Catégorie : Actualité

Cette section contient tout nos articles concernant l’actualité politique.

  • Luttes transféministes à Montréal : un bilan politique du mois d’août

    Luttes transféministes à Montréal : un bilan politique du mois d’août

    Le mois qui vient de s’écouler a été marqué par d’importantes initiatives sur le front des luttes transféministes à Montréal. Quel bilan en tirer, pour quelles perspectives ? Retour sur ce que l’on peut apprendre de ces mouvements.

    Le 15 août a eu lieu la Marche pour la libération trans à l’appel de plusieurs organisations communautaires, étudiantes et militantes. Avec près de 50 signataires, cet appel a démontré l’existence d’un réseau de solidarité transféministe bien au-delà de l’Île de Montréal, avec des collectifs basés dans plusieurs villes de la province. Une manifestation pour le droit des personnes trans avait déjà été organisée le 7 juin à Québec devant l’Assemblée nationale par le groupe Résistrans. Il faut également souligner le caractère internationaliste de ces luttes, représenté dans la diversité des collectifs signataires (collectifs latinoaméricains, propalestiniens…). Ces réseaux se sont rassemblés autour de revendications claires :

    • Le retrait de loi C12 ;
    • Le retrait du Canada de l’Entente sur les tiers pays sûrs ;
    • L’abandon de la directive ministérielle formalisant l’incarcération des femmes trans dans les prisons pour hommes ;
    • L’accessibilité inconditionnelle aux soins de santé transaffirmatifs, incluant des soins pédiatriques, et ce peu importe le statut migratoire des individus ;
    • Le financement de l’éducation à la sexualité, ainsi que lutte la lutte contre les violences queerphobes dans les écoles.

    Mais la marche du 15 août a également mis sur le devant de la scène la question de la répression, comme l’a rappelé une déclaration des organisateurices : alors que les participant·es se dirigeaient pacifiquement vers le Village, où devait déboucher la manifestation, iels se sont vu empêcher d’entrer par des cordons de police – non seulement la SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) mais aussi la SQ (Sûreté du Québec). D’après le communiqué, l’ordre de barrer l’accès au Village aurait émané de la mairesse Soraya Martinez elle-même. Rappelons que cette dernière avait déjà interdit l’entrée de soutiens à la Palestine dans l’hôtel de ville lors du vote d’une motion de solidarité ce 26 août, contrevenant à ses propres directives censées permettre un dialogue démocratique (fermeture des portes, diminution de la capacité d’accueil, avancement de la date limite d’inscription…).

    La Convergence transféministe et antifasciste s’est déroulée le 30 août à l’initiative du Mouvement transféministe, qui organisait la veille son deuxième congrès, et a confirmé la nécessité de faire le lien entre les différents fronts de lutte au Québec comme à l’international. Les panels qui se sont succédé ont montré comment cette convergence se concrétise au quotidien pour de larges sections du prolétariat : l’importance des travailleuses du sexe dans l’avancée des droits des personnes transféminisées ; les dynamiques de migration créées par la transphobie et le manque d’accès aux soins et au travail ; etc. L’intégration de panels relatifs aux questions autochtone et palestinienne a complété le portrait d’un même système qui capitalise sur l’oppression des personnes minorisées pour maximiser ses profits.

    On peut néanmoins s’interroger sur les limites d’un front large avec des partis politiques tels que Québec Solidaire qui s’inscrivent directement dans une perspective réformiste. Manon Massé a ainsi mis de l’avant sa conception d’un « continuum de résistance » qui part de la gauche libérale pour aller jusqu’aux organisations anarchistes et révolutionnaires, face à un « continuum de possédants » qui désignerait le camp d’en face. Un discours qui évite élégamment de nommer les capitalistes et la propriété privée comme le dénominateur commun de nos luttes : abandonner le vocabulaire de la lutte des classes, c’est abandonner la stratégie révolutionnaire qui doit aboutir au renversement du capitalisme. Nous insistons aussi sur le besoin de passer à l’offensive et de ne pas se satisfaire d’un mot d’ordre tel que celui de la « résistance » face aux attaques réactionnaires.

    C’est dans cette perspective militante que nous serons présent·es en octobre 2026 pour la prochaine échéance du front de lutte transféministe, avec la manifestation pour le droit des personnes prisonnières trans. À l’approche des élections, il est plus que jamais nécessaire de rappeler la centralité de la lutte contre l’État bourgeois pour faire avancer nos droits. Si l’on veut mettre fin à la division du camp des travailleureuses et à l’oppression de toujours plus de minorités, il est indispensable et non accessoire d’exproprier les capitalistes qui s’accaparent nos ressources et nos moyens de production pour leur seul profit – le combat des minorités est essentiellement et avant tout une lutte contre la minorité des exploiteurs.

  • Le NPD d’Avi Lewis renforcera-t-il la gauche socialiste ou la fera-t-il reculer ?

    Le NPD d’Avi Lewis renforcera-t-il la gauche socialiste ou la fera-t-il reculer ?

    Beaucoup de socialistes canadiens comme Martin Lukacs, Marcel Nelson et Nathan Rao ont avancé que le NPD dirigé par Avi Lewis représente une opportunité pour les socialistes de mettre de l’avant leur programme aux yeux du grand public. Mais quel programme est réellement mis de l’avant, et quels sont les risques de prendre part à un tel pari ?

    La social-démocratie canadienne connait son heure de gloire. Avi Lewis, le nouveau dirigeant de gauche du NPD, est comparé à Jeremy Corbyn, Bernie Sanders et Zohran Mamdami. Sa défense de la Palestine, son positionnement comme un « socialiste démocrate », et ses propositions d’épiceries publiques et sur les télécommunications ont capturée l’imagination d’une partie significative de la gauche canadienne déçu par le message sans inspiration du NPD aux précédentes élections. Entretemps, les médias de droites l’attaque comme étant « trop radical » ou même comme étant une « menace » pour la communauté juive. Bien qu’il soit issu d’une dynastie politique néodémocrate bien connue, Lewis s’est positionné comme un outsider, cherchant à se distinguer de précédents chefs du NPD comme Thomas Mulcair. Avec la mort récente de son père Stephen Lewis (ancien chef du NPD ontarien et fils de David Lewis, qui fut chef du NPD canadien), la victoire d’Avi peut être vue à la fois comme un changement et comme un relai de flambeau.

    Certains socialistes considèrent la nouvelle direction comme une « ouverture » ou une « opportunité » pour les socialistes de rompre avec l’isolation et de gagner une audience de masse pour nos politiques. D’après l’éditeur en chef de The Breach, Martin Lukacs, le NPD « a une occasion historique – non seulement de récupérer le terrain perdu, mais de se reconstruire entièrement » et « la gauche ne peut pas se permettre de passer à côté de cette opportunité ». De la même façon, dans un article publié dans Midnight Sun et International Viewpoint (revue du Secrétariat Unifié) Marcel Nelson et Nathan Rao disent que « le NPD fédéral peut aujourd’hui être plus ouvert à une réorientation socialiste et démocratique » et que « la gauche canadienne doit se demander si elle peut se permettre d’attendre une meilleure opportunité pour les rejoindre et faire face aux crises pressantes de notre époque ». Si le second article est plus circonspect sur les potentiels écueils d’une telle orientation, les deux articles défendent l’idée que le NPD présente des opportunités pour la gauche socialiste de sortir de l’impasse et de se lier avec des couches plus larges de la classe ouvrière.

    Cette logique n’a rien de neuf au sein de la gauche canadienne, elle a déjà été analysée dans un précédent article à propos de l’entrisme au sein du NPD. Néanmoins, un regard plus attentif à la politique d’Avi Lewis pourrait être nécessaire à ce moment de bascule où la gauche canadienne se questionne sur la manière de se positionner sur ce nouveau développement. À une époque de rupture, où la place du Canada au sein du « nouvel ordre mondial » trumpiste est largement débattu, c’est un moment qui passe ou qui casse pour la gauche.

    Un porte-voix pour les mouvements ?

    Une partie du charme d’Avi Lewis repose sur ses soi-disant connections avec les mouvements sociaux, qu’il a bâti à travers l’organisation qu’il a cofondé « The Leap ». D’après Lukacs, un NPD dirigé par Lewis pourrait « sans compromis se faire le champion de la cause des mouvement » et « renforcer et déchainer l’énergie de la base ». Mais quel impact Lewis et « The Leap » ont-ils eut sur les mouvement de masse ? À part populairiser des mots-clés comme « transition juste » ou « Green New Deal » au sein des instances du NPD, leur impact reste flou, et les prétentions de Lewis d’être un « champion » des mouvement sociaux est loin d’être prouvée.

    Tout au long des deux années et demie de génocide israélien à Gaza, la défense de la Palestine par Lewis est restée largement limitée à la sphère en ligne et aux événements du NPD. Nous avons été incapable de trouver quelque qu’évidence que ce soit que Lewis se soit rendu à quelque manifestation propalestinienne ou anti-guerre que ce soit, ni même pris la parole à aucune d’entre elle. Il n’est pas inhabituel pour des initiatives politique (comme le fait Yves Engler, qui fut également candidat à la direction du NPD) d’amener des pancartes avec des slogans et le symbole de leur campagne dans le coin à une manifestation, mais la campagne de Lewis a eu très peu de présence réelle à ces manifestations. Les vrais dirigeants du mouvement de solidarité avec la Palestine – comme Palestine Youth Mouvement (PYM) – n’ont jamais invité Lewis à prendre la parole à leurs événement, et non pas non plus soutenu sa campagne au leadership du NPD.

