Auteur : Ian Arslan

  • Rassemblement « Socialisme et indépendance » (24 octobre 2026 à 17 h, prison des Patriotes, Tiohtià:ke / Montréal)

    Rassemblement « Socialisme et indépendance » (24 octobre 2026 à 17 h, prison des Patriotes, Tiohtià:ke / Montréal)

    Dans le cadre de sa Semaine du socialisme et de l’indépendance la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise (LMRQ) organise un rassemblement pour le socialisme et l’indépendance. C’est l’occasion de commémorer la lutte révolutionnaire des patriotes et du Front de Libération du Québec pour un Québec indépendant et libéré de l’impérialisme britannique et américain. C’est l’occasion de faire entendre un autre son sur l’indépendance que les discours xénophobes et néolibéraux du Parti Québécois, c’est l’occasion pour les indépendantistes révolutionnaires de faire entendre leur voix !

    Nous vous invitons à venir manifester nombreux et nombreuses contre l’État capitaliste et l’impérialisme canadien. Pour la libération du Québec et de tous les peuples qui sont enfermés par l’État colonialiste canadien, ensemble crions haut et fort « À BAS LE CANADA ! » et « VIVE LE QUÉBEC INDÉPENDANT ET SOCIALISTE ! ».

    Samedi 24 octobre à 17h, à la prison du Pied-du-courant (prison des Patriotes), 905 rue De Lorimier à Tiohtià:ke / Montréal

    Lien vers l’événement Facebook : https://fb.me/e/7pltTrUBC

    SIGNE NOTRE APPEL : https://forms.gle/ERj348anhXhxrLNH9

    > Appel à manifester pour le socialisme et l’indépendance – le samedi 24 octobre 2026 <

    En ce mois d’octobre, 56 ans après la célèbre crise d’Octobre qui a mis de l’avant la question de l’indépendance du Québec, nous appelons à revenir aux racines révolutionnaires du mouvement indépendantiste dans une perspective anti-impérialiste, anticolonialiste, anticapitaliste et socialiste.

    56 ans après, les questions soulevées par la crise d’Octobre sont toujours d’actualité. Le Québec est toujours aussi soumis aux « puissances d’argent ». Les politiciens qui nous gouvernent ne sont rien de moins que les marionnettes de la haute finance impérialiste. Les compagnies privées et les multinationales se gavent toujours autant sur le dos de la classe ouvrière, qu’elles exploitent jusqu’à l’os. Les travailleuses et travailleurs vivent toujours autant la misère, se serrent toujours plus la ceinture pour que les riches eux, de leur côté, continuent de se comporter comme de vrais aristocrates.

    Comme en octobre 1970, « nous en avons soupé du fédéralisme canadien », cette « prison des peuples » qui brime francophones et autochtones, qui a conscrit de force les Québécois pour les envoyer se faire tuer dans des guerres impérialistes (Boers, 1re Guerre Mondiale, 2e Guerre Mondiale) et qui compte bien remettre ça avec la militarisation à marche forcée de l’économie. Cet État fédéraliste canadien qui n’hésite jamais à employer la loi de mesures de guerre pour emprisonner les opposants politiques et les travailleurs québécois (en 1914, 1940 et 1970).

    Plus que jamais nous avons besoin de « l’Indépendance totale des Québécois, réunis dans une société libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces ». Plus que jamais nous avons besoin de l’indépendance et surtout du socialisme ! Comme en octobre 70, notre cri reste le même : « Travailleur-euses du Québec prenez ce qui est à vous », « Faites vous-même votre révolution dans vos quartiers et dans vos milieux de travail ». Prenons nous-même en main notre travail, nos machines, la production et notre destin ! Bâtissons un Québec libre et socialiste !

    C’est pour cette raison, dans le cadre de la Semaine de l’indépendance et du socialisme, organisée du 19 au 24 octobre, que la Ligue Marxiste Révolutionnaire Québécoise invite tous-tes ses sympathisant-es et toutes les organisations qui se reconnaissent dans cet appel à le co-signer et à le diffuser ainsi qu’à mobiliser massivement et à participer au rassemblement du 24 octobre 2026, 17h à la prison des Patriotes (prison du Pied-du-courant, 905 rue De Lorimier,  Tiohtià:ke / Montréal).

