis déporté en Sibérie. Il s’évade alors de déportation pour gagner l’Angleterre où il fait la connaissance de Lénine. Président du soviet (conseil) de Pétrograd, Trotsky est l’une des principales figures de la première révolution russe de 1905. Malheureusement arrêté et déporté avant d’avoir pu passer à l’insurrection, il doit de nouveau s’évader en Europe. Au cours de ce second exil européen, Trotsky formera des contacts avec les socialistes des divers pays européens. Lorsque la première guerre mondiale éclate, Trotsky fait partie de ceux qui restent fidèles à l’internationalisme en refusant de soutenir l’effort de guerre et en appelant, au contraire, à stopper la guerre par la grève générale et la révolution.

    La révolution, c’est ce qui va se produire en Russie. Dans un premier temps, avec la révolution de Février qui renverse le tsar et permet à Trotsky et aux révolutionnaires de rentrer d’exil. Puis, la révolution d’Octobre, que Trotsky va activement préparer. En gagnant la majorité des ouvriers, puis les soldats qui refusent de se faire massacrer dans un conflit impérialiste, et en parvenant à gagner les paysans déçus par les promesses de réformes agraires du gouvernement provisoire, Trotsky et les bolchéviques réussissent à bâtir un parti de masse de plus de 200 000 militants. Ils remportent également la majorité au sein des soviets (les conseils ouvriers), ce qui permet à Trotsky de redevenir président du soviet de Pétrograd et de préparer l’insurrection du 25 octobre (7 novembre du calendrier grégorien), cette fois avec succès. Trotsky sera par la suite un des personnages les plus importants du nouveau régime soviétique aux côtés de Lénine. Commissaire du peuple à l’armée, il crée de toute pièce l’Armée Rouge qu’il conduit à la victoire lors de la guerre civile qui oppose celle-ci aux armées blanches (1918-1921). Trotsky sera également une figure majeure de la nouvelle Internationale Communiste (la IIIe Internationale) qui fut fondée en 1919, et dont Trotsky rédigera le manifeste.

    Mais le dernier combat de Trotsky, celui qui allait le conduire à sa mort, est sans doute ce qui le distingue le plus parmi tous les autres dirigeants bolchéviques. Dès 1923, Trotsky incarne l’opposition de gauche, puis, à partir de 1926-1927, l’opposition unifiée. L’opposition de gauche incarne la ligne prolétarienne, fidèle à la révolution d’Octobre, contre les déviations centristes (Staline) et droitières (Boukharine) qui cherchent à trahir l’esprit de la révolution, au profit de la bureaucratisation du régime (Staline) ou d’un rétablissement du fonctionnement capitaliste (Boukharine). Exclu du Parti Communiste d’Union Soviétique à partir de 1927, exilé au Kazakhstan, puis en Turquie à partir de 1929, Trotsky devient alors le plus farouche opposant à Staline et à la dégénérescence bureaucratique de l’Union Soviétique. Il travaille alors à regrouper les communistes révolutionnaires opposés à Staline. Analysant la montée du fascisme en Allemagne (1933), les grèves de juin 1936 en France, ou encore la Guerre d’Espagne (1936-1939), Trotsky lance à chaque fois des avertissements qui ne seront pas écoutés par les militants communistes stalinisés, ce qui conduira aux atrocités de la prise de pouvoir des nazis et à la seconde guerre mondiale, plutôt qu’à la révolution. Les efforts de Trotsky pour regrouper les communistes antistaliniens aboutiront en 1938 à la fondation de la Quatrième Internationale. Les efforts de Trotsky pour refonder une internationale communiste authentiquement révolutionnaire seront malheureusement interrompus brutalement par l’assassinat de Trotsky à Mexico en août 1940.

    Bien que sa vie ait été tragiquement écourtée, elle reste néanmoins un modèle exemplaire d’une existence consacrée à la révolution. Trotsky nous aura transmis le flambeau de la révolution, il aura permis que la flamme de la révolution se rende jusqu’à nous, sans être éteinte par le stalinisme. Enfin, Trotsky nous laisse un héritage théorique important sur lequel il est impératif de se pencher.

