Catégorie : Actualité

Cette section contient tout nos articles concernant l’actualité politique.

  • Coupe du monde de soccer : un spectacle capitaliste

    Comment le sport est-il devenu une manifestation du capitalisme et de l’idéologie bourgeoise.

    Nous sommes à la veille de la finale de la Coupe du monde de soccer, un événement qui promet de regrouper plus d’un milliard et demi de téléspectateurs. Le sport étant un phénomène de masse de nos sociétés capitalistes, il est intéressant, et même nécessaire, de l’étudier d’un point de vue marxiste.

    Les origines capitalistes du sport

    Premier point important: le sport n’a pas toujours existé. Le sport tel qu’on le connait apparait au XIXe siècle en Angleterre, en même temps que le capitalisme. Bien sûr, il existait de nombreuses formes d’activités physiques avant l’apparition du sport et du capitalisme. Or, ce qui caractérise le sport capitaliste, ce n’est pas l’activité physique, mais la compétition: le sport, c’est la récupération capitaliste des formes de jeux qui existaient avant le capitalisme (jeux grecs, loisirs, etc.) et qui, eux, se caractérisaient par l’activité physique et les règlements, mais pas par la compétition. Alors que le but du jeu était alors le loisir, le capitalisme va faire de la performance le but du sport capitaliste. C’est ainsi, par exemple, que l’équitation sera transformée en course de chevaux.

    Initialement réservée à la seule bourgeoisie, la situation du sport change à mesure que les conquêtes ouvrières de la fin du XIXe siècle et du début du XXe permirent aux ouvriers de réduire le temps de travail et de gagner davantage de temps libre. La question du temps libre devient alors un enjeu central pour le capitalisme, qui doit empêcher la classe ouvrière d’utiliser ce temps nouvellement acquis pour s’organiser politiquement et pour lutter contre le capitalisme. C’est alors la naissance des loisirs capitalistes destinés à occuper les ouvriers pendant leur temps libre, le sport devient ainsi un moyen de contrôle social par excellence. Les loisirs capitalistes, en tant que marchandises (comme loisirs payants), auront également pour fonction de récupérer le surplus d’argent dont bénéficient les ouvriers grâce aux luttes syndicales. C’est ainsi que les capitalistes créèrent de nombreux clubs sportifs associés à leurs usines ou leurs entreprises et qu’il subventionnèrent les billets auprès de leurs ouvriers et de leurs familles afin de créer un spectacle capitaliste.

    Le sport comme conditionnement

    Le contrôle social n’est pas la seule chose que le capitalisme obtient grâce au sport. Le sport est également un merveilleux outil capitaliste de conditionnement, à savoir, un instrument de conditionnement au travail. En développant la force physique, la vitesse et l’endurance, le sport permet d’utiliser le temps libre des ouvriers pour démultiplier la force de travail qu’ils consacreront par la suite à leur patron (leur permettant de travailler plus longtemps, plus rapidement et plus fort). L’entraînement sportif, avec ses répétitions de mouvements et sa progression toujours plus intense, imite à la fois la répétition et l’intensification du travail. Le sport est donc une parfaite préparation au travail.

    Mais le sport ne sert pas exclusivement de méthode de conditionnement au travail, il s’agit également d’une méthode de conditionnement militaire. En effet, dès le XIXe siècle, les idéologues du sport, comme le baron Pierre de Coubertin (le fondateur des jeux olympique modernes), sont explicites sur le fait que le sport servira de préparation militaire pour les guerres à venir. Le sport prépare physiquement les corps pour l’effort guerre en développant les attitudes physiques (endurance, dextérité, etc.) nécessaires à la formation de bons soldats (les exercices sportifs/physiques sont d’ailleurs à la base des exercices militaires). L’entrainement sportif discipline d’ailleurs les athlètes comme l’armée discipline les soldats. Enfin, les compétitions sportives internationales (type jeux olympiques) préparent déjà l’affrontement entre les nations. Le sport agit donc comme un double conditionnement: conditionnement à l’exploitation capitaliste et aux guerres impérialistes.

