S’ils touchent à l’un d’entre nous (Cinéma sous les étoiles)

Le 30 juin 2026 au Parc du Pélican, la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise a tenu une projection de S’ils touchent à l’un d’entre nous (2024) film de Révolution Permanente sur la lutte pour la réintégration de Christian Porta, militant syndicaliste à la boulangerie industrielle de Neuhauser.

Plus de 100 personnes étaient réunies au Parc du Pélican à Montréal ce mardi 30 juin pour assister à la projection de S’ils touchent à l’un d’entre nous, sur la lutte pour la réintégration de Christian Porta. L’événement était organisé par la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) avec Cinéma Sous les Étoiles et le Conseil Central du Montréal Métropolitain de la CSN (CCMM-CSN). Un franc succès qui témoigne de l’intérêt pour les récits de luttes ouvrières victorieuses.

Une histoire de la lutte des classes

On a vraiment que bataillé, l’histoire des Neuhausers c’est une histoire de la lutte des classes à échelle locale

Christian Porta

S’ils touchent à l’un d’entre nous raconte l’histoire de Christian Porta, syndicaliste combatif, à la boulangerie industrielle de Neuhauser à Foschviller en Moselle. Depuis 2016, celui-ci anime le syndicat CGT de l’usine, menant bataille sur bataille contre la Loi travail, pour les augmentations de salaire, pour de meilleurs horaires de travail. Le film présente également ses camarades du syndicat, un des syndicats les plus combatifs de l’industrie agroalimentaire regroupant derrière lui plus de 74% des travailleurs.

Face à eux, le groupe Invivo, immense trust capitaliste qui se présente faussement comme une «coopérative», mais qui a tous les traits des grandes multinationales capitalistes. Géant de l’agro-business, le groupe possède plusieurs filiales (Jardiland, Gamm vert, etc.) dans de nombreux domaines. Exploitant aussi bien la moitié des agriculteurs de France que les travailleurs du tiers-monde (le groupe possède des malteries en Afrique où les travailleurs gagnent 25 à 30 euros par mois !), il s’agit d’une véritable pieuvre capitaliste ayant aussi bien des tentacules dans chaque industrie que dans chaque pays.

En février 2024, alors qu’il se prépare à une nouvelle grève, Christian Porta apprend qu’il va être licencié. Motif : on lui reproche de «harceler» les cadres sous prétexte qu’il fait respecter le code du travail. Le véritable motif est politique, on cherche à réprimer ce militant combatif non pas pour une faute professionnelle, mais pour son engagement politique. À travers lui, c’est tout le syndicat qu’on cherchent à détruire.

Face à cette injustice, les camarades de Christian se mobilisent en solidarité et créent un comité de soutien. Alors que celui qui les a si bien défendus est victime d’une injustice, c’est désormais au tour des camarades de se mobiliser pour le défendre. Face à ce licenciement abusif, ils comprennent que si on peut renvoyer quelqu’un pour son engagement, alors plus aucun travailleur n’est à l’abri.

Les actions se succèdent : réunions, manifestations, débrayages et actions directes contre Neuhauser. La lutte porte ses fruits et les tribunaux rendent une première décision : le licenciement de Christian est illégal, il doit être réintégré. Mais Invivo ne l’entend pas de cette oreille, et un second licenciement illégal est effectué.

Le ton monte d’un cran et les travailleurs et travailleuses décident alors de bloquer toute l’usine. La bataille finit par payer. Christian Porta est réintégré et Invivo condamné à payer plus de 500 000 euros d’amende.

Des leçons importantes

Ce film parle de la lutte des classes, de la répression patronale et de la solidarité ouvrière comme antidote face à cette répression. C’est un film extrêmement touchant, on y voit transparaître l’affection de Christian pour ses collègues de travail et ses camarades de lutte et tout l’affection qu’ils lui portent en retour. C’est un hymne à la classe ouvrière ainsi qu’au pouvoir de la lutte. Toutes ses qualités font que le film mérite amplement d’être vu, mais il vaut également le coup d’œil pour les importantes leçons qu’il nous enseigne à propose de la lutte des classes.

Seule la lutte paie : Cette phrase est prononcée à la fin du film et elle le résume assez bien. Si les travailleurs de l’usine ne s’étaient pas mis en lutte pour soutenir Christian, alors celui-ci aurait perdu son emploi et n’importe lequel d’entre eux aurait pu être renvoyé à son tour. La seule chose qui nous protège contre l’arbitraire des patrons, c’est la lutte. La loi seule reste impuissante, les patrons peuvent la violer s’ils sont suffisamment téméraires, comme le montre bien le film. Mais face à la résistance de l’ensemble de la classe ouvrière, ils ne peuvent rien faire.

L’union fait la force : Cette leçon, c’est tout le sens du titre du film, s’ils touchent à l’un d’entre nous, alors nous sommes tous touchés. Ce principe doit être au cœur de la solidarité ouvrière. Le film montre bien comment chacun se sent directement concerné par l’injustice vécue par Christian, comme s’il la subissait personnellement. La solidarité ouvrière est de mise, non seulement entre tous les ouvriers d’une même usine, mais également entre les ouvriers des différentes usines. Le film souligne cet aspect à travers le soutien apporté à la grève des Neuhausers par les autres syndicats de la région, ainsi que par la question de l’internationalisme (qu’il s’agisse de la solidarité avec les travailleurs et travailleuses d’une usine tunisienne, ou avec la question des travailleurs éthiopiens exploités par les mêmes capitalistes).

Ce sont les patrons qui ont besoins des ouvriers et non l’inverse : Les bourgeois ont besoin des prolétaires pour travailler et pour produire. Les capitalistes avancent peut-être les capitaux de départ, mais le capital ne produit pas tout seul, il a besoin d’acheter du travail pour pouvoir fructifier. Et le capital n’est lui même que du travail accumulé par le passé, comme Marx nous l’enseigne si bien. Dans le film, cette leçon nous est notamment présentée par la grève, qui est précisément déclenchée « pour rappeler aux patrons que sans nous l’usine elle tourne pas », comme le dit l’un des camarades de Christian. Sans ouvriers pour travailler, les patrons sont bien obligés de céder et de réintégrer Christian.

Un film à voir absolument

Pour son aspect émouvant, pour l’importance cruciale des thèmes qu’il aborde et pour les importantes leçons qu’il nous enseigne, S’ils touchent à l’un d’entre nous mérite amplement votre attention.


Si vous n’avez pas vu ce film, vous devez absolument le voir !

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