Catégorie : Actualité

Cette section contient tout nos articles concernant l’actualité politique.

  • Bilan de la Fierté Indomptable 2026

    Bilan de la Fierté Indomptable 2026

    Nous étions présent·es dimanche 9 août à la marche organisée pour la deuxième édition de la Fierté Indomptable (Wild Pride) à Montréal/Tiohtià:ke. Les cortèges ont marché pacifiquement, dans une ambiance à la fois festive et revendicative.

    Cette année encore, il s’agissait d’organiser une contre-manifestation face au pinkwashing qui gangrène le traditionnel défilé de Fierté Montréal. En effet, ce qui faisait autrefois vivre la mémoire des événements de Stonewall (1969), lors desquels la communauté LGBTQ+ de New-York affronta victorieusement la police, est aujourd’hui devenu une affligeante parade apolitique au détriment de nos luttes.

    L’année dernière, Fierté Montréal avait démontré son incapacité à se positionner contre le génocide actuel en Palestine en invitant l’organisation sioniste Ga’ava dans ses rangs, ce qui avait provoqué l’organisation de la Wild Pride en plus de la Rad Pride (Fierté Radicale) organisée par le Pink Bloc. Cette année, le Pink Bloc a décidé de ne pas reconduire sa manifestation annuelle pour se concentrer sur la prochaine Marche pour la libération trans en réponse aux assauts réactionnaires du gouvernement actuel et de l’opposition, à quelques mois des élections.

    Nous nous sommes joints aux slogans anticolonialistes scandés pendant la marche (« No Pride in Genocide! ») mais aussi à ceux qui dénoncent le pinkwashing autour des enjeux LGBTQ+. De nombreux groupes capitalistes (Groupe Banque TD, Loto-Québec, Air Canda…) voient dans le défilé de Fierté Montréal une occasion de gagner une bonne image auprès de la communauté, parrainant l’événement en l’échange d’une vitrine pour leur communication.

    Nous ne sommes pas dupes de cette récupération d’un combat politique historique au profit d’entreprises qui exploitent chaque jour les minorités sexuelles et de genre au même titre que les autres segments du prolétariat. Or la communauté LGBTQ+ subit à plus forte raison les effets du système capitaliste, qui s’applique à diviser méthodiquement la classe des travailleur·euses : discriminations sur le lieu de travail, perte de cotisations induites par la transition de genre…

    Ces mêmes entreprises n’hésiteront par ailleurs pas à abandonner leur pseudo-soutien dès que le contexte politique s’y prêtera : on l’a vu avec la réélection de Trump, qui a entraîné des vagues massives de retrait de subventions pour la Pride et l’abandon de politiques d’entreprise inclusives de façade.

    Signalons enfin que Fierté Montréal donne chaque année la parole à des représentants politiques libéraux issus du gouvernement, en particulier issus de la CAQ. La présence des partis libéraux ne doit pas plus nous illusionner sur les politiques réactionnaires qui sont menées à l’encontre des LGBTQ+ : en juin 2025, une directive du ministère de la Sécurité publique est entrée en vigueur qui impose aux personnes transgenres d’être incarcérées dans des établissements « correspondant au sexe qui leur a été attribué à la naissance ».

    Il est urgent d’investir massivement la perspective d’une lutte queer révolutionnaire, en rappelant ses racines historiques. C’est dans la foulée de la Révolution française que l’homosexualité est dépénalisée pour la première fois dans le monde, en 1791. Après la révolution d’Octobre, en 1917, elle est dépénalisée dans la Russie et l’Ukraine soviétiques. Il devient même possible de faire changer la mention du sexe sur le passeport des personnes transgenres à partir de 1926. En comparaison, il faudra attendre 2003 pour la dépénalisation totale de l’homosexualité aux États-Unis…

    C’est pourquoi nous souhaitons nous associer à toutes les initiatives qui relient les luttes intersectionnelles à la lutte plus général contre le capital, dans une perspective marxiste et révolutionnaire.

  • « L’OTAN 3.0 » ou l’impérialisme décomplexé 

    « L’OTAN 3.0 » ou l’impérialisme décomplexé 

    La rencontre de l’OTAN, qui s’est déroulée les 6-8 juillet 2026 à Ankara, marque le début d’une «nouvelle phase» dans l’évolution de l’Alliance atlantique. Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, est d’ailleurs particulièrement enthousiaste à l’idée d’une OTAN 3.0: Il est temps pour l’Europe de mettre de côté toute réticence liée à son histoire coloniale et de s’engager dans un processus d’armement sans complexe. En somme, il s’agit pour les alliés européens et le Canada d’assumer une plus grande sécurité pour leur défense, tout en laissant, bien évidemment, les États-Unis garder son rôle de chef de file. Ainsi, c’est au nom de la préservation de « l’unité, la solidarité et la force collective » que la défense collective sera renforcée sur la base d’une logique de production industrielle durable. 

    1. OTAN: une alliance au service de l’industrie militaro-industrielle 

    Lors du dernier sommet de l’OTAN, les pays membres de l’Alliance se sont engagés à consacrer, d’ici 2035, 5% de leur PIB à la défense et à la sécurité. Il faut cependant préciser que cette « hausse historique » n’est pas complètement inouïe puisqu’elle s’inscrit dans la continuité d’objectifs d’armement astronomique déjà adoptés l’année dernière. En effet, les États membres de l’Union européenne et le Canada avaient déjà augmenté leurs dépenses de défense de plus de 139 milliards de dollars en 2025. Afin de justifier une telle augmentation, on évoque une certaine dégradation de la sécurité en Europe, qui serait notamment causée par des tensions géopolitiques, des risques de cyberattaques et surtout par la Russie, considérée comme la principale menace militaire directe pour l’Europe. Dans ce contexte, l’OTAN estime que les armées occidentales doivent rattraper les retards capacitaires qu’elles ont accumulés depuis la fin de la guerre froide afin d’être en mesure de dissuader les agressions étrangères et de possiblement soutenir un conflit prolongé. Dans la déclaration du sommet, les alliés ont d’ailleurs réaffirmé leur «soutien indéfectible» à l’Ukraine, ce qui exige un engagement financier et militaire important. 

    Afin de renforcer la capacité industrielle de «défense» et «d’accélérer l’innovation», de nombreux contrats et accords de «défense» ont été conclus avec des entreprises privées d’armement et de technologie, totalisant plus de 50 milliards d’euros. Selon Rutte, « Il ne saurait y avoir de défense forte sans une industrie de défense forte ». Pour solidifier encore plus cet important partenariat avec le secteur privé, on a notamment lancé le guichet OTAN pour l’industrie (une plateforme numérique destinée aux entreprises qui souhaitent comprendre comment travailler avec l’OTAN) et approuvé le NATO Engine, qui promet d’augmenter la capacité de production en reliant des unités de fabrication d’entreprises du secteur civil et du secteur de la défense de tous les pays de l’Alliance.  