    CONTRE LE CAPITALISME CANADIEN !

    CONTRE L’IMPÉRIALISME CANADIEN !

    CONTRE LE COLONIALISME CANADIEN !

    POUR LE SOCIALISME ET L’INDÉPENDANCE !

    VIVE LE QUÉBEC LIBRE ET SOCIALISTE !

  • Vigile pour Nooran : « ni oubli, ni pardon » face à une police qui tue

    Vigile pour Nooran : « ni oubli, ni pardon » face à une police qui tue

    Une vigile commémorative en mémoire de Nooran Rezayi a été organisée lundi 21 septembre à Longueuil à l’initiative de la famille. Il y a un an, un agent du SPAL (Service de police de l’agglomération de Longueuil) abattait cet adolescent de seulement 15 ans en ouvrant le feu à deux reprises, alors que seule l’arme de service d’un policier a été retrouvée sur les lieux. Un homicide dramatique qui met en lumière le racisme systémique au sein de l’institution policière.

    Environ deux-cents personnes, d’après nos estimations sur place, se sont rassemblées pour rendre hommage à Nooran Rezayi devant le bureau du SPAL où il a été abattu l’année dernière par la police. Un appel avait été passé pour signaler la présence d’un groupe de jeunes, entre 13 et 17 ans, prétendument armés : Nooran aurait mis la main dans son sac à dos pour montrer aux policiers qu’il n’avait pas d’arme avant d’être atteint par deux tirs dans la poitrine. Si les poursuites criminelles à l’encontre du groupe de jeunes ont depuis été abandonnées, l’identité du tireur n’a toujours pas été divulguée et la famille entend émettre en ce sens une demande auprès de la Cour supérieure.

    Lors des discours, les proches de Nooran ont pu exprimer leur colère, leur chagrin et leur incompréhension en rappelant qu’ « il n’y aura ni oubli ni pardon », alors qu’aucune poursuite n’a à ce jour été engagée contre le policier à l’origine des tirs ; le rappeur Raccoon a aussi rappelé les violences ciblées dont sont victimes les personnes racisées – Nooran étant d’origine afghane – ainsi que l’augmentation de la présence policière dans le quartier après sa mort. Le parallèle a été fait ailleurs avec la mort de Fredy Villanueva, âgé de 18 ans, tué par un policier qui a ensuite reçu une promotion.

    Après les prises de parole devant le bureau du SPAL, un cortège s’est formé pour marcher dans les rues de Longueuil en scandant : « Justice pour Nooran ! » Finalement, les personnes ont pu respecter une minute de silence et rendre un dernier hommage à la famille. La présence d’une dizaine de véhicules de police garés le long de la route, en plus des agents déployés pour encadrer la marche, dont un grand nombre de l’escouade antiémeute, a fortement contrasté avec l’atmosphère de recueillement qui régnait ; de même l’écusson « Thin Blue Line » arboré par au moins un agent de police, symbole désormais indissociable de l’extrême droite dans son opposition au mouvement Black Lives Matter.

    Ce dispositif totalement disproportionné montre la crainte d’un affrontement direct avec les forces de police, corollaire de l’incapacité des services gouvernementaux à satisfaire les demandes de la famille jusqu’à présent. Par contraste, le corps policier dans son ensemble bénéficie de la protection de l’État à tous les niveaux : il n’existe par exemple aucune mesure contraignante pour équiper les agents de caméras corporelles au niveau provincial comme fédéral, ni même dans les agglomérations. Récemment, le SPVQ (Service de police de la Ville de Québec) a acquis des armes de service pour un montant de 2,8 millions de dollars.

    Pour protéger notre jeunesse et lutter contre le racisme systémique au sein de la police, il est primordial de revendiquer le désarmement des corps de police municipaux et la dissolution des corps spéciaux tels que les forces mobiles ou groupes tactiques d’intervention : une revendication totalement absente du programme des partis électoraux à l’approche des élections provinciales.