    Le sport comme marchandise

    Il va sans dire que le sport agit également comme une branche majeure de l’économie capitaliste. Construction de stade, équipements sportifs, services sportifs et bien évidement les équipes de sport professionnelles avec les matchs et leurs droits de diffusions, tous ces éléments sont constitutifs d’une économie du sport évaluée à 2 300 milliards de dollars. Autant dire que l’économie sportive n’est pas une mince affaire. Alors que le jeu constituait une forme de loisir libre et désaliénante, le sport en tant que loisir capitaliste réintègre le temps des loisirs dans la sphère de l’économie capitaliste et plus particulièrement dans la sphère de la consommation.

    Or qui dit marchandise dit non seulement travailleurs prolétarisés afin de produire ces marchandises, mais également exploitation capitaliste afin de générer un profit. On connaît bien les pratiques des géants du sport tels que Nike ou Adidas, avec des délocalisations en Asie du Sud-Est, l’exploitation du travail des enfants, des salaires de misère et des heures de travail qui n’en finissent plus. Autre exemple: celui des travailleurs immigrés employés pour la construction des stades lors de la précédente coupe du monde de soccer au Quatar en 2022. Autrement dit, le sport est une source de profit capitaliste, mais ce profit ne se génère pas seul, il implique l’exploitation de la classe ouvrière par la bourgeoisie. La lutte des classes se retrouve dans le sport comme partout ailleurs.

    Idéologie sportive et idéologie bourgeoise

    Enfin, le sport permet de diffuser et de propager l’idéologie bourgeoise au sein des masses. L’idéologie bourgeoise repose en effet sur cette idée de compétition que l’on retrouve au sein du sport. Au sein de la société bourgeoise, c’est la concurrence et la compétition entre les diverses entreprises qui est valorisée sous prétexte que celle-ci stimulerait l’innovation. Dans le sport, c’est la concurrence entre les athlètes et les équipes. Dans un cas comme dans l’autre, on présuppose que c’est la compétition qui fait ressortir le meilleur, et ce, bien que la concurrence capitaliste favorise les entreprises les plus exploiteuses et se solde par l’apparition de monopoles (soit l’inverse de la compétition). Au contraire, le socialisme mise sur la coopération par opposition à la compétition. Pour le communisme, c’est l’entraide et la solidarité qui permettent de construire une société meilleure. Par le sport, la bourgeoisie peut ainsi promouvoir son idéologie de la compétition au détriment des valeurs de coopération du socialisme.

    Mais le sport n’est pas uniquement vecteur de l’idéologie de la compétition, il est également l’un des principaux vecteurs de l’idéologie nationaliste. Les compétitions sportives produisent l’identification à l’équipe nationale et, par extension, l’identification à la nation. Or, la nation, c’est toujours la nation capitaliste dirigée par et pour la bourgeoisie, et qui envoie souvent ses propres citoyens (en grande majorité des prolétaires) mourir dans des guerres absurdes pour les intérêts de la minorité capitaliste de la nation. « Les prolétaires n’ont pas de patrie » comme le disaient si bien Marx et Engels dans le Manifeste du Parti communiste. Or, le sport supprime artificiellement les différences de classes pour faire communier toutes les classes sociales ensemble dans un moment d’euphorie nationaliste et de haine des adversaires étrangers. Poussée à l’extrême, cette idéologie nationaliste conduit au fascisme et c’est pourquoi tous les régimes totalitaires ont investi le sport de masse. Au contraire de l’idéologie nationaliste promue par le sport et la bourgeoisie, le communisme promeut l’internationalisme : « prolétaires de tous les pays unissez vous » telle est la devise du socialisme international.

