Rouyn Noranda en otage : l’État au service de Glencore

Cet article dénonce les actions polluantes de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda.

Le 9 juin dernier, Glencore, la société propriétaire de la fonderie Horne à Rouyn-Noranda, publiait une pseudo-étude scientifique dégageant la responsabilité de l’entreprise dans la pollution de l’aire de la ville. Dans son mépris habituel de la santé de la population, l’entreprise tente de nous faire croire que la cause principale de l’arsenic dans l’air proviendrait des fruits de mer. Bien évidement elle ne soulignera pas qu’elle dépasse les normes d’émissions d’arsenic de 1400% ! Non seulement elle jette la faute sur les individus devant l’évidence de la responsabilité de l’entreprise dans la pollution massive de Rouyn- Noranda, mais elle le fait avec la complicité de l’État.

L’État protège le capital plutôt que la population

Depuis 2022, la santé publique s’alarme devant les risques élevés de cancer que court la population et en particulier le quartier populaire Notre-Dame, aux abords de la fonderie. La solution ? Pénaliser la population en prévoyant déplacer 200 ménages, en partie aux frais du contribuable, et en laissant l’entreprise polluer jusqu’à un horizon toujours étalé plus loin. En effet, le gouvernement comptait laisser l’entreprise polluer jusqu’à 5 fois la norme jusqu’en 2028… avant de repousser l’Échéance à 2030, puis à 2033. Bref, aucune limite n’est réellement imposée. Encore pire ! De 2024 à 2025 les émissions ont même augmenté. Glencore n’a aucunement l’intention de respecter l’environnement et la santé de la population et le gouvernement caquiste n’a aucunement l’intention de protéger la population de Rouyn-Noranda.

Les citoyens, notamment ceux du quartier Notre-Dame, ont beau demander des compensations et des sanctions, le gouvernement et le conseil municipal multiplient les décisions en faveur de Glencore. Dans la société capitaliste, l’État n’est pas neutre; il est au service des intérêts du capital et de la classe dominante bourgeoise. Il ne s’agit que d’un énième exemple.

Fonderie Horne : un exemple de capitalisme extractif et colonial

La région de l’Abitibi-Témiscamingue a été historiquement structurée autour de l’extraction minière et est un exemple typique du capitalisme colonial canadien. On parle ici de l’appropriation des ressources naturelles sans considérations pour le territoire et les populations, la dépendance économique locale et surtout l’externalisation des coûts sociaux et environnementaux. La multinationale Glencore a maintes fois menacé de fermer et de supprimer des centaines d’emplois des que la population a « osé » réclamer un respect élémentaire de l’environnement et de la santé publique. Il est légitime pour les travailleurs de craindre le chômage dans une région mono-industrielle. Il s’agit d’une autre multinationale qui nous pose le « choix » entre des emplois toxiques ou pas d’emplois.

La socialisation comme moyen de nous protéger

Devant le mépris de Glencore envers la population et sa santé, la trahison du gouvernement et le chantage à l’emploi, il n’y a qu’un seule solution : la socialisation de la fonderie Horne ! Seule la nationalisation sous contrôle ouvrier permettra de contrôler réellement la fonderie.

En contrôlant la fonderie les travailleurs et les travailleuses pourront enfin mettre en place les mesures de protections nécessaires et respecter leur santé, ainsi que celles des classes populaires du quartier Notre-Dame. Seule la socialisation des grandes entreprises polluantes permettra une transition et une planification économique capable de répondre à la crise climatique tout en protégeant les travailleurs et les travailleuses du chômage.

Conclusion

La lutte contre la pollution industrielle est une lutte de classe. Le cas de Glencore et de Rouyn-Noranda n’est pas une anomalie : c’est la norme sous le capitalisme. Le capitalisme montre ses limites quant au respect le plus élémentaire de la santé et de l’environnement. L’État est incapable de protéger la population et sert les intérêts du capital et de la classe dominante. La seule réponse rationnelle et réellement démocratique est la socialisation de toutes les industries polluantes, sous contrôle des travailleurs et travailleuses.

Socialisons la fonderie Horne sous contrôle ouvrier !

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