Catégorie : Actualité

Cette section contient tout nos articles concernant l’actualité politique.

  • Rassemblement « Socialisme et indépendance » (24 octobre 2026 à 17 h, prison des Patriotes, Tiohtià:ke / Montréal)

    Rassemblement « Socialisme et indépendance » (24 octobre 2026 à 17 h, prison des Patriotes, Tiohtià:ke / Montréal)

    Dans le cadre de sa Semaine du socialisme et de l’indépendance la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) organise un rassemblement pour le socialisme et l’indépendance. C’est l’occasion de commémorer la lutte révolutionnaire des patriotes et du Front de Libération du Québec pour un Québec indépendant et libéré de l’impérialisme britannique et américain. C’est l’occasion de faire entendre un autre son sur l’indépendance que les discours xénophobes et néolibéraux du Parti Québécois, c’est l’occasion pour les indépendantistes révolutionnaires de faire entendre leur voix !

    Nous vous invitons à venir manifester nombreux et nombreuses contre l’État capitaliste et l’impérialisme canadien. Pour la libération du Québec et de tous les peuples qui sont enfermés par l’État colonialiste canadien, ensemble crions haut et fort « À BAS LE CANADA ! » et « VIVE LE QUÉBEC INDÉPENDANT ET SOCIALISTE ! ».

    Samedi 24 octobre à 17h, à la prison du Pied-du-courant (prison des Patriotes), 905 rue De Lorimier à Tiohtià:ke / Montréal

    Lien vers l’événement Facebook : https://fb.me/e/7pltTrUBC

    SIGNE NOTRE APPEL : https://forms.gle/ERj348anhXhxrLNH9

    > Appel à manifester pour le socialisme et l’indépendance – le samedi 24 octobre 2026 <

    En ce mois d’octobre, 56 ans après la célèbre crise d’Octobre qui a mis de l’avant la question de l’indépendance du Québec, nous appelons à revenir aux racines révolutionnaires du mouvement indépendantiste dans une perspective anti-impérialiste, anticolonialiste, anticapitaliste et socialiste.

    56 ans après, les questions soulevées par la crise d’Octobre sont toujours d’actualité. Le Québec est toujours aussi soumis aux « puissances d’argent ». Les politiciens qui nous gouvernent ne sont rien de moins que les marionnettes de la haute finance impérialiste. Les compagnies privées et les multinationales se gavent toujours autant sur le dos de la classe ouvrière, qu’elles exploitent jusqu’à l’os. Les travailleuses et travailleurs vivent toujours autant la misère, se serrent toujours plus la ceinture pour que les riches eux, de leur côté, continuent de se comporter comme de vrais aristocrates.

    Comme en octobre 1970, « nous en avons soupé du fédéralisme canadien », cette « prison des peuples » qui brime francophones et autochtones, qui a conscrit de force les Québécois pour les envoyer se faire tuer dans des guerres impérialistes (Boers, 1re Guerre Mondiale, 2e Guerre Mondiale) et qui compte bien remettre ça avec la militarisation à marche forcée de l’économie. Cet État fédéraliste canadien qui n’hésite jamais à employer la loi de mesures de guerre pour emprisonner les opposants politiques et les travailleurs québécois (en 1914, 1940 et 1970).

    Plus que jamais nous avons besoin de « l’Indépendance totale des Québécois, réunis dans une société libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces ». Plus que jamais nous avons besoin de l’indépendance et surtout du socialisme ! Comme en octobre 70, notre cri reste le même : « Travailleur-euses du Québec prenez ce qui est à vous », « Faites vous-même votre révolution dans vos quartiers et dans vos milieux de travail ». Prenons nous-même en main notre travail, nos machines, la production et notre destin ! Bâtissons un Québec libre et socialiste !

    C’est pour cette raison, dans le cadre de la Semaine de l’indépendance et du socialisme, organisée du 19 au 24 octobre, que la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise invite tous-tes ses sympathisant-es et toutes les organisations qui se reconnaissent dans cet appel à le co-signer et à le diffuser ainsi qu’à mobiliser massivement et à participer au rassemblement du 24 octobre 2026, 17h à la prison des Patriotes (prison du Pied-du-courant, 905 rue De Lorimier,  Tiohtià:ke / Montréal).

    CONTRE LE CAPITALISME CANADIEN !

    CONTRE L’IMPÉRIALISME CANADIEN !

    CONTRE LE COLONIALISME CANADIEN !

    POUR LE SOCIALISME ET L’INDÉPENDANCE !

    VIVE LE QUÉBEC LIBRE ET SOCIALISTE !

  • Bilan des Élections 2026 : Quelles perspectives pour la classe ouvrière

    Bilan des Élections 2026 : Quelles perspectives pour la classe ouvrière

    Le 5 octobre dernier était le jour de vote pour les élections provinciales québécoises. Résultat le Parti Québécois a remporté les élections et formera le prochain gouvernement. Dans ce contexte qu’elles sont les perspectives pour la classe ouvrière ?

    La victoire du Parti Québécois

    Les résultats électoraux sont désormais connus, le Parti Québécois a remporté les élections et formera le prochain gouvernement minoritaire avec 59 députés sur 127. Avec seulement 28% du vote c’est le résultat le plus bas jamais enregistré pour former un gouvernement. Si l’on ajoute à cela le taux d’abstention, on remarquera que le Parti Québécois n’a obtenu que 18,47% du vote. Cela montre déjà toute l’injustice du système parlementaire britannique sauce Westminster, qu’il est plus que jamais temps de changer. Mais cela démontre aussi la grande instabilité du futur gouvernement de Paul Saint-Pierre Plamondon qui peut désormais être renversé à tout moment.

    Cette situation offre toutefois des possibilités de gains intéressant pour la classe ouvrière. En effet, un gouvernement minoritaire comme le prochain gouvernement du PQ sera d’autant plus attentif à la contestation populaire qu’il est plus instable. Il ne faut pas se faire d’illusions sur le fait que le Parti Québécois adopterait une politique progressiste de lui-même, il y a longtemps que le PQ est passé du camp de la social-démocratie à celui du social-libéralisme. De plus le parti québécois a toujours été un parti bourgeois. Mais le fait que le gouvernement soit minoritaire (peu importe le parti au pouvoir) pourrait permettre à la classe ouvrière par sa pression, ses mobilisations et ses luttes de faire pencher ce futur gouvernement minoritaire en sa faveur. Ce serait notamment l’occasion de récupérer les acquis sociaux détruits par la CAQ, comme la cession de bail ou les commissions scolaires élues, et aussi d’éliminer les projets de lois antisyndicaux adoptés par la CAQ, comme le PQ a promit de le faire.

    Ce nouveau gouvernement du Parti Québécois remettra également de l’avant la question de l’indépendance du Québec. Cela ouvre des perspectives intéressantes pour le démantèlement de l’État capitaliste fédéral canadien. Bien sûr la stratégie référendaire proposée par le PQ est largement insuffisante, comme nous l’avons déjà mentionné. L’indépendance ne pourra pas être réalisée par un parti bourgeois comme le PQ, elle passera nécessairement par une révolution dirigée par le prolétariat. Là encore il faudra lutter pour arracher la direction du mouvement indépendantiste d’une éventuelle direction centriste-néolibérale ou droitière-raciste.

    Sur ce point il faut aussi souligner que l’élection du PQ entraînera certainement des attaques racistes contre les travailleurs immigrants qui ont déjà été blâmés par Paul Saint-Pierre Plamondon pour l’engorgement des hôpitaux et des écoles. Un front antiraciste devra se mobiliser contre toutes les attaques xénophobes de la part du Parti Québécois.

    La désintégration de la CAQ

    La Coalition Avenir Québec a été entièrement pulvérisée en cette journée du 5 octobre. Le parti qui était au pouvoir depuis 2018 ne possède même plus un seul député. Le peuple n’a pas oublié les 8 années au pouvoir de la CAQ. Le remplacement de François Legault, obligé de démissionner tant il était impopulaire, par Christine Fréchette et le changement de nom du parti pour la campagne en « Équipe Christine Fréchette – Coalition Avenir Québec », n’auront pas fait oublié l’ancien premier ministre. Les électeurs ont rejeté la totalité des candidats de la CAQ y compris les ex-ministres CAQistes très impopulaires (comme Bernard Drainville, Simon Jonlin-Barette, Ian Lafrenière, Jean-François Roberge, ou France-Élaine « Cruella » Duranceau.

    Si la gestion catastrophique de la pandémie n’a pas suffi à faire disparaître la CAQ après sont premier mandat, la crise du logement délibérément aggravée par la Loi-31, la crise alimentaire, l’inflation généralisée et la diminution drastique des salaires qui s’en suit, les milliards gaspillés à gauche et à droite dans des projets qui ne se sont jamais concrétisé (Northvolt, Stablex, SAAQclic), tout cela a rendu la CAQ radicalement impopulaire.

    N’ayant plus un seul député il ne reste aucun avenir à la CAQ qui n’a plus qu’une seule option : l’autodissolution. Nous voilà donc très probablement débarrassés une bonne fois pour toute de ce parti, dont la brève existence n’aura duré que 15 ans. Il ne reste plus à leurs membres qu’à aller s’éparpiller entre le PQ, le PLQ et le PCQ.

    Le parti libéral toujours en position de force

    Avec ses 40 députés, le Parti Libéral du Québec constitue toujours la seconde force politique du Québec. Celui-ci n’est plus confiné aux quartiers bourgeois du West-Island de Montréal mais à su réaliser des gains importants sur la Rive-Sud, la Rive-Nord, permis les fonctionnaires de la région de l’Outaouais (à cause de la proximité avec Ottawa) et dans les Eastern-Township (les cantons de l’Est). Un résultat extrêmement décevant, car le parti libéral n’est rien de plus que le parti du statu-quo. Tant sur le plan social que sur le plan de l’indépendance, le parti libéral propose de sauvegarder le capitalisme néolibéral et l’État fédéral canadien, autrement dit de ne rien changer à rien.

    C’est pourquoi le parti libéral est le parti par excellence de la bourgeoisie et l’ennemi traditionnel, voire principal, de la classe ouvrière. Durant toutes ses années au pouvoir le Parti Libéral n’a cessé d’être au service des grands patrons et de la très haute bourgeoisie. Il a multiplié les subventions aux grosses entreprises et aux multinationales d’un côté, et les coupures budgétaires ainsi que le saccage des services publics de l’autre côté. Lors du dernier gouvernement libéral de 2014 à 2018, sous Phillipe Couillard ce sont pas moins de 3,7 milliards $ de dollars qui ont été coupé.