    Conclusion : pour des loisirs libérés du capitalisme

    La conclusion qui s’impose est la suivante : sous le capitalisme, les loisirs sont aliénés et aliénants. Ils sont un outil de contrôle social au service des classes dominantes, un outil de mise en condition de la classe ouvrière, une source de profit et d’exploitation capitaliste, ainsi qu’un vecteur de l’idéologie dominante. La coupe du monde de soccer ne fait pas exception. Que faire ? Comme toujours : lutter pour renverser le capitalisme qui est la cause de cette corruption des loisirs. Sortir de cette logique de profit, de concurrence, de performance et d’exploitation en créant une société communiste dont le but est l’épanouissement de chacun. Dans une société communiste, les loisirs ne seraient plus une forme d’aliénation consumériste au service de la bourgeoise, mais auraient pour but le bonheur de l’humanité. Le communisme nous permettrait non seulement de libérer notre temps libre de la servitude capitaliste, mais également de se libérer de l’exploitation capitaliste pour se consacrer pleinement et complètement à nos loisirs.

    Conclusion :

    Vive le communisme ! À bas le capitalisme !

  • 250 ans des USA : Manifestation contre l’impérialisme américain

    Résumé de la manifestation anti-impérialiste qui s’est tenue le 4 juillet 2026 à Montréal pour dénoncer l’impérialisme américain et le trumpisme.

    Samedi 4 juillet 2026 à Montréal, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont pris part à la manifestation contre les États-Unis, à proximité du consulat américain sur la rue Sainte-Catherine. Bien que réunissant peu de manifestants, la manifestation a quand même réussi à prendre la rue et à bloquer les artères automobiles du boulevard René Lévesque et de la rue Sainte-Catherine. Les manifestants ont reçu le soutien des passants, qui entonnaient des slogans avec eux, le tout dans une ambiance très festive.

    L’impérialisme américain plus féroce que jamais

    Cette manifestation prenait place le jour même de la fête nationale américaine, pour s’opposer aux commémorations chauvines et nationalistes qui étaient organisées par les trumpistes au même moment de l’autre côté de la frontière. Au défilé militaire trumpiste répondait cette manifestation populaire pour rappeler la nature belliciste et impérialiste des États-Unis, qui se sont construits sur des guerres, ainsi que sur le génocide des peuples autochtones.

    Il est important de s’opposer à l’impérialisme américain, surtout en cette année 2026 qui aura été marquée par les interventions militaires américaines contre le Vénézuéla et contre l’Iran, et alors que la menace d’une nouvelle intervention militaire américaine plane encore sur Cuba.

    Face à l’impérialisme américain, nous ne nous laisserons pas faire ! La résistance s’organise ici comme partout à travers le monde, y compris aux États-Unis eux-mêmes, dans les rangs de la classe ouvrière.

    L’impérialisme américain sera vaincu ! Ensembles, enrayons la machine de guerre américaine !

  • Attentat masculiniste : l’auteur d’un manifeste incel commet une fusillade à Montréal

    Lundi matin, dans le quartier Côte-des-Neiges de Montréal, un homme de 25 ans a tué un habitant et un policier dans une fusillade. Le tireur, qui a été abattu, laisse derrière lui un manifeste masculiniste. Voici l’article publié par nos camarades de Révolution Permanente sur le sujet.

    Lundi 22 juin, en fin de matinée, un homme a ouvert le feu depuis la fenêtre d’un hôtel du quartier Côte-des-Neiges à Montréal, tuant un habitant et un policier, avant d’être abattu par la police. L’homme de 25 ans, un étudiant originaire de l’Ouest canadien, a laissé derrière lui un manifeste d’une centaine de pages, misogyne et violent, inspiré de l’idéologie « incel ». « Incel » est la contraction des mots « involontaire » et « célibataire » et désigne un mouvement hétérogène constitué d’hommes anti-féministes, qui accusent les femmes d’être responsables de leur célibat – une idéologie notamment diffusée par des influenceurs masculinistes.

