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Coupe du monde de soccer : un spectacle capitaliste

Comment le sport est-il devenu une manifestation du capitalisme et de l’idéologie bourgeoise. Nous sommes à la veille de la finale de la Coupe du monde de soccer, un événement qui promet de regrouper plus d’un milliard et demi de téléspectateurs. Le sport étant un phénomène de masse de nos sociétés capitalistes, il est intéressant,…

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Syndicalisation des entrepôts Walmart : une victoire pour les travailleurs

En lutte depuis 2024, les employés de l’entrepôt Walmart de Mississauga ont réussi à obtenir la reconnaissance de leur syndicat ainsi que la signature d’une convention collective, une première face à cette multinationale réputée pour son anti-syndicalisme. Les 850 travailleurs et travailleuses de l’entrepôt de Walmart à Mississauga en Ontario peuvent crier victoire: ils ont…

250 ans des USA : Manifestation contre l’impérialisme américain

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Crise du logement : manifestation pour le droit au logement

En ce 1er juillet 2026, des centaines de manifestants se sont réunis pour protester contre la crise du logement actuelle. Ce 1er juillet 2026 à Montréal, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont participé à la manifestation contre le prix élevé du loyer. La manifestation était organisée par la Coalition contre le…

S’ils touchent à l’un d’entre nous (Cinéma sous les étoiles)

Le 30 juin 2026 au Parc du Pélican, la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise a tenu une projection de S’ils touchent à l’un d’entre nous (2024) film de Révolution Permanente sur la lutte pour la réintégration de Christian Porta, militant syndicaliste à la boulangerie industrielle de Neuhauser. Plus de 100 personnes étaient réunies au Parc du…

Socialisme et indépendance

Résumé de notre conférence du 26 juin 2026 sur le marxisme et les luttes de libération nationale. Vendredi 26 juin dernier, la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) tenait une conférence intitulée Socialisme et indépendance : le marxisme et les luttes de libération nationale en compagnie du Collectif Alouette. Cette conférence, qui a été un franc…

Trois applications concrètes de la révolution permanente au Québec

Ce texte vise à expliquer pourquoi la théorie de la révolution permanente est la meilleure stratégie pour la lutte des classes au Québec, et comment celle-ci s’applique à la situation québécoise. Le texte souligne la nécessité de l’autonomie de classe du prolétariat ; le rôle dirigeant que le prolétariat sera amené à jouer dans la lutte…

  • Coupe du monde de soccer : un spectacle capitaliste

    Comment le sport est-il devenu une manifestation du capitalisme et de l’idéologie bourgeoise.

    Nous sommes à la veille de la finale de la Coupe du monde de soccer, un événement qui promet de regrouper plus d’un milliard et demi de téléspectateurs. Le sport étant un phénomène de masse de nos sociétés capitalistes, il est intéressant, et même nécessaire, de l’étudier d’un point de vue marxiste.

    Les origines capitalistes du sport

    Premier point important: le sport n’a pas toujours existé. Le sport tel qu’on le connait apparait au XIXe siècle en Angleterre, en même temps que le capitalisme. Bien sûr, il existait de nombreuses formes d’activités physiques avant l’apparition du sport et du capitalisme. Or, ce qui caractérise le sport capitaliste, ce n’est pas l’activité physique, mais la compétition: le sport, c’est la récupération capitaliste des formes de jeux qui existaient avant le capitalisme (jeux grecs, loisirs, etc.) et qui, eux, se caractérisaient par l’activité physique et les règlements, mais pas par la compétition. Alors que le but du jeu était alors le loisir, le capitalisme va faire de la performance le but du sport capitaliste. C’est ainsi, par exemple, que l’équitation sera transformée en course de chevaux.

    Initialement réservée à la seule bourgeoisie, la situation du sport change à mesure que les conquêtes ouvrières de la fin du XIXe siècle et du début du XXe permirent aux ouvriers de réduire le temps de travail et de gagner davantage de temps libre. La question du temps libre devient alors un enjeu central pour le capitalisme, qui doit empêcher la classe ouvrière d’utiliser ce temps nouvellement acquis pour s’organiser politiquement et pour lutter contre le capitalisme. C’est alors la naissance des loisirs capitalistes destinés à occuper les ouvriers pendant leur temps libre, le sport devient ainsi un moyen de contrôle social par excellence. Les loisirs capitalistes, en tant que marchandises (comme loisirs payants), auront également pour fonction de récupérer le surplus d’argent dont bénéficient les ouvriers grâce aux luttes syndicales. C’est ainsi que les capitalistes créèrent de nombreux clubs sportifs associés à leurs usines ou leurs entreprises et qu’il subventionnèrent les billets auprès de leurs ouvriers et de leurs familles afin de créer un spectacle capitaliste.

    Le sport comme conditionnement

    Le contrôle social n’est pas la seule chose que le capitalisme obtient grâce au sport. Le sport est également un merveilleux outil capitaliste de conditionnement, à savoir, un instrument de conditionnement au travail. En développant la force physique, la vitesse et l’endurance, le sport permet d’utiliser le temps libre des ouvriers pour démultiplier la force de travail qu’ils consacreront par la suite à leur patron (leur permettant de travailler plus longtemps, plus rapidement et plus fort). L’entraînement sportif, avec ses répétitions de mouvements et sa progression toujours plus intense, imite à la fois la répétition et l’intensification du travail. Le sport est donc une parfaite préparation au travail.

    Mais le sport ne sert pas exclusivement de méthode de conditionnement au travail, il s’agit également d’une méthode de conditionnement militaire. En effet, dès le XIXe siècle, les idéologues du sport, comme le baron Pierre de Coubertin (le fondateur des jeux olympique modernes), sont explicites sur le fait que le sport servira de préparation militaire pour les guerres à venir. Le sport prépare physiquement les corps pour l’effort guerre en développant les attitudes physiques (endurance, dextérité, etc.) nécessaires à la formation de bons soldats (les exercices sportifs/physiques sont d’ailleurs à la base des exercices militaires). L’entrainement sportif discipline d’ailleurs les athlètes comme l’armée discipline les soldats. Enfin, les compétitions sportives internationales (type jeux olympiques) préparent déjà l’affrontement entre les nations. Le sport agit donc comme un double conditionnement: conditionnement à l’exploitation capitaliste et aux guerres impérialistes.

    Le sport comme marchandise

    Il va sans dire que le sport agit également comme une branche majeure de l’économie capitaliste. Construction de stade, équipements sportifs, services sportifs et bien évidement les équipes de sport professionnelles avec les matchs et leurs droits de diffusions, tous ces éléments sont constitutifs d’une économie du sport évaluée à 2 300 milliards de dollars. Autant dire que l’économie sportive n’est pas une mince affaire. Alors que le jeu constituait une forme de loisir libre et désaliénante, le sport en tant que loisir capitaliste réintègre le temps des loisirs dans la sphère de l’économie capitaliste et plus particulièrement dans la sphère de la consommation.