    Toute la doctrine économique du parti libéral consiste à prendre l’argent dans les proches des travailleurs et travailleuses pour le mettre directement dans les poches des milliardaires, des banquiers, des industriels, des grands patrons et autres capitalistes bourgeois. Leur résultats électoraux les places en bonne position pour former le prochain gouvernement si jamais le parti québécois minoritaire venait à être renversé avant la fin de son prochain mandat.

    La percée conservatrice

    Le Parti Conservateur du Québec a réalisé une percée importante en passant de 0 à 19 députés sur 127. Cette percée est une très mauvaise nouvelle pour la classe ouvrière, car avec le Parti Conservateur et son idéologie libertarienne c’est un ennemi plus redoutable que tout les autres partis auquel la classe ouvrière se trouve confronté. Le PCQ propose sans gêne de couper 47 millards de $ du budget de l’État, de licencier des milliers de fonctionnaires, de déréglementer et de libéraliser au maximum le marché, d’abolir toute forme de réglementation environnementale, de développer les gaz de schistes en empoisonnant la nappe phréatique et de détruire les hôpitaux public pour mieux les privatiser.

    Paradoxalement le PCQ parvient à attirer un électorat plus populaire que la minorité d’ultra-riches qui va réellement bénéficier de son programme de grand retour au capitalisme sauvage par un discours pseudo-social. Tout d’abord en promettant des retours d’impôts de 8700$ sans préciser qu’il s’agit de leur estimation sur 5 ans, et par ménage (par couple) ce qui équivaudrait à environ 800$ par personne par année, ce qui est bien peu pour compenser la perte de tout nos services publics. D’autre part en fustigeant « le capitalisme de connivence » c’est à dire en supprimant les subventions aux entreprises pour laisser toute la place à la sacro-sainte « libre concurrence ». Une promesse en l’air destiné à tromper les masses, car la réalité c’est que c’est bel et bien dans les hôpitaux, les écoles, les garderies et toutes les formes de prestations sociales (chômage, assurance santé, santé-sécurité au travail) que les conservateurs comptent bien aller chercher cet argent.

    Fort heureusement le PCQ semble « confiné » (ironie du sort pour un parti anti-vaccin) à la grande région au nord et au Sud de Québec. S’il veut parvenir à former un gouvernement le PCQ devra donc trouver une stratégie pour briser cet isolement régional, dans lequel nous espérons qu’il se maintiendra.

    La stagnation de Québec Solidaire

    Tous les militants de gauche doivent être radicalement déçu des résultats de Québec Solidaire. Le parti n’a pas réussi à progresser, au contraire il a complètement stagné et même régressé en perdant deux circonscriptions importantes sur l’île de Montréal ; Saint-Henri Saint-Anne perdue avec seulement 300 voix et Verdun perdue avec seulement 700 voix. Pire les deux circonscriptions ont étés perdues au profit du parti libéral, et c’est même le fils du très détestable Jean-Charest qui a été élu dans Verdun. Cette catastrophe aurait facilement pu être évitée et priver le parti libéral de deux circonscriptions importantes sur l’île de Montréal.

    La campagne de Québec Solidaire a été très décevantes. En particulier, parmi leurs propositions phares, celle sur le logement consistant uniquement à plafonner les hausses de loyer à 3% en attendant de trouver une solution. Quant à la question de taxer les riches Québec Solidaire a reculé sur sa proposition de taxer les millionnaires, pour ne plus taxer que les « ultra-riches », soit le 0,1% des plus riches, ceux qui gagnent 25 millions et plus et qui ne seront taxés que de 1% à 2% de leur fortune. Québec Solidaire a fait le choix d’une campagne axé sur le sérieux, la respectabilité et la crédibilité mais ce choix se solde clairement par un échec. La modération a un goût bien amer.

    Trois voie s’offre désormais au parti. Soit se tourner à droite et s’allier avec le Parti Québécois, ce qui ne semble pas impossible lorsqu’on connait la proximité entre le Parti Québécois et les membres de QS membres d’Option Nationale (qui est un collectif au sein de QS). Soit virer à gauche, en se proclamant ouvertement socialiste comme le NPD d’Avi Lewis. Une option peu probable quand on observe la direction actuelle qui fait toujours le choix de la modération. Ou bien garder les mêmes positions de gauche toujours plus molle et stagner à environ dix députés sans aucun espoir de prendre le pouvoir.

    Pourtant le fait qu’un parti qui se dise « de gauche » et qui s’oppose ouvertement à l’austérité détiennent la balance du pouvoir est un fait radicalement nouveau qui n’a jamais été expérimenté. Tout comme le fait que le PQ soit minoritaire, le fait que QS détienne désormais la balance du pouvoir peut également être exploité par la classe ouvrière pour réaliser des gains tangibles.

    Quelle perspective pour la classe ouvrière

    Dans ces conditions la classe ouvrière n’a qu’une seule perspective : la lutte, la lutte des classes. Pour obtenir quoi que ce soit de ce nouveau gouvernement il faudra lutter de toutes nos forces dans les usines et les entreprises comme dans la rue. Pour que les travailleurs obtiennent des hausses de salaire dignes de l’inflation et pour mettre fin aux lois antisyndicales (loi-4 et loi-14) hérités de la CAQ ; pour que les locataires récupèrent la cession de bail (abrogation de la loi-31) ; pour que les organismes communautaires obtiennent les subventions nécessaires à leur survie ; ou pour que les étudiants se libèrent des frais de scolarité qui pèsent sur leur dos, il faudra passer par la lutte ! La solution n’est pas parlementaire elle est, comme toujours, révolutionnaire. Peu importe le parti au pouvoir ce n’est pas par le parlementarisme, surtout sous cette forme dévoyée (qui permet à un parti de gouverner avec seulement 18% d’appui populaire !) que nous obtiendrons des solutions concrètes.

    Il faut que le prolétariat rompe avec tous ces partis bourgeois et petit bourgeois pour proposer créer un parti de classe qui soit à la fois autonome et révolutionnaire. Car c’est seulement par la révolution que la classe ouvrière peut espérer conquérir le pouvoir et renverser le capitalisme. Afin d’établir une société réellement libre, débarrassée de la misère et l’exploitation, une société communiste où la misère des uns ne servirait plus à faire la fortune des autres.

    Ces élections ouvrent de nouvelles perspectives pour la lutte des classes et la possibilité de gains concrets pour la classe ouvrière et pour les masses prolétarisées. À nous de nous montrer à la hauteur !

    Seule la lutte paye ! Continuons de lutter jusqu’au bout pour le communisme !

  • Vigile pour Nooran : « ni oubli, ni pardon » face à une police qui tue

    Vigile pour Nooran : « ni oubli, ni pardon » face à une police qui tue

    Une vigile commémorative en mémoire de Nooran Rezayi a été organisée lundi 21 septembre à Longueuil à l’initiative de la famille. Il y a un an, un agent du SPAL (Service de police de l’agglomération de Longueuil) abattait cet adolescent de seulement 15 ans en ouvrant le feu à deux reprises, alors que seule l’arme de service d’un policier a été retrouvée sur les lieux. Un homicide dramatique qui met en lumière le racisme systémique au sein de l’institution policière.

    Environ deux-cents personnes, d’après nos estimations sur place, se sont rassemblées pour rendre hommage à Nooran Rezayi devant le bureau du SPAL où il a été abattu l’année dernière par la police. Un appel avait été passé pour signaler la présence d’un groupe de jeunes, entre 13 et 17 ans, prétendument armés : Nooran aurait mis la main dans son sac à dos pour montrer aux policiers qu’il n’avait pas d’arme avant d’être atteint par deux tirs dans la poitrine. Si les poursuites criminelles à l’encontre du groupe de jeunes ont depuis été abandonnées, l’identité du tireur n’a toujours pas été divulguée et la famille entend émettre en ce sens une demande auprès de la Cour supérieure.

    Lors des discours, les proches de Nooran ont pu exprimer leur colère, leur chagrin et leur incompréhension en rappelant qu’ « il n’y aura ni oubli ni pardon », alors qu’aucune poursuite n’a à ce jour été engagée contre le policier à l’origine des tirs ; le rappeur Raccoon a aussi rappelé les violences ciblées dont sont victimes les personnes racisées – Nooran étant d’origine afghane – ainsi que l’augmentation de la présence policière dans le quartier après sa mort. Le parallèle a été fait ailleurs avec la mort de Fredy Villanueva, âgé de 18 ans, tué par un policier qui a ensuite reçu une promotion.

    Après les prises de parole devant le bureau du SPAL, un cortège s’est formé pour marcher dans les rues de Longueuil en scandant : « Justice pour Nooran ! » Finalement, les personnes ont pu respecter une minute de silence et rendre un dernier hommage à la famille. La présence d’une dizaine de véhicules de police garés le long de la route, en plus des agents déployés pour encadrer la marche, dont un grand nombre de l’escouade antiémeute, a fortement contrasté avec l’atmosphère de recueillement qui régnait ; de même l’écusson « Thin Blue Line » arboré par au moins un agent de police, symbole désormais indissociable de l’extrême droite dans son opposition au mouvement Black Lives Matter.

    Ce dispositif totalement disproportionné montre la crainte d’un affrontement direct avec les forces de police, corollaire de l’incapacité des services gouvernementaux à satisfaire les demandes de la famille jusqu’à présent. Par contraste, le corps policier dans son ensemble bénéficie de la protection de l’État à tous les niveaux : il n’existe par exemple aucune mesure contraignante pour équiper les agents de caméras corporelles au niveau provincial comme fédéral, ni même dans les agglomérations. Récemment, le SPVQ (Service de police de la Ville de Québec) a acquis des armes de service pour un montant de 2,8 millions de dollars.

    Pour protéger notre jeunesse et lutter contre le racisme systémique au sein de la police, il est primordial de revendiquer le désarmement des corps de police municipaux et la dissolution des corps spéciaux tels que les forces mobiles ou groupes tactiques d’intervention : une revendication totalement absente du programme des partis électoraux à l’approche des élections provinciales.

  • Montréal interdit d’insulter les policiers

    Montréal interdit d’insulter les policiers

    Ce 21 septembre 2026 la ville de Montréal vient d’adopter un règlement municipal interdisant d’insulter les policiers.

