Écologie et Capitalisme

Partout au Québec des cours d’eau sont pollués par les PFAS, ces polluants éternels que l’industrie déverse dans les sols et qui contaminent les bassins en parfaite légalité ! Il n’existe à ce jour aucune réglementation qui interdise le rejet des contaminants éternels dans la nature à proximité des dépotoirs. Inévitablement, cette pollution se retrouve dans nos eaux, dans notre alimentation, pour finir dans nos corps. Mais les PFAS sont loin d’être le seul problème : on ne peut plus aujourd’hui faire la liste de toutes les substances qui s’accumulent dans nos organismes et notre environnement et qui condamnent déjà les générations futures. Ajoutons à cela la pollution atmosphérique, la dégradation de la couche d’ozone, l’effet de serre ou le réchauffement climatique… autant de problèmes directement générés par un même système de production économique et de domination politique : le capitalisme. Non, le capitalisme « vert », ça n’existe pas.

On aurait effectivement pu espérer que progrès technique et scientifique nous apporte des solutions en respectant « l’état de droit » : répertorier les substances dangereuses, les encadrer légalement, mettre au point des protocoles de dépollution et de décontamination, etc. Mais nous vivons dans un monde capitaliste. Il a fallu plus de dix ans pour faire voter la loi qui oblige les industriels et distributeurs de l’alimentaire à étiquer les données nutritionnelles de leurs produits. Or de nombreux produits échappent à cette législation : les produits laitiers, qui font l’objet d’un lobbying particulièrement féroce, bénéficient d’une exemption au nom de la « santé » alors même qu’aucune étude scientifique n’a démontré de lien entre leur consommation et la prévention des affections osseuses. La législation et la recherche scientifique sont assujetties à la recherche du profit et le seront toujours en régime capitaliste : pendant des dizaines d’années, l’industrie du tabac a mené une campagne massive pour convaincre l’opinion et même les professionnels de santé de l’innocuité du tabagisme – une véritable « fabrique de l’ignorance » pour vendre toujours plus, au déterminent de nos vies.

Il est tout aussi faux de penser que nous sommes égales face aux ravages de l’environnement et à la dégradation de notre alimentation. Celles qui doivent vendre leur force de travail pour survivre sont les plus directement exposées à la pollution et aux maladies : elles doivent choisir entre acheter des produits de qualité ou payer leur loyer, n’ont pas les moyens d’assister aux rendez-vous médicaux qu’il faudrait pour rester en bonne santé, n’ont parfois pas le choix de prendre la voiture pour aller travailler… Pendant ce temps, les secteurs industriels et agricoles nous empoisonnent pour générer du profit.

Alors, quelle solution ? Pour que ceux qui travaillent ne contribuent pas à leur propre malheur, il faut qu’ils reprennent le contrôle sur ce qu’ils produisent ! Choisir ce qu’on produit et pour qui, dans quelles conditions et pour combien de temps, toutes ces considérations pratiques qui nous touchent au premier chef, c’est à nous, et non au patronat, d’en décider. Le contrôle ouvrier sur la production et la démocratie sur le lieu de travail qui s’ensuit, c’est la stratégie payante pour cesser de sacrifier nos vies et nos enfants sur l’autel du profit. Faire la grève, exproprier les patrons et autogérer nos entreprises, c’est ce qui enclenchera de fait le changement radical de société dont nous avons besoin pour chasser les exploiteurs qui nous tuent. À nous le travail, à nous les produits du travail – à nous la révolution !

Commentaires

Laisser un commentaire