  • Élections 2026 : Peu importe le parti austérité garantie

    Élections 2026 : Peu importe le parti austérité garantie

    Les élections de 2026 approchent, mais aurons nous réellement un choix sur la politique future? CAQ, PQ ou PLQ, peu importe le parti qui prendra le pouvoir, nous semblons condamnés à voir l’une ou l’autre des factions de la bourgeoisie exercer le pouvoir et appliquer à coup sûr une nouvelle vague d’austérité dont la classe ouvrière sera la première victime.

    La Coalition Avenir Québec : fin de règne pour un parti à bout de souffle

    Parvenue au pouvoir en 2018 avec la promesse de rompre avec l’austérité libérale des années Couillard, la CAQ, et c’est le moins qu’on puisse dire, n’a pas du tout respecté ses promesses. Après un premier mandat fait de réinvestissements de façades (consistant à réinvestir moins que ce que les libéraux avaient coupé) et d’une gestion catastrophique de la pandémie avec 21 844 décès, le second mandat de la CAQ opte clairement pour le virage austéritaire. La CAQ envisage de licencier 6000 fonctionnaires, et le budget 2026-2027 représente une baisse de 2,6 milliards $ dans les services sociaux par rapport à l’inflation. À cela, il faut ajouter les scandales de Northvolt, Stablex et SAAQClic où le gouvernement caquiste a perdu des milliards en cadeaux aux entreprises. Enfin, la passivité totale de la CAQ face à la crise du logement ou la crise environnementale montre clairement les priorités de ce parti : enrichir la bourgeoisie en saccageant la planète et en exploitant toujours davantage la classe ouvrière. Sa gestion catastrophique de l’économie, ainsi que l’impopularité grandissante de la CAQ ont culminé dans la démission de François Legault, face à l’échec électoral imminent.

    Parti Québécois : parti bourgeois !

    Grand favori dans les sondages, le Parti Québécois a de bonnes chances de reprendre le pouvoir, mais mettra-t-il fin au cycle d’austérité ? Rien n’est moins certain. Historiquement, le PQ a appliqué l’austérité aussi férocement que tous les autres partis. On se souviendra des mesures d’austérité de 1982, où le gouvernement Lévesque coupa les salaires des employés par 1/5e (20%) du jour au lendemain, en réprimant la contestation à grand coup de lois matraques, forçant le retour au travail. De même, le gouvernement de Lucien Bouchard (1996-2001), avec sa politique de « déficit zéro », a multiplié les coupures austéritaires, allant jusqu’à licencier 50 000 postes de fonctionnaires. Enfin, le gouvernement Marois (2012-2014) a continué d’appliquer l’austérité à travers une combinaison de coupures et de hausses de tarifs. Le Parti Québécois a-t-il changé ? S’il est en apparence « plus indépendantiste » (et seulement « en apparence »), le PQ de Paul Saint-Pierre Plamondon est toujours aussi capitaliste et néolibéral qu’auparavant. Dans son fameux « Livre bleu », il dit vouloir « favoriser un environnement propice à l’entreprenariat » (p.210). Comment ? En prenant l’argent qu’Ottawa nous vole… pour le donner aux capitalistes ! Le PQ nous explique que le « Québec indépendant aura tout avantage à offrir une fiscalité avantageuses aux entreprises ». Son projet est de récupérer l’argent des impôts fédéraux pour octroyer des baisses d’impôts aux entreprises et ainsi attirer les investissements de capitaux, autrement dit, les capitalistes. Difficile de parler d’indépendance dans de telles conditions.

    Parti Libéral : au service du capital !

    Le Parti Libéral est le parti de la bourgeoisie par excellence. Sa politique pourrait se résumer à « vendre la peau du prolétariat pour mieux en récolter les miettes ». Toute sa politique consiste à se plier aux exigences du capital international en abaissant les salaires, en déréglementant l’économie, en détruisant le code du travail et les protections environnementales, en exemptant les bourgeois et les entreprises d’impôts tout en taxant le peuple pour financer ces mêmes entreprises. De Bourassa à Couillard en passant par Charest, le Parti Libéral a toujours été le parti du capital ! Le Parti Libéral est également le parti de l’austérité par excellence, avec plus de 3,7 milliards $ de coupures rien que sous la première année (2015-2016) du dernier gouvernement Couillard ! Le PLQ lui non plus n’a pas changé: sous le bien nommé Charles Milliard, il reste le parti des milliardaires, le parti de la bourgeoisie !