    Sans aucune espèce de consultation publique la ville de Montréal vient d’adopter à 35 voix contre 25 un règlement interdisant d’insulter les policiers. Le règlement prévoit des amendes allant de 350$ à 1000$ pour la première offense et 2000$ pour toute récidive.

    Un règlement complètement réactionnaire et répressif qui ouvre la voie à toutes les formes d’abus policiers. Ce règlement contrevient à tout les principes les plus élémentaires de justice, puisque les policiers seront à la fois juge et parti dans l’application des contravention. Sans compter le fait que l’argent pourrait directement servir à indemniser les policiers ce qui en ferait un incitatif pour provoquer les gens.

    Là où de tels règlements existent on a pu assister à toute sortes de dérives. À Québec, lors d’une manifestation antifasciste en Novembre 2017 un manifestant a été condamné à une amende pour un simple doigt d’honneur, sans qu’il soit bien clair s’il visait les policiers ou les fascistes protégés par ces derniers.

    Il est clair que ce projet de loi vise uniquement à fournir une excuse aux policiers pour arrêter la manifestants et réprimer les opposants politiques. Il est clair que des slogans comme « tout le monde déteste la police », « flics, porcs, assassins », « la police au service des riches et des fascistes » peuvent tous être interprétés comme des « comportements offensants » vis-à-vis des policiers et servir d’excuse pour des arrestations et des contraventions. Tout comme la Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité adoptée en avril dernier, qui interdit de manifester à moins de 50m du bureau d’un élu, ou d’avoir des fumigène en manifestation.

    En votant ce règlement l’administration bourgeoise et droitière de la ville incarnée par Soraya Martinez marque une grave dérive liberticide, en se mettant à plat-ventre devant les policiers. Mais ces règlements ne nous font pas peur et nous continuons à dire ce que nous pensons de la police.

    À bas la police ! Police partout, justice nulle part !

  • Manifestation contre le sommet de l’IA à Montréal

    Manifestation contre le sommet de l’IA à Montréal

    Mercredi 16 septembre, au Palais des Congrès de Montréal, se tenait une manifestation contre un important sommet sur l’intelligence artificielle.

    Ce 16 septembre les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont pris part à la manifestation contre le sommet All-In sur l’intelligence artificielle qui se tenait au Palais des Congrès, réunissant plus de 2500 compagnies. La manifestation a réunit des centaines de personnes pour protester contre la vision capitaliste du développement de l’intelligence artificielle, et les nombreuses dérives que celle-ci entraîne.

    L’IA des capitalistes au service du militarisme

    L’un des aspects de la manifestation était de contester l’emploi de l’IA dans un cadre militaire. On sait que des compagnies militaires participaient au sommet, et que l’intelligence artificielle est utilisée à des fins militaires, notamment pour contrôler les drones ou pour désigner des cibles de frappes aériennes. Nous sommes déjà témoins de l’usage militaire de l’IA dans les guerres récentes en Palestine, au Liban et en Iran.

    Tuer des gens pour faire des profits, voilà qui ne dérange pas les capitalistes. Au contraire ceux-ci y voient l’une des meilleures avenue pour le développement de l’IA.

    L’IA des capitalistes détruit la planète

    Actuellement l’intelligence artificielle exige et consomme énormément de données. Pour continuer à alimenter les algorithmes, les capitalistes sont obligés de construire d’immenses centres de données, qui coûtent littéralement des milliards de dollars, et qui consomme des tonnes d’électricité, le tout pour une technologie qui peut facilement être employée à des fins nuisibles comme la guerre ou la surveillance de masse.

    Des projets de développement sont actuellement en cours au Québec, comme le centre de données de QScale à Lévis (le campus Q001), qui consomme plus de 142MW, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 8000 logements. Ou encore à Sherbrooke avec le centre de données de Keel Infrastructure, qui consomme 96MW, l’équivalent de la consommation annuelle de 5300 logements, uniquement pour miner du bitcoin ! Tout ces centres de donnés font augmenter la consommation et le prix de l’électricité, et pousse l’économie à se tourner vers des sources plus polluantes d’énergie (comme les hydrocarbures) pour pallier le manque d’électricité. La manifestation était l’occasion de dénoncer de tels projets.

    En plus les centres de données épuise les ressources minérales de la planète, qu’il s’agisse du lithium, du cuivre, du cobalt ou des terres rares. En plus, les centres de donnés consomment énormément d’eau (plus de 500 milliards de litres en 2023) pour le refroidissement de leurs ordinateurs. Cette eau provient en majorité des réserves d’eau potable (plus de 80% de l’eau utilisée par les « data centers » américains est de l’eau potable). Et les centres de données polluent cette eau en la contaminant au nitrate. L’IA des capitalistes n’est donc définitivement pas une solution pour la crise écologique, au contraire, elle risque de l’aggraver.

    L’IA des capitalistes au service de la surveillance de masse

    La manifestation était également l’occasion de dénoncer l’emploi de l’intelligence artificielle dans la surveillance de masse. L’IA peut servir à collecter, trier et analyser une masse de données incomparable, ce qui permet d’en faire un outil de surveillance redoutable. En récoltants nos données privées et en entraînant des algorithmes, l’IA pourrait être utilisées pour identifier des activistes ou des opposants politiques et devenir un dangereux outil de répression.

    La manifestation dénonçait notamment la participation d’IBM au sommet qui est responsable de la gestion du fichier de la population israélienne qui est crucial au maintien du régime d’apartheid. Cet exemple illustre comment l’IA est déjà devenu un outil de surveillance de masse, d’oppression et de répression.

    L’intelligence artificielle peut également être employée comme un outil de surveillance managériale. L’IA peut servir à chronométrer et à évaluer chaque mouvement des travailleurs dans le but d’optimiser chaque geste pour augmenter la productivité. C’est typiquement ce que Marx désignait déjà comme « l’intensification du travail », et qui une technique capitaliste pour accroître l’exploitation de la classe ouvrière. La manifestation était l’occasion de protester contre de telles mesures, notamment la présence de compagnies comme DeepSight qui cherchent à produire des lunettes de réalité augmentée pour guider et contrôler les travailleurs dans leur moindre geste.

    La vision capitaliste de l’IA est définitivement une vision dystopique destinée à accroitre l’exploitation et l’oppression de la classe ouvrière.

    L’IA source de la prochaine crise capitaliste

    Le titre du sommet le dit bien « all in » sur l’IA. Les capitalistes tentent un coup de poker en misant tout sur l’intelligence artificielle. Si l’IA permettra aux premier capitalistes qui l’utiliseront pourront réaliser quelques profits via des gains de compétitivité, ceux-ci disparaitront à mesure que le recours à l’IA se généralisera. Or l’IA exige des fortunes en capitaux (des milliers de milliards) pour des retour sur investissement quasiment nuls, ce qui montre bien que les capitalistes ne savent plus quoi faire de leur capitaux.

    L’IA détruit des emplois à la fois dans l’industrie et dans les professions intellectuelles, mais elle ne crée pas de travail en retour. Contrairement à une usine classique, les fameux centres de données fonctionne de manière entièrement automatisé et ne crée aucun emploi supplémentaires une fois qu’il sont construits (si ce n’est une petite dizaine d’emplois d’entretien et de maintenance pour des milliards d’investissement). Et l’IA est un processus continu qui ne peut pas être stoppé, les logiciels IA ont toujours besoin de renouveler leur stock de données pour continuer à être fonctionnels, ce qui exige toujours plus de capitaux pour les mêmes profits. C’est ce qui est à l’origine de la bulle spéculative actuelle autour de l’intelligence artificielle, une bulle financière qui est sur le point d’éclater engendrant la prochaine crise majeure du capitalisme.

    Il faut préciser que le problème n’est évidement pas la technologie en tant que telle, mais ce qu’elle devient entre les mains des capitalistes. Ce ne sont pas les forces productives, mais les rapports de production qui sont en cause. Dans le cas de l’intelligence artificielle : une arme et un outil de surveillance qui détruit la planète en engendrant du chômage et des crises. C’est pourquoi il est impératif de mettre fin à ce système capitaliste à l’agonie, qui n’a plus aucun avenir à nous offrir, exception faite d’une dystopie où nous serons tous et toutes surexploités par des algorithmes.

    Contre l’IA capitaliste révolution communiste !

  • Élections 2026 : bilan du premier débat

    Élections 2026 : bilan du premier débat

    Le premier « débat des chefs » s’est tenu ce soir à TVA, un débat où les candidats, fidèles à eux-même, ont chacun déroulé leur cassette habituelle comme de bons politiciens professionnels. Mais pour la classe ouvrière il est difficile de voir dans n’importe lequel des candidats un authentique défenseur des ses intérêts, qui se soucie réellement du sort des travailleurs, et pas seulement de sa propre (ré)élection.

    Christine Fréchette : « je ne suis pas François Legault »

    « Je ne suis pas François Legault », voilà la phrase qui aura le plus résonné dans ce débat. Le bilan de la Coalition Avenir Québec (CAQ) est tellement catastrophique que Christine Fréchette essaye par tout les moyens de faire oublier son lien avec le gouvernement Legault. Le parti a été officiellement renommé « Équipe Christine Fréchette – Coalition Avenir Québec », et le logo de la CAQ a été effacé de toute les pancartes électorales.

    Si sa réthorique réthorique consistait principalement à essayer de faire oublier les 8 ans de bilan désastreux de la CAQ, elle ne se limitait pas qu’à cela. Sa réthorique consistait aussi à utiliser sa position de première ministre pour évoquer les montants dérisoires investis à gauche à droite pour essayer créer des « effets de manches ». Elle s’est également adressé à la bourgeoisie québécoise en évoquant les nombreux contrats d’investissements qu’ils proviennent de capitaux étrangers ou de capitaux fédéraux, afin de tenter de convaincre la bourgeoisie de continuer à accorder son soutient à la CAQ.

    Son dernier argument consistait à évoquer la menace trumpiste et à s’appuyer sur le soutien indirect de Carney – qui cherche à torpiller le Parti Québécois en divisant le vote francophone, afin d’éviter d’avoir à affronter un référendum pour préserver l’unité de la « prison des peuples » (pour reprendre l’expression de Lénine) qu’est l’État canadien – pour instrumentaliser la peur de l’instabilité économique pour rallier la classe capitaliste et les travailleurs inquiets au statut-quo économique et politique.