  • Luttes transféministes à Montréal : un bilan politique du mois d’août

    Luttes transféministes à Montréal : un bilan politique du mois d’août

    Le mois qui vient de s’écouler a été marqué par d’importantes initiatives sur le front des luttes transféministes à Montréal. Quel bilan en tirer, pour quelles perspectives ? Retour sur ce que l’on peut apprendre de ces mouvements.

    Le 15 août a eu lieu la Marche pour la libération trans à l’appel de plusieurs organisations communautaires, étudiantes et militantes. Avec près de 50 signataires, cet appel a démontré l’existence d’un réseau de solidarité transféministe bien au-delà de l’Île de Montréal, avec des collectifs basés dans plusieurs villes de la province. Une manifestation pour le droit des personnes trans avait déjà été organisée le 7 juin à Québec devant l’Assemblée nationale par le groupe Résistrans. Il faut également souligner le caractère internationaliste de ces luttes, représenté dans la diversité des collectifs signataires (collectifs latinoaméricains, propalestiniens…). Ces réseaux se sont rassemblés autour de revendications claires :

    • Le retrait de loi C12 ;
    • Le retrait du Canada de l’Entente sur les tiers pays sûrs ;
    • L’abandon de la directive ministérielle formalisant l’incarcération des femmes trans dans les prisons pour hommes ;
    • L’accessibilité inconditionnelle aux soins de santé transaffirmatifs, incluant des soins pédiatriques, et ce peu importe le statut migratoire des individus ;
    • Le financement de l’éducation à la sexualité, ainsi que lutte la lutte contre les violences queerphobes dans les écoles.

    Mais la marche du 15 août a également mis sur le devant de la scène la question de la répression, comme l’a rappelé une déclaration des organisateurices : alors que les participant·es se dirigeaient pacifiquement vers le Village, où devait déboucher la manifestation, iels se sont vu empêcher d’entrer par des cordons de police – non seulement la SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) mais aussi la SQ (Sûreté du Québec). D’après le communiqué, l’ordre de barrer l’accès au Village aurait émané de la mairesse Soraya Martinez elle-même. Rappelons que cette dernière avait déjà interdit l’entrée de soutiens à la Palestine dans l’hôtel de ville lors du vote d’une motion de solidarité ce 26 août, contrevenant à ses propres directives censées permettre un dialogue démocratique (fermeture des portes, diminution de la capacité d’accueil, avancement de la date limite d’inscription…).

    La Convergence transféministe et antifasciste s’est déroulée le 30 août à l’initiative du Mouvement transféministe, qui organisait la veille son deuxième congrès, et a confirmé la nécessité de faire le lien entre les différents fronts de lutte au Québec comme à l’international. Les panels qui se sont succédé ont montré comment cette convergence se concrétise au quotidien pour de larges sections du prolétariat : l’importance des travailleuses du sexe dans l’avancée des droits des personnes transféminisées ; les dynamiques de migration créées par la transphobie et le manque d’accès aux soins et au travail ; etc. L’intégration de panels relatifs aux questions autochtone et palestinienne a complété le portrait d’un même système qui capitalise sur l’oppression des personnes minorisées pour maximiser ses profits.

    On peut néanmoins s’interroger sur les limites d’un front large avec des partis politiques tels que Québec Solidaire qui s’inscrivent directement dans une perspective réformiste. Manon Massé a ainsi mis de l’avant sa conception d’un « continuum de résistance » qui part de la gauche libérale pour aller jusqu’aux organisations anarchistes et révolutionnaires, face à un « continuum de possédants » qui désignerait le camp d’en face. Un discours qui évite élégamment de nommer les capitalistes et la propriété privée comme le dénominateur commun de nos luttes : abandonner le vocabulaire de la lutte des classes, c’est abandonner la stratégie révolutionnaire qui doit aboutir au renversement du capitalisme. Nous insistons aussi sur le besoin de passer à l’offensive et de ne pas se satisfaire d’un mot d’ordre tel que celui de la « résistance » face aux attaques réactionnaires.