    Pour briser le cycle de parti bourgeois : il nous faut un parti de classe

    La situation politique dans laquelle nous nous trouvons possède toutes les caractéristiques d’un cercle vicieux: les partis changent, mais la politique, et surtout la politique économique, elle, reste exactement la même, toujours plus d’austérité, mois de services sociaux (hôpitaux, écoles, etc.) et des conditions d’existence toujours plus misérables pour la classe ouvrière. Or, si la politique et le résultat restent toujours les mêmes, c’est parce que tous ces partis sont des partis bourgeois ! Ils représentent chacun une faction de la bourgeoisie, (plus ou moins adossées sur l’appareil étatique québécois ou sur l’impérialisme mondial), mais la bourgeoisie quand même. Pour rompre avec le cycle vicieux des partis bourgeois, il est nécessaire d’œuvrer à l’élaboration d’un parti de classe qui représente non plus les intérêts de factions de la bourgeoisie, mais les intérêts historiques de l’ensemble du prolétariat. Un parti qui soit organisé non pour la prise de pouvoir électoral, mais pour la conquête révolutionnaire du pouvoir. C’est pourquoi nous avons fondé la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ), afin que la classe ouvrière puisse opposer sa politique prolétarienne communiste à la politique bourgeoise capitaliste !

    Camarades rejoignez-nous ! Ensemble, renversons la bourgeoisie !

  • ArcelorMittal : Grève illimitée à l’usine de Contrecoeur

    ArcelorMittal : Grève illimitée à l’usine de Contrecoeur

    Le 1er août dernier, les 300 métallos de l’usine ArcelorMittal de Contrecœur Ouest ont déclenché une grève illimitée, une action exemplaire de syndicalisme combatif.

    Depuis le samedi 1er août les 300 métallurgistes de l’usine ouest d’ArcelorMittal à Contrecœur sont en grève illimitée. La dernière convention collective signée en 2020, pour une durée de six ans, tombait à échéance au mois d’août. Les travailleurs du local 6951 du syndicat des métallos ont rejeté une première offre à 90%. La grève illimitée a ensuite été votée à 97,2%, un résultat impressionnant qui témoigne de la combativité du syndicat, car nous n’arracherons rien aux capitalistes sans les combattre.

    Les revendications de la grève tourne principalement autour des salaires. Entre 2020 et 2026 les prix ont drastiquement augmenté, et le Canada a connu une inflation de 23%1. Les travailleurs exigent donc un rattrapage vis à vis de l’inflation, mais également vis-à-vis des travailleurs des autres usines d’ArcelorMittal au Québec. Les travailleurs nous ont dit vouloir une hausse de 5$ de l’heure, voire 6$ ou 7$, selon ce que la lutte permettra de gagner. Sur un salaire moyen de 38,75 $ cela représente une hausse de 13% (dans le cas d’une hausse de 5$) ce qui reste inférieur aux 23% d’inflation. Les revendications des ouvriers de Contrecœur-Ouest sont d’autant plus juste que les ouvriers des autres usines Mittal, qui eux ont négocié après l’inflation post-pandémie gagnent d’avantage, alors qu’ils travaillent pourtant pour la même compagnie.

    Les travailleurs considèrent les salaires de l’usine comme beaucoup trop bas. Surtout lorsqu’on considère les conditions de travail. Les journées de travail sont de 12h par jour, et les ouvriers nous ont expliqué qu’il n’est pas rare de devoir faire du temps supplémentaire et de travailler 18h par jour ! Sans compter le fait que les heures de travail sont souvent effectués la nuit. À cela s’ajoute l’exposition à des substances nocives et la présence permanente de poussière dans l’air. Des conditions qui méritent d’être amélioré, d’autant que les salaires sont trop bas comparés aux usines avoisinantes (comme Grantech ou Béton Bourgeois) qui ne travaillent pas dans des conditions aussi dures.