    Tout cela ne sera pas suffisant pour sauver la CAQ, après 8 ans de gouvernement de la CAQ, de crise du logement, de l’alimentation, d’explosion de l’itinérance, de salaires écrasés par l’inflation et de milliards gaspillés à tout vent par la CAQ nous ne sommes pas prêt d’oublier la politique anti-sociale et pro-capitaliste de la CAQ. « Je me souviens » n’est pas la devise du Québec pour rien, et nul doute que le peuple se souviendra du bilan de la CAQ le 5 octobre, et dégageront la CAQ une bonne fois pour toute.

    Paul Saint-Pierre Plamondon : l’homme qui se voyait déjà premier-ministre

    Durant le débat, l’objectif de Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) consistait à décrédibiliser la CAQ tout en se présentant comme l’alternative la plus crédible. On le lit dans son regard, PSPP se voit déjà premier ministre.

    Sur le question économique celui-ci a repris une partie de la réthorique libertarienne du parti conservateur sur le fameux « dégraissement de l’État », où il propose de sauver quelques millions en coupant à grand coup dans la « bureaucratie ». Une réthorique qui masque assez mal une politique d’austérité qui vise en réalité à supprimer des emplois de fonctionnaires et à jeter à la rue des travailleurs. Il reprend également la réthorique de droit classique de la CAQ et du parti Libéral sur la volonté de « créer une fiscalité avantageuse » pour « créer plus de richesse » en gros faire plus de cadeaux aux capitalistes étrangers à grand coup de baisses d’impôts et de subventions publiques, pour essayer d’attirer plus de capitaux au Québec. Mais en même temps PSPP essaie également de chasser sur les terres de Québec Solidaire en nous assurant qu’un gouvernement du Parti Québécois va « redistribuer les richesses » et « améliorer les services publics ». On se demande bien par quel miracle PSPP comte redistribuer les richesses s’il réduit les taxes sur les compagnies, les corporations et autres grandes multinationales, afin de créer une « fiscalité avantageuse » (avantageuse pour qui ?). À moins que dans la bouche de PSPP « redistribuer la richesse » signifie prendre l’argent dans les poches des travailleurs pour le donner aux capitalistes.

    L’indépendance du Québec, cheval de bataille historique du PQ aura aussi été l’occasion pour PSPP de marquer des points. Face à un chef du PQ qui défendait la nécessité pour un peuple de se libérer, d’accéder à l’indépendance, de devenir « maître chez lui » les arguments de « grateux de cennes » de la CAQ et du parti conservateur, prétextant le coût du référendum (130 millions $, soit 15$ par Québécois) démontre le caractère minable de ces partisans du status quo. Cela a sûrement épargné à PSPP le fait d’avoir a répondre à la question difficile d’un éventuel refus du référendum par le gouvernement fédéral, et d’une situation de type catalane. La seule vraie indépendance passe par la lutte des classes et le socialisme.

    Éric Duhaime : le privé c’est la panacée

    Le candidat libertarien est de loin le pire ennemi de la classe ouvrière. Pourtant celui-ci essaye de se faire passer comme « l’ami » de ceux qui ont de la misère à terminer leur fin de mois et à se payer l’épicerie (avec un tel ami on a pas besoin d’ennemi). Sa solution est toujours la même pour l’alimentation, pour l’éducation comme pour la santé : le privé, le privé, le privé. Mais le privé n’est une solution que pour ceux qui cherchent à enrichir les capitalistes au détriment de la classe ouvrière. Le privé coutera toujours plus cher que le public pour la simple raison qu’il nous facturera toujours les profits de la bourgeoisie en plus des coûts de production, c’est ce qu’on appelle « le coût du capital ». De plus le privé n’accélérera pas l’accès au service, il se contera de faire passer les riches qui ont les moyens de payer, avant la classe ouvrière. Quiconque veut se convaincre que les projets de privatisation de la Santé d’Éric Duhaime sont catastrophiques n’a qu’à regarder les États-Unis, où l’ont est littéralement condamné à mourir si jamais on n’a pas assez d’argent pour se faire soigner.

    Charles Milliard : candidat des milliardaires

    Le part libéral n’a pas changé, c’est toujours le parti de la grande bourgeoisie anglophone. Milliard a beau essayer de nous faire croire que son parti à changé, qu’il est pour les énergies vertes (éoliens, solaires, hydroélectique) et pas pour les gaz de schistes, ou qu’il veut améliorer les services publics, mais tout comme pour la CAQ, le peuple n’a pas oublié les 4 ans au pouvoir de Philippe Couillard et les 9 ans de Jean-Charest. Nous savons que le parti libéral n’est que le parti de la grande bourgeoisie, qu’il défend les intérets des capitalistes contre le prolétariat. Sa politique consiste à semer l’austérité, à détruire les hôpitaux, les écoles et tout le filet social pour réduire les impôts des corporations et des grandes fortunes, ou réinvestir l’argent des coupures en cadeaux et en subventions pour les patrons. Quand elle ne consiste pas à détruire l’État providence à privatiser tout ce qu’il y a de social pour en faire une nouvelle source de profit pour les capitalistes. Le parti libéral n’est qu’une version plus « respectable », plus « modéré » du parti conservateur. Le libéralisme n’est qu’un libertarianisme dilué. Si le parti libéral n’est pas donné gagnant pour cette élection, il faut néanmoins se méfier d’un éventuel retour du parti de l’austérité aux élections suivantes.

    Ruba Ghazal : la gauche toujours plus molle

    N’importe quel ouvrier ou n’importe militant de gauche ne peut que désespérer de la performance sommes toute assez terne, pour ne pas dire déplorable de Ruba Ghazal. La co porte-parole de Québec Solidaire s’est totalement effacée devant les autres candidats. À voir le débat, même les militants de Québec Solidaire doivent se mettre à regretter Gabriel Nadeau-Dubois ou Manon Massé.

    Québec Solidaire a abandonné son projet de taxe sur les fortunes d’un million de dollars. QS ne s’attaque même plus au 1%, mais aux fortunes de 25 millions de dollars, soit le 0,1%, avec une taxe de 5 milliards de dollars (soit une taxe supplémentaire d’environ 5% seulement par fortune). Et Québec Solidaire n’appelle pas à récupérer l’argent que les capitalistes nous ont volés, mais à ce que les riches « fassent leur juste part ». Une réthorique d’autant plus ironique que c’était le parti libéral qui en 2012 appelait les étudiants à « faire leur juste part » lors de la grève étudiante contre la hausse des frais de scolarité.

    Plutôt que d’appeler clairement à détruire le cartel des cinq grand épiciers, Ruba Ghazal appelé à créer « plus de compétition » en introduisant un nouvel acteur étatique sur le marché. Ce qui a provoqué la réaction de Duhaime qui de son coté « s’imaginait mal des fonctionnaires placer des tomates sur des étagères », ce qui masque mal le fait que le parti conservateur ne propose aucunne solution à l’explosion du prix de la nourriture, et qui est d’autant plus absurde que l’État possède déjà un monopole sur la vente d’alcool et que « les fonctionnaires placent déjà des bouteilles sur les étagères », alors pourquoi pas des tomates.

    Au lieu d’une politique ambitieuse qui ferait du logement un droit, où la construction de logement serait planifié d’après les besoins de la population et où les logements seraient fournit gratuitement, ou même de l’expropriation des logements vides, QS propose de construire 70 000 logements sociaux, dont la moitié serait rachetés aux propriétaires de logements vides. Un plan louable, mais qui serait loin de mettre fin à la spéculation immobilière.

    Bref, Ruba Ghazal ne semble pas déterminé à affronter les milliardaires ni le Parti Québécois d’ailleurs, puisqu’elle s’est également empêtré sur les questions d’immigration, incapable de dénoncer le racisme de PSPP qui a blâmé le crise de logement et l’engorgement des hôpitaux sur le dos des immigrants. Bref la campagne de Québec Solidaire n’est pas des plus passionnantes, et le fait que le parti semble stagner à 10 députés depuis 8 ans – alors que d’autres formations social-démocrate (comme le DSA américain) semblent enchainer les victoires – poussera sans doute les militants de gauche à se tourner vers une nouvelle alternative, tôt ou tard.

    Pour un vrai parti de la classe ouvrière

    Pour nous il est clair que la classe ouvrière, le prolétariat, n’est pas du tout représenter dans ces élections. Et pour cause, si chaque faction de la bourgeoisie a son parti (CAQ, PLQ, PQ) et si la petite bourgeoisie est représentée par QS, la classe ouvrière, elle, ne dispose pas de parti qui la représente politiquement. D’un parti qui assume ouvertement de représenter les intérêts de la classe ouvrière contre la classe capitaliste, au lieu de prétendre représenter « l’intérêt de tous les québécois », « l’intérêt général » ou « l’intérêt des classes moyennes ». Un parti qui assume la lutte des classes et la confrontations des capitalistes, plutôt que d’appeler les riches à « faire leur juste part ». Un parti qui démantèle les grands cartels capitalistes, au lieu de chercher à « introduire plus de compétition ». Un parti qui socialise le logement et le rende gratuit, et qui élimine la classe des propriétaires parasites.

    Ce parti c’est un parti de classe, communiste et révolutionnaires, tel que la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) cherche à le construire. C’est un parti qui ne compteras pas sur les élections pour changer les choses, mais qui misera directement sur la classe ouvrière elle-même et sur la révolution, sur un immense mouvement de masse de l’immense majorité de la population au profit de la majorité. Ce parti est nécessaire si l’on veut mettre fin à l’hégémonie des cinq nuances de partis bourgeois et petit-bourgeois, et aux 101 variétés de capitalisme plus ou moins ouvertement réactionnaire ou « progressiste » qu’ils nous proposent.

    Ensembles, forgeons le parti du prolétariat, renversons le capitalisme et bâtissons le communisme !

  • Luttes transféministes à Montréal : un bilan politique du mois d’août

    Luttes transféministes à Montréal : un bilan politique du mois d’août

    Le mois qui vient de s’écouler a été marqué par d’importantes initiatives sur le front des luttes transféministes à Montréal. Quel bilan en tirer, pour quelles perspectives ? Retour sur ce que l’on peut apprendre de ces mouvements.