    Un manifeste incel

    Si les motivations du tireur n’ont pas été officiellement confirmées par l’enquête de police en cours et que des commentateurs estiment dans les médias canadiens qu’il n’est pas certain que l’auteur de la fusillade se revendique de la mouvance « incel », le manifeste qu’il a diffusé est très explicite.

    Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités féministes, comme l’autrice Martine Delvaux, ont ainsi dénoncé un « refus de nommer la misogynie » et l’omniprésence dans les médias de la rhétorique du « loup solitaire », qui occulte la montée du masculinisme en faisant passer des attentats inséparables d’une oppression patriarcale systémique pour des actes individuels aux allures de « tragédie imprévisible », selon la formule de l’activiste Celeste Trianon, qui a co-organisé une manifestation ce dimanche contre l’idéologie incel à Montréal suite à l’attentat. 

    Au Canada, le mouvement féministe est profondément marqué par la tuerie masculiniste de l’École Polytechnique de Montréal en 1989 lorsque treize étudiantes et une secrétaire avaient été assassinées par le masculiniste Marc Lépine – un meurtrier aujourd’hui revendiqué dans les milieux incel – mais aussi par l’attaque à la voiture bélier qui avait tué dix piétons à Toronto en 2018, perpétrée par un homme qui se revendiquait de l’anti-féminisme.

    Le manifeste laissé par le tireur est ainsi caractéristique de l’idéologie incel, mêlé à l’utilisation confuse et réactionnaire des concepts marxistes. L’homme s’en prend aux femmes, mais aussi à l’industrie pornographique, qu’il considère comme responsable de son état et qu’il aurait peut-être ciblé : le journal québécois La Pressesouligne que l’immeuble depuis lequel il a tiré se situe en face des bureaux de la société propriétaire du site Pornhub.

    Le média explique que la « dénonciation de la pornographie occupe une place centrale dans le réquisitoire de l’assaillant », parmi d’autres cibles, comme « les chirurgiens plastiques, les banquiers, les promoteurs immobiliers, les politiciens libéraux ou conservateurs et ce qu’il appelle les “mâles alpha”. » Interrogée par Urbania, la chercheuse Océane Corbin qui étudie les forums incels, observe que le manifeste comporte également une dimension de mode d’emploi, soit une « marche à suivre pour se procurer des armes, commettre une tuerie. »

    Quelles revendications face à la violence masculiniste ?

    Face à l’émotion très vive des Montréalais-ses, la mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada (Ensemble Montréal, centre droit), a promis un meilleur contrôle des armes à feu, mais aussi des réseaux sociaux – pointant le fait que la vidéo de la fusillade ait largement circulé en ligne. Ces mesures sécuritaires ne répondent en rien aux racines des violences patriarcales et occultent le rôle de l’État dans leur multiplication ainsi que dans le développement des idéologies masculinistes. Pourtant, c’est bien l’État qui construit et renforce les normes de genre à travers ses institutions, notamment l’école, où sont éduqués et socialisés les futurs adultes, et d’autant plus dans une période de crises et de militarisation.

    De nombreuses voix féministes réclament d’autres mesures. Dans une tribunepubliée par Le Devoir largement relayée, Martine Delvaux souligne : « On a laissé miroiter une augmentation des mécanismes de surveillance de la population, question d’accroître le sentiment de sécurité. Mais ce qui nous aiderait […] ce serait que dès le plus jeune âge, les enfants soient éduqués au sexisme et à l’homophobie, que le consentement soit véritablement un objet d’attention et de discussion dans les écoles”, ou encore “que les mères célibataires ne soient pas les plus précaires dans cette société ».