    ArcelorMittal : un empire capitaliste

    ArcelorMittal est littéralement un empire capitaliste. Présent dans plus de 60 pays, il est le deuxième producteur d’acier au monde avec près de 80 millions de tonnes par an. Rien qu’au Québec Mittal possède la Mine de fer de Fermont, le port de Port Cartier et l’usine de boulettage dans la même ville, une usine à Montréal (Saint-Patrick), un autre à Longueuil et enfin les usines de Contrecœur Est et Contrecœur Ouest. La multinationale est également extrêmement profitable. Rien qu’en 2025 la compagnie a enregistrée des revenus de 85,4 milliards de dollars canadiens, sur lesquels elle a empoché 4,4 milliards de profits2 (ce qui représente à peu près 50 000 fois le salaire annuel d’un travailleur chez Mittal). Tout ces profits ne sortent pas de nul part, ils sont le fruit du travail non-payé qui est volé chaque jour et chaque heure aux travailleurs. En réclamant des hausses de salaires, les ouvriers ne font que réclamer ce qui leur est dû, ce qu’ils ont produit.

    Ces profits ne sortent pas de nulle part, mais ils n’aterrissent pas nulle part non plus. À la tête de l’empire ArcelorMittal se trouve la dynastie Mittal, et à la tête de cette dynastie se trouve le patriarche de la famille Mittal, Lakshmi Mittal, riche d’une fortune de 34 milliards de dollars, ce qui en fait rien de moins que le 70e homme le plus riche du monde (et le 5e plus riche de l’Inde). Autrement dit chaque dollar économisé par ArcelorMittal sur le salaire des métallos termine dans les poches de bourgeois comme L. Mittal, sa dynastie, ainsi qu’une poignée de riches actionnaires, qui profitent sans jamais rien produire de leurs dix doigts. Chaque dollar arraché c’est donc une victoire de la classe ouvrière sur la classe capitaliste.

    Exproprier Mittal : la solution communiste

    Chaque dollar conquit à l’occasion d’une grève et au fil de la lutte est évidement un dollar récupéré, mais comment faire pour récupérer non plus quelque dollars, mais tout l’argent (les milliards et les milliards) qui part directement du travail des ouvriers pour aboutir dans la poche des actionnaires. La solution consisterait simplement à supprimer la classe sociale des actionnaires : la bourgeoisie. C’est tout le projet de la révolution communiste : abolir la propriété privée et redistribuer les moyens de production (usines, machines, matériaux) directement aux mains de ceux qui travaillent. Cela peut paraître une utopie, pourtant ça ne l’est pas. C’est ce que les bolcheviks ont fait après la révolution russe3. Ce fut également le cas dans les usines Tembec (à Temiscamingue) ou Tricofil (à Saint-Jérôme) au Québec, dans les années 70. C’est également ce que met en place le Courant Révolution Permanente – Quatrième Internationale (CRP-QI), dont la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) est sympathisante, notamment en Argentine où certaines usines fonctionne sous contrôle des ouvriers depuis plus de 20 ans ! Loin d’être une utopie, le contrôle ouvrier est la seule solution possible pour gagner définitivement la lutte des classes et mettre fin à l’exploitation capitaliste. Cette solution, c’est la solution communiste. Celle pour laquelle nous sommes prêts à nous battre jusqu’au bout.

    Mais pour en arriver à « exproprier les expropriateurs » comme disait Marx, il faudra commencer par construire des sections syndicales combattives qui n’ont pas peur d’affronter les patrons et de mener des grèves sur la très longue durée. Les métallurgistes d’ArcelorMittal Contrecœur donnent justement un bon exemple de ce que que peut être un tel syndicalisme de combat, avec l’exemple de la grève illimitée de 2026, mais également par leur histoire qui est riche de luttes héroïques comme la grève de 2002, qui a durée 21 semaines (6 mois), un exemple de persévérance dans la lutte qui peut servir à tout les ouvriers du Québec !