    Ainsi, le dernier sommet de l’OTAN dévoile d’emblée la face impérialiste de l’Europe: dès qu’un danger, voire une menace de danger, plane à l’horizon, le premier réflexe est de se tourner vers la solution militaire. N’est-il pas paradoxal qu’une institution, dont la vocation première est la défense, développe encore et toujours plus des moyens d’action qui dépassent le cadre strictement défensif? Comment justifier ce développement croissant de capacités militaires à vocation offensive ? 

    En fait, il nous faut rappeler que, dans un système capitaliste, la sécurité est un marché comme un autre: elle est soumise à une logique de rentabilité et contribue ainsi à générer des profits pour les investisseurs privés. L’OTAN, qui encourage l’augmentation des budgets militaires, le développement de nouvelles industries de «défense» et les investissements dans les technologies militaires, profite donc aux entreprises d’armement, qui ont intérêt à une hausse des dépenses militaires. Cela est d’autant plus vrai que c’est le gouvernement qui finance ces dépenses avec des fonds publics. Nous sommes ainsi dans une situation où le risque économique est largement assumé par la collectivité, tandis que les gains sont captés par des actionnaires privés. Mais pourquoi tant de ressources sont-elles orientées vers l’innovation militaire plutôt que vers des besoins sociaux comme la santé, le logement? Pourquoi la priorité serait-elle accordée à une possible menace étrangère tandis que l’ensemble de la planète est réellement menacée par une crise climatique et qu’une transition écologique s’impose avec urgence ? Financement public et profits privés: à qui servent vraiment les contrats conclus lors du dernier sommet de l’OTAN? 

    En plus d’alimenter une logique d’escalade, le militarisme croissant contribue à dégrader les conditions de vie pour les populations. En effet, une hausse massive des dépenses militaires mène à l’augmentation des taxes, à l’augmentation des déficits publics et, conséquemment, à la réduction du budget attribué à la santé, l’éducation ou les infrastructures. De plus, l’histoire montre que l’appareil militaire de l’État n’est pas uniquement tourné vers la défense contre les menaces extérieures, mais qu’il est régulièrement utilisé pour réprimer sa propre population et maintenir l’ordre social à l’intérieur des frontières. 

    2. OTAN: une alliance au service de la bourgeoise 

    Il faut rappeler que l’OTAN, qui se présente comme une simple alliance militaire au service de la «sécurité collective», est également une institution qui est inscrite dans un ordre politique et économique spécifique,  à savoir le capitalisme, dont elle contribue à maintenir les conditions de reproduction. 

    Les États membres de l’Alliance sont, après tout, des États capitalistes bourgeois qui, comme tels, défendent les intérêts de leur propre classe. Contrairement à ce qu’avance la conception libérale, l’État n’est pas un arbitre neutre garantissant l’intérêt général, mais un instrument permettant de préserver les conditions d’existence du pouvoir de la classe dominante. Comme le disent Marx et Engels dans Le Manifeste du Parti Communiste : « Le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de toute la classe bourgeoise ». Cette position est également défendue par Lénine qui, dans L’État et la révolution, explique comment l’État nait des contradictions entre les classes sociales afin de permettre la domination d’une classe sur une autre.  

    Or, depuis sa création en 1949, l’OTAN a contribué à structurer un espace géopolitique favorable aux puissances occidentales industrialisées, dans la mesure où ses priorités stratégiques reflètent les intérêts des États qui la composent. Ainsi, l’alliance ne protège pas seulement des territoires, et encore moins des populations, mais elle préserve avant tout un ordre économique favorable aux économies capitalistes développées, en protégeant notamment des investissements internationaux, des flux commerciaux, l’accès aux ressources stratégiques et la stabilité des marchés.  

    3. OTAN: Une alliance au service de l’impérialisme  

    En plus de servir la bourgeoisie internationale, l’OTAN est également un instrument de l’impérialisme occidental. Dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine soutient que l’impérialisme n’est pas seulement une «politique de conquête», mais qu’il constitue plutôt une étape historique du développement capitaliste, caractérisée par la concentration croissante du capital, la domination des grandes puissances économiques, les guerres inter-impérialistes et la recherche constante de nouveaux espaces d’investissement, de ressources et de débouchés, notamment par l’exploitation colonialiste.  

    Or, l’OTAN, en tant qu’institution qui contribue à maintenir une hégémonie occidentale, à la fois par la coercition militaire et par la production de normes sur ce qui constitue une «menace» ou une «sécurité légitime», illustre parfaitement cette domination des grandes puissances économiques dont parlait Lénine. Ce dernier explique également comment le capitalisme monopoliste transforme les relations internationales en un espace de compétition entre grandes puissances. Dans cette perspective, l’OTAN apparait comme une structure qui, dans un contexte de rivalités internationales, contribue justement à coordonner les capacités militaires et stratégiques de plusieurs grandes puissances occidentales. Nous pouvons évidemment penser aux tensions qui existent entre les États membres de l’OTAN et la Russie et la Chine. Celles-ci existent toutefois également au sein de l’Alliance, telles qu’illustrées par la question du partage du fardeau militaire et les menaces d’annexion prononcées par les États-Unis envers envers le Groenland et le Canada. On pourrait également mentionner le cas de la Turquie, où s’est justement déroulé le dernier sommet, qui représente un allié aux intérêts parfois divergents.  

    Finalement, l’une des caractéristiques principales de l’impérialisme est la fusion du capital bancaire et du capital industriel. Dans le «stade suprême du capitalisme», les banques ne se contentent plus de prêter de l’argent ou de servir de caisses d’épargne pour les particuliers: elles contrôlent directement l’industrie. Cela donne naissance au «capital financier», une forme de pouvoir économique où les banques, les entreprises monopolistiques et l’État collaborent afin de sécuriser les conditions nécessaires à l’accumulation du capital, et à une oligarchie financière.  La création de la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (BDSR), dont le siège social sera établi au Canada, est un exemple frappant de l’articulation croissante entre les institutions financières, l’industrie militaire et les stratégies géopolitiques des États capitalistes. Cette institution multinationale vise notamment à financer l’innovation dans le domaine de la défense et à soutenir les pays membres de l’OTAN dans l’atteinte de leur objectif d’augmenter leurs dépenses militaires jusqu’à 5 % du PIB. La BDSR, qui, au fond, ne sert qu’à financer la guerre, illustre bien que, à un stade avancé du capitalisme, les frontières entre puissance économique, puissance politique et puissance militaire sont extrêmement poreuses. Il nous faut également souligner que cette nouvelle initiative ne fait que s’ajouter aux grandes institutions financières, comme Banco Santander, Barclays, BNP Paribas, Citi, Deutsche Bank, NatWest, PKO Bank Polski, Danske Bank et la Banque de développement du Canada, qui ont déjà mobilisé 217 milliards de dollars pour la «défense et la sécurité» et qui ont applaudi le partenariat noué avec le secteur privé.  