    C’est dans cette perspective militante que nous serons présent·es en octobre 2026 pour la prochaine échéance du front de lutte transféministe, avec la manifestation pour le droit des personnes prisonnières trans. À l’approche des élections, il est plus que jamais nécessaire de rappeler la centralité de la lutte contre l’État bourgeois pour faire avancer nos droits. Si l’on veut mettre fin à la division du camp des travailleureuses et à l’oppression de toujours plus de minorités, il est indispensable et non accessoire d’exproprier les capitalistes qui s’accaparent nos ressources et nos moyens de production pour leur seul profit – le combat des minorités est essentiellement et avant tout une lutte contre la minorité des exploiteurs.

  • Justice pour Jusi : un meurtre social qui endeuille le Nunavik

    Justice pour Jusi : un meurtre social qui endeuille le Nunavik

    Le Bureau du coroner du Québec a annoncé l’ouverture d’une enquête publique après la mort de Jusi Padlayat, un jeune garçon de 4 ans qui vivait dans la communauté inuit d’Ivujivik au Nunavik (Québec). Une mort injuste et invisibilisée qu’il faut nommer pour ce qu’elle est : un meurtre social.

    Ce décès est survenu dans des conditions jugées inacceptables par le Bureau du Principe de Joyce, une organisation qui lutte pour un égal accès aux soins des peuples autochtones et la reconnaissance de leurs droits fondamentaux en santé. En effet, les circonstances entourant le décès de Jusi rappellent tragiquement celui de Joyce Echaquan survenu quelques années plus tôt : un manque d’écoute qui entraîne d’importantes négligences médicales et qui conduit à une mort évitable. Le rapport du coroner avait reconnu à l’époque l’existence d’un racisme systémique à l’encontre de la population autochtone et pointait que les instances publiques ne se seraient pas saisies du problème s’il n’y avait pas eu d’enregistrement vidéo pour l’établir.

    Ce nouveau drame témoigne du danger que ce racisme structurel représente pour la survie des personnes autochtones au Québec, mais plus largement au Canada. Historiquement, Ivujivik fait partie des communautés inuit qui ont refusé de signer la Convention de la Baie-James et du Nord Québécois (CBJNQ) de 1975, avec Puvirnituq et Salluit : l’entente prévoyait la cession au Québec des titres, droits et intérêts ancestralement attachés à leurs terres afin de permettre l’exploitation des ressources, comme le projet hydroélectrique de la Baie-James. Si la convention a finalement été signée par l’Association des Inuit du Nouveau-Québec, autorisant à construire le long la Grande Rivière des centrales avec une production d’électricité équivalente à celle de la Belgique, ces communautés perpétuent l’héritage de cette dissidence.

    C’est donc un même système d’exploitation économique sauvage qui produit les inégalités sociales que l’on connaît et qui causent aujourd’hui encore des morts parmi les peuples opprimés. Dans la lignée de l’opposition à la CBJNQ, le mouvement de résistance Inuit Tunngavinga Nunamini s’organise en faveur de l’autogouvernement du peuple Inuit sur ses terres. Ce mouvement est à réinscrire dans le contexte plus général des coopératives inuit qui sont nées dans les années 1960 pour développer des réseaux d’auto-organisation. L’élan des coopératives a donné naissance à des approches différentes et parfois concurrentes de la souveraineté inuit, mais ce sont bien des organisations gouvernementales qui administrent de nos jours les territoires, avec des représentants locaux (la Société Makivik, le gouvernement régional Kativik et divers organismes créés par des lois gouvernementales).

    Rompre avec ces logiques d’État bourgeois, c’est redonner du pouvoir d’agir aux personnes autochtones pour leur permettre de vivre, et dignement. Le site du gouvernement canadien rappelle par exemple que le taux de tuberculose active déclaré chez les Inuit vivant dans l’Inuit Nunangat était 40 fois élevé que pour l’ensemble du Canada en 2019 du fait de la persistance du système colonialiste en santé. Comme le décrivait déjà Engels dans La situation de la classe laborieuse en Angleterre (1845), nous n’avons pas affaire à une simple négligence, mais bien à un meurtre social qu’il faut nommer comme tel :