    À bas Mittal ! Solidarité avec les métallos ! Et vive le communisme !

    1. Calculé grâce à l’outil de calcul de la banque du Canada : https://www.banqueducanada.ca/taux/renseignements-complementaires/feuille-de-calcul-de-linflation/ ↩︎
    2. https://www.forbes.com/profile/lakshmi-mittal/ ↩︎
    3. https://www.marxists.org/francais/urss/works/1917/11/controleouvrier.htm ↩︎
  • Festival : La Palestine au Parc

    Festival : La Palestine au Parc

    Résumé du Festival « La Palestine dans le Parc » qui a tenu sa 3e édition en fin de semaine (25 et 26 juillet)

    Les 25 et 26 juillet, au Parc Angrignon, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont assisté au festival La Palestine au Parc, un événement organisé par une vaste coalition d’organisation de solidarité avec la Palestine. L’événement était une célébration de l’identité et de la culture Palestinienne ainsi qu’un endroit pour permettre aux participants de rencontrer des organisations impliquées dans la lutte de solidarité avec la Palestine. De nombreux concerts et performance se sont en lien avec la musique et la culture palestinienne se sont tenus au cours du festival, comme le concert du « Palestinian Youth Ensemble » qui a joué le premier soir. Artistes et organisateur avaient des kiosques afin d’y vendre leur création ainsi que pour promouvoir les causes en lien avec la Palestine, les ventes servant à récolter des fonds pour aider la Palestine. L’événement offrait également la possibilité d’en apprendre davantage sur la lutte du peuple palestinien, à travers les kiosques de littérature, ainsi qu’à travers une exposition sur l’histoire des prisonniers politiques.

    Le festival qui en était à sa troisième édition a réuni des milliers de participants en une fin de semaine (plus de 5000 d’après ce que nous ont rapporté les organisateurs). Cette participation massive démontre un enthousiasme et un support continu pour la cause Palestinienne. Nous remercions les organisateurs et les bénévoles pour leur dévouement et leur énergie qui a rendu un tel événement possible.

    Poursuivons la lutte internationale pour une Palestine libre et émancipée !

  • Coupe du monde de soccer : un spectacle capitaliste

    Coupe du monde de soccer : un spectacle capitaliste

    Comment le sport est-il devenu une manifestation du capitalisme et de l’idéologie bourgeoise.

    Nous sommes à la veille de la finale de la Coupe du monde de soccer, un événement qui promet de regrouper plus d’un milliard et demi de téléspectateurs. Le sport étant un phénomène de masse de nos sociétés capitalistes, il est intéressant, et même nécessaire, de l’étudier d’un point de vue marxiste.

    Les origines capitalistes du sport

    Premier point important: le sport n’a pas toujours existé. Le sport tel qu’on le connait apparait au XIXe siècle en Angleterre, en même temps que le capitalisme. Bien sûr, il existait de nombreuses formes d’activités physiques avant l’apparition du sport et du capitalisme. Or, ce qui caractérise le sport capitaliste, ce n’est pas l’activité physique, mais la compétition: le sport, c’est la récupération capitaliste des formes de jeux qui existaient avant le capitalisme (jeux grecs, loisirs, etc.) et qui, eux, se caractérisaient par l’activité physique et les règlements, mais pas par la compétition. Alors que le but du jeu était alors le loisir, le capitalisme va faire de la performance le but du sport capitaliste. C’est ainsi, par exemple, que l’équitation sera transformée en course de chevaux.

    Initialement réservée à la seule bourgeoisie, la situation du sport change à mesure que les conquêtes ouvrières de la fin du XIXe siècle et du début du XXe permirent aux ouvriers de réduire le temps de travail et de gagner davantage de temps libre. La question du temps libre devient alors un enjeu central pour le capitalisme, qui doit empêcher la classe ouvrière d’utiliser ce temps nouvellement acquis pour s’organiser politiquement et pour lutter contre le capitalisme. C’est alors la naissance des loisirs capitalistes destinés à occuper les ouvriers pendant leur temps libre, le sport devient ainsi un moyen de contrôle social par excellence. Les loisirs capitalistes, en tant que marchandises (comme loisirs payants), auront également pour fonction de récupérer le surplus d’argent dont bénéficient les ouvriers grâce aux luttes syndicales. C’est ainsi que les capitalistes créèrent de nombreux clubs sportifs associés à leurs usines ou leurs entreprises et qu’il subventionnèrent les billets auprès de leurs ouvriers et de leurs familles afin de créer un spectacle capitaliste.

