L’internationale réactionnaire et la montée globale du fascisme : de la politique du « moindre mal » à la lutte de classe

Dans cet article, on analyse les liens entre les élites globales, la classe politique dominante et la bourgeoisie qui mènent  à l’émergence du fascisme à l’échelle globale. Luttons contre eux !

Les temps sont durs pour l’antifascisme. Le président de la plus grande puissance impérialiste mondiale avait déjà déclaré en octobre 2025, dans une conférence à la Maison Blanche, « Antifa » comme une organisation terroriste, en l’assimilant aux autres organisations supposément terroristes comme l’État Islamique, le Hamas et le Hezbollah. Plus récemment, avec la proposition du Secrétaire d’état des États-Unis Marco Rubio d’organiser une conférence globale sur le « terrorisme d’extrême gauche », on voit ce plan de criminalisation du mouvement antifasciste se développer avec plus d’élan et à plus large échelle. En réalité, l’antifascisme est un mouvement auquel plusieurs organisations indépendantes s’identifient et non pas une seule et même organisation structurée et centralisée comme Trump voudrait nous le faire croire.

Ces nouvelles attaques contre mouvement d’extrême gauche s’inscrivent dans la montée des formes modernes de fascisme partout sur la planète. Milei en Argentine, Rassemblement National en France, AfD en Allemagne, Fratelli d’Italia ou Futuro Nazionale en Italie et Trump aux États-Unis tels sont les figures et les partis qui, alliés aux techno-oligarques comme Musk et Thiel, forment un bloc réactionnaire mondial du capitalisme post-moderne :  une « internationale réactionnaire ». Il faut préciser que ce bloc ne présente pas les mêmes structures formelles que les internationales communistes avec un un programme unique ou une structure centralisée. En même temps, le manifeste publié en avril par Peter Thiel et Alex Karp à travers de la compte X de Palanthir Technologies montre comment des secteurs de la bourgeoisie tentent de formaliser leur programme pour une société autoritaire techno-capitaliste.

Les effets de cette montée globale du fascisme sont également visibles au Québec, une province historiquement « de gauche » et « progressiste ». Même si les phénomènes d’extrême droite sont moins prononcés ici qu’ailleurs, et même si l’activité des groupuscules d’extrême droite est en recul, on observe que les discours de plusieurs partis politiques québécois ont viré vers des positions de plus en plus réactionnaires. Les partis libéraux (comme la CAQ et le PQ) intègrent dans leur narration des idées et des discours de plus en plus conservateurs et identitaires pendant que le Parti conservateur se déplace encore plus à droite avec des positions xénophobes et un nationalisme ethnique-identitaire bigot. L’extrême droite a réussi à occuper de plus en plus l’espace médiatique non seulement sur les médias traditionnels, voire Radio X ou Quebecor, mais surtout sur les réseaux sociaux. On le voit avec les influenceurs suprémacistes (souvent liés à la manosphere) comme Alexandre Cormier-Denis, mais aussi avec la sloppropaganda, une nouvelle tendance des organisations de réactionnaires qui utilisent l’IA pour créer et diffuser en masse de la propagande numérique de basse qualité sur les réseaux sociaux.

Les succès locaux et internationaux de l’extrême droite (qui se diffuse massivement à l’aide des plateformes numériques et des nouvelles technologies) sont le produit d’une lutte antifasciste superficielle, qui se déroule exclusivement sur le terrain électoral avec pour seul argument celui de la politique du « moindre mal ». Évidemment, cette stratégie est condamnée à l’échec, car l’extrême droite continue de récolter la colère des classes moyennes et prolétarisées, mécontentes de la gestion « libéral-progressiste » des crises cycliques du capitalisme. En même temps, ces mêmes partis « libéraux-progressistes » ont été obligés de réorienter leurs programmes à droite pour tenter de regagner les électeurs perdus. Ces mêmes partis justifient ensuite les crises et leur retournement de position par un discours qui criminalise les opprimés, tout en cherchant à créer des divisions au sein du prolétariat pour mieux écraser la solidarité entre les différents secteurs de la société.

Pour éviter que le fascisme ne remonte au sein de la société et en politique on doit balayer les récits xénophobes utilisés pour créer des ennemis imaginaires et dévoiler les connexions étroites entre les élites impérialistes, l’extrême droite et la bourgeoisie. Il faut déplacer la lutte dans la rue, avec une position d’indépendance de classe et une stratégie concrète de rupture avec le sensationnalisme des actions pour faire place à l’auto-organisation du mouvement avec des assemblées citoyennes. Il suffit de regarder autour de nous à quelque échelle que ce soit (local, national, international) pour constater que nous avons le pouvoir de faire face à cette vague réactionnaire. Nous devons faire de la lutte de classe notre arme principale avec une perspective internationaliste.

PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !

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