    Le 15 août a eu lieu la Marche pour la libération trans à l’appel de plusieurs organisations communautaires, étudiantes et militantes. Avec près de 50 signataires, cet appel a démontré l’existence d’un réseau de solidarité transféministe bien au-delà de l’Île de Montréal, avec des collectifs basés dans plusieurs villes de la province. Une manifestation pour le droit des personnes trans avait déjà été organisée le 7 juin à Québec devant l’Assemblée nationale par le groupe Résistrans. Il faut également souligner le caractère internationaliste de ces luttes, représenté dans la diversité des collectifs signataires (collectifs latinoaméricains, propalestiniens…). Ces réseaux se sont rassemblés autour de revendications claires :

    • Le retrait de loi C12 ;
    • Le retrait du Canada de l’Entente sur les tiers pays sûrs ;
    • L’abandon de la directive ministérielle formalisant l’incarcération des femmes trans dans les prisons pour hommes ;
    • L’accessibilité inconditionnelle aux soins de santé transaffirmatifs, incluant des soins pédiatriques, et ce peu importe le statut migratoire des individus ;
    • Le financement de l’éducation à la sexualité, ainsi que lutte la lutte contre les violences queerphobes dans les écoles.

    Mais la marche du 15 août a également mis sur le devant de la scène la question de la répression, comme l’a rappelé une déclaration des organisateurices : alors que les participant·es se dirigeaient pacifiquement vers le Village, où devait déboucher la manifestation, iels se sont vu empêcher d’entrer par des cordons de police – non seulement la SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) mais aussi la SQ (Sûreté du Québec). D’après le communiqué, l’ordre de barrer l’accès au Village aurait émané de la mairesse Soraya Martinez elle-même. Rappelons que cette dernière avait déjà interdit l’entrée de soutiens à la Palestine dans l’hôtel de ville lors du vote d’une motion de solidarité ce 26 août, contrevenant à ses propres directives censées permettre un dialogue démocratique (fermeture des portes, diminution de la capacité d’accueil, avancement de la date limite d’inscription…).

    La Convergence transféministe et antifasciste s’est déroulée le 30 août à l’initiative du Mouvement transféministe, qui organisait la veille son deuxième congrès, et a confirmé la nécessité de faire le lien entre les différents fronts de lutte au Québec comme à l’international. Les panels qui se sont succédé ont montré comment cette convergence se concrétise au quotidien pour de larges sections du prolétariat : l’importance des travailleuses du sexe dans l’avancée des droits des personnes transféminisées ; les dynamiques de migration créées par la transphobie et le manque d’accès aux soins et au travail ; etc. L’intégration de panels relatifs aux questions autochtone et palestinienne a complété le portrait d’un même système qui capitalise sur l’oppression des personnes minorisées pour maximiser ses profits.

    On peut néanmoins s’interroger sur les limites d’un front large avec des partis politiques tels que Québec Solidaire qui s’inscrivent directement dans une perspective réformiste. Manon Massé a ainsi mis de l’avant sa conception d’un « continuum de résistance » qui part de la gauche libérale pour aller jusqu’aux organisations anarchistes et révolutionnaires, face à un « continuum de possédants » qui désignerait le camp d’en face. Un discours qui évite élégamment de nommer les capitalistes et la propriété privée comme le dénominateur commun de nos luttes : abandonner le vocabulaire de la lutte des classes, c’est abandonner la stratégie révolutionnaire qui doit aboutir au renversement du capitalisme. Nous insistons aussi sur le besoin de passer à l’offensive et de ne pas se satisfaire d’un mot d’ordre tel que celui de la « résistance » face aux attaques réactionnaires.

    C’est dans cette perspective militante que nous serons présent·es en octobre 2026 pour la prochaine échéance du front de lutte transféministe, avec la manifestation pour le droit des personnes prisonnières trans. À l’approche des élections, il est plus que jamais nécessaire de rappeler la centralité de la lutte contre l’État bourgeois pour faire avancer nos droits. Si l’on veut mettre fin à la division du camp des travailleureuses et à l’oppression de toujours plus de minorités, il est indispensable et non accessoire d’exproprier les capitalistes qui s’accaparent nos ressources et nos moyens de production pour leur seul profit – le combat des minorités est essentiellement et avant tout une lutte contre la minorité des exploiteurs.

  • Le NPD d’Avi Lewis renforcera-t-il la gauche socialiste ou la fera-t-il reculer ?

    Le NPD d’Avi Lewis renforcera-t-il la gauche socialiste ou la fera-t-il reculer ?

    Beaucoup de socialistes canadiens comme Martin Lukacs, Marcel Nelson et Nathan Rao ont avancé que le NPD dirigé par Avi Lewis représente une opportunité pour les socialistes de mettre de l’avant leur programme aux yeux du grand public. Mais quel programme est réellement mis de l’avant, et quels sont les risques de prendre part à un tel pari ?

    La social-démocratie canadienne connait son heure de gloire. Avi Lewis, le nouveau dirigeant de gauche du NPD, est comparé à Jeremy Corbyn, Bernie Sanders et Zohran Mamdami. Sa défense de la Palestine, son positionnement comme un « socialiste démocrate », et ses propositions d’épiceries publiques et sur les télécommunications ont capturée l’imagination d’une partie significative de la gauche canadienne déçu par le message sans inspiration du NPD aux précédentes élections. Entretemps, les médias de droites l’attaque comme étant « trop radical » ou même comme étant une « menace » pour la communauté juive. Bien qu’il soit issu d’une dynastie politique néodémocrate bien connue, Lewis s’est positionné comme un outsider, cherchant à se distinguer de précédents chefs du NPD comme Thomas Mulcair. Avec la mort récente de son père Stephen Lewis (ancien chef du NPD ontarien et fils de David Lewis, qui fut chef du NPD canadien), la victoire d’Avi peut être vue à la fois comme un changement et comme un relai de flambeau.

    Certains socialistes considèrent la nouvelle direction comme une « ouverture » ou une « opportunité » pour les socialistes de rompre avec l’isolation et de gagner une audience de masse pour nos politiques. D’après l’éditeur en chef de The Breach, Martin Lukacs, le NPD « a une occasion historique – non seulement de récupérer le terrain perdu, mais de se reconstruire entièrement » et « la gauche ne peut pas se permettre de passer à côté de cette opportunité ». De la même façon, dans un article publié dans Midnight Sun et International Viewpoint (revue du Secrétariat Unifié) Marcel Nelson et Nathan Rao disent que « le NPD fédéral peut aujourd’hui être plus ouvert à une réorientation socialiste et démocratique » et que « la gauche canadienne doit se demander si elle peut se permettre d’attendre une meilleure opportunité pour les rejoindre et faire face aux crises pressantes de notre époque ». Si le second article est plus circonspect sur les potentiels écueils d’une telle orientation, les deux articles défendent l’idée que le NPD présente des opportunités pour la gauche socialiste de sortir de l’impasse et de se lier avec des couches plus larges de la classe ouvrière.

    Cette logique n’a rien de neuf au sein de la gauche canadienne, elle a déjà été analysée dans un précédent article à propos de l’entrisme au sein du NPD. Néanmoins, un regard plus attentif à la politique d’Avi Lewis pourrait être nécessaire à ce moment de bascule où la gauche canadienne se questionne sur la manière de se positionner sur ce nouveau développement. À une époque de rupture, où la place du Canada au sein du « nouvel ordre mondial » trumpiste est largement débattu, c’est un moment qui passe ou qui casse pour la gauche.

    Un porte-voix pour les mouvements ?

    Une partie du charme d’Avi Lewis repose sur ses soi-disant connections avec les mouvements sociaux, qu’il a bâti à travers l’organisation qu’il a cofondé « The Leap ». D’après Lukacs, un NPD dirigé par Lewis pourrait « sans compromis se faire le champion de la cause des mouvement » et « renforcer et déchainer l’énergie de la base ». Mais quel impact Lewis et « The Leap » ont-ils eut sur les mouvement de masse ? À part populairiser des mots-clés comme « transition juste » ou « Green New Deal » au sein des instances du NPD, leur impact reste flou, et les prétentions de Lewis d’être un « champion » des mouvement sociaux est loin d’être prouvée.

    Tout au long des deux années et demie de génocide israélien à Gaza, la défense de la Palestine par Lewis est restée largement limitée à la sphère en ligne et aux événements du NPD. Nous avons été incapable de trouver quelque qu’évidence que ce soit que Lewis se soit rendu à quelque manifestation propalestinienne ou anti-guerre que ce soit, ni même pris la parole à aucune d’entre elle. Il n’est pas inhabituel pour des initiatives politique (comme le fait Yves Engler, qui fut également candidat à la direction du NPD) d’amener des pancartes avec des slogans et le symbole de leur campagne dans le coin à une manifestation, mais la campagne de Lewis a eu très peu de présence réelle à ces manifestations. Les vrais dirigeants du mouvement de solidarité avec la Palestine – comme Palestine Youth Mouvement (PYM) – n’ont jamais invité Lewis à prendre la parole à leurs événement, et non pas non plus soutenu sa campagne au leadership du NPD.

    Au lieu d’aider le mouvement de solidarité à avancer, Lewis a activement cherché à le policer. Quand l’ancienne ministre de Colombie-Britannique Selina Robinson a fait un commentaire raciste en qualifiant la Palestine pré-sioniste de « terra nullius », des activistes se sont mis à manifester leur colère en posant des affiches et en écrivant à la craie en face de son bureau. Au lieu d’inviter les activistes à se tourner vers ce que lui considérerait des formes d’activisme plus productives, Lewis s’est contenté de condamner ces actions comme « infantiles et révoltante », sacrifiant ainsi les activistes en question. Sa solidarité avec la Palestine est limitée par son désir de bien s’entendre avec l’establishment du NPD, c’est pour cette raison qu’il n’a fait aucune critique de l’odieuse déclaration d’Heather McPherson en Octobre 2023, qui blâmait le Hamas pour les génocides israélien, et aussi pourquoi il a soutenu de manière complètement acritique la motion de « cessez le feu » néodémocrate qui affirmait le « droit d’existence » d’Israël et appelait les palestiniens au désarmement. Lewis a même refusé de signer une pétition appelant le NPD à se retirer du groupe interparlementaire israélo-canadien.

