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  • Bilan des Élections 2026 : Quelle perspectives pour la classe ouvrière

    Bilan des Élections 2026 : Quelle perspectives pour la classe ouvrière

    Le 5 octobre dernier était le jour de vote pour les élections provinciales québécoises. Résultat le Parti Québécois a remporté les élections et formera le prochain gouvernement. Dans ce contexte qu’elles sont les perspectives pour la classe ouvrière ?

    La victoire du Parti Québécois

    Les résultats électoraux sont désormais connus, le Parti Québécois a remporté les élections et formera le prochain gouvernement minoritaire avec 59 députés sur 127. Avec seulement 28% du vote c’est le résultat le plus bas jamais enregistré pour former un gouvernement. Si l’on ajoute à cela le taux d’abstention, on remarquera que le Parti Québécois n’a obtenu que 18,47% du vote. Cela montre déjà toute l’injustice du système parlementaire britannique sauce Westminster, qu’il est plus que jamais temps de changer. Mais cela démontre aussi la grande instabilité du futur gouvernement de Paul Saint-Pierre Plamondon qui peut désormais être renversé à tout moment.

    Cette situation offre toutefois des possibilités de gains intéressant pour la classe ouvrière. En effet, un gouvernement minoritaire comme le prochain gouvernement du PQ sera d’autant plus attentif à la contestation populaire qu’il est plus instable. Il ne faut pas se faire d’illusions sur le fait que le Parti Québécois adopterait une politique progressiste de lui-même, il y a longtemps que le PQ est passé du camp de la social-démocratie à celui du social-libéralisme. De plus le parti québécois a toujours été un parti bourgeois. Mais le fait que le gouvernement soit minoritaire (peu importe le parti au pouvoir) pourrait permettre à la classe ouvrière par sa pression, ses mobilisations et ses luttes de faire pencher ce futur gouvernement minoritaire en sa faveur. Ce serait notamment l’occasion de récupérer les acquis sociaux détruits par la CAQ, comme la cession de bail ou les commissions scolaires élues, et aussi d’éliminer les projets de lois antisyndicaux adoptés par la CAQ, comme le PQ a promit de le faire.

    Ce nouveau gouvernement du Parti Québécois remettra également de l’avant la question de l’indépendance du Québec. Cela ouvre des perspectives intéressantes pour le démantèlement de l’État capitaliste fédéral canadien. Bien sûr la stratégie référendaire proposée par le PQ est largement insuffisante, comme nous l’avons déjà mentionné. L’indépendance ne pourra pas être réalisée par un parti bourgeois comme le PQ, elle passera nécessairement par une révolution dirigée par le prolétariat. Là encore il faudra lutter pour arracher la direction du mouvement indépendantiste d’une éventuelle direction centriste-néolibérale ou droitière-raciste.

    Sur ce point il faut aussi souligner que l’élection du PQ entraînera certainement des attaques racistes contre les travailleurs immigrants qui ont déjà été blâmés par Paul Saint-Pierre Plamondon pour l’engorgement des hôpitaux et des écoles. Un front antiraciste devra se mobiliser contre toutes les attaques xénophobes de la part du Parti Québécois.

    La désintégration de la CAQ

    La Coalition Avenir Québec a été entièrement pulvérisée en cette journée du 5 octobre. Le parti qui était au pouvoir depuis 2018 ne possède même plus un seul député. Le peuple n’a pas oublié les 8 années au pouvoir de la CAQ. Le remplacement de François Legault, obligé de démissionner tant il était impopulaire, par Christine Fréchette et le changement de nom du parti pour la campagne en « Équipe Christine Fréchette – Coalition Avenir Québec », n’auront pas fait oublié l’ancien premier ministre. Les électeurs ont rejeté la totalité des candidats de la CAQ y compris les ex-ministres CAQistes très impopulaires (comme Bernard Drainville, Simon Jonlin-Barette, Ian Lafrenière, Jean-François Roberge, ou France-Élaine « Cruella » Duranceau.

    Si la gestion catastrophique de la pandémie n’a pas suffi à faire disparaître la CAQ après sont premier mandat, la crise du logement délibérément aggravée par la Loi-31, la crise alimentaire, l’inflation généralisée et la diminution drastique des salaires qui s’en suit, les milliards gaspillés à gauche et à droite dans des projets qui ne se sont jamais concrétisé (Northvolt, Stablex, SAAQclic), tout cela a rendu la CAQ radicalement impopulaire.