    En somme, l’OTAN est un instrument de l’impérialisme, qui ne se manifeste pas uniquement par les interventions militaires ou la domination territoriale, mais également par la constitution d’institutions économiques qui organisent le financement, la production et la sécurisation d’un ordre international fondé sur la compétition entre grandes puissances. 

    4. Les États-Unis et le retour d’un ancien «spectre» ?

    On ne peut passer sous silence le rôle des États-Unis, qui exigent depuis longtemps que les pays Européens assument une plus grande part de leur défense, dans l’augmentation fulgurante des défenses militaires. Cette pression s’est cependant exacerbée en mai dernier alors que la Maison Blanche a décidé de réduire les effectifs militaires mis à la disposition des états membres. Le réarmement massif de l’Europe n’a cependant pas empêché Trump d’exprimer, lors du sommet, son mécontentement envers l’OTAN, en rapprochant ses membres de ne pas avoir soutenu ses interventions au Groenland et en Iran. Ces tensions entre Trump et les membres de l’Alliance, qui cherchent à renforcer leur autonomie militaire et qui refusent de suivre toutes les initiatives impérialistes belliqueuses des États-Unis, annoncent-elles une remise en cause de l’hégémonie américaine en Europe ? On assiste certainement à l’apparition d’une première brèche dans celle-ci.  

    Lors de son discours à Ankara, Trump a mentionné l’existence d’un danger qui représente la plus grande menace à la domination américaine. Il s’agit bien évidemment du communisme qui, selon le président américain, gagne en popularité dans son propre pays. Or, c’est pour discréditer ses opposants politiques, les membres du DSA, que Trump mobilise ici une ancienne peur historique, la «red scare». Cela fait d’ailleurs écho à un précédent discours, tenu lors des célébrations de l’Independence Day, où il compare le communisme à un cancer qui doit être éradiqué. Dans ce contexte, on comprend bien que le terme «communisme» représente surtout une accusation rhétorique et une tentative démagogique.  

    Il n’empêche que le communisme, le véritable communisme international, celui qui est fondé sur la propriété collective des moyens de production et qui correspond à la célèbre injonction «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !», représente une réelle menace à l’impérialisme américain et occidental.  

    La seule alternative viable à l’«OTAN 3.0» est un mouvement indépendant des travailleurs et de la jeunesse, fondé sur l’opposition au réarmement, à l’augmentation des dépenses militaires et à l’alignement de leur propre pays sur les interventions des grandes puissances. D’ici là, il est impératif d’organiser la résistance contre la politique belliciste des puissances de l’OTAN  et de dénoncer les conséquences sociales de la militarisation. Au Canada, cela implique de rejeter les programmes d’acquisition de nouveaux armements et de s’opposer à l’expansion de l’infrastructure militaire canadienne et aux exportations d’armes. Il faut également promouvoir la conversion des industries d’armement en industries civiles, sous le contrôle démocratique des travailleurs et des travailleuses, afin de mettre les capacités productives au service des besoins sociaux plutôt que de la logique de guerre. Il faut rompre avec la logique qui soumet la production aux intérêts de l’industrie privée et de la grande bourgeoisie.  

    L’OTAN prétend garantir la paix en préparant sans cesse la guerre. Tant que le prolétariat ne contrôlera ni les décisions militaires ni les moyens de production qui alimentent les conflits, cette logique, qui soumise aux intérêts des grands capitalistes, se perpétuera. À la concurrence entre puissances et à la militarisation du monde, nous devons opposer le communisme et l’internationalisme, c’est-à-dire la coopération internationale des travailleurs et des travailleuses, la conversion de l’industrie d’armement et l’abolition des rapports de domination capitalistes. Il ne s’agit donc pas de réformer l’ordre existant, mais de le dépasser. Face à la guerre, à l’impérialisme et à la militarisation, nous devons aller jusqu’au bout de notre combat : abolissons le capitalisme et instaurons le communisme ! 

  • L’internationale réactionnaire et la montée globale du fascisme : de la politique du « moindre mal » à la lutte de classe

    L’internationale réactionnaire et la montée globale du fascisme : de la politique du « moindre mal » à la lutte de classe

    Dans cet article, on analyse les liens entre les élites globales, la classe politique dominante et la bourgeoisie qui mènent  à l’émergence du fascisme à l’échelle globale. Luttons contre eux !

    Les temps sont durs pour l’antifascisme. Le président de la plus grande puissance impérialiste mondiale avait déjà déclaré en octobre 2025, dans une conférence à la Maison Blanche, « Antifa » comme une organisation terroriste, en l’assimilant aux autres organisations supposément terroristes comme l’État Islamique, le Hamas et le Hezbollah. Plus récemment, avec la proposition du Secrétaire d’état des États-Unis Marco Rubio d’organiser une conférence globale sur le « terrorisme d’extrême gauche », on voit ce plan de criminalisation du mouvement antifasciste se développer avec plus d’élan et à plus large échelle. En réalité, l’antifascisme est un mouvement auquel plusieurs organisations indépendantes s’identifient et non pas une seule et même organisation structurée et centralisée comme Trump voudrait nous le faire croire.

    Ces nouvelles attaques contre mouvement d’extrême gauche s’inscrivent dans la montée des formes modernes de fascisme partout sur la planète. Milei en Argentine, Rassemblement National en France, AfD en Allemagne, Fratelli d’Italia ou Futuro Nazionale en Italie et Trump aux États-Unis tels sont les figures et les partis qui, alliés aux techno-oligarques comme Musk et Thiel, forment un bloc réactionnaire mondial du capitalisme post-moderne :  une « internationale réactionnaire ». Il faut préciser que ce bloc ne présente pas les mêmes structures formelles que les internationales communistes avec un un programme unique ou une structure centralisée. En même temps, le manifeste publié en avril par Peter Thiel et Alex Karp à travers de la compte X de Palanthir Technologies montre comment des secteurs de la bourgeoisie tentent de formaliser leur programme pour une société autoritaire techno-capitaliste.