    Au lieu d’aider le mouvement de solidarité à avancer, Lewis a activement cherché à le policer. Quand l’ancienne ministre de Colombie-Britannique Selina Robinson a fait un commentaire raciste en qualifiant la Palestine pré-sioniste de « terra nullius », des activistes se sont mis à manifester leur colère en posant des affiches et en écrivant à la craie en face de son bureau. Au lieu d’inviter les activistes à se tourner vers ce que lui considérerait des formes d’activisme plus productives, Lewis s’est contenté de condamner ces actions comme « infantiles et révoltante », sacrifiant ainsi les activistes en question. Sa solidarité avec la Palestine est limitée par son désir de bien s’entendre avec l’establishment du NPD, c’est pour cette raison qu’il n’a fait aucune critique de l’odieuse déclaration d’Heather McPherson en Octobre 2023, qui blâmait le Hamas pour les génocides israélien, et aussi pourquoi il a soutenu de manière complètement acritique la motion de « cessez le feu » néodémocrate qui affirmait le « droit d’existence » d’Israël et appelait les palestiniens au désarmement. Lewis a même refusé de signer une pétition appelant le NPD à se retirer du groupe interparlementaire israélo-canadien.

    Sur les autres fronts, comme celui du mouvement contre le racisme et la brutalité policière, Lewis a aussi été suspicieusement absent. Sa plateforme pour la chefferie ne fait pas mention de la police, il ne défend aucune des revendications majeures du mouvement de 2020 en solidarité avec George Floyd comme le « désarment », le « définancement » ou « l’abolition » de la police. Il Ne s’est pas présenté aux manifestations conte la guerre en Iran ou appelé le Canada à sortir de l’OTAN, alors que l’organisation s’implique activement dans la guerre. Il a seulement critiqué les objectifs de dépenses d’armements de l’OTAN, sans condamner l’OTAN comme un instrument de l’Impérialisme. Dans la lutte contre les coupures en éducation, Lewis n’a pas utilisé sa plateforme pour mettre en lumière les débrayages étudiants pour combattre les coupures, ou la semaine de grève en Nouvelle Écosse, ou les tentatives pour étendre le mouvement étudiant à travers le pays. Et à travers toutes ces absences, il n’a pas supporté aucune action concrète que le mouvement ouvrier puisse entreprendre pour lier la lutte des classes aux mouvements sociaux, par exemple la mobilisation des travailleurs pour la défense des campement palestiniens contre l’oppression policière.

    À travers tous les mouvements, un schéma consistant persiste où Lewis, au mieux, fait l’éloge du mouvement en ligne où à un événement de la campagne à la chefferie du NPD, sans s’impliquer lui-même dans la lutte sur le terrain ou sans souligner les tactiques qui pourraient avantager la lutte vers l’avant. Il veut que le mouvement social cadre avec sa conception social-démocrate et électoraliste de la politique, au lieu de constater leur capacité à contester le pouvoir du gouvernement à travers l’auto-organisation indépendante. Il est possible que la direction d’Avi Lewis attire certaines couches du mouvement social au sein du party, mais pas les couches les plus résolues à combattre la brutalité policière, mettre fin à l’implication du Canada dans l’OTAN, ou organiser des actions et des grèves ouvrières. Il est possible que Lewis devienne un porte-voix pour certaines couches du mouvement, mais principalement pour celles qui partagent son but consistant à travailler à l’intérieur du système, à réformer le capitalisme là où c’est possible, et attendre jusqu’à la prochaine élection pour réaliser un changement graduel.

    Dans leur article, Nelson et Rao diminuent les avantages de s’organiser au sein du mouvement social et du mouvement ouvrier au lieu de s’organiser au sein du NPD, sous prétexte que les pressions institutionnelles « peuvent parfois placer ces mouvements et leur direction à la droite du NPD » de toute façon. Bien qu’il soit vrai qu’ils soient dirigés par les mêmes forces conservatrices que le NPD, il y a une différence entre avancer des méthodes d’auto-organisations prolétariennes avec nos collègues et dans les rues, et participer aux activités du NPD qui implique essentiellement de faire élire des réformistes au Parlement. La première option nous permet de nous lier aux militants qui veulent utiliser notre pouvoir en tant que masses pour lutter pour des réformes ; la seconde nous permet de nous lier avec la minorité sans cesse décroissante de canadiens qui croient que l’État capitaliste peut fonctionner dans l’intérêt de la classe ouvrière. La première option nous permet de conserver un niveau d’indépendance vis-à-vis de l’establishment des partis, là où perdre de l’énergie avec la seconde option associera votre nom au NPD.

    Ce n’est pas pour dire que les socialistes ne devraient pas s’engager dans la politique électorale ou garder leur distance avec les partis réformistes. Si Lewis est sérieux à propos de transformer les comités de circonscription en carrefour d’organisation où les activistes peuvent mener leurs propres activités de manière indépendante, elles pourraient être des lieux utiles pour permettre aux socialistes de rencontrer des gens qui pensent comme eux, particulièrement dans les petites villes où il n’y a pas beaucoup d’autres alternatives. Néanmoins, Nelson et Rao sont sceptique de la volonté de Lewis d’utiliser les associations de circonscriptions comme quoi que ce soit d’autre que des machines électorales. Et vu son historique, Lewis sera certainement heureux de donner de la visibilité à vos luttes si cela aide ses ambitions électorales, mais il vous trahira immédiatement si vous chercher trop à ébranler l’establishment néodémocrate.

    Diluer le sens du socialisme

    Indépendamment des relations de Lewis avec les mouvements sociaux, certains socialistes disent qu’il pourrait aider à populariser les idées socialistes et « faire bouger la fenêtre d’Overton ». Nelson et Rao célèbrent la plateforme de Lewis et particulièrement le fait qu’il « argumente en faveur de pas vers le contrôle publique et démocratique de secteur vitaux de l’économie tels que le logement, la nourriture, les télécommunications et les banques ». Lewis cherche clairement à capitaliser sur un sentiment populaire, exprimant le sentiment que Bay Street ruine le Canada jusqu’à l’os et que le peuple a besoin d’intervenir. La plupart des idées d’Avi Lewis comme « taxer les riches » sont déjà populaire, et la moitié des canadiens supportent déjà l’idée du socialisme. Même parmi les couches les moins politisés, il y a un sentiment grandissant que de puissantes élites dominent la société et nous conduise tout droit à la guerre, tout en attaquant nos conditions de vie.

    La question est la suivante : D’où les élites tirent-elles leur pouvoir, et comment pouvons-nous les combattre ? Sur ce front Lewis nous offre plus de mystification que de clarifications, ses politiques n’adressent pas les problèmes profonds et structurels du capitalisme, à savoir la propriété privée et l’orientation de la production vers le profit qui maintient le prix du travail extrêmement bas, engendre le développement de puissants monopôles, et pousse ces organisations monopolistiques vers une expansion impérialiste sans fin. Lewis veut taxer la classe dirigeante, mais taxer la classe dirigeant n’est pas la même chose que lui confisquer son pouvoir. Aussi longtemps que la bourgeoisie dirige notre économie, ils dicteront sa conduite au Parlement. Réduire leur pouvoir voudrait dire leur retirer le contrôle des principales entreprises, mais Lewis n’appelle ni à l’expropriation ni à la nationalisation d’aucun secteur majeur de l’économie. Dans une interview à Radio-Canada/CBC, il rejette explicitement l’idée de nationaliser les principales compagnies de télécommunication. Au lieu de cela son plan pour une option publique remplit les failles du capitalisme, en donnant à certains canadiens une alternative aux épiceries publiques, aux trusts de la télécommunication, etc. Quoique ces réformes soient louables, elles ne devraient pas être confondues avec le socialisme, qui requiert l’expropriation de la classe capitaliste et le contrôle démocratique par le prolétariat des principaux leviers de l’économie.

    Lewis fait des gestes en faveur du contrôle ouvrier avec son plan de « créer un Fond National de Propriété Ouvrière pour aider les employés à racheter les compagnies lorsque les propriétaires prennent leur retraite, vende ou délocalise », mais son plan permettrait au mieux de créer quelques îlots de contrôle ouvrier tandis que l’économie dans son ensemble resterait capitaliste. La valeur totale des compagnies cotées à la bourse de Toronto est d’à peu près 5000 milliards $. Pour que les ouvriers puissent racheter ne serait-ce que la moitié de ces compagnies, il faudrait multiplier le budget fédéral par cinq. Quelque que chose que Lewis ne suggérait jamais. Lewis cite l’exemple de la Corporation Mondragón comme modèle de contrôle ouvrier, mais cet exemple est vraiment l’exemple parfait pour démontrer en quoi il est impossible d’avoir des îlots de socialisme dans une mer de capitalisme. Pour pouvoir compétitionner sur le marché capitaliste, Mondragón a dû délocaliser des emplois dans des pays à bas salaires comme la Chine ou le Mexique où les travailleurs n’ont aucun contrôle sur les décisions. Le régime de Franco tolérait Mondragon, parce qu’il pensait que les coopératives encourageraient les travailleurs à penser comme des managers, pas comme des socialistes, et à ce titre il avait raison.