    N’ayant plus un seul député il ne reste aucun avenir à la CAQ qui n’a plus qu’une seule option : l’autodissolution. Nous voilà donc très probablement débarrassés une bonne fois pour toute de ce parti, dont la brève existence n’aura duré que 15 ans. Il ne reste plus à leurs membres qu’à aller s’éparpiller entre le PQ, le PLQ et le PCQ.

    Le parti libéral toujours en position de force

    Avec ses 40 députés, le Parti Libéral du Québec constitue toujours la seconde force politique du Québec. Celui-ci n’est plus confiné aux quartiers bourgeois du West-Island de Montréal mais à su réaliser des gains importants sur la Rive-Sud, la Rive-Nord, permis les fonctionnaires de la région de l’Outaouais (à cause de la proximité avec Ottawa) et dans les Eastern-Township (les cantons de l’Est). Un résultat extrêmement décevant, car le parti libéral n’est rien de plus que le parti du statu-quo. Tant sur le plan social que sur le plan de l’indépendance, le parti libéral propose de sauvegarder le capitalisme néolibéral et l’État fédéral canadien, autrement dit de ne rien changer à rien.

    C’est pourquoi le parti libéral est le parti par excellence de la bourgeoisie et l’ennemi traditionnel, voire principal, de la classe ouvrière. Durant toutes ses années au pouvoir le Parti Libéral n’a cessé d’être au service des grands patrons et de la très haute bourgeoisie. Il a multiplié les subventions aux grosses entreprises et aux multinationales d’un côté, et les coupures budgétaires ainsi que le saccage des services publics de l’autre côté. Lors du dernier gouvernement libéral de 2014 à 2018, sous Phillipe Couillard ce sont pas moins de 3,7 milliards $ de dollars qui ont été coupé.

    Toute la doctrine économique du parti libéral consiste à prendre l’argent dans les proches des travailleurs et travailleuses pour le mettre directement dans les poches des milliardaires, des banquiers, des industriels, des grands patrons et autres capitalistes bourgeois. Leur résultats électoraux les places en bonne position pour former le prochain gouvernement si jamais le parti québécois minoritaire venait à être renversé avant la fin de son prochain mandat.

    La percée conservatrice

    Le Parti Conservateur du Québec a réalisé une percée importante en passant de 0 à 19 députés sur 127. Cette percée est une très mauvaise nouvelle pour la classe ouvrière, car avec le Parti Conservateur et son idéologie libertarienne c’est un ennemi plus redoutable que tout les autres partis auquel la classe ouvrière se trouve confronté. Le PCQ propose sans gêne de couper 47 millards de $ du budget de l’État, de licencier des milliers de fonctionnaires, de déréglementer et de libéraliser au maximum le marché, d’abolir toute forme de réglementation environnementale, de développer les gaz de schistes en empoisonnant la nappe phréatique et de détruire les hôpitaux public pour mieux les privatiser.

    Paradoxalement le PCQ parvient à attirer un électorat plus populaire que la minorité d’ultra-riches qui va réellement bénéficier de son programme de grand retour au capitalisme sauvage par un discours pseudo-social. Tout d’abord en promettant des retours d’impôts de 8700$ sans préciser qu’il s’agit de leur estimation sur 5 ans, et par ménage (par couple) ce qui équivaudrait à environ 800$ par personne par année, ce qui est bien peu pour compenser la perte de tout nos services publics. D’autre part en fustigeant « le capitalisme de connivence » c’est à dire en supprimant les subventions aux entreprises pour laisser toute la place à la sacro-sainte « libre concurrence ». Une promesse en l’air destiné à tromper les masses, car la réalité c’est que c’est bel et bien dans les hôpitaux, les écoles, les garderies et toutes les formes de prestations sociales (chômage, assurance santé, santé-sécurité au travail) que les conservateurs comptent bien aller chercher cet argent.

    Fort heureusement le PCQ semble « confiné » (ironie du sort pour un parti anti-vaccin) à la grande région au nord et au Sud de Québec. S’il veut parvenir à former un gouvernement le PCQ devra donc trouver une stratégie pour briser cet isolement régional, dans lequel nous espérons qu’il se maintiendra.