    Or qui dit marchandise dit non seulement travailleurs prolétarisés afin de produire ces marchandises, mais également exploitation capitaliste afin de générer un profit. On connaît bien les pratiques des géants du sport tels que Nike ou Adidas, avec des délocalisations en Asie du Sud-Est, l’exploitation du travail des enfants, des salaires de misère et des heures de travail qui n’en finissent plus. Autre exemple: celui des travailleurs immigrés employés pour la construction des stades lors de la précédente coupe du monde de soccer au Quatar en 2022. Autrement dit, le sport est une source de profit capitaliste, mais ce profit ne se génère pas seul, il implique l’exploitation de la classe ouvrière par la bourgeoisie. La lutte des classes se retrouve dans le sport comme partout ailleurs.

    Idéologie sportive et idéologie bourgeoise

    Enfin, le sport permet de diffuser et de propager l’idéologie bourgeoise au sein des masses. L’idéologie bourgeoise repose en effet sur cette idée de compétition que l’on retrouve au sein du sport. Au sein de la société bourgeoise, c’est la concurrence et la compétition entre les diverses entreprises qui est valorisée sous prétexte que celle-ci stimulerait l’innovation. Dans le sport, c’est la concurrence entre les athlètes et les équipes. Dans un cas comme dans l’autre, on présuppose que c’est la compétition qui fait ressortir le meilleur, et ce, bien que la concurrence capitaliste favorise les entreprises les plus exploiteuses et se solde par l’apparition de monopoles (soit l’inverse de la compétition). Au contraire, le socialisme mise sur la coopération par opposition à la compétition. Pour le communisme, c’est l’entraide et la solidarité qui permettent de construire une société meilleure. Par le sport, la bourgeoisie peut ainsi promouvoir son idéologie de la compétition au détriment des valeurs de coopération du socialisme.

    Mais le sport n’est pas uniquement vecteur de l’idéologie de la compétition, il est également l’un des principaux vecteurs de l’idéologie nationaliste. Les compétitions sportives produisent l’identification à l’équipe nationale et, par extension, l’identification à la nation. Or, la nation, c’est toujours la nation capitaliste dirigée par et pour la bourgeoisie, et qui envoie souvent ses propres citoyens (en grande majorité des prolétaires) mourir dans des guerres absurdes pour les intérêts de la minorité capitaliste de la nation. « Les prolétaires n’ont pas de patrie » comme le disaient si bien Marx et Engels dans le Manifeste du Parti communiste. Or, le sport supprime artificiellement les différences de classes pour faire communier toutes les classes sociales ensemble dans un moment d’euphorie nationaliste et de haine des adversaires étrangers. Poussée à l’extrême, cette idéologie nationaliste conduit au fascisme et c’est pourquoi tous les régimes totalitaires ont investi le sport de masse. Au contraire de l’idéologie nationaliste promue par le sport et la bourgeoisie, le communisme promeut l’internationalisme : « prolétaires de tous les pays unissez vous » telle est la devise du socialisme international.

    Conclusion : pour des loisirs libérés du capitalisme

    La conclusion qui s’impose est la suivante : sous le capitalisme, les loisirs sont aliénés et aliénants. Ils sont un outil de contrôle social au service des classes dominantes, un outil de mise en condition de la classe ouvrière, une source de profit et d’exploitation capitaliste, ainsi qu’un vecteur de l’idéologie dominante. La coupe du monde de soccer ne fait pas exception. Que faire ? Comme toujours : lutter pour renverser le capitalisme qui est la cause de cette corruption des loisirs. Sortir de cette logique de profit, de concurrence, de performance et d’exploitation en créant une société communiste dont le but est l’épanouissement de chacun. Dans une société communiste, les loisirs ne seraient plus une forme d’aliénation consumériste au service de la bourgeoise, mais auraient pour but le bonheur de l’humanité. Le communisme nous permettrait non seulement de libérer notre temps libre de la servitude capitaliste, mais également de se libérer de l’exploitation capitaliste pour se consacrer pleinement et complètement à nos loisirs.

    Conclusion :

    Vive le communisme ! À bas le capitalisme !

  • La journée va être (plus) chaude : la transition écologique entre les changements climatiques et les guerres

    Face aux changements climatiques engendrés par le capitalisme et aux vagues canicules meurtrières qui les accompagnent un choix s’impose : ou bien la militarisation de l’économie pour tenter de sauver le capitalisme, ou bien la transition écologie et la sortie du capitalisme.

    L’arrivée de l’été montre encore une fois, avec plus de force, les défis et les dangers que le réchauffement climatique pose à l’échelle globale. En Europe, on assiste chaque année à des vagues de chaleur de plus en plus intenses : en juin 2026, les températures maximales dans le continent européen ont été plus hautes, jusqu’à 12 degrés Celsius de plus, en comparaison aux moyennes annuelles. Ce réchauffement extrême a déjà produit dans plusieurs pays une augmentation des décès à cause de la chaleur. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, au cours du mois de juin 2026, plus de 1300 décès liés à la chaleur ont été enregistrés dans différents pays européens. Les températures extrêmes endommagent aussi les infrastructures civiles et logistiques, en plus de et produire des blackouts dans les villes.

    Au Canada aussi, on voit comment le changement climatique et le réchauffement global produisent des conséquences à différents niveaux. Le rapport Le Canada dans un climat en changement du gouvernement canadien avait déjà prévu en 2023 que, dans tous les scénarios des émissions pris en considération, les températures auraient augmenté deux fois plus que la moyenne globale. De la même façon, la fréquence des températures et des précipitations extrêmes augmente, pendant que l’étendue et la masse de la cryosphère diminuent de plus en plus. Même si les conséquences de ces phénomènes sont moins prononcées ici qu’en Europe, les mêmes risques pour la santé existent, tandis que la possibilité que des événements météorologiques extrêmes arrivent demeure. En plus, les répercussions seront plus sévères pour les secteurs de la population plus vulnérables comme, entre autres, les peuples autochtones qui voient leurs traditionnels modes de vie mis en danger par le changement climatique.

    Tout cela, il faut le répéter, se produit à cause d’un système économique et productif basé sur les combustibles fossiles et sur un capital qui n’est pas enclin à s’arrêter même devant de la misère humaine et environnementale. Les promesses de transition vers une économie plus verte et renouvelable de l’Agenda 2030 et des sommets pour le climat, on a raison de les reconnaître maintenant comme des mots au vent. Dans un système global qui descend vers le chaos, la transition écologique s’écarte de la réalité, en étant dominée par les projets impérialistes des grandes puissances. La guerre devient le moyen principal pour assurer la réussite de ces politiques impérialistes, qui sont souvent liées au contrôle des ressources énergétiques. L’existence d’une armée forte et efficiente devient enfin la condition principale pour ce but, un fait qui produit une reconversion de l’économie vers le secteur militaire. On le voit au Canada avec le projet d’expansion d’une usine de General Dynamics à Valleyfield qui est impliquée dans des activités polluantes.