    Alors bien que plusieurs des réformes de Lewis vaillent la peine d’être supportée, nous devrions souligner qu’il s’agit de tentative de replâtrer le capitalisme, pas d’en sortir. Nous devrions aussi souligner que le succès de la social-démocratie réformiste est le produit de conditions historiques concrètes – particulièrement l’essor économique sans précédent suivant la seconde guerre mondiale – pas d’un interrupteur qu’on puisse éteindre et allumer à sa guise dès lors qu’il y a suffisamment de volonté politique. La social-démocratie a reculé en Europe, aux États-Unis et au Canada au cours des 50 dernières années, avec diverses tentatives (et beaucoup d’échecs) par des partis sociaux-démocrates pour endiguer la vague néolibérale. Lewis n’a pas offert d’explication sur comment il compte faire du Canada une exception face à cette tendance internationale.

    Dans ce contexte, c’est notre travail d’expliquer les limites de la social-démocratie et de démontrer en quoi il serait nécessaire de mettre véritablement fin à la mainmise du capitalisme sur notre économie. Loin de populariser le mot « socialisme », Lewis tire avantage d’un sentiment déjà existant, canalisant ce dernier dans l’impasse du réformisme, en tentant de diluer le mot « socialisme », pour en faire un synonyme du capitalisme réformé. Nous devrions parler aux supporters de Lewis à propos de ce à quoi une vraie transition vers le socialisme pourrait ressembler, sans faire l’éloge du projet de Lewis consistant à déradicaliser et à coopter ce sentiment radical.

    Démocratiser le parti ?

    Certains affirment néanmoins que même si les politiques de Lewis ne vont pas assez loin, son plan de démocratisation du parti crée au moins suffisamment de place pour les socialistes afin de restructurer le NPD. Les appels à plus de démocratie interne n’on rien de nouveau, mais ils ont été systématiquement stoppés par une bureaucratie bien retranchée très interconnecté avec la bureaucratie syndicale, et qui possède des incitatifs matériels très concrets à protéger leur position contre des contestataires de gauche. Même si la récente élection à l’exécutif a été célébrée comme un « désaveu » de la vieille garde, changer le personnel au sommet n’est pas suffisant pour changer la logique exclusiviste, contre-révolutionnaire qui anime le NPD depuis ses débuts en tant que CCF.

    Si Lewis voulait réellement démocratiser le NPD, il devrait sérieusement lutter contre les forces bureaucratiques qui contrôle le parti. Malheureusement, ces critiques du parti et ses manœuvres antidémocratiques ont, au mieux, été sans convictions et tardives. Par exemple, durant le mois que le NPD a passé à approuver la candidature de Yves Engler, Lewis est resté silencieux alors que la spéculation faisait rage pour savoir si Engler serait bloqué. Quand il a été finalement bloqué, Lewis a simplement déclaré qu’il était « déçu par la façon dont le processus d’approbation avait été conduit », évitant par le fait de questionner le processus d’approbation ou de dire clairement qu’Engler aurait dû être inclus parmi les candidats. Quand Bianca Mugyeni a été exclue sous le prétexte sexiste que sa candidature n’était pas « indépendante » de celle de son mari Engler, Lewis n’a rien dit, il n’a pas non plus commenté le bannissement du néodémocrate de longue date Barry Weisleder du congrès du NPD.

    Démocratiser le NPD devrait commencer par dénoncer les pires abus bureaucratiques, puis par ôter les responsables et restructurer le pari du bas vers le haut. Lewis n’a pas accompli la première de ces étapes, et jusqu’à maintenant, il n’a pas fait part de son intention de limoger Lucy Watson (la responsable du processus d’exclusion), il y a donc peu de raison de croire qu’il soit sérieux à propos de cette soi-disant restructuration. Lewis veut le meilleur des deux monde : se positionner comme un outsider qui défi une bureaucratie bien retranchée, tout en maintenant de bonnes relations avec l’establishement. Il veut revendiquer l’héritage de son père et de son grand-père en profitant de leur nom, sans avoir à répondre de leur rôle dans l’expulsion du Waffle (l’aile gauche du NPD) en 1972.

    Nelson et Rao affirment qu’il « n’y a rien de métaphysique à propos des tendances du parti à décevoir ou à écraser les révoltes de l’aile gauche du parti au sein de ses propres rangs ». Il n’y a peut-être pas quelque chose de « métaphysique », mais il y a des raisons structurelles pour lesquelles les révolutionnaires ne sont jamais parvenu à prendre le contrôle d’un parti de masse social-démocrate et de le conserver. Dans ce qu’on appelle le « paradoxe de la social-démocratie », les partis réformistes sont coincés dans une contradiction où ils s’appuient sur les luttes de masses, comme base de pouvoir, mais où le parti, une fois qu’il est retranché dans la gestion du capitalisme, voit ses chefs chercher à mettre un frein à ces mêmes luttes qui les ont portés au pouvoir, détruisant ainsi la base de leur pouvoir sur le long terme. En ce sens, la tendance du NPD à décevoir et écraser la gauche est inévitable vu sa politique réformiste. Le NPD est pris dans une contradiction où il a besoin d’un afflux massif de militants ouvriers pour défier la bureaucratie, mais où les manœuvres et les trahisons de la bureaucratie rende improbable l’afflux massif d’ouvriers qui choisiraient le NPD comme véhicule de leur lutte.

    Nelson et Rao affirment aussi que « la marginalisation de la gauche dans le NPD n’est pas uniquement due aux machinations de la bureaucratie du parti », et que « l’initiative du Waffle a été défaite en congrès par les votes des militants de la base ». Bien que cela puisse être vrai, cela témoigne en réalité du fait qu’en 1971, les couches les plus militantes du mouvement ouvrier avaient déjà abandonné le NPD pour son manque de volonté à s’opposer aux libéraux et son ignorance de la Révolution Tranquille au Québec. Le congrès de 1971 a fini par être dominé par ceux qui voyaient le nationalisme réformisme de gauche canadien du Waffle comme trop radical, pavant la voie à son expulsion par David Lewis et à une bureaucratisation accrue du pari – un processus qui ses poursuivi jusqu’à nos jours, sans aucun signe de réversion tangible.

    La gauche caviar éco-social-démocrate

    Finalement, même si l’on considère qu’Avi Lewis ne réalisera pas le socialisme ou ne démocratisera pas le parti, certains peuvent considérer comme sectaire le fait d’opérer indépendamment d’un processus qui est sensé attirer de large pans d’une classe ouvrière en voie de radicalisation. Cette assertion doit cependant être relativisée. Bien qu’Avi Lewis ait reçu 13% de vote de plus dans sa campagne à la chefferie que Jagmeet Singh en 2017, la « Lewismania » est loin d’avoir l’ampleur d’autre phénomène de gauche comme la « Corbynmania ». En pourcentage relatif à la population, Corbyn a reçu quatre fois plus de support dans son élection à la direction du Labour que Lewis à la direction du NPD. Un sondage pré-congrès démontre que seul 13% de ceux qui ont voté NPD entre 2015 et aujourd’hui appuient Avi Lewis, alors que 44% étaient incapable de nommer un seul des candidats. Il est clair que Lewis a une montagne à gravir pour redonner de la pertinence au NPD. 

    Ses perspectives pour cela sons loin d’être certaines. Les chefs droitiers des NPD provinciaux se sont distanciés du NPD fédéral, principalement en raison des politiques de Lewis sur les questions énergétiques. Alors que Lewis a raison quand il affirme que le monde droit radicalement réduire ses émissions de gaz à effet de serre pour réduire l’impact du changement climatique, la gauche doit faire attention à la manière dont cette transition est présenté, particulièrement dans un pays où les ressources naturelles représentent la moitié des exportations, Plus de 650 000 canadiens travaillent dans le secteur des ressources naturelles et ces travaux on de nombreux effets en aval sur d’autres industries telles quel la construction, la vente, la finance, l’hébergement. Pour une tâche d’une telle ampleur le « Green New Deal » d’Avi Lewis est étonnamment léger en termes de détails sur ce dont une telle transition aurait l’air. Il appelle à investir 2% du PIB du Canada (environ 47,8 milliards $) à s’attaquer au défi du changement climatique, incluant 1% pour de « transition vers des emplois verts ». Cela sonne comme beaucoup d’argent, mais ce n’est même pas 1/10e de la taille des plus grandes compagnies énergétiques, les cinq plus grandes ont une capitalisation de plus de 650 milliards $. Une transition loin des énergies fossiles exigera bien plus que 2% du PIB, à moins que son idée de la « transition » implique de laisser des centaines de milliers de travailleurs, et des millions de plus dans leur communauté, sans aucun emploi.

    Réduire les émissions du Canada à un niveau viable en évitant un effondrement économique généralisé exigerait d’expropriait les grosses industries extractives et de payer les nouvelles formations de centaines de milliers de travailleurs, tout en réindustrialisant le Canada pour construire des infrastructures viables et réduire l’étalement des chaînes d’approvisionnement mondiales. Le plan devrait également être internationaliste avec un regard porté vers la jonction entre la classe ouvrière et les luttes socialistes à l’étranger pour les aider à combattre le capital impérialiste qui pille leur pays. Le problème avec le programme de Lewis n’est pas de ne pas être assez ambitieux, c’est qu’il ne fait pas assez pour accomplir la viabilité écologique tout en protégeant les emplois. Les travailleurs du secteur énergétique auraient de bonne raison de craindre qu’une « transition verte » sous le capitalisme les laisse pour compte.