    Le sport comme conditionnement

    Le contrôle social n’est pas la seule chose que le capitalisme obtient grâce au sport. Le sport est également un merveilleux outil capitaliste de conditionnement, à savoir, un instrument de conditionnement au travail. En développant la force physique, la vitesse et l’endurance, le sport permet d’utiliser le temps libre des ouvriers pour démultiplier la force de travail qu’ils consacreront par la suite à leur patron (leur permettant de travailler plus longtemps, plus rapidement et plus fort). L’entraînement sportif, avec ses répétitions de mouvements et sa progression toujours plus intense, imite à la fois la répétition et l’intensification du travail. Le sport est donc une parfaite préparation au travail.

    Mais le sport ne sert pas exclusivement de méthode de conditionnement au travail, il s’agit également d’une méthode de conditionnement militaire. En effet, dès le XIXe siècle, les idéologues du sport, comme le baron Pierre de Coubertin (le fondateur des jeux olympique modernes), sont explicites sur le fait que le sport servira de préparation militaire pour les guerres à venir. Le sport prépare physiquement les corps pour l’effort guerre en développant les attitudes physiques (endurance, dextérité, etc.) nécessaires à la formation de bons soldats (les exercices sportifs/physiques sont d’ailleurs à la base des exercices militaires). L’entrainement sportif discipline d’ailleurs les athlètes comme l’armée discipline les soldats. Enfin, les compétitions sportives internationales (type jeux olympiques) préparent déjà l’affrontement entre les nations. Le sport agit donc comme un double conditionnement: conditionnement à l’exploitation capitaliste et aux guerres impérialistes.

    Le sport comme marchandise

    Il va sans dire que le sport agit également comme une branche majeure de l’économie capitaliste. Construction de stade, équipements sportifs, services sportifs et bien évidement les équipes de sport professionnelles avec les matchs et leurs droits de diffusions, tous ces éléments sont constitutifs d’une économie du sport évaluée à 2 300 milliards de dollars. Autant dire que l’économie sportive n’est pas une mince affaire. Alors que le jeu constituait une forme de loisir libre et désaliénante, le sport en tant que loisir capitaliste réintègre le temps des loisirs dans la sphère de l’économie capitaliste et plus particulièrement dans la sphère de la consommation.

    Or qui dit marchandise dit non seulement travailleurs prolétarisés afin de produire ces marchandises, mais également exploitation capitaliste afin de générer un profit. On connaît bien les pratiques des géants du sport tels que Nike ou Adidas, avec des délocalisations en Asie du Sud-Est, l’exploitation du travail des enfants, des salaires de misère et des heures de travail qui n’en finissent plus. Autre exemple: celui des travailleurs immigrés employés pour la construction des stades lors de la précédente coupe du monde de soccer au Quatar en 2022. Autrement dit, le sport est une source de profit capitaliste, mais ce profit ne se génère pas seul, il implique l’exploitation de la classe ouvrière par la bourgeoisie. La lutte des classes se retrouve dans le sport comme partout ailleurs.

    Idéologie sportive et idéologie bourgeoise

    Enfin, le sport permet de diffuser et de propager l’idéologie bourgeoise au sein des masses. L’idéologie bourgeoise repose en effet sur cette idée de compétition que l’on retrouve au sein du sport. Au sein de la société bourgeoise, c’est la concurrence et la compétition entre les diverses entreprises qui est valorisée sous prétexte que celle-ci stimulerait l’innovation. Dans le sport, c’est la concurrence entre les athlètes et les équipes. Dans un cas comme dans l’autre, on présuppose que c’est la compétition qui fait ressortir le meilleur, et ce, bien que la concurrence capitaliste favorise les entreprises les plus exploiteuses et se solde par l’apparition de monopoles (soit l’inverse de la compétition). Au contraire, le socialisme mise sur la coopération par opposition à la compétition. Pour le communisme, c’est l’entraide et la solidarité qui permettent de construire une société meilleure. Par le sport, la bourgeoisie peut ainsi promouvoir son idéologie de la compétition au détriment des valeurs de coopération du socialisme.