    Les effets de cette montée globale du fascisme sont également visibles au Québec, une province historiquement « de gauche » et « progressiste ». Même si les phénomènes d’extrême droite sont moins prononcés ici qu’ailleurs, et même si l’activité des groupuscules d’extrême droite est en recul, on observe que les discours de plusieurs partis politiques québécois ont viré vers des positions de plus en plus réactionnaires. Les partis libéraux (comme la CAQ et le PQ) intègrent dans leur narration des idées et des discours de plus en plus conservateurs et identitaires pendant que le Parti conservateur se déplace encore plus à droite avec des positions xénophobes et un nationalisme ethnique-identitaire bigot. L’extrême droite a réussi à occuper de plus en plus l’espace médiatique non seulement sur les médias traditionnels, voire Radio X ou Quebecor, mais surtout sur les réseaux sociaux. On le voit avec les influenceurs suprémacistes (souvent liés à la manosphere) comme Alexandre Cormier-Denis, mais aussi avec la sloppropaganda, une nouvelle tendance des organisations de réactionnaires qui utilisent l’IA pour créer et diffuser en masse de la propagande numérique de basse qualité sur les réseaux sociaux.

    Les succès locaux et internationaux de l’extrême droite (qui se diffuse massivement à l’aide des plateformes numériques et des nouvelles technologies) sont le produit d’une lutte antifasciste superficielle, qui se déroule exclusivement sur le terrain électoral avec pour seul argument celui de la politique du « moindre mal ». Évidemment, cette stratégie est condamnée à l’échec, car l’extrême droite continue de récolter la colère des classes moyennes et prolétarisées, mécontentes de la gestion « libéral-progressiste » des crises cycliques du capitalisme. En même temps, ces mêmes partis « libéraux-progressistes » ont été obligés de réorienter leurs programmes à droite pour tenter de regagner les électeurs perdus. Ces mêmes partis justifient ensuite les crises et leur retournement de position par un discours qui criminalise les opprimés, tout en cherchant à créer des divisions au sein du prolétariat pour mieux écraser la solidarité entre les différents secteurs de la société.

    Pour éviter que le fascisme ne remonte au sein de la société et en politique on doit balayer les récits xénophobes utilisés pour créer des ennemis imaginaires et dévoiler les connexions étroites entre les élites impérialistes, l’extrême droite et la bourgeoisie. Il faut déplacer la lutte dans la rue, avec une position d’indépendance de classe et une stratégie concrète de rupture avec le sensationnalisme des actions pour faire place à l’auto-organisation du mouvement avec des assemblées citoyennes. Il suffit de regarder autour de nous à quelque échelle que ce soit (local, national, international) pour constater que nous avons le pouvoir de faire face à cette vague réactionnaire. Nous devons faire de la lutte de classe notre arme principale avec une perspective internationaliste.

    PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !

  • ArcelorMittal : Grève illimitée à l’usine de Contrecoeur

    ArcelorMittal : Grève illimitée à l’usine de Contrecoeur

    Le 1er août dernier, les 300 métallos de l’usine ArcelorMittal de Contrecœur Ouest ont déclenché une grève illimitée, une action exemplaire de syndicalisme combatif.

    Depuis le samedi 1er août les 300 métallurgistes de l’usine ouest d’ArcelorMittal à Contrecœur sont en grève illimitée. La dernière convention collective signée en 2020, pour une durée de six ans, tombait à échéance au mois d’août. Les travailleurs du local 6951 du syndicat des métallos ont rejeté une première offre à 90%. La grève illimitée a ensuite été votée à 97,2%, un résultat impressionnant qui témoigne de la combativité du syndicat, car nous n’arracherons rien aux capitalistes sans les combattre.

    Les revendications de la grève tourne principalement autour des salaires. Entre 2020 et 2026 les prix ont drastiquement augmenté, et le Canada a connu une inflation de 23%1. Les travailleurs exigent donc un rattrapage vis à vis de l’inflation, mais également vis-à-vis des travailleurs des autres usines d’ArcelorMittal au Québec. Les travailleurs nous ont dit vouloir une hausse de 5$ de l’heure, voire 6$ ou 7$, selon ce que la lutte permettra de gagner. Sur un salaire moyen de 38,75 $ cela représente une hausse de 13% (dans le cas d’une hausse de 5$) ce qui reste inférieur aux 23% d’inflation. Les revendications des ouvriers de Contrecœur-Ouest sont d’autant plus juste que les ouvriers des autres usines Mittal, qui eux ont négocié après l’inflation post-pandémie gagnent d’avantage, alors qu’ils travaillent pourtant pour la même compagnie.

    Les travailleurs considèrent les salaires de l’usine comme beaucoup trop bas. Surtout lorsqu’on considère les conditions de travail. Les journées de travail sont de 12h par jour, et les ouvriers nous ont expliqué qu’il n’est pas rare de devoir faire du temps supplémentaire et de travailler 18h par jour ! Sans compter le fait que les heures de travail sont souvent effectués la nuit. À cela s’ajoute l’exposition à des substances nocives et la présence permanente de poussière dans l’air. Des conditions qui méritent d’être amélioré, d’autant que les salaires sont trop bas comparés aux usines avoisinantes (comme Grantech ou Béton Bourgeois) qui ne travaillent pas dans des conditions aussi dures.

    ArcelorMittal : un empire capitaliste

    ArcelorMittal est littéralement un empire capitaliste. Présent dans plus de 60 pays, il est le deuxième producteur d’acier au monde avec près de 80 millions de tonnes par an. Rien qu’au Québec Mittal possède la Mine de fer de Fermont, le port de Port Cartier et l’usine de boulettage dans la même ville, une usine à Montréal (Saint-Patrick), un autre à Longueuil et enfin les usines de Contrecœur Est et Contrecœur Ouest. La multinationale est également extrêmement profitable. Rien qu’en 2025 la compagnie a enregistrée des revenus de 85,4 milliards de dollars canadiens, sur lesquels elle a empoché 4,4 milliards de profits2 (ce qui représente à peu près 50 000 fois le salaire annuel d’un travailleur chez Mittal). Tout ces profits ne sortent pas de nul part, ils sont le fruit du travail non-payé qui est volé chaque jour et chaque heure aux travailleurs. En réclamant des hausses de salaires, les ouvriers ne font que réclamer ce qui leur est dû, ce qu’ils ont produit.

    Ces profits ne sortent pas de nulle part, mais ils n’aterrissent pas nulle part non plus. À la tête de l’empire ArcelorMittal se trouve la dynastie Mittal, et à la tête de cette dynastie se trouve le patriarche de la famille Mittal, Lakshmi Mittal, riche d’une fortune de 34 milliards de dollars, ce qui en fait rien de moins que le 70e homme le plus riche du monde (et le 5e plus riche de l’Inde). Autrement dit chaque dollar économisé par ArcelorMittal sur le salaire des métallos termine dans les poches de bourgeois comme L. Mittal, sa dynastie, ainsi qu’une poignée de riches actionnaires, qui profitent sans jamais rien produire de leurs dix doigts. Chaque dollar arraché c’est donc une victoire de la classe ouvrière sur la classe capitaliste.