    Malheureusement, la rhétorique de Lewis n’aide pas à écarter ces craintes. Par exemple, lors d’un épisode de l’émission « Power & Politics » sur CBC, à la veille du congrès du NPD, Lewis a répondu à une question à propos des travailleurs de l’industrie pétrolière en parlant à peine d’eux, expliquant simplement qu’ils « méritent nos remercîments pour avoir gardé les lumières allumés dans ce pays depuis plus d’un siècle, mais qu’il est temps pour nous d’aller au-delà des cycles de croissance et de crise des combustibles fossiles ». Parmi ce qui a été décris comme « les pires moments » d’Avi Lewis, il a décrit les projets de ressources naturelles comme « des grosses choses viriles » et sous-entendu que les cols bleus de ces secteurs sont responsables des agressions sexuelles contre les gemmes autochtones. Bien qu’il soit important de montrer la nature raciste et sexiste du capitalisme canadien, Lewis n’a jamais parlé de cette façon d’aucun autre secteur de la société canadienne, et certainement pas des médias d’où il vient. Il semble avoir une hostilité particulière face aux travailleurs du secteur des ressources, les considérant comme un reliquat dépassé vis-à-vis de sa vision éco-social-démocrate. Lukacs prétends que Lewis est « un orateur hors pair », mais cette affirmation est loin d’être universellement reconnue, d’autant plus qu’il parle seulement anglais.

    Pas de raccourci

    Lukacs débute son plaidoyer en faveur d’Avi Lewis en déclarant que « la gauche canadienne a désespérément besoin d‘une victoire ». Bien qu’il n’y a pas de doute sur le fait que la gauche canadienne ait subit un sévère recul dans les années récentes, nous n’allons pas inverser cette tendance en cherchant des « victoires » possible à court terme, et en espérant qu’elles nous conduisent à des progrès futurs. Plutôt, nous devrions chercher plus profondément ce dont le mouvement ouvrier et le mouvement social ont besoin à long terme, et remonter jusqu’à la stratégie dont nous avons besoin pour nous y rendre, et sur quelles tactiques nous pouvons employer pour avancer cette stratégie. Commencer par des « victoires » tactiques apparentes nous conduira seulement à la désorientation et à l’échec.

    Le désir court-termiste du NPD d’éloigner les conservateurs du pouvoir en soutenant les libéraux à conduit à une perception du NPD comme très peu différend des libéraux, et ainsi au déclin de la possibilité que le NPD puisse se positionner comme la principale opposition au statut quo Libéral plutôt que les conservateurs. Leur pensée à court terme a seulement permis aux libéraux de se repositionner plus à droite sous Carney, et au mieux, a servi à retarder l’inévitable retour des conservateurs au pouvoir. Lewis n’a tiré aucunes leçons de cette erreur passée, gardant le silence alors que des députés néodémocrates débattaient pour savoir s’il fallait soutenir le gouvernement Carney, se contentant d’émettre un communiqué déclarant qu’il supportait le « non » une fois le budget passé. Lewis n’a pas rompu avec la stratégie perdante de soutient aux libéraux, promettant d’utiliser une future « balance du pouvoir » pour exiger une réforme électorale au lieu de combattre le programme libéral.

    Nelson et Rao admettent que « s’impliquer au NPD à travers la campagne pour le leadership, pour s’implanter dans des carrefours d’activistes et d’autres organisations récentes, pourrait être perçu comme un raccourci ». Mais comme Jane McAlevey la dit : « il n’y a pas de raccourci » pour revitaliser le mouvement ouvrier, ou, dans la même veine, pour donner un porte-voix aux mouvements sociaux, ou encore pour populariser les idées socialistes. Ces projets requièrent un long et patient travail d’organisation politique qui sera récompensé lorsque la lutte des classes tournera abruptement, ainsi qu’une défense de l’autonomie de classe du mouvement vis-à-vis des forces capitalistes du statut quo. Le prolétariat n’embrassera pas les idées révolutionnaires du jour au lendemain, mais il ne nous récompensera pas s’il nous perçoit comme à la solde de « libéraux empressés ». Si nous voulons gagner sur le long terme, la gauche doit prouver sa valeur dans l’épreuve de la lutte. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour accroitre la capacité du prolétariat à l’auto-organisation et refuser de subordonner cet objectif aux limites de la social-démocratie.

  • Élections 2026 : Peu importe le parti austérité garantie

    Élections 2026 : Peu importe le parti austérité garantie

    Les élections de 2026 approchent, mais aurons nous réellement un choix sur la politique future? CAQ, PQ ou PLQ, peu importe le parti qui prendra le pouvoir, nous semblons condamnés à voir l’une ou l’autre des factions de la bourgeoisie exercer le pouvoir et appliquer à coup sûr une nouvelle vague d’austérité dont la classe ouvrière sera la première victime.

    La Coalition Avenir Québec : fin de règne pour un parti à bout de souffle

    Parvenue au pouvoir en 2018 avec la promesse de rompre avec l’austérité libérale des années Couillard, la CAQ, et c’est le moins qu’on puisse dire, n’a pas du tout respecté ses promesses. Après un premier mandat fait de réinvestissements de façades (consistant à réinvestir moins que ce que les libéraux avaient coupé) et d’une gestion catastrophique de la pandémie avec 21 844 décès, le second mandat de la CAQ opte clairement pour le virage austéritaire. La CAQ envisage de licencier 6000 fonctionnaires, et le budget 2026-2027 représente une baisse de 2,6 milliards $ dans les services sociaux par rapport à l’inflation. À cela, il faut ajouter les scandales de Northvolt, Stablex et SAAQClic où le gouvernement caquiste a perdu des milliards en cadeaux aux entreprises. Enfin, la passivité totale de la CAQ face à la crise du logement ou la crise environnementale montre clairement les priorités de ce parti : enrichir la bourgeoisie en saccageant la planète et en exploitant toujours davantage la classe ouvrière. Sa gestion catastrophique de l’économie, ainsi que l’impopularité grandissante de la CAQ ont culminé dans la démission de François Legault, face à l’échec électoral imminent.

    Parti Québécois : parti bourgeois !

    Grand favori dans les sondages, le Parti Québécois a de bonnes chances de reprendre le pouvoir, mais mettra-t-il fin au cycle d’austérité ? Rien n’est moins certain. Historiquement, le PQ a appliqué l’austérité aussi férocement que tous les autres partis. On se souviendra des mesures d’austérité de 1982, où le gouvernement Lévesque coupa les salaires des employés par 1/5e (20%) du jour au lendemain, en réprimant la contestation à grand coup de lois matraques, forçant le retour au travail. De même, le gouvernement de Lucien Bouchard (1996-2001), avec sa politique de « déficit zéro », a multiplié les coupures austéritaires, allant jusqu’à licencier 50 000 postes de fonctionnaires. Enfin, le gouvernement Marois (2012-2014) a continué d’appliquer l’austérité à travers une combinaison de coupures et de hausses de tarifs. Le Parti Québécois a-t-il changé ? S’il est en apparence « plus indépendantiste » (et seulement « en apparence »), le PQ de Paul Saint-Pierre Plamondon est toujours aussi capitaliste et néolibéral qu’auparavant. Dans son fameux « Livre bleu », il dit vouloir « favoriser un environnement propice à l’entreprenariat » (p.210). Comment ? En prenant l’argent qu’Ottawa nous vole… pour le donner aux capitalistes ! Le PQ nous explique que le « Québec indépendant aura tout avantage à offrir une fiscalité avantageuses aux entreprises ». Son projet est de récupérer l’argent des impôts fédéraux pour octroyer des baisses d’impôts aux entreprises et ainsi attirer les investissements de capitaux, autrement dit, les capitalistes. Difficile de parler d’indépendance dans de telles conditions.

    Parti Libéral : au service du capital !

    Le Parti Libéral est le parti de la bourgeoisie par excellence. Sa politique pourrait se résumer à « vendre la peau du prolétariat pour mieux en récolter les miettes ». Toute sa politique consiste à se plier aux exigences du capital international en abaissant les salaires, en déréglementant l’économie, en détruisant le code du travail et les protections environnementales, en exemptant les bourgeois et les entreprises d’impôts tout en taxant le peuple pour financer ces mêmes entreprises. De Bourassa à Couillard en passant par Charest, le Parti Libéral a toujours été le parti du capital ! Le Parti Libéral est également le parti de l’austérité par excellence, avec plus de 3,7 milliards $ de coupures rien que sous la première année (2015-2016) du dernier gouvernement Couillard ! Le PLQ lui non plus n’a pas changé: sous le bien nommé Charles Milliard, il reste le parti des milliardaires, le parti de la bourgeoisie !

    Pour briser le cycle de parti bourgeois : il nous faut un parti de classe

    La situation politique dans laquelle nous nous trouvons possède toutes les caractéristiques d’un cercle vicieux: les partis changent, mais la politique, et surtout la politique économique, elle, reste exactement la même, toujours plus d’austérité, mois de services sociaux (hôpitaux, écoles, etc.) et des conditions d’existence toujours plus misérables pour la classe ouvrière. Or, si la politique et le résultat restent toujours les mêmes, c’est parce que tous ces partis sont des partis bourgeois ! Ils représentent chacun une faction de la bourgeoisie, (plus ou moins adossées sur l’appareil étatique québécois ou sur l’impérialisme mondial), mais la bourgeoisie quand même. Pour rompre avec le cycle vicieux des partis bourgeois, il est nécessaire d’œuvrer à l’élaboration d’un parti de classe qui représente non plus les intérêts de factions de la bourgeoisie, mais les intérêts historiques de l’ensemble du prolétariat. Un parti qui soit organisé non pour la prise de pouvoir électoral, mais pour la conquête révolutionnaire du pouvoir. C’est pourquoi nous avons fondé la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ), afin que la classe ouvrière puisse opposer sa politique prolétarienne communiste à la politique bourgeoise capitaliste !