    Il faut prendre position contre la guerre impérialiste et la militarisation de la société et lutter à côté des ouvriers et des étudiants en favorisant l’auto-organisation et l’autonomie de la classe ouvrière. On ne peut pas déléguer la gestion de la crise environnementale à des pays bellicistes qui font de la guerre leur but. On doit revendiquer une écologie des peuples par les peuples et l’abolition des armées. On doit lutter pour une transition écologique qui mette au centre le bien-être des peuples et la coexistence avec l’environnement dans le cadre de la planification de la production.

  • Syndicalisation des entrepôts Walmart : une victoire pour les travailleurs

    En lutte depuis 2024, les employés de l’entrepôt Walmart de Mississauga ont réussi à obtenir la reconnaissance de leur syndicat ainsi que la signature d’une convention collective, une première face à cette multinationale réputée pour son anti-syndicalisme.

    Les 850 travailleurs et travailleuses de l’entrepôt de Walmart à Mississauga en Ontario peuvent crier victoire: ils ont réussi à obtenir la syndicalisation du premier entrepôt Walmart en Amérique du Nord et la signature du premier contrat de convention collective. Une victoire importante pour toute la classe ouvrière, surtout si l’on considère les pratiques antisyndicales particulièrement violentes de la multinationale.

    Les ouvriers de l’entrepôt Walmart forment depuis 2024 le Local-252 du syndicat Unifor, après avoir obtenu l’adhésion de la majorité des travailleurs. Après deux ans de négociations, ils ont obtenu la signature d’une convention collective de deux ans qui prévoit une hausse de 5$/heure pour la première année (2026-2027) et une hausse de 3% pour la seconde année. C’est une augmentation significative d’environ 20% pour la première année (avec un salaire qui passe de 24$/heure à 29$/heure) qui permet de rattraper un salaire inférieur à ceux en vigueur dans le secteur manufacturier. Les ouvriers sont également parvenus à limiter l’emploi de travailleurs précaires en provenance d’agences de placement (une technique capitaliste bien connue pour limiter la stabilité d’emploi, contourner les syndicats et le code du travail et ainsi diminuer les salaires). Enfin, les ouvriers ont obtenu une amélioration des horaires avec des emplois du temps plus stables et planifiés à l’avance.

    Ces avancées représentent bien le minimum que Walmart pouvait rendre aux travailleurs et travailleuses qu’elle exploite. Rappelons qu’il s’agit d’une immense multinationale présente dans presque tous les pays du monde. Cotée à plus de 900 milliards en Bourse, la compagnie génère chaque année plus de 700 milliards de profits bruts. Et la famille Walton, à la tête de l’empire Walmart, n’est rien de moins que la famille la plus riche des États-Unis, avec une fortune estimée à 520 milliards de dollars en 2026 ! Autrement dit, Walmart ne fait que rendre des miettes aux travailleurs, les miettes d’une fortune que la compagnie, ses actionnaires et la richissime famille de bourgeois qui se trouve à sa tête a totalement volée, pillée et extorqué à ses mêmes travailleurs.

    Walmart : un modèle d’antisyndicalisme

    La question qui plane désormais est celle d’une menace de la fermeture de cet entrepôt par une compagnie dont les pratiques antisyndicales sont amplement connues et documentées. On se souviendra par exemple de la fermeture du magasin Walmart de Joliette en 2005 après sa syndicalisation, mettant 190 employés à la porte. On pense également à la syndicalisation des entrepôts d’Amazon qui s’était soldée par la fermeture des entrepôts, qui ont tout simplement été remplacés par une compagnie de sous-traitance.

    Il faut néanmoins combattre à la fois ces pratiques antisyndicales et le discours pessimiste qui en découle. À ce titre, il est bon de rappeler que Walmart a été sévèrement condamnée pour la fermeture de son magasin de Jonquière en 2005. Cet acte a été considéré comme une fermeture illégale pour tenter d’empêcher la syndicalisation des employés, et Walmart a été condamné à indemniser les 190 travailleurs en 2014. Quant à Amazon, nous pouvons rappeler la campagne victorieuse de syndicalisation des entrepôts Amazon aux États-Unis qui a mené à la création de l’Amazon Labor Union (ALU). Rien n’est écrit d’avance, il ne faut pas sombrer ni dans le fanatisme, ni dans le pessimisme. La lutte se poursuit.

    Conclusion : De la nécessité de lutter jusqu’au bout

    Deux constats s’imposent suite à ce que nous venons de dire : premièrement, les travailleurs par la syndicalisation ne récupèrent qu’une toute petite partie de la richesse qu’ils sont pourtant les seuls à produire (dans le cas des travailleurs de Walmart 5$/heure sur des centaines de milliards de profits chaque année). Deuxièmement, même avec la syndicalisation, les emplois restent menacés, à risque d’une potentielle fermeture.

    Pour récupérer l’ensemble de ce qu’elle produit et pour garantir son droit au travail, la classe ouvrière dans son ensemble, le prolétariat, doit lutter pour mettre fin au capitalisme et mettre en place un nouveau système économique. Le socialisme permettra de mettre fin à l’exploitation du prolétariat par une minorité de capitalistes avares et cupides. Il permettra aux travailleurs de récupérer l’immense partie de ce qu’ils produisent à leur propre bénéfice. Il permettra également de garantir le droit au travail, en fournissant un emploi à chacun et chacune à la mesure de ses capacités.

    La syndicalisation des entrepôts de Walmart n’est qu’une première étape, l’obtention d’une convention collective une autre étape. Ce sont les premiers pas dans la lutte de classe pour acquérir une conscience de classe et une expérience d’organisation. Mais cette lutte des classes est une lutte à mort entre le prolétariat et la bourgeoisie, qui ne peut se solder que par l’anéantissement de la bourgeoisie. Lutter jusqu’au bout c’est lutter jusqu’au renversement de la bourgeoisie.

    Courage camarades, le prolétariat vaincra !

  • 250 ans des USA : Manifestation contre l’impérialisme américain

    Résumé de la manifestation anti-impérialiste qui s’est tenue le 4 juillet 2026 à Montréal pour dénoncer l’impérialisme américain et le trumpisme.