    Sur les autres fronts, comme celui du mouvement contre le racisme et la brutalité policière, Lewis a aussi été suspicieusement absent. Sa plateforme pour la chefferie ne fait pas mention de la police, il ne défend aucune des revendications majeures du mouvement de 2020 en solidarité avec George Floyd comme le « désarment », le « définancement » ou « l’abolition » de la police. Il Ne s’est pas présenté aux manifestations conte la guerre en Iran ou appelé le Canada à sortir de l’OTAN, alors que l’organisation s’implique activement dans la guerre. Il a seulement critiqué les objectifs de dépenses d’armements de l’OTAN, sans condamner l’OTAN comme un instrument de l’Impérialisme. Dans la lutte contre les coupures en éducation, Lewis n’a pas utilisé sa plateforme pour mettre en lumière les débrayages étudiants pour combattre les coupures, ou la semaine de grève en Nouvelle Écosse, ou les tentatives pour étendre le mouvement étudiant à travers le pays. Et à travers toutes ces absences, il n’a pas supporté aucune action concrète que le mouvement ouvrier puisse entreprendre pour lier la lutte des classes aux mouvements sociaux, par exemple la mobilisation des travailleurs pour la défense des campement palestiniens contre l’oppression policière.

    À travers tous les mouvements, un schéma consistant persiste où Lewis, au mieux, fait l’éloge du mouvement en ligne où à un événement de la campagne à la chefferie du NPD, sans s’impliquer lui-même dans la lutte sur le terrain ou sans souligner les tactiques qui pourraient avantager la lutte vers l’avant. Il veut que le mouvement social cadre avec sa conception social-démocrate et électoraliste de la politique, au lieu de constater leur capacité à contester le pouvoir du gouvernement à travers l’auto-organisation indépendante. Il est possible que la direction d’Avi Lewis attire certaines couches du mouvement social au sein du party, mais pas les couches les plus résolues à combattre la brutalité policière, mettre fin à l’implication du Canada dans l’OTAN, ou organiser des actions et des grèves ouvrières. Il est possible que Lewis devienne un porte-voix pour certaines couches du mouvement, mais principalement pour celles qui partagent son but consistant à travailler à l’intérieur du système, à réformer le capitalisme là où c’est possible, et attendre jusqu’à la prochaine élection pour réaliser un changement graduel.

    Dans leur article, Nelson et Rao diminuent les avantages de s’organiser au sein du mouvement social et du mouvement ouvrier au lieu de s’organiser au sein du NPD, sous prétexte que les pressions institutionnelles « peuvent parfois placer ces mouvements et leur direction à la droite du NPD » de toute façon. Bien qu’il soit vrai qu’ils soient dirigés par les mêmes forces conservatrices que le NPD, il y a une différence entre avancer des méthodes d’auto-organisations prolétariennes avec nos collègues et dans les rues, et participer aux activités du NPD qui implique essentiellement de faire élire des réformistes au Parlement. La première option nous permet de nous lier aux militants qui veulent utiliser notre pouvoir en tant que masses pour lutter pour des réformes ; la seconde nous permet de nous lier avec la minorité sans cesse décroissante de canadiens qui croient que l’État capitaliste peut fonctionner dans l’intérêt de la classe ouvrière. La première option nous permet de conserver un niveau d’indépendance vis-à-vis de l’establishment des partis, là où perdre de l’énergie avec la seconde option associera votre nom au NPD.

    Ce n’est pas pour dire que les socialistes ne devraient pas s’engager dans la politique électorale ou garder leur distance avec les partis réformistes. Si Lewis est sérieux à propos de transformer les comités de circonscription en carrefour d’organisation où les activistes peuvent mener leurs propres activités de manière indépendante, elles pourraient être des lieux utiles pour permettre aux socialistes de rencontrer des gens qui pensent comme eux, particulièrement dans les petites villes où il n’y a pas beaucoup d’autres alternatives. Néanmoins, Nelson et Rao sont sceptique de la volonté de Lewis d’utiliser les associations de circonscriptions comme quoi que ce soit d’autre que des machines électorales. Et vu son historique, Lewis sera certainement heureux de donner de la visibilité à vos luttes si cela aide ses ambitions électorales, mais il vous trahira immédiatement si vous chercher trop à ébranler l’establishment néodémocrate.

    Diluer le sens du socialisme

    Indépendamment des relations de Lewis avec les mouvements sociaux, certains socialistes disent qu’il pourrait aider à populariser les idées socialistes et « faire bouger la fenêtre d’Overton ». Nelson et Rao célèbrent la plateforme de Lewis et particulièrement le fait qu’il « argumente en faveur de pas vers le contrôle publique et démocratique de secteur vitaux de l’économie tels que le logement, la nourriture, les télécommunications et les banques ». Lewis cherche clairement à capitaliser sur un sentiment populaire, exprimant le sentiment que Bay Street ruine le Canada jusqu’à l’os et que le peuple a besoin d’intervenir. La plupart des idées d’Avi Lewis comme « taxer les riches » sont déjà populaire, et la moitié des canadiens supportent déjà l’idée du socialisme. Même parmi les couches les moins politisés, il y a un sentiment grandissant que de puissantes élites dominent la société et nous conduise tout droit à la guerre, tout en attaquant nos conditions de vie.

    La question est la suivante : D’où les élites tirent-elles leur pouvoir, et comment pouvons-nous les combattre ? Sur ce front Lewis nous offre plus de mystification que de clarifications, ses politiques n’adressent pas les problèmes profonds et structurels du capitalisme, à savoir la propriété privée et l’orientation de la production vers le profit qui maintient le prix du travail extrêmement bas, engendre le développement de puissants monopôles, et pousse ces organisations monopolistiques vers une expansion impérialiste sans fin. Lewis veut taxer la classe dirigeante, mais taxer la classe dirigeant n’est pas la même chose que lui confisquer son pouvoir. Aussi longtemps que la bourgeoisie dirige notre économie, ils dicteront sa conduite au Parlement. Réduire leur pouvoir voudrait dire leur retirer le contrôle des principales entreprises, mais Lewis n’appelle ni à l’expropriation ni à la nationalisation d’aucun secteur majeur de l’économie. Dans une interview à Radio-Canada/CBC, il rejette explicitement l’idée de nationaliser les principales compagnies de télécommunication. Au lieu de cela son plan pour une option publique remplit les failles du capitalisme, en donnant à certains canadiens une alternative aux épiceries publiques, aux trusts de la télécommunication, etc. Quoique ces réformes soient louables, elles ne devraient pas être confondues avec le socialisme, qui requiert l’expropriation de la classe capitaliste et le contrôle démocratique par le prolétariat des principaux leviers de l’économie.

    Lewis fait des gestes en faveur du contrôle ouvrier avec son plan de « créer un Fond National de Propriété Ouvrière pour aider les employés à racheter les compagnies lorsque les propriétaires prennent leur retraite, vende ou délocalise », mais son plan permettrait au mieux de créer quelques îlots de contrôle ouvrier tandis que l’économie dans son ensemble resterait capitaliste. La valeur totale des compagnies cotées à la bourse de Toronto est d’à peu près 5000 milliards $. Pour que les ouvriers puissent racheter ne serait-ce que la moitié de ces compagnies, il faudrait multiplier le budget fédéral par cinq. Quelque que chose que Lewis ne suggérait jamais. Lewis cite l’exemple de la Corporation Mondragón comme modèle de contrôle ouvrier, mais cet exemple est vraiment l’exemple parfait pour démontrer en quoi il est impossible d’avoir des îlots de socialisme dans une mer de capitalisme. Pour pouvoir compétitionner sur le marché capitaliste, Mondragón a dû délocaliser des emplois dans des pays à bas salaires comme la Chine ou le Mexique où les travailleurs n’ont aucun contrôle sur les décisions. Le régime de Franco tolérait Mondragon, parce qu’il pensait que les coopératives encourageraient les travailleurs à penser comme des managers, pas comme des socialistes, et à ce titre il avait raison.

    Alors bien que plusieurs des réformes de Lewis vaillent la peine d’être supportée, nous devrions souligner qu’il s’agit de tentative de replâtrer le capitalisme, pas d’en sortir. Nous devrions aussi souligner que le succès de la social-démocratie réformiste est le produit de conditions historiques concrètes – particulièrement l’essor économique sans précédent suivant la seconde guerre mondiale – pas d’un interrupteur qu’on puisse éteindre et allumer à sa guise dès lors qu’il y a suffisamment de volonté politique. La social-démocratie a reculé en Europe, aux États-Unis et au Canada au cours des 50 dernières années, avec diverses tentatives (et beaucoup d’échecs) par des partis sociaux-démocrates pour endiguer la vague néolibérale. Lewis n’a pas offert d’explication sur comment il compte faire du Canada une exception face à cette tendance internationale.

    Dans ce contexte, c’est notre travail d’expliquer les limites de la social-démocratie et de démontrer en quoi il serait nécessaire de mettre véritablement fin à la mainmise du capitalisme sur notre économie. Loin de populariser le mot « socialisme », Lewis tire avantage d’un sentiment déjà existant, canalisant ce dernier dans l’impasse du réformisme, en tentant de diluer le mot « socialisme », pour en faire un synonyme du capitalisme réformé. Nous devrions parler aux supporters de Lewis à propos de ce à quoi une vraie transition vers le socialisme pourrait ressembler, sans faire l’éloge du projet de Lewis consistant à déradicaliser et à coopter ce sentiment radical.

    Démocratiser le parti ?

    Certains affirment néanmoins que même si les politiques de Lewis ne vont pas assez loin, son plan de démocratisation du parti crée au moins suffisamment de place pour les socialistes afin de restructurer le NPD. Les appels à plus de démocratie interne n’on rien de nouveau, mais ils ont été systématiquement stoppés par une bureaucratie bien retranchée très interconnecté avec la bureaucratie syndicale, et qui possède des incitatifs matériels très concrets à protéger leur position contre des contestataires de gauche. Même si la récente élection à l’exécutif a été célébrée comme un « désaveu » de la vieille garde, changer le personnel au sommet n’est pas suffisant pour changer la logique exclusiviste, contre-révolutionnaire qui anime le NPD depuis ses débuts en tant que CCF.

    Si Lewis voulait réellement démocratiser le NPD, il devrait sérieusement lutter contre les forces bureaucratiques qui contrôle le parti. Malheureusement, ces critiques du parti et ses manœuvres antidémocratiques ont, au mieux, été sans convictions et tardives. Par exemple, durant le mois que le NPD a passé à approuver la candidature de Yves Engler, Lewis est resté silencieux alors que la spéculation faisait rage pour savoir si Engler serait bloqué. Quand il a été finalement bloqué, Lewis a simplement déclaré qu’il était « déçu par la façon dont le processus d’approbation avait été conduit », évitant par le fait de questionner le processus d’approbation ou de dire clairement qu’Engler aurait dû être inclus parmi les candidats. Quand Bianca Mugyeni a été exclue sous le prétexte sexiste que sa candidature n’était pas « indépendante » de celle de son mari Engler, Lewis n’a rien dit, il n’a pas non plus commenté le bannissement du néodémocrate de longue date Barry Weisleder du congrès du NPD.