    Camarades rejoignez-nous ! Ensemble, renversons la bourgeoisie !

  • Justice pour Jusi : un meurtre social qui endeuille le Nunavik

    Justice pour Jusi : un meurtre social qui endeuille le Nunavik

    Le Bureau du coroner du Québec a annoncé l’ouverture d’une enquête publique après la mort de Jusi Padlayat, un jeune garçon de 4 ans qui vivait dans la communauté inuit d’Ivujivik au Nunavik (Québec). Une mort injuste et invisibilisée qu’il faut nommer pour ce qu’elle est : un meurtre social.

    Ce décès est survenu dans des conditions jugées inacceptables par le Bureau du Principe de Joyce, une organisation qui lutte pour un égal accès aux soins des peuples autochtones et la reconnaissance de leurs droits fondamentaux en santé. En effet, les circonstances entourant le décès de Jusi rappellent tragiquement celui de Joyce Echaquan survenu quelques années plus tôt : un manque d’écoute qui entraîne d’importantes négligences médicales et qui conduit à une mort évitable. Le rapport du coroner avait reconnu à l’époque l’existence d’un racisme systémique à l’encontre de la population autochtone et pointait que les instances publiques ne se seraient pas saisies du problème s’il n’y avait pas eu d’enregistrement vidéo pour l’établir.

    Ce nouveau drame témoigne du danger que ce racisme structurel représente pour la survie des personnes autochtones au Québec, mais plus largement au Canada. Historiquement, Ivujivik fait partie des communautés inuit qui ont refusé de signer la Convention de la Baie-James et du Nord Québécois (CBJNQ) de 1975, avec Puvirnituq et Salluit : l’entente prévoyait la cession au Québec des titres, droits et intérêts ancestralement attachés à leurs terres afin de permettre l’exploitation des ressources, comme le projet hydroélectrique de la Baie-James. Si la convention a finalement été signée par l’Association des Inuit du Nouveau-Québec, autorisant à construire le long la Grande Rivière des centrales avec une production d’électricité équivalente à celle de la Belgique, ces communautés perpétuent l’héritage de cette dissidence.

    C’est donc un même système d’exploitation économique sauvage qui produit les inégalités sociales que l’on connaît et qui causent aujourd’hui encore des morts parmi les peuples opprimés. Dans la lignée de l’opposition à la CBJNQ, le mouvement de résistance Inuit Tunngavinga Nunamini s’organise en faveur de l’autogouvernement du peuple Inuit sur ses terres. Ce mouvement est à réinscrire dans le contexte plus général des coopératives inuit qui sont nées dans les années 1960 pour développer des réseaux d’auto-organisation. L’élan des coopératives a donné naissance à des approches différentes et parfois concurrentes de la souveraineté inuit, mais ce sont bien des organisations gouvernementales qui administrent de nos jours les territoires, avec des représentants locaux (la Société Makivik, le gouvernement régional Kativik et divers organismes créés par des lois gouvernementales).

    Rompre avec ces logiques d’État bourgeois, c’est redonner du pouvoir d’agir aux personnes autochtones pour leur permettre de vivre, et dignement. Le site du gouvernement canadien rappelle par exemple que le taux de tuberculose active déclaré chez les Inuit vivant dans l’Inuit Nunangat était 40 fois élevé que pour l’ensemble du Canada en 2019 du fait de la persistance du système colonialiste en santé. Comme le décrivait déjà Engels dans La situation de la classe laborieuse en Angleterre (1845), nous n’avons pas affaire à une simple négligence, mais bien à un meurtre social qu’il faut nommer comme tel :

    « [Lorsque] la société  […] ôte à des milliers d’êtres les moyens d’existence indispensables, leur imposant d’autres conditions de vie, telles qu’il leur est impossible de subsister, lorsqu’elle les contraint par le bras puissant de la loi, à de­meu­rer dans cette situation jusqu’à ce que mort s’ensuive, ce qui en est la conséquence inévi­table; lorsqu’elle sait, lorsqu’elle ne sait que trop, que ces milliers d’êtres seront victimes de ces conditions d’existence, et que cependant elle les laisse subsister, alors c’est bien un meur­tre, tout pareil à celui commis par un individu, si ce n’est qu’il est ici plus dissimulé, plus perfide, un meurtre contre lequel personne ne peut se défendre, qui ne ressemble pas à un meurtre, parce qu’on ne voit pas le meurtrier, parce que le meurtrier c’est tout le monde et per­sonne, parce que la mort de la victime semble naturelle, et que c’est pécher moins par action que par omission. »

  • Bilan de la Fierté Indomptable 2026

    Bilan de la Fierté Indomptable 2026

    Nous étions présent·es dimanche 9 août à la marche organisée pour la deuxième édition de la Fierté Indomptable (Wild Pride) à Montréal/Tiohtià:ke. Les cortèges ont marché pacifiquement, dans une ambiance à la fois festive et revendicative.

    Cette année encore, il s’agissait d’organiser une contre-manifestation face au pinkwashing qui gangrène le traditionnel défilé de Fierté Montréal. En effet, ce qui faisait autrefois vivre la mémoire des événements de Stonewall (1969), lors desquels la communauté LGBTQ+ de New-York affronta victorieusement la police, est aujourd’hui devenu une affligeante parade apolitique au détriment de nos luttes.

    L’année dernière, Fierté Montréal avait démontré son incapacité à se positionner contre le génocide actuel en Palestine en invitant l’organisation sioniste Ga’ava dans ses rangs, ce qui avait provoqué l’organisation de la Wild Pride en plus de la Rad Pride (Fierté Radicale) organisée par le Pink Bloc. Cette année, le Pink Bloc a décidé de ne pas reconduire sa manifestation annuelle pour se concentrer sur la prochaine Marche pour la libération trans en réponse aux assauts réactionnaires du gouvernement actuel et de l’opposition, à quelques mois des élections.

    Nous nous sommes joints aux slogans anticolonialistes scandés pendant la marche (« No Pride in Genocide! ») mais aussi à ceux qui dénoncent le pinkwashing autour des enjeux LGBTQ+. De nombreux groupes capitalistes (Groupe Banque TD, Loto-Québec, Air Canda…) voient dans le défilé de Fierté Montréal une occasion de gagner une bonne image auprès de la communauté, parrainant l’événement en l’échange d’une vitrine pour leur communication.

    Nous ne sommes pas dupes de cette récupération d’un combat politique historique au profit d’entreprises qui exploitent chaque jour les minorités sexuelles et de genre au même titre que les autres segments du prolétariat. Or la communauté LGBTQ+ subit à plus forte raison les effets du système capitaliste, qui s’applique à diviser méthodiquement la classe des travailleur·euses : discriminations sur le lieu de travail, perte de cotisations induites par la transition de genre…

    Ces mêmes entreprises n’hésiteront par ailleurs pas à abandonner leur pseudo-soutien dès que le contexte politique s’y prêtera : on l’a vu avec la réélection de Trump, qui a entraîné des vagues massives de retrait de subventions pour la Pride et l’abandon de politiques d’entreprise inclusives de façade.

    Signalons enfin que Fierté Montréal donne chaque année la parole à des représentants politiques libéraux issus du gouvernement, en particulier issus de la CAQ. La présence des partis libéraux ne doit pas plus nous illusionner sur les politiques réactionnaires qui sont menées à l’encontre des LGBTQ+ : en juin 2025, une directive du ministère de la Sécurité publique est entrée en vigueur qui impose aux personnes transgenres d’être incarcérées dans des établissements « correspondant au sexe qui leur a été attribué à la naissance ».

    Il est urgent d’investir massivement la perspective d’une lutte queer révolutionnaire, en rappelant ses racines historiques. C’est dans la foulée de la Révolution française que l’homosexualité est dépénalisée pour la première fois dans le monde, en 1791. Après la révolution d’Octobre, en 1917, elle est dépénalisée dans la Russie et l’Ukraine soviétiques. Il devient même possible de faire changer la mention du sexe sur le passeport des personnes transgenres à partir de 1926. En comparaison, il faudra attendre 2003 pour la dépénalisation totale de l’homosexualité aux États-Unis…

    C’est pourquoi nous souhaitons nous associer à toutes les initiatives qui relient les luttes intersectionnelles à la lutte plus général contre le capital, dans une perspective marxiste et révolutionnaire.

  • « L’OTAN 3.0 » ou l’impérialisme décomplexé 

    « L’OTAN 3.0 » ou l’impérialisme décomplexé 

    La rencontre de l’OTAN, qui s’est déroulée les 6-8 juillet 2026 à Ankara, marque le début d’une «nouvelle phase» dans l’évolution de l’Alliance atlantique. Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, est d’ailleurs particulièrement enthousiaste à l’idée d’une OTAN 3.0: Il est temps pour l’Europe de mettre de côté toute réticence liée à son histoire coloniale et de s’engager dans un processus d’armement sans complexe. En somme, il s’agit pour les alliés européens et le Canada d’assumer une plus grande sécurité pour leur défense, tout en laissant, bien évidemment, les États-Unis garder son rôle de chef de file. Ainsi, c’est au nom de la préservation de « l’unité, la solidarité et la force collective » que la défense collective sera renforcée sur la base d’une logique de production industrielle durable. 