    Samedi 4 juillet 2026 à Montréal, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont pris part à la manifestation contre les États-Unis, à proximité du consulat américain sur la rue Sainte-Catherine. Bien que réunissant peu de manifestants, la manifestation a quand même réussi à prendre la rue et à bloquer les artères automobiles du boulevard René Lévesque et de la rue Sainte-Catherine. Les manifestants ont reçu le soutien des passants, qui entonnaient des slogans avec eux, le tout dans une ambiance très festive.

    L’impérialisme américain plus féroce que jamais

    Cette manifestation prenait place le jour même de la fête nationale américaine, pour s’opposer aux commémorations chauvines et nationalistes qui étaient organisées par les trumpistes au même moment de l’autre côté de la frontière. Au défilé militaire trumpiste répondait cette manifestation populaire pour rappeler la nature belliciste et impérialiste des États-Unis, qui se sont construits sur des guerres, ainsi que sur le génocide des peuples autochtones.

    Il est important de s’opposer à l’impérialisme américain, surtout en cette année 2026 qui aura été marquée par les interventions militaires américaines contre le Vénézuéla et contre l’Iran, et alors que la menace d’une nouvelle intervention militaire américaine plane encore sur Cuba.

    Face à l’impérialisme américain, nous ne nous laisserons pas faire ! La résistance s’organise ici comme partout à travers le monde, y compris aux États-Unis eux-mêmes, dans les rangs de la classe ouvrière.

    L’impérialisme américain sera vaincu ! Ensembles, enrayons la machine de guerre américaine !

  • Attentat masculiniste : l’auteur d’un manifeste incel commet une fusillade à Montréal

    Lundi matin, dans le quartier Côte-des-Neiges de Montréal, un homme de 25 ans a tué un habitant et un policier dans une fusillade. Le tireur, qui a été abattu, laisse derrière lui un manifeste masculiniste. Voici l’article publié par nos camarades de Révolution Permanente sur le sujet.

    Lundi 22 juin, en fin de matinée, un homme a ouvert le feu depuis la fenêtre d’un hôtel du quartier Côte-des-Neiges à Montréal, tuant un habitant et un policier, avant d’être abattu par la police. L’homme de 25 ans, un étudiant originaire de l’Ouest canadien, a laissé derrière lui un manifeste d’une centaine de pages, misogyne et violent, inspiré de l’idéologie « incel ». « Incel » est la contraction des mots « involontaire » et « célibataire » et désigne un mouvement hétérogène constitué d’hommes anti-féministes, qui accusent les femmes d’être responsables de leur célibat – une idéologie notamment diffusée par des influenceurs masculinistes.

    Un manifeste incel

    Si les motivations du tireur n’ont pas été officiellement confirmées par l’enquête de police en cours et que des commentateurs estiment dans les médias canadiens qu’il n’est pas certain que l’auteur de la fusillade se revendique de la mouvance « incel », le manifeste qu’il a diffusé est très explicite.

    Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités féministes, comme l’autrice Martine Delvaux, ont ainsi dénoncé un « refus de nommer la misogynie » et l’omniprésence dans les médias de la rhétorique du « loup solitaire », qui occulte la montée du masculinisme en faisant passer des attentats inséparables d’une oppression patriarcale systémique pour des actes individuels aux allures de « tragédie imprévisible », selon la formule de l’activiste Celeste Trianon, qui a co-organisé une manifestation ce dimanche contre l’idéologie incel à Montréal suite à l’attentat. 

    Au Canada, le mouvement féministe est profondément marqué par la tuerie masculiniste de l’École Polytechnique de Montréal en 1989 lorsque treize étudiantes et une secrétaire avaient été assassinées par le masculiniste Marc Lépine – un meurtrier aujourd’hui revendiqué dans les milieux incel – mais aussi par l’attaque à la voiture bélier qui avait tué dix piétons à Toronto en 2018, perpétrée par un homme qui se revendiquait de l’anti-féminisme.

    Le manifeste laissé par le tireur est ainsi caractéristique de l’idéologie incel, mêlé à l’utilisation confuse et réactionnaire des concepts marxistes. L’homme s’en prend aux femmes, mais aussi à l’industrie pornographique, qu’il considère comme responsable de son état et qu’il aurait peut-être ciblé : le journal québécois La Pressesouligne que l’immeuble depuis lequel il a tiré se situe en face des bureaux de la société propriétaire du site Pornhub.

    Le média explique que la « dénonciation de la pornographie occupe une place centrale dans le réquisitoire de l’assaillant », parmi d’autres cibles, comme « les chirurgiens plastiques, les banquiers, les promoteurs immobiliers, les politiciens libéraux ou conservateurs et ce qu’il appelle les “mâles alpha”. » Interrogée par Urbania, la chercheuse Océane Corbin qui étudie les forums incels, observe que le manifeste comporte également une dimension de mode d’emploi, soit une « marche à suivre pour se procurer des armes, commettre une tuerie. »

    Quelles revendications face à la violence masculiniste ?

    Face à l’émotion très vive des Montréalais-ses, la mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada (Ensemble Montréal, centre droit), a promis un meilleur contrôle des armes à feu, mais aussi des réseaux sociaux – pointant le fait que la vidéo de la fusillade ait largement circulé en ligne. Ces mesures sécuritaires ne répondent en rien aux racines des violences patriarcales et occultent le rôle de l’État dans leur multiplication ainsi que dans le développement des idéologies masculinistes. Pourtant, c’est bien l’État qui construit et renforce les normes de genre à travers ses institutions, notamment l’école, où sont éduqués et socialisés les futurs adultes, et d’autant plus dans une période de crises et de militarisation.

    De nombreuses voix féministes réclament d’autres mesures. Dans une tribunepubliée par Le Devoir largement relayée, Martine Delvaux souligne : « On a laissé miroiter une augmentation des mécanismes de surveillance de la population, question d’accroître le sentiment de sécurité. Mais ce qui nous aiderait […] ce serait que dès le plus jeune âge, les enfants soient éduqués au sexisme et à l’homophobie, que le consentement soit véritablement un objet d’attention et de discussion dans les écoles”, ou encore “que les mères célibataires ne soient pas les plus précaires dans cette société ».