    Mais le sport n’est pas uniquement vecteur de l’idéologie de la compétition, il est également l’un des principaux vecteurs de l’idéologie nationaliste. Les compétitions sportives produisent l’identification à l’équipe nationale et, par extension, l’identification à la nation. Or, la nation, c’est toujours la nation capitaliste dirigée par et pour la bourgeoisie, et qui envoie souvent ses propres citoyens (en grande majorité des prolétaires) mourir dans des guerres absurdes pour les intérêts de la minorité capitaliste de la nation. « Les prolétaires n’ont pas de patrie » comme le disaient si bien Marx et Engels dans le Manifeste du Parti communiste. Or, le sport supprime artificiellement les différences de classes pour faire communier toutes les classes sociales ensemble dans un moment d’euphorie nationaliste et de haine des adversaires étrangers. Poussée à l’extrême, cette idéologie nationaliste conduit au fascisme et c’est pourquoi tous les régimes totalitaires ont investi le sport de masse. Au contraire de l’idéologie nationaliste promue par le sport et la bourgeoisie, le communisme promeut l’internationalisme : « prolétaires de tous les pays unissez vous » telle est la devise du socialisme international.

    Conclusion : pour des loisirs libérés du capitalisme

    La conclusion qui s’impose est la suivante : sous le capitalisme, les loisirs sont aliénés et aliénants. Ils sont un outil de contrôle social au service des classes dominantes, un outil de mise en condition de la classe ouvrière, une source de profit et d’exploitation capitaliste, ainsi qu’un vecteur de l’idéologie dominante. La coupe du monde de soccer ne fait pas exception. Que faire ? Comme toujours : lutter pour renverser le capitalisme qui est la cause de cette corruption des loisirs. Sortir de cette logique de profit, de concurrence, de performance et d’exploitation en créant une société communiste dont le but est l’épanouissement de chacun. Dans une société communiste, les loisirs ne seraient plus une forme d’aliénation consumériste au service de la bourgeoise, mais auraient pour but le bonheur de l’humanité. Le communisme nous permettrait non seulement de libérer notre temps libre de la servitude capitaliste, mais également de se libérer de l’exploitation capitaliste pour se consacrer pleinement et complètement à nos loisirs.

    Conclusion :

    Vive le communisme ! À bas le capitalisme !

  • Syndicalisation des entrepôts Walmart : une victoire pour les travailleurs

    Syndicalisation des entrepôts Walmart : une victoire pour les travailleurs

    En lutte depuis 2024, les employés de l’entrepôt Walmart de Mississauga ont réussi à obtenir la reconnaissance de leur syndicat ainsi que la signature d’une convention collective, une première face à cette multinationale réputée pour son anti-syndicalisme.

    Les 850 travailleurs et travailleuses de l’entrepôt de Walmart à Mississauga en Ontario peuvent crier victoire: ils ont réussi à obtenir la syndicalisation du premier entrepôt Walmart en Amérique du Nord et la signature du premier contrat de convention collective. Une victoire importante pour toute la classe ouvrière, surtout si l’on considère les pratiques antisyndicales particulièrement violentes de la multinationale.

    Les ouvriers de l’entrepôt Walmart forment depuis 2024 le Local-252 du syndicat Unifor, après avoir obtenu l’adhésion de la majorité des travailleurs. Après deux ans de négociations, ils ont obtenu la signature d’une convention collective de deux ans qui prévoit une hausse de 5$/heure pour la première année (2026-2027) et une hausse de 3% pour la seconde année. C’est une augmentation significative d’environ 20% pour la première année (avec un salaire qui passe de 24$/heure à 29$/heure) qui permet de rattraper un salaire inférieur à ceux en vigueur dans le secteur manufacturier. Les ouvriers sont également parvenus à limiter l’emploi de travailleurs précaires en provenance d’agences de placement (une technique capitaliste bien connue pour limiter la stabilité d’emploi, contourner les syndicats et le code du travail et ainsi diminuer les salaires). Enfin, les ouvriers ont obtenu une amélioration des horaires avec des emplois du temps plus stables et planifiés à l’avance.