    Exproprier Mittal : la solution communiste

    Chaque dollar conquit à l’occasion d’une grève et au fil de la lutte est évidement un dollar récupéré, mais comment faire pour récupérer non plus quelque dollars, mais tout l’argent (les milliards et les milliards) qui part directement du travail des ouvriers pour aboutir dans la poche des actionnaires. La solution consisterait simplement à supprimer la classe sociale des actionnaires : la bourgeoisie. C’est tout le projet de la révolution communiste : abolir la propriété privée et redistribuer les moyens de production (usines, machines, matériaux) directement aux mains de ceux qui travaillent. Cela peut paraître une utopie, pourtant ça ne l’est pas. C’est ce que les bolcheviks ont fait après la révolution russe3. Ce fut également le cas dans les usines Tembec (à Temiscamingue) ou Tricofil (à Saint-Jérôme) au Québec, dans les années 70. C’est également ce que met en place le Courant Révolution Permanente – Quatrième Internationale (CRP-QI), dont la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) est sympathisante, notamment en Argentine où certaines usines fonctionne sous contrôle des ouvriers depuis plus de 20 ans ! Loin d’être une utopie, le contrôle ouvrier est la seule solution possible pour gagner définitivement la lutte des classes et mettre fin à l’exploitation capitaliste. Cette solution, c’est la solution communiste. Celle pour laquelle nous sommes prêts à nous battre jusqu’au bout.

    Mais pour en arriver à « exproprier les expropriateurs » comme disait Marx, il faudra commencer par construire des sections syndicales combattives qui n’ont pas peur d’affronter les patrons et de mener des grèves sur la très longue durée. Les métallurgistes d’ArcelorMittal Contrecœur donnent justement un bon exemple de ce que que peut être un tel syndicalisme de combat, avec l’exemple de la grève illimitée de 2026, mais également par leur histoire qui est riche de luttes héroïques comme la grève de 2002, qui a durée 21 semaines (6 mois), un exemple de persévérance dans la lutte qui peut servir à tout les ouvriers du Québec !

    À bas Mittal ! Solidarité avec les métallos ! Et vive le communisme !

    1. Calculé grâce à l’outil de calcul de la banque du Canada : https://www.banqueducanada.ca/taux/renseignements-complementaires/feuille-de-calcul-de-linflation/ ↩︎
    2. https://www.forbes.com/profile/lakshmi-mittal/ ↩︎
    3. https://www.marxists.org/francais/urss/works/1917/11/controleouvrier.htm ↩︎
  • Crise du logement : Carney protège les promoteurs avant la population

    Crise du logement : Carney protège les promoteurs avant la population

    Cet article dénonce le parachute doré donné par Mark Carney aux promoteurs immobiliers.

    Le 25 juin dernier, Carney annonçait l’achat en masse de condos invendus en Colombie-Britannique. Cette mesure présentée comme une mesure sociale pour créer du logement « social » est en réalité un plan de sauvetage des promoteurs et spéculateurs, alors que les travailleurs et les travailleuses peinent de plus en plus à se loger dignement.

    Sauvons les capitalistes !

    Depuis 2022, les unités de condos à Vancouver et à Toronto voient leur prix de vente baisser et les ventes ont commencé à diminuer également. Devant ce retournement du marché, le gouvernement fédéral intervient pour protéger le capital : l’État doit s’assurer que les promoteurs restent profitables. Non seulement l’État intervient dans le marché, mais il le fait POUR le marché. Il s’agit du même marché qui ne fonctionne pas pour loger tout le monde ! L’État qui donne un parachute doré aux promoteurs et qui laisse de côté le reste de la population n’est pas une anomalie ou un hasard; c’est comme ça que le capitalisme fonctionne. L’État viendra toujours sauver les capitalistes en temps de crise… avec votre argent s’il le faut. 

    Le capitalisme ne peut pas loger

    Les promoteurs ne construisent pas pour la population; ils produisent des marchandises destinées à faire du profit. Répondre aux besoins sociaux ne fera jamais partie des objectifs des capitalistes. Bien que certains commentateurs ou officiels gouvernementaux tentent de nous faire croire que les promoteurs font partie de la solution, les profits et la spéculation restent leurs objectifs. De son côté, l’État ne cherche qu’à préserver les profits et stabiliser le marché pour les capitalistes. Sous le capitalisme, au meilleur de son fonctionnement,  on se retrouve avec des logements vides et une population mal logée, voire à la rue. 

    La fin du logement comme une marchandise

    Tant que le profit fera partie de l’équation et que les logements seront produits pour le marché, nous ne pourrons pas répondre à la crise du logement et loger adéquatement tout le monde. À court terme, nous devons faire pression activement pour que des logements soient construits hors du marché – si nous utilisons des fonds publics, ce sera pour répondre à des besoins vitaux. À long terme, nous devons socialiser les logements, planifier démocratiquement les villes de demain et mettre fin à la spéculation immobilière. Seul un renversement du capitalisme peut nous sauver définitivement des loyers exorbitants, des évictions et de la rue.

    Réglons la crise du logement une bonne fois pour toute ! Socialisons les logements !

  • Festival : La Palestine au Parc

    Festival : La Palestine au Parc

    Résumé du Festival « La Palestine dans le Parc » qui a tenu sa 3e édition en fin de semaine (25 et 26 juillet)

    Les 25 et 26 juillet, au Parc Angrignon, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont assisté au festival La Palestine au Parc, un événement organisé par une vaste coalition d’organisation de solidarité avec la Palestine. L’événement était une célébration de l’identité et de la culture Palestinienne ainsi qu’un endroit pour permettre aux participants de rencontrer des organisations impliquées dans la lutte de solidarité avec la Palestine. De nombreux concerts et performance se sont en lien avec la musique et la culture palestinienne se sont tenus au cours du festival, comme le concert du « Palestinian Youth Ensemble » qui a joué le premier soir. Artistes et organisateur avaient des kiosques afin d’y vendre leur création ainsi que pour promouvoir les causes en lien avec la Palestine, les ventes servant à récolter des fonds pour aider la Palestine. L’événement offrait également la possibilité d’en apprendre davantage sur la lutte du peuple palestinien, à travers les kiosques de littérature, ainsi qu’à travers une exposition sur l’histoire des prisonniers politiques.

    Le festival qui en était à sa troisième édition a réuni des milliers de participants en une fin de semaine (plus de 5000 d’après ce que nous ont rapporté les organisateurs). Cette participation massive démontre un enthousiasme et un support continu pour la cause Palestinienne. Nous remercions les organisateurs et les bénévoles pour leur dévouement et leur énergie qui a rendu un tel événement possible.

    Poursuivons la lutte internationale pour une Palestine libre et émancipée !