    1. OTAN: une alliance au service de l’industrie militaro-industrielle 

    Lors du dernier sommet de l’OTAN, les pays membres de l’Alliance se sont engagés à consacrer, d’ici 2035, 5% de leur PIB à la défense et à la sécurité. Il faut cependant préciser que cette « hausse historique » n’est pas complètement inouïe puisqu’elle s’inscrit dans la continuité d’objectifs d’armement astronomique déjà adoptés l’année dernière. En effet, les États membres de l’Union européenne et le Canada avaient déjà augmenté leurs dépenses de défense de plus de 139 milliards de dollars en 2025. Afin de justifier une telle augmentation, on évoque une certaine dégradation de la sécurité en Europe, qui serait notamment causée par des tensions géopolitiques, des risques de cyberattaques et surtout par la Russie, considérée comme la principale menace militaire directe pour l’Europe. Dans ce contexte, l’OTAN estime que les armées occidentales doivent rattraper les retards capacitaires qu’elles ont accumulés depuis la fin de la guerre froide afin d’être en mesure de dissuader les agressions étrangères et de possiblement soutenir un conflit prolongé. Dans la déclaration du sommet, les alliés ont d’ailleurs réaffirmé leur «soutien indéfectible» à l’Ukraine, ce qui exige un engagement financier et militaire important. 

    Afin de renforcer la capacité industrielle de «défense» et «d’accélérer l’innovation», de nombreux contrats et accords de «défense» ont été conclus avec des entreprises privées d’armement et de technologie, totalisant plus de 50 milliards d’euros. Selon Rutte, « Il ne saurait y avoir de défense forte sans une industrie de défense forte ». Pour solidifier encore plus cet important partenariat avec le secteur privé, on a notamment lancé le guichet OTAN pour l’industrie (une plateforme numérique destinée aux entreprises qui souhaitent comprendre comment travailler avec l’OTAN) et approuvé le NATO Engine, qui promet d’augmenter la capacité de production en reliant des unités de fabrication d’entreprises du secteur civil et du secteur de la défense de tous les pays de l’Alliance.  

    Ainsi, le dernier sommet de l’OTAN dévoile d’emblée la face impérialiste de l’Europe: dès qu’un danger, voire une menace de danger, plane à l’horizon, le premier réflexe est de se tourner vers la solution militaire. N’est-il pas paradoxal qu’une institution, dont la vocation première est la défense, développe encore et toujours plus des moyens d’action qui dépassent le cadre strictement défensif? Comment justifier ce développement croissant de capacités militaires à vocation offensive ? 

    En fait, il nous faut rappeler que, dans un système capitaliste, la sécurité est un marché comme un autre: elle est soumise à une logique de rentabilité et contribue ainsi à générer des profits pour les investisseurs privés. L’OTAN, qui encourage l’augmentation des budgets militaires, le développement de nouvelles industries de «défense» et les investissements dans les technologies militaires, profite donc aux entreprises d’armement, qui ont intérêt à une hausse des dépenses militaires. Cela est d’autant plus vrai que c’est le gouvernement qui finance ces dépenses avec des fonds publics. Nous sommes ainsi dans une situation où le risque économique est largement assumé par la collectivité, tandis que les gains sont captés par des actionnaires privés. Mais pourquoi tant de ressources sont-elles orientées vers l’innovation militaire plutôt que vers des besoins sociaux comme la santé, le logement? Pourquoi la priorité serait-elle accordée à une possible menace étrangère tandis que l’ensemble de la planète est réellement menacée par une crise climatique et qu’une transition écologique s’impose avec urgence ? Financement public et profits privés: à qui servent vraiment les contrats conclus lors du dernier sommet de l’OTAN? 

    En plus d’alimenter une logique d’escalade, le militarisme croissant contribue à dégrader les conditions de vie pour les populations. En effet, une hausse massive des dépenses militaires mène à l’augmentation des taxes, à l’augmentation des déficits publics et, conséquemment, à la réduction du budget attribué à la santé, l’éducation ou les infrastructures. De plus, l’histoire montre que l’appareil militaire de l’État n’est pas uniquement tourné vers la défense contre les menaces extérieures, mais qu’il est régulièrement utilisé pour réprimer sa propre population et maintenir l’ordre social à l’intérieur des frontières. 

    2. OTAN: une alliance au service de la bourgeoise 

    Il faut rappeler que l’OTAN, qui se présente comme une simple alliance militaire au service de la «sécurité collective», est également une institution qui est inscrite dans un ordre politique et économique spécifique,  à savoir le capitalisme, dont elle contribue à maintenir les conditions de reproduction. 

    Les États membres de l’Alliance sont, après tout, des États capitalistes bourgeois qui, comme tels, défendent les intérêts de leur propre classe. Contrairement à ce qu’avance la conception libérale, l’État n’est pas un arbitre neutre garantissant l’intérêt général, mais un instrument permettant de préserver les conditions d’existence du pouvoir de la classe dominante. Comme le disent Marx et Engels dans Le Manifeste du Parti Communiste : « Le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de toute la classe bourgeoise ». Cette position est également défendue par Lénine qui, dans L’État et la révolution, explique comment l’État nait des contradictions entre les classes sociales afin de permettre la domination d’une classe sur une autre.  

    Or, depuis sa création en 1949, l’OTAN a contribué à structurer un espace géopolitique favorable aux puissances occidentales industrialisées, dans la mesure où ses priorités stratégiques reflètent les intérêts des États qui la composent. Ainsi, l’alliance ne protège pas seulement des territoires, et encore moins des populations, mais elle préserve avant tout un ordre économique favorable aux économies capitalistes développées, en protégeant notamment des investissements internationaux, des flux commerciaux, l’accès aux ressources stratégiques et la stabilité des marchés.  

    3. OTAN: Une alliance au service de l’impérialisme  

    En plus de servir la bourgeoisie internationale, l’OTAN est également un instrument de l’impérialisme occidental. Dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine soutient que l’impérialisme n’est pas seulement une «politique de conquête», mais qu’il constitue plutôt une étape historique du développement capitaliste, caractérisée par la concentration croissante du capital, la domination des grandes puissances économiques, les guerres inter-impérialistes et la recherche constante de nouveaux espaces d’investissement, de ressources et de débouchés, notamment par l’exploitation colonialiste.  

    Or, l’OTAN, en tant qu’institution qui contribue à maintenir une hégémonie occidentale, à la fois par la coercition militaire et par la production de normes sur ce qui constitue une «menace» ou une «sécurité légitime», illustre parfaitement cette domination des grandes puissances économiques dont parlait Lénine. Ce dernier explique également comment le capitalisme monopoliste transforme les relations internationales en un espace de compétition entre grandes puissances. Dans cette perspective, l’OTAN apparait comme une structure qui, dans un contexte de rivalités internationales, contribue justement à coordonner les capacités militaires et stratégiques de plusieurs grandes puissances occidentales. Nous pouvons évidemment penser aux tensions qui existent entre les États membres de l’OTAN et la Russie et la Chine. Celles-ci existent toutefois également au sein de l’Alliance, telles qu’illustrées par la question du partage du fardeau militaire et les menaces d’annexion prononcées par les États-Unis envers envers le Groenland et le Canada. On pourrait également mentionner le cas de la Turquie, où s’est justement déroulé le dernier sommet, qui représente un allié aux intérêts parfois divergents.  

    Finalement, l’une des caractéristiques principales de l’impérialisme est la fusion du capital bancaire et du capital industriel. Dans le «stade suprême du capitalisme», les banques ne se contentent plus de prêter de l’argent ou de servir de caisses d’épargne pour les particuliers: elles contrôlent directement l’industrie. Cela donne naissance au «capital financier», une forme de pouvoir économique où les banques, les entreprises monopolistiques et l’État collaborent afin de sécuriser les conditions nécessaires à l’accumulation du capital, et à une oligarchie financière.  La création de la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (BDSR), dont le siège social sera établi au Canada, est un exemple frappant de l’articulation croissante entre les institutions financières, l’industrie militaire et les stratégies géopolitiques des États capitalistes. Cette institution multinationale vise notamment à financer l’innovation dans le domaine de la défense et à soutenir les pays membres de l’OTAN dans l’atteinte de leur objectif d’augmenter leurs dépenses militaires jusqu’à 5 % du PIB. La BDSR, qui, au fond, ne sert qu’à financer la guerre, illustre bien que, à un stade avancé du capitalisme, les frontières entre puissance économique, puissance politique et puissance militaire sont extrêmement poreuses. Il nous faut également souligner que cette nouvelle initiative ne fait que s’ajouter aux grandes institutions financières, comme Banco Santander, Barclays, BNP Paribas, Citi, Deutsche Bank, NatWest, PKO Bank Polski, Danske Bank et la Banque de développement du Canada, qui ont déjà mobilisé 217 milliards de dollars pour la «défense et la sécurité» et qui ont applaudi le partenariat noué avec le secteur privé.  

    En somme, l’OTAN est un instrument de l’impérialisme, qui ne se manifeste pas uniquement par les interventions militaires ou la domination territoriale, mais également par la constitution d’institutions économiques qui organisent le financement, la production et la sécurisation d’un ordre international fondé sur la compétition entre grandes puissances. 