    Comme le suggère en outre l’autrice Marie-Elaine Guay, il importe de comprendre les causes structurelles qui favorisent l’essor du masculinisme et de rompre avec l’idée que les attentats comme celui de Montréal sont le fait de monstres désocialisés, des actes individuels que l’on pourrait abstraire de l’ensemble des rapports sociaux genrés. Elle rappelle par ailleurs sur son compte Instagram que la police n’est aucunement un allié dans la lutte contre l’oppression de genre : à Ottawa, plusieurs policiers ont été mis en cause la semaine dernière pour avoir traqué des femmes via les bases de données de leur institution, mais également « contacté des victimes dans le but de développer des relations intimes » comme le rapporte Radio-Canada

    Contre les mesures sécuritaires, qui permettent de renforcer les instruments de répression à disposition de l’État et finissent par être mobilisés contre toute forme de contestation sociale au nom de la lutte contre les féminicides, il importe de revendiquer des mesures qui permettent réellement de s’attaquer aux racines de l’oppression de genre : des papiers et un logement pour tous-tes afin que nulle ne dépende matériellement d’un conjoint violent, des cours d’éducation à la vie affective et sexuelle de qualité, mais aussi des commissions indépendantes et formées capables de prendre en charge les violences sexistes et sexuelles dans les écoles et lieux de travail. Mais, plus généralement, l’explosion des idées et des violences masculinistes est indissociable de la crise du capitalisme, un système qu’il faut combattre si l’on veut en finir avec le patriarcat. 

    Stream de la Critique consacrait un épisode en novembre dernier à l’essor des violences masculinistes, afin de les comprendre et de s’organiser pour les combattre, avec la militante de Du Pain et Des Roses, Alberta Nur.

  • Crise du logement : manifestation pour le droit au logement

    En ce 1er juillet 2026, des centaines de manifestants se sont réunis pour protester contre la crise du logement actuelle.

    Ce 1er juillet 2026 à Montréal, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont participé à la manifestation contre le prix élevé du loyer. La manifestation était organisée par la Coalition contre le logement cher (la COLOC) et a réuni plusieurs centaines de manifestants.

    Les manifestants réclamaient : 1) un véritable contrôle sur les loyers, autrement dit, un gel des loyers et une limitation des prix. 2) la création de plusieurs logements sociaux: les logements « abordables » n’étaient pas considérés comme une solution satisfaisante, il faut donc des logements qui soit réellement hors-marchés. 3) l’application du droit au logement tel qu’il est sensé être garanti par la charte des droits et libertés.

    La manifestation partait du métro l’Assomption pour dénoncer le projet PPU-Assomption-Nord, un méga-projet de développement de condos comprenant déjà environ 7000 unités de construites sur 12 000 de prévues, parmi lesquelles seulement 300 unités consacrées au logement social (dont aucune n’est encore construite). Ce projet est emblématique de l’embourgeoisement des quartiers populaires de l’est de Montréal. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers le Tribunal Administratif du Logement (TAL), qui a été dénoncé comme un complice des propriétaires et comme un responsable de la crise du logement. Un déménagement sauvage a été organisé devant les bureaux du TAL, où ceux qui n’ont pas trouvé de logement cet été sont venus déposer leurs meubles pour déménager devant le TAL.

    La manifestation s’est terminée avec une fête au Parc Maisoneuve avec nourriture et spectacles pour tous les manifestants.

    La crise du logement, c’est la faute du capitalisme

    La racine de la crise du logement, c’est le capitalisme. Transformé en simple marchandise, le logement n’est plus un besoin matériel à combler, mais une source intarissable de profits. La spéculation immobilière est le principal symptôme de cette crise. Les capitalistes construisent non pas pour répondre aux besoins de se loger, mais uniquement pour produire de la valeur. Peu importe que les logements soient occupés, ce qui compte c’est qu’ils constituent une valeur refuge pour les investissements capitalistes, et, surtout, que les prix augmentent. On peut ainsi s’enrichir en investissant dans l’immobilier sans créer de logement abordable, mais simplement en spéculant sur le cours de la valeur immobilière. Autrement dit, en achetant à bas prix et en revendant beaucoup plus cher. On peut même éponger les pertes de loyer en déductions d’impôts entretemps.

    Les propriétaires ne sont qu’une classe de rentiers parasites, ils se contentent d’encaisser de l’argent sous forme de loyer sans rien produire en retour. C’est pourquoi il faut en finir avec cette classe de vampires en expropriant les propriétaires, du premier jusqu’au dernier.

    Le socialisme est la meilleure solution pour régler la crise du logement. Avec le socialisme, nous pourrons planifier démocratiquement l’économie et ainsi répondre directement aux besoins de la population, et non pas pour générer des profits. Un vaste plan de construction de logement sociaux gratuits et confortables pourrait immédiatement être mis en place sous le socialisme et ainsi régler la crise du logement.

    Le droit au logement passe par le socialisme !

  • S’ils touchent à l’un d’entre nous (Cinéma sous les étoiles)

    Le 30 juin 2026 au Parc du Pélican, la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise a tenu une projection de S’ils touchent à l’un d’entre nous (2024) film de Révolution Permanente sur la lutte pour la réintégration de Christian Porta, militant syndicaliste à la boulangerie industrielle de Neuhauser.

    Plus de 100 personnes étaient réunies au Parc du Pélican à Montréal ce mardi 30 juin pour assister à la projection de S’ils touchent à l’un d’entre nous, sur la lutte pour la réintégration de Christian Porta. L’événement était organisé par la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) avec Cinéma Sous les Étoiles et le Conseil Central du Montréal Métropolitain de la CSN (CCMM-CSN). Un franc succès qui témoigne de l’intérêt pour les récits de luttes ouvrières victorieuses.

    Une histoire de la lutte des classes

    On a vraiment que bataillé, l’histoire des Neuhausers c’est une histoire de la lutte des classes à échelle locale

    Christian Porta

    S’ils touchent à l’un d’entre nous raconte l’histoire de Christian Porta, syndicaliste combatif, à la boulangerie industrielle de Neuhauser à Foschviller en Moselle. Depuis 2016, celui-ci anime le syndicat CGT de l’usine, menant bataille sur bataille contre la Loi travail, pour les augmentations de salaire, pour de meilleurs horaires de travail. Le film présente également ses camarades du syndicat, un des syndicats les plus combatifs de l’industrie agroalimentaire regroupant derrière lui plus de 74% des travailleurs.

    Face à eux, le groupe Invivo, immense trust capitaliste qui se présente faussement comme une «coopérative», mais qui a tous les traits des grandes multinationales capitalistes. Géant de l’agro-business, le groupe possède plusieurs filiales (Jardiland, Gamm vert, etc.) dans de nombreux domaines. Exploitant aussi bien la moitié des agriculteurs de France que les travailleurs du tiers-monde (le groupe possède des malteries en Afrique où les travailleurs gagnent 25 à 30 euros par mois !), il s’agit d’une véritable pieuvre capitaliste ayant aussi bien des tentacules dans chaque industrie que dans chaque pays.

    En février 2024, alors qu’il se prépare à une nouvelle grève, Christian Porta apprend qu’il va être licencié. Motif : on lui reproche de «harceler» les cadres sous prétexte qu’il fait respecter le code du travail. Le véritable motif est politique, on cherche à réprimer ce militant combatif non pas pour une faute professionnelle, mais pour son engagement politique. À travers lui, c’est tout le syndicat qu’on cherchent à détruire.