    « [Lorsque] la société  […] ôte à des milliers d’êtres les moyens d’existence indispensables, leur imposant d’autres conditions de vie, telles qu’il leur est impossible de subsister, lorsqu’elle les contraint par le bras puissant de la loi, à de­meu­rer dans cette situation jusqu’à ce que mort s’ensuive, ce qui en est la conséquence inévi­table; lorsqu’elle sait, lorsqu’elle ne sait que trop, que ces milliers d’êtres seront victimes de ces conditions d’existence, et que cependant elle les laisse subsister, alors c’est bien un meur­tre, tout pareil à celui commis par un individu, si ce n’est qu’il est ici plus dissimulé, plus perfide, un meurtre contre lequel personne ne peut se défendre, qui ne ressemble pas à un meurtre, parce qu’on ne voit pas le meurtrier, parce que le meurtrier c’est tout le monde et per­sonne, parce que la mort de la victime semble naturelle, et que c’est pécher moins par action que par omission. »

  • Bilan de la Fierté Indomptable 2026

    Bilan de la Fierté Indomptable 2026

    Nous étions présent·es dimanche 9 août à la marche organisée pour la deuxième édition de la Fierté Indomptable (Wild Pride) à Montréal/Tiohtià:ke. Les cortèges ont marché pacifiquement, dans une ambiance à la fois festive et revendicative.

    Cette année encore, il s’agissait d’organiser une contre-manifestation face au pinkwashing qui gangrène le traditionnel défilé de Fierté Montréal. En effet, ce qui faisait autrefois vivre la mémoire des événements de Stonewall (1969), lors desquels la communauté LGBTQ+ de New-York affronta victorieusement la police, est aujourd’hui devenu une affligeante parade apolitique au détriment de nos luttes.

    L’année dernière, Fierté Montréal avait démontré son incapacité à se positionner contre le génocide actuel en Palestine en invitant l’organisation sioniste Ga’ava dans ses rangs, ce qui avait provoqué l’organisation de la Wild Pride en plus de la Rad Pride (Fierté Radicale) organisée par le Pink Bloc. Cette année, le Pink Bloc a décidé de ne pas reconduire sa manifestation annuelle pour se concentrer sur la prochaine Marche pour la libération trans en réponse aux assauts réactionnaires du gouvernement actuel et de l’opposition, à quelques mois des élections.

    Nous nous sommes joints aux slogans anticolonialistes scandés pendant la marche (« No Pride in Genocide! ») mais aussi à ceux qui dénoncent le pinkwashing autour des enjeux LGBTQ+. De nombreux groupes capitalistes (Groupe Banque TD, Loto-Québec, Air Canda…) voient dans le défilé de Fierté Montréal une occasion de gagner une bonne image auprès de la communauté, parrainant l’événement en l’échange d’une vitrine pour leur communication.

    Nous ne sommes pas dupes de cette récupération d’un combat politique historique au profit d’entreprises qui exploitent chaque jour les minorités sexuelles et de genre au même titre que les autres segments du prolétariat. Or la communauté LGBTQ+ subit à plus forte raison les effets du système capitaliste, qui s’applique à diviser méthodiquement la classe des travailleur·euses : discriminations sur le lieu de travail, perte de cotisations induites par la transition de genre…

    Ces mêmes entreprises n’hésiteront par ailleurs pas à abandonner leur pseudo-soutien dès que le contexte politique s’y prêtera : on l’a vu avec la réélection de Trump, qui a entraîné des vagues massives de retrait de subventions pour la Pride et l’abandon de politiques d’entreprise inclusives de façade.

    Signalons enfin que Fierté Montréal donne chaque année la parole à des représentants politiques libéraux issus du gouvernement, en particulier issus de la CAQ. La présence des partis libéraux ne doit pas plus nous illusionner sur les politiques réactionnaires qui sont menées à l’encontre des LGBTQ+ : en juin 2025, une directive du ministère de la Sécurité publique est entrée en vigueur qui impose aux personnes transgenres d’être incarcérées dans des établissements « correspondant au sexe qui leur a été attribué à la naissance ».