    4. Les États-Unis et le retour d’un ancien «spectre» ?

    On ne peut passer sous silence le rôle des États-Unis, qui exigent depuis longtemps que les pays Européens assument une plus grande part de leur défense, dans l’augmentation fulgurante des défenses militaires. Cette pression s’est cependant exacerbée en mai dernier alors que la Maison Blanche a décidé de réduire les effectifs militaires mis à la disposition des états membres. Le réarmement massif de l’Europe n’a cependant pas empêché Trump d’exprimer, lors du sommet, son mécontentement envers l’OTAN, en rapprochant ses membres de ne pas avoir soutenu ses interventions au Groenland et en Iran. Ces tensions entre Trump et les membres de l’Alliance, qui cherchent à renforcer leur autonomie militaire et qui refusent de suivre toutes les initiatives impérialistes belliqueuses des États-Unis, annoncent-elles une remise en cause de l’hégémonie américaine en Europe ? On assiste certainement à l’apparition d’une première brèche dans celle-ci.  

    Lors de son discours à Ankara, Trump a mentionné l’existence d’un danger qui représente la plus grande menace à la domination américaine. Il s’agit bien évidemment du communisme qui, selon le président américain, gagne en popularité dans son propre pays. Or, c’est pour discréditer ses opposants politiques, les membres du DSA, que Trump mobilise ici une ancienne peur historique, la «red scare». Cela fait d’ailleurs écho à un précédent discours, tenu lors des célébrations de l’Independence Day, où il compare le communisme à un cancer qui doit être éradiqué. Dans ce contexte, on comprend bien que le terme «communisme» représente surtout une accusation rhétorique et une tentative démagogique.  

    Il n’empêche que le communisme, le véritable communisme international, celui qui est fondé sur la propriété collective des moyens de production et qui correspond à la célèbre injonction «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !», représente une réelle menace à l’impérialisme américain et occidental.  

    La seule alternative viable à l’«OTAN 3.0» est un mouvement indépendant des travailleurs et de la jeunesse, fondé sur l’opposition au réarmement, à l’augmentation des dépenses militaires et à l’alignement de leur propre pays sur les interventions des grandes puissances. D’ici là, il est impératif d’organiser la résistance contre la politique belliciste des puissances de l’OTAN  et de dénoncer les conséquences sociales de la militarisation. Au Canada, cela implique de rejeter les programmes d’acquisition de nouveaux armements et de s’opposer à l’expansion de l’infrastructure militaire canadienne et aux exportations d’armes. Il faut également promouvoir la conversion des industries d’armement en industries civiles, sous le contrôle démocratique des travailleurs et des travailleuses, afin de mettre les capacités productives au service des besoins sociaux plutôt que de la logique de guerre. Il faut rompre avec la logique qui soumet la production aux intérêts de l’industrie privée et de la grande bourgeoisie.  

    L’OTAN prétend garantir la paix en préparant sans cesse la guerre. Tant que le prolétariat ne contrôlera ni les décisions militaires ni les moyens de production qui alimentent les conflits, cette logique, qui soumise aux intérêts des grands capitalistes, se perpétuera. À la concurrence entre puissances et à la militarisation du monde, nous devons opposer le communisme et l’internationalisme, c’est-à-dire la coopération internationale des travailleurs et des travailleuses, la conversion de l’industrie d’armement et l’abolition des rapports de domination capitalistes. Il ne s’agit donc pas de réformer l’ordre existant, mais de le dépasser. Face à la guerre, à l’impérialisme et à la militarisation, nous devons aller jusqu’au bout de notre combat : abolissons le capitalisme et instaurons le communisme ! 

  • L’internationale réactionnaire et la montée globale du fascisme : de la politique du « moindre mal » à la lutte de classe

    L’internationale réactionnaire et la montée globale du fascisme : de la politique du « moindre mal » à la lutte de classe

    Dans cet article, on analyse les liens entre les élites globales, la classe politique dominante et la bourgeoisie qui mènent  à l’émergence du fascisme à l’échelle globale. Luttons contre eux !

    Les temps sont durs pour l’antifascisme. Le président de la plus grande puissance impérialiste mondiale avait déjà déclaré en octobre 2025, dans une conférence à la Maison Blanche, « Antifa » comme une organisation terroriste, en l’assimilant aux autres organisations supposément terroristes comme l’État Islamique, le Hamas et le Hezbollah. Plus récemment, avec la proposition du Secrétaire d’état des États-Unis Marco Rubio d’organiser une conférence globale sur le « terrorisme d’extrême gauche », on voit ce plan de criminalisation du mouvement antifasciste se développer avec plus d’élan et à plus large échelle. En réalité, l’antifascisme est un mouvement auquel plusieurs organisations indépendantes s’identifient et non pas une seule et même organisation structurée et centralisée comme Trump voudrait nous le faire croire.

    Ces nouvelles attaques contre mouvement d’extrême gauche s’inscrivent dans la montée des formes modernes de fascisme partout sur la planète. Milei en Argentine, Rassemblement National en France, AfD en Allemagne, Fratelli d’Italia ou Futuro Nazionale en Italie et Trump aux États-Unis tels sont les figures et les partis qui, alliés aux techno-oligarques comme Musk et Thiel, forment un bloc réactionnaire mondial du capitalisme post-moderne :  une « internationale réactionnaire ». Il faut préciser que ce bloc ne présente pas les mêmes structures formelles que les internationales communistes avec un un programme unique ou une structure centralisée. En même temps, le manifeste publié en avril par Peter Thiel et Alex Karp à travers de la compte X de Palanthir Technologies montre comment des secteurs de la bourgeoisie tentent de formaliser leur programme pour une société autoritaire techno-capitaliste.

    Les effets de cette montée globale du fascisme sont également visibles au Québec, une province historiquement « de gauche » et « progressiste ». Même si les phénomènes d’extrême droite sont moins prononcés ici qu’ailleurs, et même si l’activité des groupuscules d’extrême droite est en recul, on observe que les discours de plusieurs partis politiques québécois ont viré vers des positions de plus en plus réactionnaires. Les partis libéraux (comme la CAQ et le PQ) intègrent dans leur narration des idées et des discours de plus en plus conservateurs et identitaires pendant que le Parti conservateur se déplace encore plus à droite avec des positions xénophobes et un nationalisme ethnique-identitaire bigot. L’extrême droite a réussi à occuper de plus en plus l’espace médiatique non seulement sur les médias traditionnels, voire Radio X ou Quebecor, mais surtout sur les réseaux sociaux. On le voit avec les influenceurs suprémacistes (souvent liés à la manosphere) comme Alexandre Cormier-Denis, mais aussi avec la sloppropaganda, une nouvelle tendance des organisations de réactionnaires qui utilisent l’IA pour créer et diffuser en masse de la propagande numérique de basse qualité sur les réseaux sociaux.

    Les succès locaux et internationaux de l’extrême droite (qui se diffuse massivement à l’aide des plateformes numériques et des nouvelles technologies) sont le produit d’une lutte antifasciste superficielle, qui se déroule exclusivement sur le terrain électoral avec pour seul argument celui de la politique du « moindre mal ». Évidemment, cette stratégie est condamnée à l’échec, car l’extrême droite continue de récolter la colère des classes moyennes et prolétarisées, mécontentes de la gestion « libéral-progressiste » des crises cycliques du capitalisme. En même temps, ces mêmes partis « libéraux-progressistes » ont été obligés de réorienter leurs programmes à droite pour tenter de regagner les électeurs perdus. Ces mêmes partis justifient ensuite les crises et leur retournement de position par un discours qui criminalise les opprimés, tout en cherchant à créer des divisions au sein du prolétariat pour mieux écraser la solidarité entre les différents secteurs de la société.

    Pour éviter que le fascisme ne remonte au sein de la société et en politique on doit balayer les récits xénophobes utilisés pour créer des ennemis imaginaires et dévoiler les connexions étroites entre les élites impérialistes, l’extrême droite et la bourgeoisie. Il faut déplacer la lutte dans la rue, avec une position d’indépendance de classe et une stratégie concrète de rupture avec le sensationnalisme des actions pour faire place à l’auto-organisation du mouvement avec des assemblées citoyennes. Il suffit de regarder autour de nous à quelque échelle que ce soit (local, national, international) pour constater que nous avons le pouvoir de faire face à cette vague réactionnaire. Nous devons faire de la lutte de classe notre arme principale avec une perspective internationaliste.

    PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !

  • ArcelorMittal : Grève illimitée à l’usine de Contrecoeur

    ArcelorMittal : Grève illimitée à l’usine de Contrecoeur

    Le 1er août dernier, les 300 métallos de l’usine ArcelorMittal de Contrecœur Ouest ont déclenché une grève illimitée, une action exemplaire de syndicalisme combatif.

    Depuis le samedi 1er août les 300 métallurgistes de l’usine ouest d’ArcelorMittal à Contrecœur sont en grève illimitée. La dernière convention collective signée en 2020, pour une durée de six ans, tombait à échéance au mois d’août. Les travailleurs du local 6951 du syndicat des métallos ont rejeté une première offre à 90%. La grève illimitée a ensuite été votée à 97,2%, un résultat impressionnant qui témoigne de la combativité du syndicat, car nous n’arracherons rien aux capitalistes sans les combattre.

    Les revendications de la grève tourne principalement autour des salaires. Entre 2020 et 2026 les prix ont drastiquement augmenté, et le Canada a connu une inflation de 23%1. Les travailleurs exigent donc un rattrapage vis à vis de l’inflation, mais également vis-à-vis des travailleurs des autres usines d’ArcelorMittal au Québec. Les travailleurs nous ont dit vouloir une hausse de 5$ de l’heure, voire 6$ ou 7$, selon ce que la lutte permettra de gagner. Sur un salaire moyen de 38,75 $ cela représente une hausse de 13% (dans le cas d’une hausse de 5$) ce qui reste inférieur aux 23% d’inflation. Les revendications des ouvriers de Contrecœur-Ouest sont d’autant plus juste que les ouvriers des autres usines Mittal, qui eux ont négocié après l’inflation post-pandémie gagnent d’avantage, alors qu’ils travaillent pourtant pour la même compagnie.