    Comme le suggère en outre l’autrice Marie-Elaine Guay, il importe de comprendre les causes structurelles qui favorisent l’essor du masculinisme et de rompre avec l’idée que les attentats comme celui de Montréal sont le fait de monstres désocialisés, des actes individuels que l’on pourrait abstraire de l’ensemble des rapports sociaux genrés. Elle rappelle par ailleurs sur son compte Instagram que la police n’est aucunement un allié dans la lutte contre l’oppression de genre : à Ottawa, plusieurs policiers ont été mis en cause la semaine dernière pour avoir traqué des femmes via les bases de données de leur institution, mais également « contacté des victimes dans le but de développer des relations intimes » comme le rapporte Radio-Canada

    Contre les mesures sécuritaires, qui permettent de renforcer les instruments de répression à disposition de l’État et finissent par être mobilisés contre toute forme de contestation sociale au nom de la lutte contre les féminicides, il importe de revendiquer des mesures qui permettent réellement de s’attaquer aux racines de l’oppression de genre : des papiers et un logement pour tous-tes afin que nulle ne dépende matériellement d’un conjoint violent, des cours d’éducation à la vie affective et sexuelle de qualité, mais aussi des commissions indépendantes et formées capables de prendre en charge les violences sexistes et sexuelles dans les écoles et lieux de travail. Mais, plus généralement, l’explosion des idées et des violences masculinistes est indissociable de la crise du capitalisme, un système qu’il faut combattre si l’on veut en finir avec le patriarcat. 

    Stream de la Critique consacrait un épisode en novembre dernier à l’essor des violences masculinistes, afin de les comprendre et de s’organiser pour les combattre, avec la militante de Du Pain et Des Roses, Alberta Nur.

  • Crise du logement : manifestation pour le droit au logement

    En ce 1er juillet 2026, des centaines de manifestants se sont réunis pour protester contre la crise du logement actuelle.

    Ce 1er juillet 2026 à Montréal, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont participé à la manifestation contre le prix élevé du loyer. La manifestation était organisée par la Coalition contre le logement cher (la COLOC) et a réuni plusieurs centaines de manifestants.

    Les manifestants réclamaient : 1) un véritable contrôle sur les loyers, autrement dit, un gel des loyers et une limitation des prix. 2) la création de plusieurs logements sociaux: les logements « abordables » n’étaient pas considérés comme une solution satisfaisante, il faut donc des logements qui soit réellement hors-marchés. 3) l’application du droit au logement tel qu’il est sensé être garanti par la charte des droits et libertés.

    La manifestation partait du métro l’Assomption pour dénoncer le projet PPU-Assomption-Nord, un méga-projet de développement de condos comprenant déjà environ 7000 unités de construites sur 12 000 de prévues, parmi lesquelles seulement 300 unités consacrées au logement social (dont aucune n’est encore construite). Ce projet est emblématique de l’embourgeoisement des quartiers populaires de l’est de Montréal. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers le Tribunal Administratif du Logement (TAL), qui a été dénoncé comme un complice des propriétaires et comme un responsable de la crise du logement. Un déménagement sauvage a été organisé devant les bureaux du TAL, où ceux qui n’ont pas trouvé de logement cet été sont venus déposer leurs meubles pour déménager devant le TAL.

    La manifestation s’est terminée avec une fête au Parc Maisoneuve avec nourriture et spectacles pour tous les manifestants.

    La crise du logement, c’est la faute du capitalisme

    La racine de la crise du logement, c’est le capitalisme. Transformé en simple marchandise, le logement n’est plus un besoin matériel à combler, mais une source intarissable de profits. La spéculation immobilière est le principal symptôme de cette crise. Les capitalistes construisent non pas pour répondre aux besoins de se loger, mais uniquement pour produire de la valeur. Peu importe que les logements soient occupés, ce qui compte c’est qu’ils constituent une valeur refuge pour les investissements capitalistes, et, surtout, que les prix augmentent. On peut ainsi s’enrichir en investissant dans l’immobilier sans créer de logement abordable, mais simplement en spéculant sur le cours de la valeur immobilière. Autrement dit, en achetant à bas prix et en revendant beaucoup plus cher. On peut même éponger les pertes de loyer en déductions d’impôts entretemps.