    Face à cette injustice, les camarades de Christian se mobilisent en solidarité et créent un comité de soutien. Alors que celui qui les a si bien défendus est victime d’une injustice, c’est désormais au tour des camarades de se mobiliser pour le défendre. Face à ce licenciement abusif, ils comprennent que si on peut renvoyer quelqu’un pour son engagement, alors plus aucun travailleur n’est à l’abri.

    Les actions se succèdent : réunions, manifestations, débrayages et actions directes contre Neuhauser. La lutte porte ses fruits et les tribunaux rendent une première décision : le licenciement de Christian est illégal, il doit être réintégré. Mais Invivo ne l’entend pas de cette oreille, et un second licenciement illégal est effectué.

    Le ton monte d’un cran et les travailleurs et travailleuses décident alors de bloquer toute l’usine. La bataille finit par payer. Christian Porta est réintégré et Invivo condamné à payer plus de 500 000 euros d’amende.

    Des leçons importantes

    Ce film parle de la lutte des classes, de la répression patronale et de la solidarité ouvrière comme antidote face à cette répression. C’est un film extrêmement touchant, on y voit transparaître l’affection de Christian pour ses collègues de travail et ses camarades de lutte et tout l’affection qu’ils lui portent en retour. C’est un hymne à la classe ouvrière ainsi qu’au pouvoir de la lutte. Toutes ses qualités font que le film mérite amplement d’être vu, mais il vaut également le coup d’œil pour les importantes leçons qu’il nous enseigne à propose de la lutte des classes.

    Seule la lutte paie : Cette phrase est prononcée à la fin du film et elle le résume assez bien. Si les travailleurs de l’usine ne s’étaient pas mis en lutte pour soutenir Christian, alors celui-ci aurait perdu son emploi et n’importe lequel d’entre eux aurait pu être renvoyé à son tour. La seule chose qui nous protège contre l’arbitraire des patrons, c’est la lutte. La loi seule reste impuissante, les patrons peuvent la violer s’ils sont suffisamment téméraires, comme le montre bien le film. Mais face à la résistance de l’ensemble de la classe ouvrière, ils ne peuvent rien faire.

    L’union fait la force : Cette leçon, c’est tout le sens du titre du film, s’ils touchent à l’un d’entre nous, alors nous sommes tous touchés. Ce principe doit être au cœur de la solidarité ouvrière. Le film montre bien comment chacun se sent directement concerné par l’injustice vécue par Christian, comme s’il la subissait personnellement. La solidarité ouvrière est de mise, non seulement entre tous les ouvriers d’une même usine, mais également entre les ouvriers des différentes usines. Le film souligne cet aspect à travers le soutien apporté à la grève des Neuhausers par les autres syndicats de la région, ainsi que par la question de l’internationalisme (qu’il s’agisse de la solidarité avec les travailleurs et travailleuses d’une usine tunisienne, ou avec la question des travailleurs éthiopiens exploités par les mêmes capitalistes).

    Ce sont les patrons qui ont besoins des ouvriers et non l’inverse : Les bourgeois ont besoin des prolétaires pour travailler et pour produire. Les capitalistes avancent peut-être les capitaux de départ, mais le capital ne produit pas tout seul, il a besoin d’acheter du travail pour pouvoir fructifier. Et le capital n’est lui même que du travail accumulé par le passé, comme Marx nous l’enseigne si bien. Dans le film, cette leçon nous est notamment présentée par la grève, qui est précisément déclenchée « pour rappeler aux patrons que sans nous l’usine elle tourne pas », comme le dit l’un des camarades de Christian. Sans ouvriers pour travailler, les patrons sont bien obligés de céder et de réintégrer Christian.

    Un film à voir absolument

    Pour son aspect émouvant, pour l’importance cruciale des thèmes qu’il aborde et pour les importantes leçons qu’il nous enseigne, S’ils touchent à l’un d’entre nous mérite amplement votre attention.


    Si vous n’avez pas vu ce film, vous devez absolument le voir !

  • Socialisme et indépendance

    Résumé de notre conférence du 26 juin 2026 sur le marxisme et les luttes de libération nationale.

    Vendredi 26 juin dernier, la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) tenait une conférence intitulée Socialisme et indépendance : le marxisme et les luttes de libération nationale en compagnie du Collectif Alouette. Cette conférence, qui a été un franc succès, a attiré des dizaines de personnes. Nous livrons ici un bref résumé de la conférence à partir des quatre questions qui ont été posées.

    Quels sont les liens entre socialisme et indépendance ?

    Au cours de la conférence, il a d’abord été précisé que les liens entre socialisme et indépendance du Québec relèvent de la nature particulière du développement du capitalisme au Canada. En effet, le capitalisme au Québec ne s’est pas développé à la suite de l’émergence d’une bourgeoisie endogène (d’une bourgeoisie québécoise), mais à la suite de l’importation massive de capitaux britanniques sur le sol québécois. Or, ce développement particulier du capitalisme au Canada a eut pour effet une prolétarisation massive des artisans et paysans canadiens français et l’enrichissement d’une classe de capitalistes anglophones. Cela donne une coloration nationale à la lutte des classes au Québec, dont la revendication du droit de travailler en français est un bon exemple.

    Pourquoi la lutte de libération nationale passe par le socialisme ?

    Premièrement, il a été évoqué que seule l’analyse marxiste permet de justifier la lutte de libération nationale du peuple québécois puisqu’il s’agit d’une révolte contre l’impérialisme anglo-américain. La domination du capital anglo-américain sur l’économie québécoise fait subir une exploitation à la classe ouvrière québécoise. Lorsque l’impérialisme américain exporte ces capitaux au Québec, il ne le fait pas pour créer des emplois, mais pour tirer des profits (de la plus-value en terme marxiste). Ainsi, si une partie de nos journées de travail sont consacrée à produire l’équivalent de nos salaire, la plus grande partie est consacrée à générer des profits pour des capitalistes étrangers. Ce fait donne une dimension nationale à la lutte des classes, mais également une dimension de classe à la lutte de libération nationale. Or, ce fait est n’est rendu visible que par la théorie marxiste.

    La théorie marxiste permet également de trouver les forces sociales qui sont capables de mener ces transformations. Le prolétariat, classe à la fois la plus nombreuse et la plus indispensable au fonctionnement de l’économie capitaliste, est la seule classe capable de réaliser la tâche de libération nationale québécoise. Qu’il s’agisse de faire l’indépendance par un référendum ou par la révolution, dans les deux cas, la mobilisation de la classe ouvrière sera indispensable. À la fois parce qu’elle constitue la majorité de la population nécessaire à l’obtention d’une majorité référendaire et parce qu’elle constitue la seule classe révolutionnaire.