    Les travailleurs considèrent les salaires de l’usine comme beaucoup trop bas. Surtout lorsqu’on considère les conditions de travail. Les journées de travail sont de 12h par jour, et les ouvriers nous ont expliqué qu’il n’est pas rare de devoir faire du temps supplémentaire et de travailler 18h par jour ! Sans compter le fait que les heures de travail sont souvent effectués la nuit. À cela s’ajoute l’exposition à des substances nocives et la présence permanente de poussière dans l’air. Des conditions qui méritent d’être amélioré, d’autant que les salaires sont trop bas comparés aux usines avoisinantes (comme Grantech ou Béton Bourgeois) qui ne travaillent pas dans des conditions aussi dures.

    ArcelorMittal : un empire capitaliste

    ArcelorMittal est littéralement un empire capitaliste. Présent dans plus de 60 pays, il est le deuxième producteur d’acier au monde avec près de 80 millions de tonnes par an. Rien qu’au Québec Mittal possède la Mine de fer de Fermont, le port de Port Cartier et l’usine de boulettage dans la même ville, une usine à Montréal (Saint-Patrick), un autre à Longueuil et enfin les usines de Contrecœur Est et Contrecœur Ouest. La multinationale est également extrêmement profitable. Rien qu’en 2025 la compagnie a enregistrée des revenus de 85,4 milliards de dollars canadiens, sur lesquels elle a empoché 4,4 milliards de profits2 (ce qui représente à peu près 50 000 fois le salaire annuel d’un travailleur chez Mittal). Tout ces profits ne sortent pas de nul part, ils sont le fruit du travail non-payé qui est volé chaque jour et chaque heure aux travailleurs. En réclamant des hausses de salaires, les ouvriers ne font que réclamer ce qui leur est dû, ce qu’ils ont produit.

    Ces profits ne sortent pas de nulle part, mais ils n’aterrissent pas nulle part non plus. À la tête de l’empire ArcelorMittal se trouve la dynastie Mittal, et à la tête de cette dynastie se trouve le patriarche de la famille Mittal, Lakshmi Mittal, riche d’une fortune de 34 milliards de dollars, ce qui en fait rien de moins que le 70e homme le plus riche du monde (et le 5e plus riche de l’Inde). Autrement dit chaque dollar économisé par ArcelorMittal sur le salaire des métallos termine dans les poches de bourgeois comme L. Mittal, sa dynastie, ainsi qu’une poignée de riches actionnaires, qui profitent sans jamais rien produire de leurs dix doigts. Chaque dollar arraché c’est donc une victoire de la classe ouvrière sur la classe capitaliste.

    Exproprier Mittal : la solution communiste

    Chaque dollar conquit à l’occasion d’une grève et au fil de la lutte est évidement un dollar récupéré, mais comment faire pour récupérer non plus quelque dollars, mais tout l’argent (les milliards et les milliards) qui part directement du travail des ouvriers pour aboutir dans la poche des actionnaires. La solution consisterait simplement à supprimer la classe sociale des actionnaires : la bourgeoisie. C’est tout le projet de la révolution communiste : abolir la propriété privée et redistribuer les moyens de production (usines, machines, matériaux) directement aux mains de ceux qui travaillent. Cela peut paraître une utopie, pourtant ça ne l’est pas. C’est ce que les bolcheviks ont fait après la révolution russe3. Ce fut également le cas dans les usines Tembec (à Temiscamingue) ou Tricofil (à Saint-Jérôme) au Québec, dans les années 70. C’est également ce que met en place le Courant Révolution Permanente – Quatrième Internationale (CRP-QI), dont la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) est sympathisante, notamment en Argentine où certaines usines fonctionne sous contrôle des ouvriers depuis plus de 20 ans ! Loin d’être une utopie, le contrôle ouvrier est la seule solution possible pour gagner définitivement la lutte des classes et mettre fin à l’exploitation capitaliste. Cette solution, c’est la solution communiste. Celle pour laquelle nous sommes prêts à nous battre jusqu’au bout.

    Mais pour en arriver à « exproprier les expropriateurs » comme disait Marx, il faudra commencer par construire des sections syndicales combattives qui n’ont pas peur d’affronter les patrons et de mener des grèves sur la très longue durée. Les métallurgistes d’ArcelorMittal Contrecœur donnent justement un bon exemple de ce que que peut être un tel syndicalisme de combat, avec l’exemple de la grève illimitée de 2026, mais également par leur histoire qui est riche de luttes héroïques comme la grève de 2002, qui a durée 21 semaines (6 mois), un exemple de persévérance dans la lutte qui peut servir à tout les ouvriers du Québec !

    À bas Mittal ! Solidarité avec les métallos ! Et vive le communisme !

    1. Calculé grâce à l’outil de calcul de la banque du Canada : https://www.banqueducanada.ca/taux/renseignements-complementaires/feuille-de-calcul-de-linflation/ ↩︎
    2. https://www.forbes.com/profile/lakshmi-mittal/ ↩︎
    3. https://www.marxists.org/francais/urss/works/1917/11/controleouvrier.htm ↩︎
  • Crise du logement : Carney protège les promoteurs avant la population

    Crise du logement : Carney protège les promoteurs avant la population

    Cet article dénonce le parachute doré donné par Mark Carney aux promoteurs immobiliers.

    Le 25 juin dernier, Carney annonçait l’achat en masse de condos invendus en Colombie-Britannique. Cette mesure présentée comme une mesure sociale pour créer du logement « social » est en réalité un plan de sauvetage des promoteurs et spéculateurs, alors que les travailleurs et les travailleuses peinent de plus en plus à se loger dignement.

    Sauvons les capitalistes !

    Depuis 2022, les unités de condos à Vancouver et à Toronto voient leur prix de vente baisser et les ventes ont commencé à diminuer également. Devant ce retournement du marché, le gouvernement fédéral intervient pour protéger le capital : l’État doit s’assurer que les promoteurs restent profitables. Non seulement l’État intervient dans le marché, mais il le fait POUR le marché. Il s’agit du même marché qui ne fonctionne pas pour loger tout le monde ! L’État qui donne un parachute doré aux promoteurs et qui laisse de côté le reste de la population n’est pas une anomalie ou un hasard; c’est comme ça que le capitalisme fonctionne. L’État viendra toujours sauver les capitalistes en temps de crise… avec votre argent s’il le faut. 

    Le capitalisme ne peut pas loger

    Les promoteurs ne construisent pas pour la population; ils produisent des marchandises destinées à faire du profit. Répondre aux besoins sociaux ne fera jamais partie des objectifs des capitalistes. Bien que certains commentateurs ou officiels gouvernementaux tentent de nous faire croire que les promoteurs font partie de la solution, les profits et la spéculation restent leurs objectifs. De son côté, l’État ne cherche qu’à préserver les profits et stabiliser le marché pour les capitalistes. Sous le capitalisme, au meilleur de son fonctionnement,  on se retrouve avec des logements vides et une population mal logée, voire à la rue. 

    La fin du logement comme une marchandise

    Tant que le profit fera partie de l’équation et que les logements seront produits pour le marché, nous ne pourrons pas répondre à la crise du logement et loger adéquatement tout le monde. À court terme, nous devons faire pression activement pour que des logements soient construits hors du marché – si nous utilisons des fonds publics, ce sera pour répondre à des besoins vitaux. À long terme, nous devons socialiser les logements, planifier démocratiquement les villes de demain et mettre fin à la spéculation immobilière. Seul un renversement du capitalisme peut nous sauver définitivement des loyers exorbitants, des évictions et de la rue.

    Réglons la crise du logement une bonne fois pour toute ! Socialisons les logements !

  • Festival : La Palestine au Parc

    Festival : La Palestine au Parc

    Résumé du Festival « La Palestine dans le Parc » qui a tenu sa 3e édition en fin de semaine (25 et 26 juillet)

    Les 25 et 26 juillet, au Parc Angrignon, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont assisté au festival La Palestine au Parc, un événement organisé par une vaste coalition d’organisation de solidarité avec la Palestine. L’événement était une célébration de l’identité et de la culture Palestinienne ainsi qu’un endroit pour permettre aux participants de rencontrer des organisations impliquées dans la lutte de solidarité avec la Palestine. De nombreux concerts et performance se sont en lien avec la musique et la culture palestinienne se sont tenus au cours du festival, comme le concert du « Palestinian Youth Ensemble » qui a joué le premier soir. Artistes et organisateur avaient des kiosques afin d’y vendre leur création ainsi que pour promouvoir les causes en lien avec la Palestine, les ventes servant à récolter des fonds pour aider la Palestine. L’événement offrait également la possibilité d’en apprendre davantage sur la lutte du peuple palestinien, à travers les kiosques de littérature, ainsi qu’à travers une exposition sur l’histoire des prisonniers politiques.

    Le festival qui en était à sa troisième édition a réuni des milliers de participants en une fin de semaine (plus de 5000 d’après ce que nous ont rapporté les organisateurs). Cette participation massive démontre un enthousiasme et un support continu pour la cause Palestinienne. Nous remercions les organisateurs et les bénévoles pour leur dévouement et leur énergie qui a rendu un tel événement possible.

    Poursuivons la lutte internationale pour une Palestine libre et émancipée !