    Les propriétaires ne sont qu’une classe de rentiers parasites, ils se contentent d’encaisser de l’argent sous forme de loyer sans rien produire en retour. C’est pourquoi il faut en finir avec cette classe de vampires en expropriant les propriétaires, du premier jusqu’au dernier.

    Le socialisme est la meilleure solution pour régler la crise du logement. Avec le socialisme, nous pourrons planifier démocratiquement l’économie et ainsi répondre directement aux besoins de la population, et non pas pour générer des profits. Un vaste plan de construction de logement sociaux gratuits et confortables pourrait immédiatement être mis en place sous le socialisme et ainsi régler la crise du logement.

    Le droit au logement passe par le socialisme !

  • Rouyn Noranda en otage : l’État au service de Glencore

    Cet article dénonce les actions polluantes de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda.

    Le 9 juin dernier, Glencore, la société propriétaire de la fonderie Horne à Rouyn-Noranda, publiait une pseudo-étude scientifique dégageant la responsabilité de l’entreprise dans la pollution de l’aire de la ville. Dans son mépris habituel de la santé de la population, l’entreprise tente de nous faire croire que la cause principale de l’arsenic dans l’air proviendrait des fruits de mer. Bien évidement elle ne soulignera pas qu’elle dépasse les normes d’émissions d’arsenic de 1400% ! Non seulement elle jette la faute sur les individus devant l’évidence de la responsabilité de l’entreprise dans la pollution massive de Rouyn- Noranda, mais elle le fait avec la complicité de l’État.

    L’État protège le capital plutôt que la population

    Depuis 2022, la santé publique s’alarme devant les risques élevés de cancer que court la population et en particulier le quartier populaire Notre-Dame, aux abords de la fonderie. La solution ? Pénaliser la population en prévoyant déplacer 200 ménages, en partie aux frais du contribuable, et en laissant l’entreprise polluer jusqu’à un horizon toujours étalé plus loin. En effet, le gouvernement comptait laisser l’entreprise polluer jusqu’à 5 fois la norme jusqu’en 2028… avant de repousser l’Échéance à 2030, puis à 2033. Bref, aucune limite n’est réellement imposée. Encore pire ! De 2024 à 2025 les émissions ont même augmenté. Glencore n’a aucunement l’intention de respecter l’environnement et la santé de la population et le gouvernement caquiste n’a aucunement l’intention de protéger la population de Rouyn-Noranda.

    Les citoyens, notamment ceux du quartier Notre-Dame, ont beau demander des compensations et des sanctions, le gouvernement et le conseil municipal multiplient les décisions en faveur de Glencore. Dans la société capitaliste, l’État n’est pas neutre; il est au service des intérêts du capital et de la classe dominante bourgeoise. Il ne s’agit que d’un énième exemple.

    Fonderie Horne : un exemple de capitalisme extractif et colonial

    La région de l’Abitibi-Témiscamingue a été historiquement structurée autour de l’extraction minière et est un exemple typique du capitalisme colonial canadien. On parle ici de l’appropriation des ressources naturelles sans considérations pour le territoire et les populations, la dépendance économique locale et surtout l’externalisation des coûts sociaux et environnementaux. La multinationale Glencore a maintes fois menacé de fermer et de supprimer des centaines d’emplois des que la population a « osé » réclamer un respect élémentaire de l’environnement et de la santé publique. Il est légitime pour les travailleurs de craindre le chômage dans une région mono-industrielle. Il s’agit d’une autre multinationale qui nous pose le « choix » entre des emplois toxiques ou pas d’emplois.

    La socialisation comme moyen de nous protéger

    Devant le mépris de Glencore envers la population et sa santé, la trahison du gouvernement et le chantage à l’emploi, il n’y a qu’un seule solution : la socialisation de la fonderie Horne ! Seule la nationalisation sous contrôle ouvrier permettra de contrôler réellement la fonderie.