    Mais il est clair que l’indépendance réelle ne peut être conquise que par la révolution. L’indépendance référendaire que nous propose la bourgeoisie, c’est celle d’une indépendance sur le papier qui ne remet aucunement en cause la domination de l’impérialisme anglo-américain. C’est une indépendance qui ne peut être que négociée main dans la main avec l’impérialisme. Or, il est peu probable que la bourgeoisie impérialiste anglo-américaine accepte le résultat d’un référendum gagnant. Il est plus probable que l’État capitaliste canadien ait recours à la violence pour faire annuler les résultats du référendum (exactement comme en Catalogne) et déclenche la loi sur les mesures de guerre (comme en Octobre 1970). Autrement dit, même un référendum gagnant conduirait nécessairement à une situation révolutionnaire et à la nécessité d’une révolution. On ne peut cependant pas passer du jour au lendemain d’une stratégie référendaire à une stratégie révolutionnaire. La révolution doit être préparée de longue date, d’où la nécessité d’un parti révolutionnaire.

    Quels sont les exemples de luttes de libération nationales menées par des socialistes ?

    Historiquement, la plupart des luttes de libération nationales victorieuses ont été menées par des socialistes. Plusieurs d’entre elles ont été mentionnées au cours de la conférence, même s’il était de l’avis général que ces luttes n’ont pas été des succès sur le long terme et que beaucoup d’entre elles ont donné naissance à des régimes plus bureaucratiques que prolétariens, plus staliniens que communistes.

    Parmi les exemples cités, plusieurs luttes de décolonisation ont été évoquées. Le Vietnam a été le principal exemple cité1 de lutte de libération nationale mélangeant socialisme et indépendance. Les luttes de décolonisation des anciennes colonies portugaises (Angola, Mozambique, Cap-Vert) ont également été mentionnées comme exemples de luttes de libération nationale menées par des mouvements socialistes2. Avec pour spécificité que ces luttes ont été menées par les peuples des colonies, ainsi que par la classe ouvrière de la métropole (du Portugal) puisque les luttes anticoloniales ont débouché sur la Révolution des œillets de 1974.

    On a également évoqué Cuba comme un exemple intéressant puisqu’il s’agissait d’un pays formellement indépendant, mais qui a eu à accomplir une réelle lutte de libération nationale, suivie d’une expropriation généralisée des capitalistes américains pour pouvoir se libérer réellement de l’impérialisme.

    Il a également été fait mention de nombreux mouvements de libération nationale qui, sans avoir été victorieux, avaient une importante composante socialiste, comme le mouvement basque avec l’ETA, l’Irlande du Nord et la Palestine.

    L’exemple des Kurdes a également été mentionné comme un exemple plus contemporain de lutte mêlant socialisme et libération nationale.

    Comment intégrer le socialisme à la lutte pour l’indépendance québécoise ?

    Il a d’abord été mentionné que, si l’on a une vision matérialiste de l’histoire, force est de constater que toutes les révolutions dans l’histoire du Québec, ou toutes les situations révolutionnaires, se sont faites en lien avec la question nationale. Que l’on pense à la révolution des patriotes de 1837-1838, à la révolution tranquille, à la crise d’Octobre, ou à la grève générale de mai 1972. Il est donc clair que cette question jouera un rôle crucial dans toute révolution future.

    Il est néanmoins important d’avoir une vraie stratégie révolutionnaire qui sache allier socialisme et indépendance. Pour la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise, il s’agit de la révolution permanente. La question nationale doit être un accélérateur de la révolution socialiste québécoise qui doit elle même être un déclencheur de la révolution internationale à l’échelle de l’Amérique du Nord. La lutte de libération nationale québécoise ne peut être accomplie que par le prolétariat québécois. Mais le prolétariat ne se limitera pas à une révolution nationale purement démocratique et formelle, il mettra immédiatement en place des mesures socialistes (expropriation, planification, contrôle ouvrier). De même, la révolution québécoise ne doit pas se limiter au « socialisme dans une seule province », la révolution doit se faire en permanence, se prolonger d’un pays à l’autre, jusqu’à devenir internationale.

    Un événement qui fut un succès

    En conclusion, cette conférence aura permis d’approfondir beaucoup de questions concernant les liens entre lutte des classes et lutte de libération nationale. Elle nous aura permis de voire en quoi la lutte pour le socialisme passe par l’indépendance et en quoi l’indépendance passe par le socialisme. Nul doute que cette conférence aura eu des effets bénéfiques dans un sens comme dans l’autre.

    1. On doit néanmoins critiquer les compromis de la direction stalinienne et d’Ho-Chi-Minh avec l’impérialisme français, que ce soit en 1936, où l’indépendance était mise de côté en soutien au front-populaire, ou 1945, où il permit le retour des français qui avait été chassés par la seconde guerre mondiale. ↩︎
    2. Là encore avec un certain nombre de critiques puisque ces mouvements ont rapidement renoncé au socialisme pour pactiser avec l’impérialisme une fois les indépendances acquises. ↩︎
  • Écologie et Capitalisme

    Cet article explore les liens entre écologie et capitalisme, et la fin du capitalisme comme solution au problème écologique.

    Partout au Québec, des cours d’eau sont pollués par les PFAS, ces polluants éternels que l’industrie déverse dans les sols et qui contaminent les bassins en parfaite légalité ! Il n’existe à ce jour aucune réglementation qui interdise le rejet des contaminants éternels dans la nature à proximité des dépotoirs. Inévitablement, cette pollution se retrouve dans nos eaux, dans notre alimentation, pour finir dans nos corps. Mais les PFAS sont loin d’être le seul problème : on ne peut plus aujourd’hui faire la liste de toutes les substances qui s’accumulent dans nos organismes et notre environnement et qui condamnent déjà les générations futures. Ajoutons à cela la pollution atmosphérique, la dégradation de la couche d’ozone, l’effet de serre ou le réchauffement climatique… autant de problèmes directement générés par un même système de production économique et de domination politique : le capitalisme. Non, le capitalisme « vert », ça n’existe pas.

    On aurait effectivement pu espérer que le progrès technique et scientifique nous apporte des solutions en respectant « l’état de droit » : répertorier les substances dangereuses, les encadrer légalement, mettre au point des protocoles de dépollution et de décontamination, etc. Mais nous vivons dans un monde capitaliste. Il a fallu plus de dix ans pour faire voter la loi qui oblige les industriels et distributeurs de l’alimentaire à étiqueter les données nutritionnelles de leurs produits. Or, de nombreux produits échappent à cette législation : les produits laitiers, qui font l’objet d’un lobbying particulièrement féroce, bénéficient d’une exemption au nom de la « santé » alors même qu’aucune étude scientifique n’a démontré de lien entre leur consommation et la prévention des affections osseuses. La législation et la recherche scientifique sont assujetties à la recherche du profit et le seront toujours en régime capitaliste : pendant des dizaines d’années, l’industrie du tabac a mené une campagne massive pour convaincre l’opinion et même les professionnels de santé de l’innocuité du tabagisme – une véritable « fabrique de l’ignorance » pour vendre toujours plus, au détriment de nos vies.