    Démocratiser le NPD devrait commencer par dénoncer les pires abus bureaucratiques, puis par ôter les responsables et restructurer le pari du bas vers le haut. Lewis n’a pas accompli la première de ces étapes, et jusqu’à maintenant, il n’a pas fait part de son intention de limoger Lucy Watson (la responsable du processus d’exclusion), il y a donc peu de raison de croire qu’il soit sérieux à propos de cette soi-disant restructuration. Lewis veut le meilleur des deux monde : se positionner comme un outsider qui défi une bureaucratie bien retranchée, tout en maintenant de bonnes relations avec l’establishement. Il veut revendiquer l’héritage de son père et de son grand-père en profitant de leur nom, sans avoir à répondre de leur rôle dans l’expulsion du Waffle (l’aile gauche du NPD) en 1972.

    Nelson et Rao affirment qu’il « n’y a rien de métaphysique à propos des tendances du parti à décevoir ou à écraser les révoltes de l’aile gauche du parti au sein de ses propres rangs ». Il n’y a peut-être pas quelque chose de « métaphysique », mais il y a des raisons structurelles pour lesquelles les révolutionnaires ne sont jamais parvenu à prendre le contrôle d’un parti de masse social-démocrate et de le conserver. Dans ce qu’on appelle le « paradoxe de la social-démocratie », les partis réformistes sont coincés dans une contradiction où ils s’appuient sur les luttes de masses, comme base de pouvoir, mais où le parti, une fois qu’il est retranché dans la gestion du capitalisme, voit ses chefs chercher à mettre un frein à ces mêmes luttes qui les ont portés au pouvoir, détruisant ainsi la base de leur pouvoir sur le long terme. En ce sens, la tendance du NPD à décevoir et écraser la gauche est inévitable vu sa politique réformiste. Le NPD est pris dans une contradiction où il a besoin d’un afflux massif de militants ouvriers pour défier la bureaucratie, mais où les manœuvres et les trahisons de la bureaucratie rende improbable l’afflux massif d’ouvriers qui choisiraient le NPD comme véhicule de leur lutte.

    Nelson et Rao affirment aussi que « la marginalisation de la gauche dans le NPD n’est pas uniquement due aux machinations de la bureaucratie du parti », et que « l’initiative du Waffle a été défaite en congrès par les votes des militants de la base ». Bien que cela puisse être vrai, cela témoigne en réalité du fait qu’en 1971, les couches les plus militantes du mouvement ouvrier avaient déjà abandonné le NPD pour son manque de volonté à s’opposer aux libéraux et son ignorance de la Révolution Tranquille au Québec. Le congrès de 1971 a fini par être dominé par ceux qui voyaient le nationalisme réformisme de gauche canadien du Waffle comme trop radical, pavant la voie à son expulsion par David Lewis et à une bureaucratisation accrue du pari – un processus qui ses poursuivi jusqu’à nos jours, sans aucun signe de réversion tangible.

    La gauche caviar éco-social-démocrate

    Finalement, même si l’on considère qu’Avi Lewis ne réalisera pas le socialisme ou ne démocratisera pas le parti, certains peuvent considérer comme sectaire le fait d’opérer indépendamment d’un processus qui est sensé attirer de large pans d’une classe ouvrière en voie de radicalisation. Cette assertion doit cependant être relativisée. Bien qu’Avi Lewis ait reçu 13% de vote de plus dans sa campagne à la chefferie que Jagmeet Singh en 2017, la « Lewismania » est loin d’avoir l’ampleur d’autre phénomène de gauche comme la « Corbynmania ». En pourcentage relatif à la population, Corbyn a reçu quatre fois plus de support dans son élection à la direction du Labour que Lewis à la direction du NPD. Un sondage pré-congrès démontre que seul 13% de ceux qui ont voté NPD entre 2015 et aujourd’hui appuient Avi Lewis, alors que 44% étaient incapable de nommer un seul des candidats. Il est clair que Lewis a une montagne à gravir pour redonner de la pertinence au NPD. 

    Ses perspectives pour cela sons loin d’être certaines. Les chefs droitiers des NPD provinciaux se sont distanciés du NPD fédéral, principalement en raison des politiques de Lewis sur les questions énergétiques. Alors que Lewis a raison quand il affirme que le monde droit radicalement réduire ses émissions de gaz à effet de serre pour réduire l’impact du changement climatique, la gauche doit faire attention à la manière dont cette transition est présenté, particulièrement dans un pays où les ressources naturelles représentent la moitié des exportations, Plus de 650 000 canadiens travaillent dans le secteur des ressources naturelles et ces travaux on de nombreux effets en aval sur d’autres industries telles quel la construction, la vente, la finance, l’hébergement. Pour une tâche d’une telle ampleur le « Green New Deal » d’Avi Lewis est étonnamment léger en termes de détails sur ce dont une telle transition aurait l’air. Il appelle à investir 2% du PIB du Canada (environ 47,8 milliards $) à s’attaquer au défi du changement climatique, incluant 1% pour de « transition vers des emplois verts ». Cela sonne comme beaucoup d’argent, mais ce n’est même pas 1/10e de la taille des plus grandes compagnies énergétiques, les cinq plus grandes ont une capitalisation de plus de 650 milliards $. Une transition loin des énergies fossiles exigera bien plus que 2% du PIB, à moins que son idée de la « transition » implique de laisser des centaines de milliers de travailleurs, et des millions de plus dans leur communauté, sans aucun emploi.

    Réduire les émissions du Canada à un niveau viable en évitant un effondrement économique généralisé exigerait d’expropriait les grosses industries extractives et de payer les nouvelles formations de centaines de milliers de travailleurs, tout en réindustrialisant le Canada pour construire des infrastructures viables et réduire l’étalement des chaînes d’approvisionnement mondiales. Le plan devrait également être internationaliste avec un regard porté vers la jonction entre la classe ouvrière et les luttes socialistes à l’étranger pour les aider à combattre le capital impérialiste qui pille leur pays. Le problème avec le programme de Lewis n’est pas de ne pas être assez ambitieux, c’est qu’il ne fait pas assez pour accomplir la viabilité écologique tout en protégeant les emplois. Les travailleurs du secteur énergétique auraient de bonne raison de craindre qu’une « transition verte » sous le capitalisme les laisse pour compte.

    Malheureusement, la rhétorique de Lewis n’aide pas à écarter ces craintes. Par exemple, lors d’un épisode de l’émission « Power & Politics » sur CBC, à la veille du congrès du NPD, Lewis a répondu à une question à propos des travailleurs de l’industrie pétrolière en parlant à peine d’eux, expliquant simplement qu’ils « méritent nos remercîments pour avoir gardé les lumières allumés dans ce pays depuis plus d’un siècle, mais qu’il est temps pour nous d’aller au-delà des cycles de croissance et de crise des combustibles fossiles ». Parmi ce qui a été décris comme « les pires moments » d’Avi Lewis, il a décrit les projets de ressources naturelles comme « des grosses choses viriles » et sous-entendu que les cols bleus de ces secteurs sont responsables des agressions sexuelles contre les gemmes autochtones. Bien qu’il soit important de montrer la nature raciste et sexiste du capitalisme canadien, Lewis n’a jamais parlé de cette façon d’aucun autre secteur de la société canadienne, et certainement pas des médias d’où il vient. Il semble avoir une hostilité particulière face aux travailleurs du secteur des ressources, les considérant comme un reliquat dépassé vis-à-vis de sa vision éco-social-démocrate. Lukacs prétends que Lewis est « un orateur hors pair », mais cette affirmation est loin d’être universellement reconnue, d’autant plus qu’il parle seulement anglais.

    Pas de raccourci

    Lukacs débute son plaidoyer en faveur d’Avi Lewis en déclarant que « la gauche canadienne a désespérément besoin d‘une victoire ». Bien qu’il n’y a pas de doute sur le fait que la gauche canadienne ait subit un sévère recul dans les années récentes, nous n’allons pas inverser cette tendance en cherchant des « victoires » possible à court terme, et en espérant qu’elles nous conduisent à des progrès futurs. Plutôt, nous devrions chercher plus profondément ce dont le mouvement ouvrier et le mouvement social ont besoin à long terme, et remonter jusqu’à la stratégie dont nous avons besoin pour nous y rendre, et sur quelles tactiques nous pouvons employer pour avancer cette stratégie. Commencer par des « victoires » tactiques apparentes nous conduira seulement à la désorientation et à l’échec.

    Le désir court-termiste du NPD d’éloigner les conservateurs du pouvoir en soutenant les libéraux à conduit à une perception du NPD comme très peu différend des libéraux, et ainsi au déclin de la possibilité que le NPD puisse se positionner comme la principale opposition au statut quo Libéral plutôt que les conservateurs. Leur pensée à court terme a seulement permis aux libéraux de se repositionner plus à droite sous Carney, et au mieux, a servi à retarder l’inévitable retour des conservateurs au pouvoir. Lewis n’a tiré aucunes leçons de cette erreur passée, gardant le silence alors que des députés néodémocrates débattaient pour savoir s’il fallait soutenir le gouvernement Carney, se contentant d’émettre un communiqué déclarant qu’il supportait le « non » une fois le budget passé. Lewis n’a pas rompu avec la stratégie perdante de soutient aux libéraux, promettant d’utiliser une future « balance du pouvoir » pour exiger une réforme électorale au lieu de combattre le programme libéral.

    Nelson et Rao admettent que « s’impliquer au NPD à travers la campagne pour le leadership, pour s’implanter dans des carrefours d’activistes et d’autres organisations récentes, pourrait être perçu comme un raccourci ». Mais comme Jane McAlevey la dit : « il n’y a pas de raccourci » pour revitaliser le mouvement ouvrier, ou, dans la même veine, pour donner un porte-voix aux mouvements sociaux, ou encore pour populariser les idées socialistes. Ces projets requièrent un long et patient travail d’organisation politique qui sera récompensé lorsque la lutte des classes tournera abruptement, ainsi qu’une défense de l’autonomie de classe du mouvement vis-à-vis des forces capitalistes du statut quo. Le prolétariat n’embrassera pas les idées révolutionnaires du jour au lendemain, mais il ne nous récompensera pas s’il nous perçoit comme à la solde de « libéraux empressés ». Si nous voulons gagner sur le long terme, la gauche doit prouver sa valeur dans l’épreuve de la lutte. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour accroitre la capacité du prolétariat à l’auto-organisation et refuser de subordonner cet objectif aux limites de la social-démocratie.