    En contrôlant la fonderie les travailleurs et les travailleuses pourront enfin mettre en place les mesures de protections nécessaires et respecter leur santé, ainsi que celles des classes populaires du quartier Notre-Dame. Seule la socialisation des grandes entreprises polluantes permettra une transition et une planification économique capable de répondre à la crise climatique tout en protégeant les travailleurs et les travailleuses du chômage.

    Conclusion

    La lutte contre la pollution industrielle est une lutte de classe. Le cas de Glencore et de Rouyn-Noranda n’est pas une anomalie : c’est la norme sous le capitalisme. Le capitalisme montre ses limites quant au respect le plus élémentaire de la santé et de l’environnement. L’État est incapable de protéger la population et sert les intérêts du capital et de la classe dominante. La seule réponse rationnelle et réellement démocratique est la socialisation de toutes les industries polluantes, sous contrôle des travailleurs et travailleuses.

    Socialisons la fonderie Horne sous contrôle ouvrier !

  • Manifestation contre l’expansion de General Dynamics à Valleyfield

    Samedi 30 se tenait à Valleyfield une manifestation pour protester contre l’expansion de l’usine de General Dynamics, complice du génocide en Palestine, par l’envoi d’armes et d’obus à l’armée israélienne.

    Le capitalisme a déjà démontré que pour ce qui est de la planification il est seulement capable d’épuiser les forces productives dans l’intérêt de la guerre

    Léon Trotsky

    Samedi 30 mai les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) se sont rendus à la manifestation organisée à l’appel de Genocide Dienamycs pour s’opposer au projet militaire d’expansion de l’usine d’armement de General Dynamics à Valleyfield. La manifestation avait pour but de dénoncer la complicité de l’usine dans le génocide en Palestine, puisqu’elle fabrique les obus de 150mm qui sont employés par l’armée israélienne pour tuer des civils hommes, femmes et enfants. Il s’agissait aussi de dénoncer le caractère extrêmement polluant du projet, puisque l’usine procède à des incinérations à ciel ouvert extrêmement toxiques pour les habitants de Valleyfield.

    Une manifestation dynamique

    La manifestation s’est déroulée en après-midi entre 14h et 16h, à Valleyfield. Elle regroupait des manifestants locaux, ainsi que des manifestants venus de Montréal en solidarité avec les habitants de Valleyfield victimes de la pollution et avec les palestiniens victimes des obus produits par General Dynamics. La manifestation a commencé avec les discours des organisateurs, qui ont mis l’accent sur la complicité sordide du Canada dans le génocide à Gaza, dont l’usine de munitions de Valleyfield est un exemple frappant et indéniable. Les groupes environnementaux locaux ont également pris la parole pour dénoncer la nature polluante du projet, la contamination des sols et les émanations toxiques.

    La manifestation s’est ensuite poursuivie dans les rues des quartiers résidentiels de Valleyfield avant de se rendre à l’usine. Les manifestants ont été bien accueillis par les habitants de Valleyfield, dont certains n’étaient pas encore au courant du projet d’extension ni des projets d’incinération d’explosifs à ciel ouvert. La manifestation aura donc permis de faire connaître l’enjeu aux résidents locaux. Certains d’entre eux ont même fini par se joindre à la manifestation!

    Après avoir marché dans les rues des quartiers de Valleyfield la manifestation s’est arrêtée devant les grilles de l’usine pour protester. Là, plusieurs autres discours ont étés tenus pour dénoncer la militarisation de l’économie, pour dire que ce projet ne pouvait pas être fait en notre nom et pour réclamer la démilitarisation de l’usine et la reconversion de sa production afin de servir les intérêts de la population.

    Cette manifestation n’était qu’une première étape, et la mobilisation se poursuivra afin de bloquer ce projet nocif, toxique, polluant, militariste, impérialiste et génocidaire.

    Ce n’est qu’un début, continuons le combat !