    Ces avancées représentent bien le minimum que Walmart pouvait rendre aux travailleurs et travailleuses qu’elle exploite. Rappelons qu’il s’agit d’une immense multinationale présente dans presque tous les pays du monde. Cotée à plus de 900 milliards en Bourse, la compagnie génère chaque année plus de 700 milliards de profits bruts. Et la famille Walton, à la tête de l’empire Walmart, n’est rien de moins que la famille la plus riche des États-Unis, avec une fortune estimée à 520 milliards de dollars en 2026 ! Autrement dit, Walmart ne fait que rendre des miettes aux travailleurs, les miettes d’une fortune que la compagnie, ses actionnaires et la richissime famille de bourgeois qui se trouve à sa tête a totalement volée, pillée et extorqué à ses mêmes travailleurs.

    Walmart : un modèle d’antisyndicalisme

    La question qui plane désormais est celle d’une menace de la fermeture de cet entrepôt par une compagnie dont les pratiques antisyndicales sont amplement connues et documentées. On se souviendra par exemple de la fermeture du magasin Walmart de Joliette en 2005 après sa syndicalisation, mettant 190 employés à la porte. On pense également à la syndicalisation des entrepôts d’Amazon qui s’était soldée par la fermeture des entrepôts, qui ont tout simplement été remplacés par une compagnie de sous-traitance.

    Il faut néanmoins combattre à la fois ces pratiques antisyndicales et le discours pessimiste qui en découle. À ce titre, il est bon de rappeler que Walmart a été sévèrement condamnée pour la fermeture de son magasin de Jonquière en 2005. Cet acte a été considéré comme une fermeture illégale pour tenter d’empêcher la syndicalisation des employés, et Walmart a été condamné à indemniser les 190 travailleurs en 2014. Quant à Amazon, nous pouvons rappeler la campagne victorieuse de syndicalisation des entrepôts Amazon aux États-Unis qui a mené à la création de l’Amazon Labor Union (ALU). Rien n’est écrit d’avance, il ne faut pas sombrer ni dans le fanatisme, ni dans le pessimisme. La lutte se poursuit.

    Conclusion : De la nécessité de lutter jusqu’au bout

    Deux constats s’imposent suite à ce que nous venons de dire : premièrement, les travailleurs par la syndicalisation ne récupèrent qu’une toute petite partie de la richesse qu’ils sont pourtant les seuls à produire (dans le cas des travailleurs de Walmart 5$/heure sur des centaines de milliards de profits chaque année). Deuxièmement, même avec la syndicalisation, les emplois restent menacés, à risque d’une potentielle fermeture.

    Pour récupérer l’ensemble de ce qu’elle produit et pour garantir son droit au travail, la classe ouvrière dans son ensemble, le prolétariat, doit lutter pour mettre fin au capitalisme et mettre en place un nouveau système économique. Le socialisme permettra de mettre fin à l’exploitation du prolétariat par une minorité de capitalistes avares et cupides. Il permettra aux travailleurs de récupérer l’immense partie de ce qu’ils produisent à leur propre bénéfice. Il permettra également de garantir le droit au travail, en fournissant un emploi à chacun et chacune à la mesure de ses capacités.

    La syndicalisation des entrepôts de Walmart n’est qu’une première étape, l’obtention d’une convention collective une autre étape. Ce sont les premiers pas dans la lutte de classe pour acquérir une conscience de classe et une expérience d’organisation. Mais cette lutte des classes est une lutte à mort entre le prolétariat et la bourgeoisie, qui ne peut se solder que par l’anéantissement de la bourgeoisie. Lutter jusqu’au bout c’est lutter jusqu’au renversement de la bourgeoisie.

    Courage camarades, le prolétariat vaincra !