  • Élections 2026 : Peu importe le parti austérité garantie

    Élections 2026 : Peu importe le parti austérité garantie

    Les élections de 2026 approchent, mais aurons nous réellement un choix sur la politique future? CAQ, PQ ou PLQ, peu importe le parti qui prendra le pouvoir, nous semblons condamnés à voir l’une ou l’autre des factions de la bourgeoisie exercer le pouvoir et appliquer à coup sûr une nouvelle vague d’austérité dont la classe ouvrière sera la première victime.

    La Coalition Avenir Québec : fin de règne pour un parti à bout de souffle

    Parvenue au pouvoir en 2018 avec la promesse de rompre avec l’austérité libérale des années Couillard, la CAQ, et c’est le moins qu’on puisse dire, n’a pas du tout respecté ses promesses. Après un premier mandat fait de réinvestissements de façades (consistant à réinvestir moins que ce que les libéraux avaient coupé) et d’une gestion catastrophique de la pandémie avec 21 844 décès, le second mandat de la CAQ opte clairement pour le virage austéritaire. La CAQ envisage de licencier 6000 fonctionnaires, et le budget 2026-2027 représente une baisse de 2,6 milliards $ dans les services sociaux par rapport à l’inflation. À cela, il faut ajouter les scandales de Northvolt, Stablex et SAAQClic où le gouvernement caquiste a perdu des milliards en cadeaux aux entreprises. Enfin, la passivité totale de la CAQ face à la crise du logement ou la crise environnementale montre clairement les priorités de ce parti : enrichir la bourgeoisie en saccageant la planète et en exploitant toujours davantage la classe ouvrière. Sa gestion catastrophique de l’économie, ainsi que l’impopularité grandissante de la CAQ ont culminé dans la démission de François Legault, face à l’échec électoral imminent.

    Parti Québécois : parti bourgeois !

    Grand favori dans les sondages, le Parti Québécois a de bonnes chances de reprendre le pouvoir, mais mettra-t-il fin au cycle d’austérité ? Rien n’est moins certain. Historiquement, le PQ a appliqué l’austérité aussi férocement que tous les autres partis. On se souviendra des mesures d’austérité de 1982, où le gouvernement Lévesque coupa les salaires des employés par 1/5e (20%) du jour au lendemain, en réprimant la contestation à grand coup de lois matraques, forçant le retour au travail. De même, le gouvernement de Lucien Bouchard (1996-2001), avec sa politique de « déficit zéro », a multiplié les coupures austéritaires, allant jusqu’à licencier 50 000 postes de fonctionnaires. Enfin, le gouvernement Marois (2012-2014) a continué d’appliquer l’austérité à travers une combinaison de coupures et de hausses de tarifs. Le Parti Québécois a-t-il changé ? S’il est en apparence « plus indépendantiste » (et seulement « en apparence »), le PQ de Paul Saint-Pierre Plamondon est toujours aussi capitaliste et néolibéral qu’auparavant. Dans son fameux « Livre bleu », il dit vouloir « favoriser un environnement propice à l’entreprenariat » (p.210). Comment ? En prenant l’argent qu’Ottawa nous vole… pour le donner aux capitalistes ! Le PQ nous explique que le « Québec indépendant aura tout avantage à offrir une fiscalité avantageuses aux entreprises ». Son projet est de récupérer l’argent des impôts fédéraux pour octroyer des baisses d’impôts aux entreprises et ainsi attirer les investissements de capitaux, autrement dit, les capitalistes. Difficile de parler d’indépendance dans de telles conditions.

    Parti Libéral : au service du capital !

    Le Parti Libéral est le parti de la bourgeoisie par excellence. Sa politique pourrait se résumer à « vendre la peau du prolétariat pour mieux en récolter les miettes ». Toute sa politique consiste à se plier aux exigences du capital international en abaissant les salaires, en déréglementant l’économie, en détruisant le code du travail et les protections environnementales, en exemptant les bourgeois et les entreprises d’impôts tout en taxant le peuple pour financer ces mêmes entreprises. De Bourassa à Couillard en passant par Charest, le Parti Libéral a toujours été le parti du capital ! Le Parti Libéral est également le parti de l’austérité par excellence, avec plus de 3,7 milliards $ de coupures rien que sous la première année (2015-2016) du dernier gouvernement Couillard ! Le PLQ lui non plus n’a pas changé: sous le bien nommé Charles Milliard, il reste le parti des milliardaires, le parti de la bourgeoisie !

    Pour briser le cycle de parti bourgeois : il nous faut un parti de classe

    La situation politique dans laquelle nous nous trouvons possède toutes les caractéristiques d’un cercle vicieux: les partis changent, mais la politique, et surtout la politique économique, elle, reste exactement la même, toujours plus d’austérité, mois de services sociaux (hôpitaux, écoles, etc.) et des conditions d’existence toujours plus misérables pour la classe ouvrière. Or, si la politique et le résultat restent toujours les mêmes, c’est parce que tous ces partis sont des partis bourgeois ! Ils représentent chacun une faction de la bourgeoisie, (plus ou moins adossées sur l’appareil étatique québécois ou sur l’impérialisme mondial), mais la bourgeoisie quand même. Pour rompre avec le cycle vicieux des partis bourgeois, il est nécessaire d’œuvrer à l’élaboration d’un parti de classe qui représente non plus les intérêts de factions de la bourgeoisie, mais les intérêts historiques de l’ensemble du prolétariat. Un parti qui soit organisé non pour la prise de pouvoir électoral, mais pour la conquête révolutionnaire du pouvoir. C’est pourquoi nous avons fondé la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ), afin que la classe ouvrière puisse opposer sa politique prolétarienne communiste à la politique bourgeoise capitaliste !

    Camarades rejoignez-nous ! Ensemble, renversons la bourgeoisie !

  • Justice pour Jusi : un meurtre social qui endeuille le Nunavik

    Justice pour Jusi : un meurtre social qui endeuille le Nunavik

    Le Bureau du coroner du Québec a annoncé l’ouverture d’une enquête publique après la mort de Jusi Padlayat, un jeune garçon de 4 ans qui vivait dans la communauté inuit d’Ivujivik au Nunavik (Québec). Une mort injuste et invisibilisée qu’il faut nommer pour ce qu’elle est : un meurtre social.

    Ce décès est survenu dans des conditions jugées inacceptables par le Bureau du Principe de Joyce, une organisation qui lutte pour un égal accès aux soins des peuples autochtones et la reconnaissance de leurs droits fondamentaux en santé. En effet, les circonstances entourant le décès de Jusi rappellent tragiquement celui de Joyce Echaquan survenu quelques années plus tôt : un manque d’écoute qui entraîne d’importantes négligences médicales et qui conduit à une mort évitable. Le rapport du coroner avait reconnu à l’époque l’existence d’un racisme systémique à l’encontre de la population autochtone et pointait que les instances publiques ne se seraient pas saisies du problème s’il n’y avait pas eu d’enregistrement vidéo pour l’établir.

    Ce nouveau drame témoigne du danger que ce racisme structurel représente pour la survie des personnes autochtones au Québec, mais plus largement au Canada. Historiquement, Ivujivik fait partie des communautés inuit qui ont refusé de signer la Convention de la Baie-James et du Nord Québécois (CBJNQ) de 1975, avec Puvirnituq et Salluit : l’entente prévoyait la cession au Québec des titres, droits et intérêts ancestralement attachés à leurs terres afin de permettre l’exploitation des ressources, comme le projet hydroélectrique de la Baie-James. Si la convention a finalement été signée par l’Association des Inuit du Nouveau-Québec, autorisant à construire le long la Grande Rivière des centrales avec une production d’électricité équivalente à celle de la Belgique, ces communautés perpétuent l’héritage de cette dissidence.

    C’est donc un même système d’exploitation économique sauvage qui produit les inégalités sociales que l’on connaît et qui causent aujourd’hui encore des morts parmi les peuples opprimés. Dans la lignée de l’opposition à la CBJNQ, le mouvement de résistance Inuit Tunngavinga Nunamini s’organise en faveur de l’autogouvernement du peuple Inuit sur ses terres. Ce mouvement est à réinscrire dans le contexte plus général des coopératives inuit qui sont nées dans les années 1960 pour développer des réseaux d’auto-organisation. L’élan des coopératives a donné naissance à des approches différentes et parfois concurrentes de la souveraineté inuit, mais ce sont bien des organisations gouvernementales qui administrent de nos jours les territoires, avec des représentants locaux (la Société Makivik, le gouvernement régional Kativik et divers organismes créés par des lois gouvernementales).

    Rompre avec ces logiques d’État bourgeois, c’est redonner du pouvoir d’agir aux personnes autochtones pour leur permettre de vivre, et dignement. Le site du gouvernement canadien rappelle par exemple que le taux de tuberculose active déclaré chez les Inuit vivant dans l’Inuit Nunangat était 40 fois élevé que pour l’ensemble du Canada en 2019 du fait de la persistance du système colonialiste en santé. Comme le décrivait déjà Engels dans La situation de la classe laborieuse en Angleterre (1845), nous n’avons pas affaire à une simple négligence, mais bien à un meurtre social qu’il faut nommer comme tel :

    « [Lorsque] la société  […] ôte à des milliers d’êtres les moyens d’existence indispensables, leur imposant d’autres conditions de vie, telles qu’il leur est impossible de subsister, lorsqu’elle les contraint par le bras puissant de la loi, à de­meu­rer dans cette situation jusqu’à ce que mort s’ensuive, ce qui en est la conséquence inévi­table; lorsqu’elle sait, lorsqu’elle ne sait que trop, que ces milliers d’êtres seront victimes de ces conditions d’existence, et que cependant elle les laisse subsister, alors c’est bien un meur­tre, tout pareil à celui commis par un individu, si ce n’est qu’il est ici plus dissimulé, plus perfide, un meurtre contre lequel personne ne peut se défendre, qui ne ressemble pas à un meurtre, parce qu’on ne voit pas le meurtrier, parce que le meurtrier c’est tout le monde et per­sonne, parce que la mort de la victime semble naturelle, et que c’est pécher moins par action que par omission. »