  • Coupe du monde de soccer : un spectacle capitaliste

    Coupe du monde de soccer : un spectacle capitaliste

    Comment le sport est-il devenu une manifestation du capitalisme et de l’idéologie bourgeoise.

    Nous sommes à la veille de la finale de la Coupe du monde de soccer, un événement qui promet de regrouper plus d’un milliard et demi de téléspectateurs. Le sport étant un phénomène de masse de nos sociétés capitalistes, il est intéressant, et même nécessaire, de l’étudier d’un point de vue marxiste.

    Les origines capitalistes du sport

    Premier point important: le sport n’a pas toujours existé. Le sport tel qu’on le connait apparait au XIXe siècle en Angleterre, en même temps que le capitalisme. Bien sûr, il existait de nombreuses formes d’activités physiques avant l’apparition du sport et du capitalisme. Or, ce qui caractérise le sport capitaliste, ce n’est pas l’activité physique, mais la compétition: le sport, c’est la récupération capitaliste des formes de jeux qui existaient avant le capitalisme (jeux grecs, loisirs, etc.) et qui, eux, se caractérisaient par l’activité physique et les règlements, mais pas par la compétition. Alors que le but du jeu était alors le loisir, le capitalisme va faire de la performance le but du sport capitaliste. C’est ainsi, par exemple, que l’équitation sera transformée en course de chevaux.

    Initialement réservée à la seule bourgeoisie, la situation du sport change à mesure que les conquêtes ouvrières de la fin du XIXe siècle et du début du XXe permirent aux ouvriers de réduire le temps de travail et de gagner davantage de temps libre. La question du temps libre devient alors un enjeu central pour le capitalisme, qui doit empêcher la classe ouvrière d’utiliser ce temps nouvellement acquis pour s’organiser politiquement et pour lutter contre le capitalisme. C’est alors la naissance des loisirs capitalistes destinés à occuper les ouvriers pendant leur temps libre, le sport devient ainsi un moyen de contrôle social par excellence. Les loisirs capitalistes, en tant que marchandises (comme loisirs payants), auront également pour fonction de récupérer le surplus d’argent dont bénéficient les ouvriers grâce aux luttes syndicales. C’est ainsi que les capitalistes créèrent de nombreux clubs sportifs associés à leurs usines ou leurs entreprises et qu’il subventionnèrent les billets auprès de leurs ouvriers et de leurs familles afin de créer un spectacle capitaliste.

    Le sport comme conditionnement

    Le contrôle social n’est pas la seule chose que le capitalisme obtient grâce au sport. Le sport est également un merveilleux outil capitaliste de conditionnement, à savoir, un instrument de conditionnement au travail. En développant la force physique, la vitesse et l’endurance, le sport permet d’utiliser le temps libre des ouvriers pour démultiplier la force de travail qu’ils consacreront par la suite à leur patron (leur permettant de travailler plus longtemps, plus rapidement et plus fort). L’entraînement sportif, avec ses répétitions de mouvements et sa progression toujours plus intense, imite à la fois la répétition et l’intensification du travail. Le sport est donc une parfaite préparation au travail.

    Mais le sport ne sert pas exclusivement de méthode de conditionnement au travail, il s’agit également d’une méthode de conditionnement militaire. En effet, dès le XIXe siècle, les idéologues du sport, comme le baron Pierre de Coubertin (le fondateur des jeux olympique modernes), sont explicites sur le fait que le sport servira de préparation militaire pour les guerres à venir. Le sport prépare physiquement les corps pour l’effort guerre en développant les attitudes physiques (endurance, dextérité, etc.) nécessaires à la formation de bons soldats (les exercices sportifs/physiques sont d’ailleurs à la base des exercices militaires). L’entrainement sportif discipline d’ailleurs les athlètes comme l’armée discipline les soldats. Enfin, les compétitions sportives internationales (type jeux olympiques) préparent déjà l’affrontement entre les nations. Le sport agit donc comme un double conditionnement: conditionnement à l’exploitation capitaliste et aux guerres impérialistes.

    Le sport comme marchandise

    Il va sans dire que le sport agit également comme une branche majeure de l’économie capitaliste. Construction de stade, équipements sportifs, services sportifs et bien évidement les équipes de sport professionnelles avec les matchs et leurs droits de diffusions, tous ces éléments sont constitutifs d’une économie du sport évaluée à 2 300 milliards de dollars. Autant dire que l’économie sportive n’est pas une mince affaire. Alors que le jeu constituait une forme de loisir libre et désaliénante, le sport en tant que loisir capitaliste réintègre le temps des loisirs dans la sphère de l’économie capitaliste et plus particulièrement dans la sphère de la consommation.

    Or qui dit marchandise dit non seulement travailleurs prolétarisés afin de produire ces marchandises, mais également exploitation capitaliste afin de générer un profit. On connaît bien les pratiques des géants du sport tels que Nike ou Adidas, avec des délocalisations en Asie du Sud-Est, l’exploitation du travail des enfants, des salaires de misère et des heures de travail qui n’en finissent plus. Autre exemple: celui des travailleurs immigrés employés pour la construction des stades lors de la précédente coupe du monde de soccer au Quatar en 2022. Autrement dit, le sport est une source de profit capitaliste, mais ce profit ne se génère pas seul, il implique l’exploitation de la classe ouvrière par la bourgeoisie. La lutte des classes se retrouve dans le sport comme partout ailleurs.

    Idéologie sportive et idéologie bourgeoise

    Enfin, le sport permet de diffuser et de propager l’idéologie bourgeoise au sein des masses. L’idéologie bourgeoise repose en effet sur cette idée de compétition que l’on retrouve au sein du sport. Au sein de la société bourgeoise, c’est la concurrence et la compétition entre les diverses entreprises qui est valorisée sous prétexte que celle-ci stimulerait l’innovation. Dans le sport, c’est la concurrence entre les athlètes et les équipes. Dans un cas comme dans l’autre, on présuppose que c’est la compétition qui fait ressortir le meilleur, et ce, bien que la concurrence capitaliste favorise les entreprises les plus exploiteuses et se solde par l’apparition de monopoles (soit l’inverse de la compétition). Au contraire, le socialisme mise sur la coopération par opposition à la compétition. Pour le communisme, c’est l’entraide et la solidarité qui permettent de construire une société meilleure. Par le sport, la bourgeoisie peut ainsi promouvoir son idéologie de la compétition au détriment des valeurs de coopération du socialisme.