    Il est tout aussi faux de penser que nous sommes égales face aux ravages de l’environnement et à la dégradation de notre alimentation. Celles qui doivent vendre leur force de travail pour survivre sont les plus directement exposées à la pollution et aux maladies : elles doivent choisir entre acheter des produits de qualité ou payer leur loyer, n’ont pas les moyens d’assister aux rendez-vous médicaux qu’il faudrait pour rester en bonne santé, n’ont parfois pas le choix de prendre la voiture pour aller travailler… Pendant ce temps, les secteurs industriels et agricoles nous empoisonnent pour générer du profit.

    Alors, quelle solution ? Pour que ceux qui travaillent ne contribuent pas à leur propre malheur, il faut qu’ils reprennent le contrôle sur ce qu’ils produisent ! Choisir ce qu’on produit et pour qui, dans quelles conditions et pour combien de temps, toutes ces considérations pratiques qui nous touchent au premier chef, c’est à nous, et non au patronat, d’en décider. Le contrôle ouvrier sur la production et la démocratie sur le lieu de travail qui s’ensuit, c’est la stratégie payante pour cesser de sacrifier nos vies et nos enfants sur l’autel du profit. Faire la grève, exproprier les patrons et autogérer nos entreprises, c’est ce qui enclenchera de fait le changement radical de société dont nous avons besoin pour chasser les exploiteurs qui nous tuent. À nous le travail, à nous les produits du travail – à nous la révolution !

  • Lutter pour le communisme, c’est lutter jusqu’au bout

    Ce texte résume l’orientation politique que nous souhaitons donner à notre nouveau site d’information communiste.

    « Lutter pour le communisme, c’est lutter jusqu’au bout ». Que signifie cette phrase? Elle signifie simplement que l’objectif final de notre lutte n’est rien de moins que le communisme : une société sans classes, sans État, débarrassée de toute forme d’exploitation et d’oppression.

    La lutte que nous menons, c’est la lutte des classes, c’est la lutte qui se déroule à chaque instant entre notre classe, le prolétariat, et notre ennemi de classe, la bourgeoisie. C’est la lutte entre exploités et exploiteurs, entre opprimés et oppresseurs.

    Cette lutte ne prendra fin qu’avec le renversement de la bourgeoisie par le prolétariat, c’est-à-dire par la révolution prolétarienne, autrement dit, par la conquête du pouvoir par le prolétariat.

    Il ne suffit cependant pas de renverser la bourgeoisie, et de conquérir le pouvoir, pour parvenir à la société communiste. L’expérience de l’Union Soviétique et des autres pays dits « socialistes » a démontré que la lutte des classes se poursuit sous la dictature du prolétariat: elle se poursuit contre les éléments de la petite bourgeoisie, contre les résidus de la bourgeoisie et surtout contre la bureaucratie, qui est l’ennemi mortel des révolutions socialistes.

    Par conséquent, la révolution ne se fait pas en une seule étape, mais dans un enchainement de toutes les étapes. C’est pourquoi la révolution doit être une révolution permanente, qui part de la lutte quotidienne du prolétariat pour l’amélioration de son sort et qui continue jusqu’à la réalisation de l’objectif final communiste. La lutte révolutionnaire pour le communisme doit être une lutte jusqu’au bout, et c’est pour cette raison que nous avons choisi ce nom.

    Un site d’information communiste : une première étape

    Le lancement de ce site par la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) correspond donc à une première étape dans la lutte que nous comptons mener jusqu’au bout pour le communisme. Notre site servira à couvrir la lutte des classes partout où elle prend forme : dans les grèves ouvrières, les mobilisations de masses et les révolutions partout où elles se produisent.

    Nous voulons couvrir la lutte des classes au plus près de l’actualité. Notre objectif est notamment de faire connaitre tous les combats de la classe ouvrière ici au Québec. Dans ce contexte, notre site représente un outil pour appuyer le prolétariat dans son combat contre la classe capitaliste. Nous voulons être utiles à la classe ouvrière en faisant connaître ses conditions, ses luttes et ses revendications, pour que les luttes ne restent pas isolées, mais forment ensemble un grand mouvement de masse.

    La lutte contre le capitalisme est un combat international, c’est pourquoi nous voulons également couvrir la situation internationale et faire connaître les luttes des classes à travers les différents pays, en partageant des textes provenant des divers pays où celle-ci se déroule. C’est pourquoi nous publierons aussi des textes provenant du Courant Révolution Permanente – Quatrième Internationale, une internationale regroupant des militants communistes révolutionnaires dans plus de 14 pays.

    Enfin, nous voulons également publier des articles de fonds sur la théorie marxiste, pour que ceux-ci servent à éclairer les luttes contemporaines en leur apportant l’expérience de l’histoire et du socialisme scientifique. C’est ainsi que nous pourrons lier les luttes d’ici et d’ailleurs à l’objectif final du communisme pour lequel nous lutterons jusqu’au bout.

    Que faire ? pour nous aider

    Ce nouveau site est fait et pensé pour la classe ouvrière. Chacun d’entre nous doit le considérer comme un outil au service de la la lutte des classe. Il se construira et se batira avec l’aide de la classe ouvrière.

    Pour nous aider, la première chose à faire c’est de lire nos articles. Les articles d’actualité vous tiendront au courant de l’évolution de la lutte des classes et des principaux enjeux au Québec et partout à travers le monde. Les articles théorique vous offriront une solide formation marxiste qui vous servira de grille de lecture pour mieux comprendre le fonctionnement du système capitaliste et la stratégie révolutionnaire communiste.

    L’autre chose à faire, c’est de partager nos articles. Faites connaître ce site à vos amis à vos collègues de travail et au plus grand nombre possible. Faites nous gagner en visibilité afin que les luttes du prolétariat ne soient plus invisibilisées.

    Enfin, vous pouvez écrire pour Jusquaubout.org, soumettez nous un article décrivant vos conditions de travail, un fait d’actualité ou présentant un des concepts clés du marxisme. Que vous soyez un ouvrier en lutte contre son patron, un travailleur ou une travailleuse victime d’une injustice, votre avis nous intéresse. N’hésitez pas à nous écrire camarades !

    En conclusion, il ne nous reste plus qu’à entamer le travail et à poursuivre la lutte jusqu’au bout, jusqu’à la victoire du communisme !