    La stagnation de Québec Solidaire

    Tous les militants de gauche doivent être radicalement déçu des résultats de Québec Solidaire. Le parti n’a pas réussi à progresser, au contraire il a complètement stagné et même régressé en perdant deux circonscriptions importantes sur l’île de Montréal ; Saint-Henri Saint-Anne perdue avec seulement 300 voix et Verdun perdue avec seulement 700 voix. Pire les deux circonscriptions ont étés perdues au profit du parti libéral, et c’est même le fils du très détestable Jean-Charest qui a été élu dans Verdun. Cette catastrophe aurait facilement pu être évitée et priver le parti libéral de deux circonscriptions importantes sur l’île de Montréal.

    La campagne de Québec Solidaire a été très décevantes. En particulier, parmi leurs propositions phares, celle sur le logement consistant uniquement à plafonner les hausses de loyer à 3% en attendant de trouver une solution. Quant à la question de taxer les riches Québec Solidaire a reculé sur sa proposition de taxer les millionnaires, pour ne plus taxer que les « ultra-riches », soit le 0,1% des plus riches, ceux qui gagnent 25 millions et plus et qui ne seront taxés que de 1% à 2% de leur fortune. Québec Solidaire a fait le choix d’une campagne axé sur le sérieux, la respectabilité et la crédibilité mais ce choix se solde clairement par un échec. La modération a un goût bien amer.

    Trois voie s’offre désormais au parti. Soit se tourner à droite et s’allier avec le Parti Québécois, ce qui ne semble pas impossible lorsqu’on connait la proximité entre le Parti Québécois et les membres de QS membres d’Option Nationale (qui est un collectif au sein de QS). Soit virer à gauche, en se proclamant ouvertement socialiste comme le NPD d’Avi Lewis. Une option peu probable quand on observe la direction actuelle qui fait toujours le choix de la modération. Ou bien garder les mêmes positions de gauche toujours plus molle et stagner à environ dix députés sans aucun espoir de prendre le pouvoir.

    Pourtant le fait qu’un parti qui se dise « de gauche » et qui s’oppose ouvertement à l’austérité détiennent la balance du pouvoir est un fait radicalement nouveau qui n’a jamais été expérimenté. Tout comme le fait que le PQ soit minoritaire, le fait que QS détienne désormais la balance du pouvoir peut également être exploité par la classe ouvrière pour réaliser des gains tangibles.

    Quelle perspective pour la classe ouvrière

    Dans ces conditions la classe ouvrière n’a qu’une seule perspective : la lutte, la lutte des classes. Pour obtenir quoi que ce soit de ce nouveau gouvernement il faudra lutter de toutes nos forces dans les usines et les entreprises comme dans la rue. Pour que les travailleurs obtiennent des hausses de salaire dignes de l’inflation et pour mettre fin aux lois antisyndicales (loi-4 et loi-14) hérités de la CAQ ; pour que les locataires récupèrent la cession de bail (abrogation de la loi-31) ; pour que les organismes communautaires obtiennent les subventions nécessaires à leur survie ; ou pour que les étudiants se libèrent des frais de scolarité qui pèsent sur leur dos, il faudra passer par la lutte ! La solution n’est pas parlementaire elle est, comme toujours, révolutionnaire. Peu importe le parti au pouvoir ce n’est pas par le parlementarisme, surtout sous cette forme dévoyée (qui permet à un parti de gouverner avec seulement 18% d’appui populaire !) que nous obtiendrons des solutions concrètes.

    Il faut que le prolétariat rompe avec tous ces partis bourgeois et petit bourgeois pour proposer créer un parti de classe qui soit à la fois autonome et révolutionnaire. Car c’est seulement par la révolution que la classe ouvrière peut espérer conquérir le pouvoir et renverser le capitalisme. Afin d’établir une société réellement libre, débarrassée de la misère et l’exploitation, une société communiste où la misère des uns ne servirait plus à faire la fortune des autres.

    Ces élections ouvrent de nouvelles perspectives pour la lutte des classes et la possibilité de gains concrets pour la classe ouvrière et pour les masses prolétarisées. À nous de nous montrer à la hauteur !

    Seule la lutte paye ! Continuons de lutter jusqu’au bout pour le communisme !