    Mais le sport n’est pas uniquement vecteur de l’idéologie de la compétition, il est également l’un des principaux vecteurs de l’idéologie nationaliste. Les compétitions sportives produisent l’identification à l’équipe nationale et, par extension, l’identification à la nation. Or, la nation, c’est toujours la nation capitaliste dirigée par et pour la bourgeoisie, et qui envoie souvent ses propres citoyens (en grande majorité des prolétaires) mourir dans des guerres absurdes pour les intérêts de la minorité capitaliste de la nation. « Les prolétaires n’ont pas de patrie » comme le disaient si bien Marx et Engels dans le Manifeste du Parti communiste. Or, le sport supprime artificiellement les différences de classes pour faire communier toutes les classes sociales ensemble dans un moment d’euphorie nationaliste et de haine des adversaires étrangers. Poussée à l’extrême, cette idéologie nationaliste conduit au fascisme et c’est pourquoi tous les régimes totalitaires ont investi le sport de masse. Au contraire de l’idéologie nationaliste promue par le sport et la bourgeoisie, le communisme promeut l’internationalisme : « prolétaires de tous les pays unissez vous » telle est la devise du socialisme international.

    Conclusion : pour des loisirs libérés du capitalisme

    La conclusion qui s’impose est la suivante : sous le capitalisme, les loisirs sont aliénés et aliénants. Ils sont un outil de contrôle social au service des classes dominantes, un outil de mise en condition de la classe ouvrière, une source de profit et d’exploitation capitaliste, ainsi qu’un vecteur de l’idéologie dominante. La coupe du monde de soccer ne fait pas exception. Que faire ? Comme toujours : lutter pour renverser le capitalisme qui est la cause de cette corruption des loisirs. Sortir de cette logique de profit, de concurrence, de performance et d’exploitation en créant une société communiste dont le but est l’épanouissement de chacun. Dans une société communiste, les loisirs ne seraient plus une forme d’aliénation consumériste au service de la bourgeoise, mais auraient pour but le bonheur de l’humanité. Le communisme nous permettrait non seulement de libérer notre temps libre de la servitude capitaliste, mais également de se libérer de l’exploitation capitaliste pour se consacrer pleinement et complètement à nos loisirs.

    Conclusion :

    Vive le communisme ! À bas le capitalisme !

  • 250 ans des USA : Manifestation contre l’impérialisme américain

    250 ans des USA : Manifestation contre l’impérialisme américain

    Résumé de la manifestation anti-impérialiste qui s’est tenue le 4 juillet 2026 à Montréal pour dénoncer l’impérialisme américain et le trumpisme.

    Samedi 4 juillet 2026 à Montréal, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont pris part à la manifestation contre les États-Unis, à proximité du consulat américain sur la rue Sainte-Catherine. Bien que réunissant peu de manifestants, la manifestation a quand même réussi à prendre la rue et à bloquer les artères automobiles du boulevard René Lévesque et de la rue Sainte-Catherine. Les manifestants ont reçu le soutien des passants, qui entonnaient des slogans avec eux, le tout dans une ambiance très festive.

    L’impérialisme américain plus féroce que jamais

    Cette manifestation prenait place le jour même de la fête nationale américaine, pour s’opposer aux commémorations chauvines et nationalistes qui étaient organisées par les trumpistes au même moment de l’autre côté de la frontière. Au défilé militaire trumpiste répondait cette manifestation populaire pour rappeler la nature belliciste et impérialiste des États-Unis, qui se sont construits sur des guerres, ainsi que sur le génocide des peuples autochtones.

    Il est important de s’opposer à l’impérialisme américain, surtout en cette année 2026 qui aura été marquée par les interventions militaires américaines contre le Vénézuéla et contre l’Iran, et alors que la menace d’une nouvelle intervention militaire américaine plane encore sur Cuba.

    Face à l’impérialisme américain, nous ne nous laisserons pas faire ! La résistance s’organise ici comme partout à travers le monde, y compris aux États-Unis eux-mêmes, dans les rangs de la classe ouvrière.

    L’impérialisme américain sera vaincu ! Ensembles, enrayons la machine de guerre américaine !

  • Attentat masculiniste : l’auteur d’un manifeste incel commet une fusillade à Montréal

    Attentat masculiniste : l’auteur d’un manifeste incel commet une fusillade à Montréal

    Lundi matin, dans le quartier Côte-des-Neiges de Montréal, un homme de 25 ans a tué un habitant et un policier dans une fusillade. Le tireur, qui a été abattu, laisse derrière lui un manifeste masculiniste. Voici l’article publié par nos camarades de Révolution Permanente sur le sujet.

    Lundi 22 juin, en fin de matinée, un homme a ouvert le feu depuis la fenêtre d’un hôtel du quartier Côte-des-Neiges à Montréal, tuant un habitant et un policier, avant d’être abattu par la police. L’homme de 25 ans, un étudiant originaire de l’Ouest canadien, a laissé derrière lui un manifeste d’une centaine de pages, misogyne et violent, inspiré de l’idéologie « incel ». « Incel » est la contraction des mots « involontaire » et « célibataire » et désigne un mouvement hétérogène constitué d’hommes anti-féministes, qui accusent les femmes d’être responsables de leur célibat – une idéologie notamment diffusée par des influenceurs masculinistes.

    Un manifeste incel

    Si les motivations du tireur n’ont pas été officiellement confirmées par l’enquête de police en cours et que des commentateurs estiment dans les médias canadiens qu’il n’est pas certain que l’auteur de la fusillade se revendique de la mouvance « incel », le manifeste qu’il a diffusé est très explicite.

    Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités féministes, comme l’autrice Martine Delvaux, ont ainsi dénoncé un « refus de nommer la misogynie » et l’omniprésence dans les médias de la rhétorique du « loup solitaire », qui occulte la montée du masculinisme en faisant passer des attentats inséparables d’une oppression patriarcale systémique pour des actes individuels aux allures de « tragédie imprévisible », selon la formule de l’activiste Celeste Trianon, qui a co-organisé une manifestation ce dimanche contre l’idéologie incel à Montréal suite à l’attentat. 

    Au Canada, le mouvement féministe est profondément marqué par la tuerie masculiniste de l’École Polytechnique de Montréal en 1989 lorsque treize étudiantes et une secrétaire avaient été assassinées par le masculiniste Marc Lépine – un meurtrier aujourd’hui revendiqué dans les milieux incel – mais aussi par l’attaque à la voiture bélier qui avait tué dix piétons à Toronto en 2018, perpétrée par un homme qui se revendiquait de l’anti-féminisme.

    Le manifeste laissé par le tireur est ainsi caractéristique de l’idéologie incel, mêlé à l’utilisation confuse et réactionnaire des concepts marxistes. L’homme s’en prend aux femmes, mais aussi à l’industrie pornographique, qu’il considère comme responsable de son état et qu’il aurait peut-être ciblé : le journal québécois La Pressesouligne que l’immeuble depuis lequel il a tiré se situe en face des bureaux de la société propriétaire du site Pornhub.