    Il est urgent d’investir massivement la perspective d’une lutte queer révolutionnaire, en rappelant ses racines historiques. C’est dans la foulée de la Révolution française que l’homosexualité est dépénalisée pour la première fois dans le monde, en 1791. Après la révolution d’Octobre, en 1917, elle est dépénalisée dans la Russie et l’Ukraine soviétiques. Il devient même possible de faire changer la mention du sexe sur le passeport des personnes transgenres à partir de 1926. En comparaison, il faudra attendre 2003 pour la dépénalisation totale de l’homosexualité aux États-Unis…

    C’est pourquoi nous souhaitons nous associer à toutes les initiatives qui relient les luttes intersectionnelles à la lutte plus général contre le capital, dans une perspective marxiste et révolutionnaire.

  • Écologie et Capitalisme

    Écologie et Capitalisme

    Cet article explore les liens entre écologie et capitalisme, et la fin du capitalisme comme solution au problème écologique.

    Partout au Québec, des cours d’eau sont pollués par les PFAS, ces polluants éternels que l’industrie déverse dans les sols et qui contaminent les bassins en parfaite légalité ! Il n’existe à ce jour aucune réglementation qui interdise le rejet des contaminants éternels dans la nature à proximité des dépotoirs. Inévitablement, cette pollution se retrouve dans nos eaux, dans notre alimentation, pour finir dans nos corps. Mais les PFAS sont loin d’être le seul problème : on ne peut plus aujourd’hui faire la liste de toutes les substances qui s’accumulent dans nos organismes et notre environnement et qui condamnent déjà les générations futures. Ajoutons à cela la pollution atmosphérique, la dégradation de la couche d’ozone, l’effet de serre ou le réchauffement climatique… autant de problèmes directement générés par un même système de production économique et de domination politique : le capitalisme. Non, le capitalisme « vert », ça n’existe pas.

    On aurait effectivement pu espérer que le progrès technique et scientifique nous apporte des solutions en respectant « l’état de droit » : répertorier les substances dangereuses, les encadrer légalement, mettre au point des protocoles de dépollution et de décontamination, etc. Mais nous vivons dans un monde capitaliste. Il a fallu plus de dix ans pour faire voter la loi qui oblige les industriels et distributeurs de l’alimentaire à étiqueter les données nutritionnelles de leurs produits. Or, de nombreux produits échappent à cette législation : les produits laitiers, qui font l’objet d’un lobbying particulièrement féroce, bénéficient d’une exemption au nom de la « santé » alors même qu’aucune étude scientifique n’a démontré de lien entre leur consommation et la prévention des affections osseuses. La législation et la recherche scientifique sont assujetties à la recherche du profit et le seront toujours en régime capitaliste : pendant des dizaines d’années, l’industrie du tabac a mené une campagne massive pour convaincre l’opinion et même les professionnels de santé de l’innocuité du tabagisme – une véritable « fabrique de l’ignorance » pour vendre toujours plus, au détriment de nos vies.

    Il est tout aussi faux de penser que nous sommes égales face aux ravages de l’environnement et à la dégradation de notre alimentation. Celles qui doivent vendre leur force de travail pour survivre sont les plus directement exposées à la pollution et aux maladies : elles doivent choisir entre acheter des produits de qualité ou payer leur loyer, n’ont pas les moyens d’assister aux rendez-vous médicaux qu’il faudrait pour rester en bonne santé, n’ont parfois pas le choix de prendre la voiture pour aller travailler… Pendant ce temps, les secteurs industriels et agricoles nous empoisonnent pour générer du profit.

    Alors, quelle solution ? Pour que ceux qui travaillent ne contribuent pas à leur propre malheur, il faut qu’ils reprennent le contrôle sur ce qu’ils produisent ! Choisir ce qu’on produit et pour qui, dans quelles conditions et pour combien de temps, toutes ces considérations pratiques qui nous touchent au premier chef, c’est à nous, et non au patronat, d’en décider. Le contrôle ouvrier sur la production et la démocratie sur le lieu de travail qui s’ensuit, c’est la stratégie payante pour cesser de sacrifier nos vies et nos enfants sur l’autel du profit. Faire la grève, exproprier les patrons et autogérer nos entreprises, c’est ce qui enclenchera de fait le changement radical de société dont nous avons besoin pour chasser les exploiteurs qui nous tuent. À nous le travail, à nous les produits du travail – à nous la révolution !