    Le média explique que la « dénonciation de la pornographie occupe une place centrale dans le réquisitoire de l’assaillant », parmi d’autres cibles, comme « les chirurgiens plastiques, les banquiers, les promoteurs immobiliers, les politiciens libéraux ou conservateurs et ce qu’il appelle les “mâles alpha”. » Interrogée par Urbania, la chercheuse Océane Corbin qui étudie les forums incels, observe que le manifeste comporte également une dimension de mode d’emploi, soit une « marche à suivre pour se procurer des armes, commettre une tuerie. »

    Quelles revendications face à la violence masculiniste ?

    Face à l’émotion très vive des Montréalais-ses, la mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada (Ensemble Montréal, centre droit), a promis un meilleur contrôle des armes à feu, mais aussi des réseaux sociaux – pointant le fait que la vidéo de la fusillade ait largement circulé en ligne. Ces mesures sécuritaires ne répondent en rien aux racines des violences patriarcales et occultent le rôle de l’État dans leur multiplication ainsi que dans le développement des idéologies masculinistes. Pourtant, c’est bien l’État qui construit et renforce les normes de genre à travers ses institutions, notamment l’école, où sont éduqués et socialisés les futurs adultes, et d’autant plus dans une période de crises et de militarisation.

    De nombreuses voix féministes réclament d’autres mesures. Dans une tribunepubliée par Le Devoir largement relayée, Martine Delvaux souligne : « On a laissé miroiter une augmentation des mécanismes de surveillance de la population, question d’accroître le sentiment de sécurité. Mais ce qui nous aiderait […] ce serait que dès le plus jeune âge, les enfants soient éduqués au sexisme et à l’homophobie, que le consentement soit véritablement un objet d’attention et de discussion dans les écoles”, ou encore “que les mères célibataires ne soient pas les plus précaires dans cette société ».

    Comme le suggère en outre l’autrice Marie-Elaine Guay, il importe de comprendre les causes structurelles qui favorisent l’essor du masculinisme et de rompre avec l’idée que les attentats comme celui de Montréal sont le fait de monstres désocialisés, des actes individuels que l’on pourrait abstraire de l’ensemble des rapports sociaux genrés. Elle rappelle par ailleurs sur son compte Instagram que la police n’est aucunement un allié dans la lutte contre l’oppression de genre : à Ottawa, plusieurs policiers ont été mis en cause la semaine dernière pour avoir traqué des femmes via les bases de données de leur institution, mais également « contacté des victimes dans le but de développer des relations intimes » comme le rapporte Radio-Canada. 

    Contre les mesures sécuritaires, qui permettent de renforcer les instruments de répression à disposition de l’État et finissent par être mobilisés contre toute forme de contestation sociale au nom de la lutte contre les féminicides, il importe de revendiquer des mesures qui permettent réellement de s’attaquer aux racines de l’oppression de genre : des papiers et un logement pour tous-tes afin que nulle ne dépende matériellement d’un conjoint violent, des cours d’éducation à la vie affective et sexuelle de qualité, mais aussi des commissions indépendantes et formées capables de prendre en charge les violences sexistes et sexuelles dans les écoles et lieux de travail. Mais, plus généralement, l’explosion des idées et des violences masculinistes est indissociable de la crise du capitalisme, un système qu’il faut combattre si l’on veut en finir avec le patriarcat. 

    Stream de la Critique consacrait un épisode en novembre dernier à l’essor des violences masculinistes, afin de les comprendre et de s’organiser pour les combattre, avec la militante de Du Pain et Des Roses, Alberta Nur.

  • Crise du logement : manifestation pour le droit au logement

    Crise du logement : manifestation pour le droit au logement

    En ce 1er juillet 2026, des centaines de manifestants se sont réunis pour protester contre la crise du logement actuelle.

    Ce 1er juillet 2026 à Montréal, les camarades de la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) ont participé à la manifestation contre le prix élevé du loyer. La manifestation était organisée par la Coalition contre le logement cher (la COLOC) et a réuni plusieurs centaines de manifestants.

    Les manifestants réclamaient : 1) un véritable contrôle sur les loyers, autrement dit, un gel des loyers et une limitation des prix. 2) la création de plusieurs logements sociaux: les logements « abordables » n’étaient pas considérés comme une solution satisfaisante, il faut donc des logements qui soit réellement hors-marchés. 3) l’application du droit au logement tel qu’il est sensé être garanti par la charte des droits et libertés.

    La manifestation partait du métro l’Assomption pour dénoncer le projet PPU-Assomption-Nord, un méga-projet de développement de condos comprenant déjà environ 7000 unités de construites sur 12 000 de prévues, parmi lesquelles seulement 300 unités consacrées au logement social (dont aucune n’est encore construite). Ce projet est emblématique de l’embourgeoisement des quartiers populaires de l’est de Montréal. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers le Tribunal Administratif du Logement (TAL), qui a été dénoncé comme un complice des propriétaires et comme un responsable de la crise du logement. Un déménagement sauvage a été organisé devant les bureaux du TAL, où ceux qui n’ont pas trouvé de logement cet été sont venus déposer leurs meubles pour déménager devant le TAL.

    La manifestation s’est terminée avec une fête au Parc Maisoneuve avec nourriture et spectacles pour tous les manifestants.

    La crise du logement, c’est la faute du capitalisme

    La racine de la crise du logement, c’est le capitalisme. Transformé en simple marchandise, le logement n’est plus un besoin matériel à combler, mais une source intarissable de profits. La spéculation immobilière est le principal symptôme de cette crise. Les capitalistes construisent non pas pour répondre aux besoins de se loger, mais uniquement pour produire de la valeur. Peu importe que les logements soient occupés, ce qui compte c’est qu’ils constituent une valeur refuge pour les investissements capitalistes, et, surtout, que les prix augmentent. On peut ainsi s’enrichir en investissant dans l’immobilier sans créer de logement abordable, mais simplement en spéculant sur le cours de la valeur immobilière. Autrement dit, en achetant à bas prix et en revendant beaucoup plus cher. On peut même éponger les pertes de loyer en déductions d’impôts entretemps.

    Les propriétaires ne sont qu’une classe de rentiers parasites, ils se contentent d’encaisser de l’argent sous forme de loyer sans rien produire en retour. C’est pourquoi il faut en finir avec cette classe de vampires en expropriant les propriétaires, du premier jusqu’au dernier.

    Le socialisme est la meilleure solution pour régler la crise du logement. Avec le socialisme, nous pourrons planifier démocratiquement l’économie et ainsi répondre directement aux besoins de la population, et non pas pour générer des profits. Un vaste plan de construction de logement sociaux gratuits et confortables pourrait immédiatement être mis en place sous le socialisme et ainsi régler la crise du logement.

    Le droit au logement passe par le socialisme !